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Où en sommes-nous dans la réalisation des objectifs de l’éducation pour tous ?

Publié 10/19/12 par User_image_bgRodrigue Koffi

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Inscrit le 9 May 2011
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A trois ans de la date butoir pour la réalisation des six objectifs de l’Education pour tous, l’UNESCO note que nous ne sommes pas sur la bonne voie, malgré les efforts déployés et les progrès enregistrés. C’est ce qui ressort du 10ème Rapport mondial sur le suivi de l’EPT (Initiative "Ecole Pour Tous"), intitulé « Jeunes et compétences, l’éducation au travail ».

Après un précédent article consacré essentiellement à l’objectif numéro 3 (promouvoir l’apprentissage et les compétences nécessaires à la vie courante pour les jeunes et les adultes), autour duquel s’est principalement construit ce rapport, nous venons ici, très brièvement, faire un tour d’horizon de la situation des cinq autres objectifs. Et ce, à travers de larges extraits tirés du Résumé de ce rapport.

Développer l’éducation et la protection de la petite enfance

S’il est encourageant de constater que, par rapport à 1990, trois enfants de plus survivent aujourd’hui pour 100 naissances, on compte encore 28 pays, dont 25 en Afrique subsaharienne, où plus de 10 enfants sur 100 meurent avant l’âge de 5 ans. Cette situation peut s’expliquer par la malnutrition dont l’une des manifestations est le retard de croissance. En plus, si une étude a démontré que les élèves de 15 ans et plus ayant suivi au moins une année d’enseignement préscolaire obtenaient de meilleurs résultats que ceux qui n’en avaient pas suivi, plus d’un enfant sur deux demeure aujourd’hui non scolarisé – et jusqu’à cinq sur six dans les pays les plus pauvres. Pour changer cette situation, le rapport demande non seulement un meilleur engagement politique pour l’amélioration de la nutrition, mais aussi une multiplication des établissements préscolaires sans oublier de s’assure à ce qu’ils soient abordables.

Réaliser l’enseignement primaire universel (EPU)

Depuis 1999, le nombre d’enfants non scolarisés en âge de fréquenter l’enseignement primaire a chuté de 108 millions à 61 millions. Parmi ceux-ci, certains peuvent entrer tard à l’école, d’autres peuvent avoir abandonné l’école et beaucoup peuvent n’être jamais scolarisés. S’il est vrai que la suppression des droits de scolarité formels a été une étape fondamentale vers la réalisation de l’EPU, le rapport note qu’il importe cependant aussi que les gouvernements prennent des dispositions complémentaires, comme des subventions permettant aux écoles de couvrir leurs coûts afin qu’elles n’imposent pas informellement d’autres frais aux parents.

Réduire de 50 % l’analphabétisme des adultes

En 2010, il y avait encore 775 millions d’adultes incapables de lire ou d’écrire. La moitié se trouvaient en Asie du Sud et de l’Ouest, et plus d’un cinquième en Afrique subsaharienne. S’il est généralement admis qu’il faut aux enfants quatre ou cinq ans de scolarité pour lire, écrire et calculer avec aisance, des enquêtes montrent cependant que, dans les pays à revenu faible et moyen inférieur, le nombre d’élèves achevant le cycle de l’enseignement primaire sans devenir alphabètes est bien plus élevé qu’on ne l’attendrait. Mais l’analphabétisme ne touche pas que ces pays car environ 160 millions de personnes dans les pays à revenu élevé ne savent pas lire, écrire et calculer efficacement dans la vie quotidienne, par exemple pour postuler à un emploi ou comprendre les indications figurant sur un flacon de médicament. Dans ces pays, les personnes socialement défavorisées, notamment les pauvres, les migrants et les minorités ethniques, sont particulièrement affectées.

Réaliser la parité et l’égalité entre les sexes

Si 68 pays n’ont toujours pas réalisé la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire et les filles sont défavorisées dans 60 de ces pays, dans plus de la moitié des 97 pays présentant des disparités entre les sexes au niveau de l’enseignement secondaire, les garçons sont moins nombreux que les filles à être scolarisés (surtout dans des pays riches et où la scolarisation est globalement plus répandue). Ainsi, l’amélioration de la participation des filles (en mobilisant les communautés, en destinant aux filles un soutien financier ciblé, en veillant à employer des méthodes et des matériels pédagogiques tenant compte de la question du genre et en offrant des environnements scolaires sûrs et sains) et une meilleure prise en compte des facteurs chassant les garçons de l’enseignement secondaire (la pauvreté, l’attraction du marché du travail, ou l’environnement scolaire, notamment des attitudes des enseignants) s’imposent.

Améliorer la qualité de l’éducation

Les dernières estimations laissent penser que, pour 112 pays, les effectifs devraient intégrer au total 5,4 millions d’enseignants du primaire supplémentaires d’ici 2015. De nouveaux recrutements sont nécessaires pour couvrir à la fois les 2 millions de postes supplémentaires requis pour réaliser l’enseignement primaire universel et les 3,4 millions de postes rendus vacants par les enseignants quittant leurs fonctions. À eux seuls, les pays d’Afrique subsaharienne doivent recruter plus de 2 millions d’enseignants pour parvenir à l’EPU.

Mais la réalisation de cet objectif demande également que les enseignants reçoivent une formation appropriée afin de pouvoir s’acquitter efficacement de leurs tâches, bénéficient de formation continue afin de faire en sorte que les connaissances se traduisent par de meilleures pratiques dans les classes, et reçoivent une fois dans leurs classes un meilleur matériel pédagogique.

© UNICEF/NYHQ2011-2209/Marco Dormino - Haiti, 2011

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