De l'eau pour les enfants: petit état des lieux
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« Le temps des solutions ». Tel a été le thème du 6ème Forum Mondial de l’eau qui s’est tenu du 12 au 17 mars 2012 à Marseille (sud de la France). Quelques jours après ce forum qui a réuni 35 000 personnes (selon les organisateurs), La Voix des Jeunes s'intéresse à la question de l’eau et la sécurité alimentaire.
Mais d’entrée, il importe de faire un petit état des lieux. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les efforts de ces dernières années pour un meilleur accès à l’eau portent leurs fruits, même si la situation est différente au niveau de l’assainissement.
Faisant référence à un rapport conjoint publié le 6 mars 2012, le site Action-Environnement.com relève que, selon ces deux agences des Nations Unies, «l'Objectif du millénaire pour le développement (OMD) fixé par l'ONU en 2015, visant à réduire de 50% la population n'ayant pas accès à l'eau potable, a d'ores et déjà été ''atteint'' en 2010 ». En effet, continue l’article, « 89% de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à "des sources améliorées d'eau potable" à la fin de l'année 2010. L'objectif était de 88%. Ainsi, si cette tendance se confirme, l’UNICEF et l’OMS estime que ce chiffre devrait s'élever à 92% en 2015 ». Cela dit, le Directeur Exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake, rappelle qu’au moins 11% de la population mondiale, soit 783 millions de personnes, n'ont toujours pas accès à de l'eau potable.
Dans "La situation des enfants dans le monde 2012 : les enfants dans un monde urbain", l’UNICEF nous donne une idée de la situation de l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissements améliorés. Quoi de plus normal quand on sait que « le manque d’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement augmente les risques de maladies, de malnutrition et de décès qui pèsent sur les enfants ».
Tout d’abord, ce rapport de l’UNICEF rappelle les données du retour sur investissement communiquées par l’OMS. Ainsi, « 1 dollar É.-U. dépensé pour améliorer l’approvisionnement en eau et l’assainissement génère au moins 5 dollars, et parfois même jusqu’à 28 dollars de bénéfices économiques selon les conditions locales. En outre, investir dans la promotion de l’hygiène, l’assainissement et les services d’eau constitue l’un des moyens les plus économiques de réduire la mortalité infantile ». Le manque d’investissements dans ce domaine contribue donc à renforcer la précarité et les risques de survie des enfants qui sont touchés.
Ainsi, « l’eau insalubre, les mauvaises conditions d’assainissement et d’hygiène font chaque année de nombreuses victimes. On estime que 1,2 million d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans des suites de la diarrhée ». La situation semble plus préoccupante dans les zones urbaines pauvres, comme les bidonvilles et autre quartiers précaires, qui sont plus exposées à la contamination fécale. Cela s’explique par « le surpeuplement », ainsi que par « un approvisionnement en eau et une couverture en assainissement insuffisants » sur ces sites.
Pour l’UNICEF, les problèmes dans ce domaine peuvent aussi s’expliquer par le fait que « les définitions officielles de la pauvreté ont également tendance à négliger le coût des besoins non alimentaires, de sorte que les seuils de pauvreté appliqués aux populations urbaines prennent insuffisamment en compte le coût des transports, des loyers, de l’eau, de l’assainissement, ainsi que les frais de scolarisation et de santé ». La pérennisation des acquis demande donc des efforts à plusieurs niveaux.
© UNICEF/NYHQ2011-1725/Warrick Page - Pakistan, 2011
Rodrigue Koffi
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