Le cancer, tueur (silencieux) des femmes en Afrique
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Rien en Afrique ne tue plus que le cancer. Fait étonnant car l'Afrique souffre de bien d'autres maux, à commencer par les guerres civiles, les instabilités politiques, les déplacements des populations, la pandémie du VIH/SIDA. Mais c'est le cancer qui tue le plus, surtout les Africaines. La faute au manque de médecins, à l'absence de campagnes de prévention, de structures pour le dépistage, sans compter les rites ancestraux et traditionnels qui s'opposent aux traitements.
Source: http://fr.allafrica.com/stories/201205111226.html
"Rien en Afrique ne tue plus que le cancer". Tels sont les premiers mots d’un article publié la semaine dernière sur le site AllAfrica.com et que nous venons partager avec toute notre communauté. Intitulé "Afrique: Le cancer - une maladie qui décime la femme africaine", cet article nous présente une image très inquiétante quand à la problématique « femmes et cancer » sur le continent africain, avec un accent particulier sur la situation en Côte d’Ivoire, à Madagascar et à Maurice.
En effet, en le parcourant, nous lisons qu’"elles sont des milliers de femmes à mourir de cancer sur le continent africain. Les organes les plus touchés sont le sein, le col de l'utérus mais aussi le pancréas. Il faut savoir que le cancer du sein est l'un des cancers les plus mortels en Afrique. Il est la première cause de mortalité chez l'Africaine et est plus fréquent chez la femme que chez l'homme. Il sévit généralement chez les femmes de plus de 45 ans."
Au-delà de la situation spécifique dans chacun de ces pays, le site AllAfrica fait également mention dans son article de l’un des problèmes phare qui touche les malades du cancer, le coût des soins : "la chimiothérapie ou la radiothérapie relèvent de la pratique privée et coûtent cher. Et même s'ils existent en centre hospitalier public, les appareils de radiothérapie sont insuffisants pour les cas dépistés. Ceux qui ont les moyens et qui veulent connaitre leur état de santé ont l'avantage de pouvoir se faire soigner à temps. Et ils font tout pour trouver le financement pour cela. Autrement, pour le Malgache, le cancer reste le « homamiadana » ou «celui qui tue à petit feu »."
Vivement que cet article de AllAfrica aide à une meilleure prise en considération de cette maladie qui, pour ce que nous lisons, est un immense problème de santé publique pas suffisamment considéré comme tel dans la pratique, et qui demande une action coordonnée plus consistante et plus pérenne.
"Croyons en l'objectif "zéro nouvelle infection au VIH chez les enfants"
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Le saviez-vous ? "Nous" avons célébré ce 7 mai 2012 la onzième Journée mondiale des orphelins du sida. Cette journée a été initiée en 2002 par l’association François-Xavier Bagnoud, une ONG internationale créée en 1989 dont le siège est basé en Suisse. Saviez-vous que cette journée existait ? A vrai dire, moi je ne le savais pas (malgré mes quelques années d’engagement dans le combat contre le sida en Côte d’Ivoire). Et grande fut ma surprise de constater que l’écrasante majorité des acteurs, y compris au plus haut niveau institutionnel, ne le savait pas également. Nous n’avons pas à en être fiers ! Mais bon, nous connaissons désormais son existence.
Cela dit, il faut dire qu’au lendemain de cette journée, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a lancé la campagne « Croyons-le, allons-y »(« Believe it. Do it »). Cette campagne vise à mobiliser l'opinion public sur l'Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) de prévenir de nouvelles infections de VIH/Sida chez les enfants avant 2015 et d'assurer que les mères vivant avec le virus restent en bonne santé.
En effet, selon l’ONUSIDA, chaque année, ce sont environ 390 000 enfants qui sont nouvellement infectés par le VIH, et quasiment 42 000 femmes vivant avec le VIH qui meurent suite à des complications liées au sida au cours de leur grossesse.
Le site AllAfrica.com rapporte, dans un article portant sur cette campagne, les propos de Michel Sidibé, Directeur Exécutif de l’ONUSIDA. Pour ce dernier, « nous avons une opportunité unique de changer le monde. » Il ajoute également que « nous avons reçu l'engagement des dirigeants du monde pour atteindre cet objectif, mais le temps presse. Nous ne pouvons pas passer de 390.000 à zéro sans votre soutien ».
