En 2012, la traite des personnes persiste malgré les efforts pour l’éradiquer !
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Récemment, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) a publié le Rapport mondial sur la traite des personnes 2012. Mais déjà, que faut-il comprendre de la notion de "traite des personnes".
Sur son site, l’UNODC nous oriente vers l'Article 3 du Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes. Ainsi, « l'expression "traite des personnes" désigne le recrutement, le transport, le transfert, l'hébergement ou l'accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d'autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d'autorité ou d'une situation de vulnérabilité, ou par l'offre ou l'acceptation de paiements ou d'avantages pour obtenir le consentement d'une personne ayant autorité sur une autre aux fins d'exploitation. L'exploitation comprend, au minimum, l'exploitation de la prostitution d'autrui ou d'autres formes d'exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l'esclavage ou les pratiques analogues à l'esclavage, la servitude ou le prélèvement d'organes ».
La Voix des Jeunes a parcouru le Résumé analytique de ce rapport 2012 sur la traite des personnes et vous en propose des extraits et autres grands points.
De prime abord, il faut savoir que « la traite des personnes est une infraction de portée mondiale qui touche presque tous les pays de chaque région du monde ». Dans son rapport, l’UNODC révèle qu’« entre 2007 et 2010, des victimes de 136 nationalités différentes ont été détectées dans 118 pays du monde, et la plupart des pays ont été touchés par plusieurs flux de la traite. Environ 460 flux distincts ont été recensés dans le monde pendant la période considérée ».
Sur la période considérée, ce rapport constate que « les femmes représentaient la majorité des victimes de la traite détectées dans le monde. Si la proportion exacte varie légèrement d’une année sur l’autre, pour la période considérée, on constate qu’entre 55 et 60 % du nombre total de victimes détectées étaient des femmes ». Elles représentent par exemple la majorité des victimes détectées en Asie du Sud, en Asie de l’Est et dans le Pacifique.
Les enfants sont malheureusement affectés par ce phénomène de traite des personnes, et leur proportion s’accroît même selon le rapport. « Parmi les victimes détectées dont l’âge était connu et a été signalé au cours de la période 2007-2010, environ 27 % étaient des enfants » et « parmi les enfants victimes, on a plus souvent détecté des filles que des garçons: deux enfants victimes sur trois étaient des filles ».
Mais autant ce phénomène affecte différemment les différentes régions de notre planète, autant les formes d’exploitation varient d’une zone à une autre. Ainsi, par exemple, « le travail forcé est fréquent dans les Amériques, avec 44 % des cas détectés. L’exploitation sexuelle représente un peu plus de la moitié des cas détectés ». Pour ce qui est de la zone Afrique et Moyen-Orient, nous lisons qu’« environ les deux tiers des victimes détectées étaient des enfants. Près de la moitié des victimes de la traite étaient exploitées pour un travail forcé, tandis que 36 % faisaient l’objet d’une exploitation sexuelle. D’autres formes de traite, dont l’utilisation comme enfants soldats, pour des rituels et à d’autres fins représentaient 14 % des cas dans la région ».
Mais globalement, le rapport 2012 de l’UNODC constate que « la traite des personnes aux fins d’exploitation sexuelle est plus fréquente que la traite pour travail forcé ». Toutefois, il nuance cette affirmation dans la mesure où « cette donnée statistique pourrait toutefois être faussée, car les pays européens détectent plus de victimes que toute autre région. Les formes d’exploitation les plus fréquentes en Europe risquent donc d’être reflétées de manière disproportionnée dans le total mondial, si bien que la part de la traite pour travail forcé indiquée dans le rapport (36 %) est sans doute sous-estimée ».
Au titre des auteurs de la traite, le rapport constate que « les informations émanant de plus de 50 pays montrent que les deux tiers environ des personnes poursuivies et/ou condamnées pour des actes de traite entre 2007 et 2010 sont des hommes ». Cela dit, « la participation des femmes à la traite est plus fréquente dans le cas de la traite des filles », même si « elles jouent généralement un rôle subalterne au sein des réseaux et effectuent des tâches dans lesquelles elles risquent davantage d’être détectées et poursuivies que les hommes ».
Toujours pour ce qui est des auteurs, il faut également retenir que si « en Europe orientale et en Asie centrale, plus des trois quarts des personnes condamnées pour traite sont des femmes », « les étrangers représentent près d’un quart des condamnés, taux plus élevé que pour la plupart des autres infractions » malgré les importantes différences entre les pays sur ce point.
© UNICEF/LAOPDR04595/JIM HOLMES
Rodrigue Koffi
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