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Enfin, l’Union Africaine réagit face à la crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique

Publié 08/04/11 par User_image_bgRodrigue Koffi

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Inscrit le 9 May 2011
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Enfin, l’Afrique se met en mouvement face à la crise ! On commençait à perdre patience face à la passivité et l'inaction qui caractérisaient la réponse africaine. Mais n’allons pas vite en besogne. Disons plutôt que l’Afrique, à travers l’Union Africaine, souhaite agir et se demande comment le faire. Même si ce n’est pas suffisant pour adresser des félicitations que nous ne comptions d’ailleurs pas attribuer, cette réaction tardive mérite cependant d’être soulignée suite à la publication de notre article "Crise humanitaire dans sa Corne : où est l’Afrique dans la réponse". Ne pas parler de cette "initiative" serait donc faire preuve de mauvaise foi.

Ce dimanche 31 juillet 2011, pendant que l'on assistait en Syrie au massacre d'au moins 140 civils dont une centaine dans la seule ville rebelle de Hama, alors que les Républicains et Démocrates se battaient aux Etats-Unis pour trouver un accord sur la dette afin d’éviter au pays un défaut de paiement, l’Union Africaine a fait un premier petit pas et prouvé qu'elle se sentait directement concernée par la crise humanitaire qui touche la Corne du continent.

Le Vice-président de la Commission de cette organisation panafricaine a annoncé pour le 9 août 2011 une conférence sur la crise humanitaire qui frappe Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et surtout la Somalie. Cette conférence qui se déroulera au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba (Ethiopie) et qui devrait réunir des Chefs d’Etat du continent et d’autres partenaires (certainement des organisations humanitaires et partenaires au développement, …) devrait permettre de réfléchir sur l’aide à apporter aux victimes de cette crise. Rappelons que celle-ci est le fruit de la combinaison des conséquences de dix années consécutives de sécheresse dont l’actuelle est la plus sévère qu’ait connu cette région depuis les soixante dernières années et d’un conflit de plus de vingt ans qui n’en finit pas en Somalie.

Finalement, cette réunion dite d’urgence, vient d’être reportée pour le 25 août. Nous espérons que ce report annonce des lendemains heureux pour ces populations qui vivent dans l'attente et que ce retard permettra d’organiser une rencontre fructueuse marquée par des propositions concrètes.

Après l’échec de la réunion extraordinaire de l’Organisation des Nations Unies sur l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) tenue le 25 juillet dernier à Rome (Italie), le monde humanitaire, mais surtout les 12 millions de personnes touchées par la faim et la malnutrition attendent un plus ferme engagement des autorités politiques du continent.

Sur le terrain, la situation ne s’améliore pas vraiment malgré la grande mobilisation des Organisations humanitaires et après que l’ONU ait décrété "l’état de famine" dans deux régions au Sud de la Somalie le mercredi 20 juillet dernier. Les agences du système des Nations Unies comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et la FAO, ainsi que des organisations humanitaires (Action Contre la Faim -ACF-, le Comité International de la Croix Rouge-CICR-, Save The Children, Oxfam entre autres) maintiennent la pression pour la mobilisation et insistent sur la nécessité d’une action plus importante qui va s’étendre dans la durée et qui nécessitera plus de moyens.

Dans le plus grand camp de réfugiés au monde, le camp de Dadaab situé dans le Nord-est du Kenya, les populations fuyant la sécheresse mais aussi les combats en Somalie voisine arrivent chaque jour. Aujourd’hui, ce camp accueille plus de 380 000 personnes confrontées à une insuffisance de nourritures et à divers problèmes.

Les besoins sont énormes. L’un des responsables de Médecins Sans Frontières, une organisation très active dans la région, estime qu’"il faudrait des ponts aériens vers d’autres zones". Et le risque que cette crise s’étende à d’autre pays de la région n’est pas à écarter ; dans ce sens la situation en Erythrée mérite d’être suivie de plus prêt.

Face à cette situation, la France par exemple vient d’annoncer le triplement de sa contribution passant de 10 à 30 millions d’euros.

Pour ne rien arranger, l’arrivée de l’aide est perturbée par la reprise des combats en Somalie entre l’armée gouvernementales et la Force africaine d’interposition de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) d’une part et les rebelles islamistes du groupe Shebab de l’autre. Ces derniers, après avoir demandé le retour des associations et agences humanitaires qu’ils avaient contraint au départ deux ans plus tôt, afin que celles-ci viennent en aide aux milliers de personnes et familles affectées par la faim et la malnutrition dans les zones occupées, sont depuis revenus sur cette position. Ils ont récemment nié l’existence de la famine et ont relancé les combats. Cette situation risque d'affecter le maintien du pont aérien établi avec la Somalie, à travers l’aéroport de Mogadiscio, par le PAM et d’autres organisations. Pis, ces combats rendent difficile l’évaluation des besoins réels des populations dans les zones occupées par les Shebabs et limitent profondément leur accès à l’aide internationale.

En plus d’une aide en ressources humaines, en appui matériel, mais surtout en contribution financière dans le cadre de l’appel à mobilisation de fonds lancé par les Nations Unies, les Chefs d’Etat et de gouvernement africains doivent aussi s’engager à redonner une véritable dynamique au processus de paix en Somalie, comme le préconisait si bien le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Donald KABERUKA.

Après les effets d'annonce, place maintenant à l’action. Nous avons hâte que de cette conférence de l’Union Africaine du 25 août prochain sur la crise dans la Corne de l’Afrique sorte des contributions concrètes, dignes et à la hauteur des capacités du continent. Nous attendons de voir.

© UNICEF/NYHQ2011-1220/Kate Holt- Somalie, 2011 // le 30 juillet, un homme qui porte sa fille malade est arrêté à un point de contrôle à l’entrée d’une clinique dans la base de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio, la capitale.

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