Pour parvenir à la réalisation de l’objectif "zéro nouvelle infection chez les enfants", ce programme des Nations Unies s’est fixé trois objectifs pour cette campagne : sensibiliser le public sur les faits liés à la prévention de nouvelles infections d'enfants, communiquer sur les manières dont le public peut aider à atteindre les objectifs et enfin promouvoir le soutien aux organisations qui travaillent pour améliorer la santé des mères séropositives.
Il faut noter qu’en juin 2011, suite à une réunion de haut niveau des Nations Unies à New York, les dirigeants internationaux ont lancé le Plan Mondial pour éliminer les nouvelles infections au VIH chez les enfants à l’horizon 2015.
Dans le cadre de cette campagne, un site spécial "Believe it. Do it" a été créé. Il est également important de noter que « cette campagne commence par [nous] », comme on peut le lire sur le dit site. Commençons donc par envoyer une carte de vœux électronique personnalisée à nos proches pour partager notre conviction que nous pouvons, tous ensemble, parvenir à zéro nouvelle infection au VIH chez les enfants.
© UNICEF/NYHQ2011-0726/Olivier Asselin - Sierra Leone, 2011
Avec Mia Farrow, restons mobilisés pour le #Sahel
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« J'ai vu des mères regardant leur bébé mourir de faim. Pour ceux qui auront survécu, la malnutrition endommagera de manière permanente leurs capacités intellectuelles et physiques » ; « Aussi, n'essayez pas de penser à ce million d'enfants, mais pensez plutôt à un seul enfant, à un petit garçon ou à une petite fille qui a besoin que vous l'aidiez maintenant ».
Voici quelques unes des paroles fortes de Mia Farrow, actrice de renommée internationale et militante humanitaire, dans cette vidéo où elle lance un appel pour venir en aide aux enfants du Sahel. En effet, cette ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF depuis 2000 a enregistré ce message pour nous encourager tous à soutenir l'UNICEF dans ses efforts pour sauver des vies dans la région sahélienne.
Il faut rappeler que l'UNICEF estime qu'au moins 1,1 millions d'enfants de moins de cinq ans auront besoins de soins vitaux spécialisés au cours de l'année et travaille avec des partenaires et les gouvernements pour établir plus de 4000 centres de traitement dans cette région. Et ce sont huit pays qui sont concernés : Burkina Faso, Cameroun, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal et Tchad.
Afin d'aider cette agence des Nations Unies à mieux faire face aux besoins sur le terrain, estimés pour le moment à 120 Millions de dollars US, la Commission Européenne vient de lui offrir 16,5 Millions d’Euro. Ce sont précisément deux contributions, l’une de 11,5 millions pour financer des programmes de nutrition dans chacun des huit pays touchés, et une autre de 5 millions d’euros (spécifiquement pour le Tchad où quelques 127 000 enfants de moins de cinq ans sont en danger de mort), qui ont été accordées.
Pour Monsieur Manuel Fontaine, Directeur régional UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, « cet argent servira à garantir que lorsque un enfant très malade arrive dans un centre de traitement, il y trouvera des aliments thérapeutiques, des professionnels qui savent exactement comment agir et des médicaments pour combattre les maladies qui s'attaquent à leurs corps affaiblis.»
Dans ce contexte donc, la mobilisation doit se poursuivre, voire même se renforcer. Notre action, comme cette vidéo de Mia Farrow, ou encore celle de Selena Gomez précédemment partagée sur notre blog, et sans oublier l’action des uns et des autres, doivent permettre d’aider à démontrer Pourquoi il faut donner pour les enfant et les familles du Sahel.
Et notre mobilisation doit se poursuivre en visionnant et partageant sur nos différentes pages des réseaux sociaux cette vidéo de Mia Farrow, qui n’a été vue que 2700 fois à ce jour. Nous pouvons et devons faire évoluer ce chiffre.
L’UNESCO nous dit que la liberté des médias aide à transformer les sociétés
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"De nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés". Ainsi est libellé le thème de cette Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce mercredi 3 mai 2012. Proclamée en décembre 1993 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, et conséquence de la Déclaration de Windhoek du 3 mai 1991, cette journée permet entre autres d’informer les citoyens sur les atteintes portées à la liberté de la presse ou d’interpeler les gouvernements sur la nécessité de respecter leurs engagements en faveur de la liberté de la presse.
