Corruption et détournement de fonds : le monde humanitaire toujours malade
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Ce mardi, le Professeur Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le Paludisme, a annoncé sa démission. Cette démission prend effet à compter du 16 janvier 2012, le temps de "garantir une transition harmonieuse et pour veiller à ce que le Fonds mondial en ressorte plus fort que jamais", selon ses propres termes.
Dans un message adressé au personnel, aux partenaires et amis du Fonds Mondial, ce médecin réputé à l’échelle mondiale a estimé qu’il lui était impossible de rester à son poste après que le conseil d’administration ait décider de "nommer, sous son autorité directe, un directeur général chargé de superviser la mise en œuvre du plan de transformation consolidé".
Ce départ arrive dans un contexte d’affaires de détournement de subventions, dans plusieurs pays africains ainsi qu'en Chine où l'organisation avait gelé temporairement ses subventions en mai 2011. L’AFP fait également cas d’une autre affaire, celle-ci en France. En effet, note l’article, début janvier, l'hebdomadaire français Marianne a ainsi affirmé que "des sommes conséquentes" ont été versées par le Fonds aux "activités philanthropiques" de l'épouse du président français, Carla Bruni-Sarkozy, ambassadrice bénévole du Fonds et "de plusieurs agences appartenant à l'un de ses amis proches". En plus, ces versements auraient été réalisés "au mépris des procédures normales" du Fonds Mondial.
Même si le Président du Conseil d’Administration du Fonds Mondial, Simon Bland, a catégoriquement rejeté ces accusations tout en affirmant qu’elles ne sont en rien à l'origine de la démission du professeur Kazatchkine, il est difficile de ne pas y trouver un lien, aussi minime soit-il.
Cette démission, même si aucun lien direct ne peut et ne doit être établi avec ce qui précède (ce n’est donc pas ce que nous faisons), remet sous les feux de l’actualité les problèmes de corruption, d’opacité et de détournements de financements qui gangrènent le secteur de l’humanitaire.
Il n’est pas nécessaire de chercher à convaincre qui que ce soit sur les problèmes de mauvaises gestion, de détournements des financements qui affectent le milieu de la lutte contre les pandémies, le sida étant un exemple type sous nos cieux. Que ce soit au niveau central (ministère technique et structures étatiques spécialisées) ou périphérique avec les organisations (communautaires ou plus importantes) récipiendaires des subventions, le mal existe mais certainement pas dans les mêmes proportions. Si les efforts de contrôle de ces dernières années ont permis, nous le croyons, de réduire ces phénomènes qui ont pour principal effet de réduire les sommes qui parviennent effectivement aux personnes bénéficiaires (au travers des prestations en leur direction), ils sont loin d’être proches de zéro. Mais, il est important de noter que même au niveau des partenaires et bailleurs, la situation n’est pas si rose, même si elle ne fait pas l’objet de la même visibilité.
Déjà en novembre 2011, le site de IRIN (Réseau d’Informations Régionales Intégrées, Service du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies – OCHA), attirait notre attention sur ce sujet, mais à un niveau plus important. En effet, dans un article, il relevait le manque de transparence chez les donateurs internationaux.
Bref, beaucoup reste encore à faire pour s’assurer que les fonds des pays contributeurs, généralement issus des impôts de leurs contribuables atteignent les vraies cibles (non seulement les ONG et autres structures qui travaillent effectivement sur le terrain, mais aussi les projets crédibles).
@crédit : Image sur Flirck.com, par Elyce Feliz
Rodrigue Koffi
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01/27/12, par Rodrigue Koffi:
02/21/12, par xray: