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Les enfants sont l'avenir de la Côte d'Ivoire - Interview de Mme Diomandé Mondeny, Député de Bouaké (1ère partie)

Publié 09/04/12 par User_image_bgRodrigue Koffi

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La Voix des Jeunes a été reçue par Madame Diomandé N. Mondeny, Infirmière-puéricultrice, diplômée d’Etat, Présidente-Fondatrice de l’ONG "Notre enfance" (qui lutte pour le bien-être de l’enfant, de la femme et contre la pauvreté depuis 1999), et fondatrice d’un groupe scolaire. Depuis le 11 décembre 2011, elle est devenue député de la commune de Bouaké (centre de la Côte d’Ivoire). Dans cette première partie de l’interview qu’elle nous a accordée, cette femme très dévouée nous parle de son action durant les 10 dernières années.

1. Suite au déclenchement de la crise en septembre 2002, pourquoi vous êtes vous engagée dans la sauvegarde de l’école en "zone dite rebelle" ?

D’abord parce que je suis une femme, une mère, une éducatrice. En plus, les enfants représentent l’avenir d’un pays. Et pour qu’ils soient demain des hommes et des femmes capables et compétents, il faut qu’ils passent par l’école. Il fallait également éviter un "génocide intellectuel" pour ces enfants et jeunes restés sur place et les occuper sainement afin qu’ils ne se fassent pas enrôler parmi les soldats.

2. Qu’avez-vous fait avec votre organisation « Notre enfance » ?

Nous avons mené beaucoup d’actions, pas assez bien sûr pour mieux bien faire, mais la volonté était le socle de notre action. Nous avons contacté des fondateurs d’établissements scolaires privés et des étudiants et enseignants restés sur place. Nous avons fait changer les serrures à toutes les portes d’une école publique, et avions obtenu l’occupation gratuite de l’école les Lilas Blancs. Tout cela nous a permis d’ouvrir une véritable école, de la maternelle à la terminale, au bénéfice de 6577 élèves.

Nous avons également assuré le soutien éducatif de 246 Orphelins et autres Enfants rendus Vulnérables du fait du sida, avec l’appui de l’UNICEF [Fonds des Nations Unies pour l’Enfance] pour les kits scolaires et le paiement du transport des enseignants, et du PAM [Programme Alimentaire Mondial] pour le soutien alimentaire des enseignants.

3. Qu’avez-vous fait d’autres en direction des populations ?

Grâce au soutien financier de l’ONUCI (l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire), nous avons initié le système de "l’économie solidaire" au profit de femmes résidant dans des quartiers précaires afin de les aider à se prendre en charge. Tenant compte la question de la cohésion sociale, nous avons démarré avec 10 femmes (neuf femmes ivoiriennes mais d’ethnies différentes, une originaire de la sous région). Après 6 mois, chaque groupe de femmes parrainait un autre groupe. Nous estimons à près de 600 le nombre de bénéficiaires.

L’ONUCI nous a également aidé à réaliser un forage d’eau potable dans un village à une trentaine de kilomètres de Séguéla (Nord-ouest du pays) pour des femmes qui en avaient vraiment besoin.

En 2007, l’Union Européenne nous a fait bénéficier d’une "unité de transformation de noix de cajou". Cette opportunité nous permet d’aider à l’autonomisation des femmes, de les éloigner ou les sortir du chemin de la prostitution (pour certaines jeunes filles-mères bénéficiaires). Et pour cela nous avons privilégié les veuves et femmes monoparentales. Cette activité aide environ 150 personnes à se prendre en charge. En 2009-2010, l’Ambassade des Etats-Unis nous a apporté son appui.

Enfin, nous sommes membres du Réseau Moulikat, qui a distribué des denrées alimentaires avec l’appui du PAM à des centaines de familles.

4. Quel bilan faites-vous aujourd’hui ? Quel est votre sentiment ?

Depuis 2002, comme beaucoup d’autres, nous nous sommes battus discrètement. Nous avons fait le choix d’agir dans le silence, et c’est mieux. Une situation s’est posée, et il fallait agir. C’est que ce nous avons tenté de faire. Nous avons fait notre boulot. Je suis fière mais ne veux pas recommencer car je ne voudrais plus que notre pays replonge dans une telle crise. Ainsi, avoir un président de la République très ambitieux nous conforte dans nos actions. Car l’horizon vers l’émergence demande des actions en faveur de l’être humain, et c’est ça l’essentiel.

Contacter l’ONG Notre Enfance Tel : (225) 31.65.80.30 / 05 92 22 11 / 01 52 01 17 / 08 51 55 64 E-mail : notrenfancedeni@yahoo.fr

@Image de Mme Diomandé (à droite) avec une bénéficiaire d’AGR

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