Ainsi, à l’occasion de la célébration de cette année, Reporters Sans Frontières (RSF) présente un tableau peu reluisant, voire même préoccupant pour la liberté de la presse en 2012. En effet, "depuis le 1er janvier 2012, un acteur de l’information est tué tous les cinq jours. Depuis le début de l’année en effet, 21 journalistes et 6 net-citoyens et citoyens-journalistes ont été tués, notamment dans des zones de conflit comme la Somalie et la Syrie."
Le choix du thème « De nouvelles voix : la liberté des médias aide à transformer les sociétés » par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) n’est pas anodin. Il est justifié par les "développements sociopolitiques et démocratiques globaux sans précédent dans lesquels des médias de tout horizon ont joué une part importante, même si parler de la «révolution des médias sociaux » parait excessif". Comme le mentionne si bien l’UNESCO, il n’est plus besoin de démontrer que "les nouveaux médias ont permis à la société civile, à la jeunesse et aux communautés de provoquer d’importants changements sociaux et politiques, et ce par l’auto-organisation et par l’engagement des jeunes du monde dans la lutte pour obtenir la liberté de s’exprimer et d’exprimer les aspirations de leurs peuples" dans le Maghreb.
L’une des illustrations de cette réalité est matérialisée par les médias communautaires et associatifs en Tunisie qui sont parmi les nouvelles voix qui ont trouvé un espace dans le paysage médiatique de ce pays depuis la Révolution de janvier 2011.
Au-delà de la célébration simple de la liberté de la presse, cette Journée mondiale de la liberté de la presse est aussi le cadre pour se questionner sur les défis des médias dans l’environnement actuel, surtout quand on sait que de individus courageux ont décidé d’utiliser leurs caméras pour ne plus être des spectateurs passifs du déroulement des évènements en Tunisie, en Égypte, en Libye et dans d’autres régions.
Aujourd’hui, l’UNESCO note qu’ "alors que les médias sociaux offrent une quantité de connectivité et d’information sans précédent, une tendance inquiétante menace la liberté d’expression et la liberté de la presse en ligne. On constate une hausse du nombre de cyber-attaques sur des sites qui critiquent le gouvernement en place, l’interdiction de certains sites de réseaux sociaux et l’arrestation de bloggeurs." A cela s’ajoute le fait que "dans la situation post révolutionnaire, le secteur des médias jouit d’un niveau bien plus élevé de liberté mais, en même temps, il souffre d’un manque de normes et de systèmes de régulation reconnus à l’échelle internationale."
Parmi les pistes de solutions, cette agence des Nations Unies estime que "les médias doivent apprendre à s’adapter à une nouvelle culture d’autorégulation et de renforcement des normes professionnelles. Les professionnels habitués à pratiquer un journalisme d’« affiliation » doivent développer une nouvelle mentalité d’autonomie critique, apprendre à poser des questions risquées à tous les intervenants, à conduire un journalisme d’investigation et enfin à mieux contribuer à une culture de la démocratie."
© UNICEF/NYHQ2008-1249/Giacomo Pirozzi // Brazil, 2008
Les Etats-Unis ne font plus rêver les Mexicains
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"Une chance pour les pays d’accueil". Tel était intitulé un précédent article publié sur notre blog et portant sur le phénomène de la migration des jeunes. Et malgré les difficultés qu’ils rencontraient dans la «traversée» ou dans ce « long voyage », les voisins mexicains des Etats-Unis entretenaient une migration très importante vers les Etats-Unis. Mais aujourd’hui, l’eldorado américain ne semble plus trop faire rêver de l’autre côte de la frontière.
Dans un article publié par The Washington Post, nous apprenons qu’un rapport publié par le Pew Hispanic Center montre que, pour la première fois depuis la "Grande Dépression", le nombre de migrants mexicains vers les Etats-Unis est inférieur au flux de ceux qui retournent dans leur pays d’origine.
