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Soudan du sud : un an après l’indépendance, la fragilité de l’Etat reste forte

Publié 07/05/12 par User_image_bgRodrigue Koffi

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Le 9 juillet 2011, après un peu plus de 30 ans de guerre ayant conduit à au moins 2 millions de morts et 5 millions de déplacés, le Soudan du Sud est devenu un Etat indépendant du Soudan. Mais à quelques jours du premier anniversaire, la paix reste absente, les infrastructures se font attendre et les populations demeurent vulnérables.

Déjà en avril 2012, le quotidien Le Monde mettait en exergue les risques de conflits qui persistent entre le Soudan et le Soudan du Sud ; et ce pour au moins trois raisons:

« Le premier contentieux est celui de la délimitation des frontières. Le référendum n'a pu être organisé à Abyei. Il reste des espaces pétrolifères contestés tels Heglig».

Ensuite vient la question des droits des populations. « L'indépendance du Soudan du Sud a conduit à des questions non résolues en terme de nationalité et de citoyenneté, de demandes d'asile pour des apatrides, dans un contexte où les populations sont largement métissées, mobiles et sont déplacées ou réfugiées suite aux conflits. »

A ces deux premiers s’ajoute un troisième contentieux qui « concerne la gestion et le partage des revenus pétroliers. Sur 500 000 barils jour, 400 000 sont produits par le Soudan du Sud. Aucun accord n'a été trouvé pour favoriser une coopération entre le Sud disposant des réserves et le Nord possédant les raffineries et l'oléoduc vers Port- Soudan. Les deux Etats ont pourtant un besoin impératif de coopérer, du moins pour le Soudan du Sud tant que l'oléoduc allant vers Lumu au Kenya n'aura pas été construit et que des raffineries ne seront pas installées. »

Cette situation a entraîné des mouvements de population, un bouleversement des moyens de subsistance (notamment l’agriculture), et une augmentation des besoins d’aide d’urgence.

Selon la Représentante de l’UNICEF au Sud-Soudan, Yasmin Haque, « les enfants sont les premières victimes : le taux de malnutrition aiguë globale dépasse le seuil d’urgence de 15% dans plusieurs régions, et au total, on estime à 600 000 le nombre d’enfants menacés par la malnutrition en 2012. Dans ce contexte d’insécurité et de déplacements de population, on observe également des violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes ainsi que le recrutement d’enfants par des groupes armés, des enfants qui se retrouvent séparés de leurs parents…».

En plus, Action Contre la Faim note qu’un enfant meurt sur huit avant l’âge de 5 ans et regrette que malgré que l’eau soit en excédent, son accès est problématique en termes de qualité et de répartition dans le pays.

Pour Yasmin Haque, « la clé, pour les enfants du Sud-Soudan, c’est la santé, l’éducation, et la lutte contre la malnutrition. Si nous n’avançons pas dans ces domaines, le pays sera au même point dans 15 ou 20 ans ». Les besoins sont nombreux et immenses, mais pas suffisants pour décourager les humanitaires sur le terrain.

Ainsi, vu que le Soudan du Sud est un pays où les maladies d'origine hydrique sont trop fréquentes à cause d’indicateurs en matière d'eau et d'assainissement parmi les plus faibles du monde, l'UNICEF est à pied d'œuvre avec ses partenaires et le gouvernement pour veiller à ce que les services d'eau, d'hygiène et d'assainissement ainsi que l'enseignement des principes d'hygiène soient disponibles dans les écoles. Cette synergie d’action se voit également dans l’amélioration des services de vaccination, tel que contre la poliomyélite. A Cela s’ajoute bien sûr les distributions d’eau potable, de produits d’hygiène, d’aliments thérapeutiques pour les enfants menacés par la malnutrition et autres soutiens.

Un an après son accession à l’indépendance, le Soudan du Sud demeure sous perfusion, et certainement pour un peu longtemps encore, car il faudra donner aux enfants de ce pays « les opportunités et l’environnement pour qu’ils puissent vivre et grandir dans les meilleures conditions ! »

© UNICEF/NYHQ2012-0147/Brian Sokol - South Sudan, 2012

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