L’exemple koweitien face à la menace islamique après la "Révolution du Jasmin"
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Les principaux messages qui ont sous-tendu les mouvements de protestation des populations, qualifiés de « printemps arabe » ou encore de « Révolution du Jasmin », qui ont balayé quasiment tout les pays du Maghreb étaient : la justice sociale, plus de liberté, plus de clarté dans la gestion, plus de place au peuple.
La chute des régimes autocratiques et « raïstiques » (permettez-moi ce néologisme) en Tunisie, en Egypte et en Libye ouvre la voie, espèrent beaucoup d’observateurs, à une nouvelle manière d’appréhender la gestion du pouvoir d’Etat. Mais ces dernières semaines, la peur de l’arrivée au pouvoir des partis dits « islamistes » ou radicaux, ou encore les références à la loi islamique (la Charia), comme ce fut le cas en Libye après la chute du Colonel Kadhafi, a fait naître des inquiétudes chez divers analystes et dirigeants occidentaux.
Des questions se posent sur la volonté des nouvelles autorités d’adopter effectivement la démocratie, enfin, disons plutôt de garantir, en plus des libertés fondamentales, une meilleure place des populations dans la dévolution et dans l’exercice du pourvoir politique dans les pays qui ont fait la révolution.
L’actualité nous aidant, nous nous permettons d’évoquer brièvement, afin d’attirer l’attention des uns et des autres, un exemple qui est peu présenté mais qui mérite une meilleure visibilité. Il s’agit du cas du Koweït.
Situé dans le golf Persique et pays pétrolier, le Koweït a acquis son indépendance (de l’actuel Irak en 1961) de la volonté des Britanniques. Mais retenons surtout que c’est une monarchie constitutionnelle. Autrement dit, il s’agit d’un régime où nous avons non seulement un monarque et de l’autre une constitution qui limite les pouvoirs de ce dernier. Même si le premier ministre est généralement issu de la famille régnante (son choix est à la fois approuvé par la famille royale et la majorité des parlementaires), il faut noter que ce dernier est responsable devant le parlement qui compte 50 députés.
Nous parlions tantôt d’actualité, car le jeudi 1er février les Koweitiens ont été appelés à élire leur parlement. Cette élection résulte de la dissolution de l'ancien parlement, en même temps que le gouvernement, en décembre dernier, pour cause de corruption visant particulièrement le Premier ministre. Au finish, l’opposition, conduite par les islamistes, a remporté 34 des 50 sièges. Ceux-ci se sont engagés à axer leur action sur la lutte contre la corruption.
La présence des islamistes sur la scène politique n’a pas non plus empêché le Koweït de reconnaître le droit de vote aux femmes en 1995.
Bref, la présence des islamistes dans le cœur du pouvoir, au vu de ce qui suit, ne constitue pas systématiquement une menace pour les libertés individuelles et la garantie d’une meilleure participation des populations dans l’exercice et la dévolution du pouvoir. Même s'il est clair que la vigilance doit être de mise.
@Photo sur Flirckr.com, image publié par BNEIassos
Rodrigue Koffi
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