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La guerre des sexes n’aura pas lieu

Publié 10/18/11 par Anne

Inscrit le 28 April 2011
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Aux Etats-Unis, pays où les femmes occupent souvent le devant de la scène d’Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat du président Obama en passant par Oprah Winfrey, la reine du petit écran, on entend souvent claironner que la guerre des sexes est un concept totalement dépassé.

Si la journaliste Hanna Rosin a fait couler beaucoup d’encre en publiant un long article dans la revue The Atlantic Monthly proclamant « La fin des hommes » dans lequel elle affirme que l’avenir appartient désormais aux femmes, les statistiques « made in USA » semblent, à première vue, lui donner raison.

Selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics, alors que les Américaines n’occupaient que 26,1% des postes de managers en 1980, plus d’un poste à responsabilité sur deux (51,4%) est aujourd‘hui détenu par une femme. Un médecin sur trois aux Etats-Unis est aujourd’hui de sexe féminin, profession autrefois dominée par les hommes.

Hanna Rosin aime également affirmer que « 75% des couples qui se rendent aujourd’hui dans les cliniques de fertilité du pays veulent des filles », preuve ultime, selon elle, qu’être de sexe féminin est aujourd’hui un considérable atout. Pourtant, tout n’est pas rose pour les femmes même aux Etats-Unis où les lois exigent de traiter les femmes à égalité avec les hommes.

Un récent article publié sur le site de Fortune montrait que si 57% des diplômes universitaires étaient désormais empochés par des femmes, ces dernières étaient en revanche bien moins payées que leurs compatriotes masculins à compétences égales. Les jeunes diplômées reçoivent ainsi en moyenne un salaire de 36 451 dollars alors que leurs collègues masculins gagnent 44 159 dollars ! La raison avancée par cet article de Fortune ? Les femmes sont moins vantardes lors de leur entretien d’embauche et savent donc moins bien se vendre. Un argument pas très convaincant...

Lors d’un récent débat sur le sujet organisé par le magazine Men's Health, David Zinczenko, le rédacteur en chef de ce magazine masculin, relativisait tout cela en affirmant que la planète terre continuait, jusqu’à preuve du contraire, à être dominée par les hommes « Les hommes sont à la tête de 92% des nations et sont propriétaires de 99% des richesses », affirmait-il notamment lors de ce débat où la guerre des sexes se conduisait à l’aide de statistiques. On sait qu’aux Etats-Unis, pourtant le royaume du féminisme et le berceau des droits civiques, seulement 12 des 500 plus grosses entreprises (Fortune 500) sont dirigées par des femmes, preuve que l’Amérique a encore du chemin à faire même si sur la planète des femmes d’influence, les Américaines arrivent largement en tête.

Soulignons aussi que si en matière d’égalité des genres, les Etats-Unis sont en tête du peloton, la situation reste encore très préoccupante dans les pays en développement même si d'indéniables progrès ont été enregistrés au cours de la dernière décennie. Le rapport 2012 de la banque mondiale qui avait pour thème l’égalité des genres relevait par exemple que "dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, le surcroît de mortalité féminine après la naissance et le déficit de filles à la naissance est estimé chaque année à 3,9 millions de femmes et qu’environ deux cinquième de ces femmes ne sont jamais nées en raison de la préférence pour les garçons".

Et si Ellen Johnson-Sirleaf, la présidente du Liberia, vient de se voir attribuer le prix Nobel de la paix, notons qu’elle n’occupe que la 62e place sur la liste des 100 femmes les plus influentes de la planète établie chaque année par Forbes. Très très loin derrière Lady Gaga ou même la toute aussi médiatique Sarah Palin. Attardons-nous d’ailleurs un moment sur cette liste: les femmes issues de « pays à faible revenu » (pour reprendre le terme utilisé par la banque mondiale) se comptent sur les doigts de la main. Comme dirait la chanson, la route est longue, longue, longue…

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