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La flamme de Mohamed Bouazizi nourrit toujours le vent de démocratie au Moyen-orient

Publié 04/27/11 par User_image_bgRodrigue Koffi

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Inscrit le 27 April 2011
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Le 17 décembre 2010, fatigué des taxes et de se voir priver de nouveau les produits alimentaires qu’il vent par les forces de l’ordre, Mohamed Bouazizi, un jeune de 26 ans, s’immole à Sidi Bouzid, en Tunisie. Tel est le point de départ de ce qu’on appellera très tôt « La révolution du Jasmin » qui va se propager à grande vitesse dans le monde arabe. L’élément clé de cet effet boule-de-neige sera indiscutablement la généralisation des mouvements de protestation en Tunisie qui vont finir par contraindre le Président Ben Ali à quitté le pays le 14 janvier 2011 pour l’Arabie Saoudite.

Ce départ « précipité » du président tunisien, qui n’empêchera cependant pas son épouse de prendre avec elle une tonne et demi d’or, va donner des idées aux voisins : Le 25 janvier 2011 première manifestation sur la mondialement devenu célèbre Place Tahrir au Caire (Egypte) ; le 3 février manifestation à Sanaa (Yémen) ; 12 février manifestation en faveur de la démocratie à Alger (Algérie) ; 15 février manifestation à Benghazi (Lybie) ; 16 février manifestation sur la place des Perles (Bahreïn) ; 18 février manifestation à Amman avec des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ; … pour ne citer que les premières. La révolution du Jasmin s’exporte donc !

Ce sont des populations civiles, hommes et femmes, mais essentiellement des jeunes (diplômés sur le carreau, des sans emplois, et surtout des étudiants) qui descendent quotidiennement dans les rues, établissent bien souvent leurs quartiers Généraux sur des places symboliques dans l’histoire de leurs pays respectifs, pour exprimer leurs mécontentements, leurs espoirs perdus, les promesses non tenues, la mauvaises répartition des richesses nationales ; et réclamer la fin des régimes dictatoriaux marqués par des situations d’état d’urgence en vigueurs depuis de nombreuses années : bref, demander, sinon exiger un nouvel ordre politique marqué par la démocratie, le respect des libertés individuelles et une meilleure justice sociale. Mais ces révolutions n’évolueront pas selon la même dynamique.

Comme en Tunisie, malgré les promesses (création d’emplois pour jeunes) et autres concessions du Président Hosni Moubarak (telle la nomination d’un Vice-président après une trentaine d’années de pouvoir sans ce poste qu’il occupait lui-même avant d’accéder à la fonction suprême et la levée de l’état d’urgence), celui-ci finira par démissionner le 25 janvier 2011. En résidence surveillée depuis lors dans le sud du pays, il est aujourd’hui en passe d’être jeté en prison, avec ses deux fils, pour la répression durant les manifestations et des accusations de détournement de deniers publics, malgré ses actuels « problèmes de santé ». Cette seconde victoire des manifestants sur leurs « tyrans » sera un signe diversement interprété. Ainsi, le Roi d’Arabie Saoudite, en visite médicale au Maroc, est rentré précipitamment chez lui et a annoncé de nombreuses mesures sociales. Le Président Soudanais lui annoncera qu’il ne briguera plus un autre mandat. Au Maroc, le Roi lance les bases de grandes reformes constitutionnelles qui débutent dans des cadres de réflexion qui se proposent d’être inclusifs.

Si beaucoup de groupements de jeunesses ne semblaient pas trop aptes à intégrer cette approche, le mouvement de contestation semble être en mode pause. Il semble en être de même en Algérie ou après un long moment de silence, certainement dû à ses problèmes de santé notoirement connu depuis 2005, le Président Bouteflika s’est adressé durant une vingtaine de minutes à la nation il y’a quelques jours.

Ce n’est malheureusement pas le cas pour d’autres pays tels le Yémen, la Syrie et la Lybie ou la répression des manifestations, sans minimiser les souffrances des uns et des autres, a été et est vraisemblablement la plus importante. Au Yémen, les manifestations et la paralysie du pays n’ont pas eu raison de la détermination du président Saleh. S’il a admis ne pas se représente pour un autre mandat, il ne comptait pas quitter le pouvoir avant la fin de son mandat en 2013.

La répression des manifestants dans ce plus pauvre pays de cette partie du monde semble augmenter la détermination de la population. Peut-être sommes-nous au bout du tunnel vu que le parti au pouvoir vient d’accepter l’accord proposé par les pays de la région : s’il est accepté par le président, celui-ci devrait quitter ses fonctions dans les trente jours qui suivent et bénéficiera de l’immunité pour lui et certains de ses proches. Le problème est que les opposants ne semblaient pas trop accepter le fait que leur « bourreaux » ne soient pas traduits devant les tribunaux comme ils le souhaitent. Parlant de la Syrie, le Régime de Bachar Al Assad use à la fois du bâton et de la carotte, tout en transformant le premier en principe de son attitude vis-à-vis les revendications et la seconde dont il use juste pour distraire les manifestants afin d’affiner sa stratégie du bâton.

Le changement de gouvernement et la pseudo levée de l’état d’urgence n’empêche pas ce régime de faire tirer à balles réelles, il y a peine quelques jours, sur quelques manifestants et sur toute les personnes qui chercheraient à sortir de chez elles dans la ville symbole de Deraa. Le Bilan de cette seule journée fait état de plus d’une vingtaine de tués. Mais que dire du « Guide » libyen qui tue son peuple, à l’arme lourde s’il vous plait (bombardement aériens, chars, missiles obus et roquettes), peuple qu’il qualifie de terroristes parce qu’ils ne sont pas de sa tribu, juste pour garder un pouvoir qu’il estime avoir eu de Dieu pour illuminer et donner sens à la vie des habitants de son royaume.

La résolution 1973 des Nations Unies, qui a pris du temps pour arriver et même qui a failli être en retard vu que l’armée de Kadhafi était aux portes de Benghazi (bastion de la rébellion), a permis à la communauté internationale (France, USA, Royaume-Uni au départ, puis l’OTAN aujourd’hui) de détruire les armes lourdes du guide et de bloquer l’avancer de ses troupes pour aider les insurgés à reprendre du terrain. Malheureusement, la situation reste préoccupante. On parle déjà de mille morts dans la seule localité d’Ajdabiya et la situation humanitaire ne cesse de se dégrader. Mais la détermination de cette population, et ces jeunes en particuliers de faire tomber ce tyran reste et demeure forte.

Les réseaux sociaux ayant contribués à lancer et mettre un visage sur ces révolutions face à la censure. Voice Of Youth étant à la fois un espace d’échange mais aussi une plateforme d’engagement, nous nous devons de nous prononcer sur la situation dans cette partie du monde, partager nos actions, positions et appréciations mais surtout montrer le retour, sinon l’impact de la révolution du jasmin dans notre vision des choses, sur l’évolution que doit prendre nos sociétés et comment nous y contribuons.

Pour commencer, je ne crois pas qu’organiser, comme on l’a vu dans divers pays, des marches de soutien à Kadhafi sous le prétexte qu’il est attaqué par les « Blancs » c’est admettre que Mohamed Bouazizi a eu raison d’allumer ce feu de la révolution.

© UNICEF/NYHQ2011-0413/Ramoneda Tunisia 2011 On 9 March, a boy stands with six-year-old Saida in a transit camp near the border with Libya.

Commentaires

  • dans un futur proche, par Nouvel utilisateur: