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L'éducation: une priorité pour les enfants du Sud-Soudan

Publié 07/09/11 par Anne

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Alors que le Sud-Soudan est depuis aujourd'hui une nation indépendante, ses habitants ayant choisi cette voie lors d'un référendum qui s'est tenu en janvier dernier, les enfants ont enfin l'espoir de grandir dans un pays en paix.

«Demain est un jour historique pour les enfants et le peuple du Sud-Soudan» a déclaré Tony Lake, le directeur exécutif de L'UNICEF qui souhaitait notamment attirer l'attention des médias et des donneurs de fonds sur le fait que 4 millions d'enfants (soit 50% de la population) feront partie de cette nouvelle nation. «Nous devons tous jouer notre rôle pour aider cette «génération de l'indépendance» à survivre et à se développer», a-t-il notamment affirmé.

Au cours d'un podcast diffusé sur le site de l'UNICEF, Yasmin Haque, directrice du programme de l'UNICEF dans la zone sud du Soudan, a rappelé que parmi les 100 000 Soudanais qui avaient été déplacés au cours des récents accrochages dans le district frontalier d'Abyei (occupée par les forces nordistes), la moitié étaient des enfants souvent séparés de leurs parents et non scolarisés à cause du conflit.

Les chiffres publiés dans le communiqué de l'UNICEF sont alarmants, la jeune nation se trouvant en bas du classement des pays en voie de développement en ce qui concerne la scolarisation des enfants dans le primaire. Pas moins de 1,3 million d'enfants en âge d'aller à l'école sont en effet privés d'éducation et le taux d'alphabétisation des filles est extrêmement bas: seules 8% des femmes du Sud-Soudan savant lire.

Interviewé dans ce même podcast, Carol Francis-Rinehart, présidente de l'organisation à but non lucratif Project Education Sudan, qui a pour mission de construire des écoles dans cette région, constate que des progrès ont cependant été faits. «Quand on a commencé, il n'y avait quasiment pas de filles dans les classes, peut-être deux ou trois. Mais maintenant, dans une classe de 60 élèves, on en compte 27», a-t-elle notamment souligné.

Un article de France 24 soulignait que le défi en matière de scolarisation était énorme. Selon les estimations de l'Institut international de planification de l'éducation (IIPE), seuls 13% des professeurs seraient qualifiés et 40% du personnel enseignant n'a pas été scolarisé au delà du primaire. Ce même article souligne le paradoxe suivant: alors que le gouvernement du Sud-Soudan prévoit d'ouvrir 8 universités au cours des quatre années à venir, Khalil Mahshi, le directeur de l'IIPE, se déclare opposé à une telle décision. La raison? «Je crains que la qualité de l'enseignement ne soit sacrifiée», a-t-il déclaré à France 24. Un paradoxe qu'il faudra résoudre si le Sud-Soudan veut devenir une nation prospère et éduquée.

Un vent d'espoir souffle cependant sur cette toute jeune nation. Une dépêche d'AP constatait que les enfants du Sud-Soudan qui sont nés ou qui ont grandi à l'étranger sont prêts à rentrer au pays pour mettre la main à la pâte. Mading Ngor, l'un des enfants perdus du Soudan, qui s'était réfugié au Canada après avoir perdu ses proches dans la guerre, confie ainsi: «J'ai toujours senti comme une obligation morale d'apporter ma contribution au pays. Je suis aussi venu voir s'il y a une place pour moi dans cette nouvelle république».

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