Ainsi, "presque 1,4 millions de Mexicains ont quitté les Etats-Unis pour le Mexique entre 2005 et 2010, ce qui représente le double du chiffre de la décennie passée. Le nombre de Mexicains qui se sont déplacés vers les Etats-Unis durant la même période représentent moins de la moitié de 3 millions, chiffre de ceux qui y avaient migré dans la période allant de 1995 à 2000", note l’article du Washington Post.
Rappelons que la "Grande Dépression", encore connue sous le nom de « crise de 1929 », a été une sévère dépression économique mondiale dans la décennie ayant précédé la seconde guerre mondiale. Son calendrier a varié selon les pays, mais dans la plupart d’entre eux elle a commencé vers 1929 et s’est étendue jusqu’à la fin des années 1930 ou le début des années 1940. Ce fut la plus longue, la plus étendue et la plus grande dépression qu’ait connu le monde au vingtième siècle.
Selon Douglas Massey, un professeur de sociologie et des affaires sociales à l’Université de Princeton, également co-directeur du projet sur la migration mexicaine, "la forte hausse de l’immigration mexicaine est terminée". Mieux, il estime qu’on ne peut plus revenir "à des chiffres comparables à ceux connus dans les années 1990 et 2000", où ce sont 770 000 immigrés mexicains vers les Etats-Unis qui ont été recensés pour la seule année de 2000.
Toujours sur le sujet de la migration vers les Etats-Unis, le quotidien français Libération note de son côté que "les migrants sud-américains rencontrent de plus en plus de difficultés pour se faire régulariser, en dépit des promesses du Président Obama".
Ainsi, note ce quotidien, "alors qu’il avait promis une «complète réforme de l’immigration», permettant notamment de régulariser une partie des sans-papiers, Barack Obama a au contraire présidé à un nombre record d’expulsions depuis 2009. Durant les trois premières années de sa présidence, 393 000 illégaux ont été renvoyés en moyenne annuelle contre 200 000 durant les deux mandats de George W. Bush." L’article rajoute que durant la campagne 2008, l’actuel Président américain avait promis de faire voter «immédiatement » un projet de loi pour permettre au moins aux enfants entrés illégalement aux Etats-Unis de régulariser leurs papiers s’ils étudient à l’université ou servent dans l’armée. Ce projet qui avait été rejeté par le Congrès en 2001, a finalement été rejeté par le Sénat.
Pour finir, notons que l’article du Washington Post mentionne que "même si l’inversion de cette tendance migratoire est temporaire et pas encore permanente, elle pourrait avoir des implications significatives sur les Etats-Unis". En effet, "plusieurs immigrants mexicains travaillent dans les secteurs de l’agriculture et de la construction". Il s'agit donc d'un dossier à suivre de près.
© UNICEF/NYHQ1996-0995/Jose Hernandez-Claire // Mexico, 1996
Paludisme : l’Initiative "TTS" pour une intensification des interventions
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Ce mercredi 25 avril 2012, le monde célébrait la Journée Mondiale de lutte contre le paludisme. Placée sous le thème "Maintenir les progrès, Sauver des vies : Investir dans la lutte contre le paludisme", cette journée, s’inscrit dans un contexte d’intensification des interventions. Dans le communiqué publié sur son site, le Programme Mondial de lutte antipaludique (le partenariat « Rolling Back Malaria », "Faire reculer le paludisme" en français), mentionne que "la réduction de l'empreinte du paludisme, tel que ce fut le cas ces dix dernières années, comme la réapparition des parasites paludéens dépendent, dans une large mesure, des ressources qui seront investies dans les efforts de contrôle au cours des prochaines années".
Dans un autre communiqué de presse, Margaret CHAN, Directrice Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), note qu’"au cours des dix dernières années, l’augmentation des investissements pour prévenir et combattre le paludisme a permis de sauver plus d’un million de vies".
Toujours selon l’OMS, "la forte accélération de la distribution de moustiquaires dans le monde, l’extension des programmes de pulvérisation d’insecticides à l’intérieur des bâtiments et l’accès accru à un traitement rapide du paludisme ont réduit les taux de mortalité attribuables à cette maladie de plus d’un quart au niveau mondial et d’un tiers en Afrique depuis 2000". Cela dit, et continue l’organisation, "le maintien du rythme de progression actuel ne suffira pas à atteindre les cibles mondiales en matière de lutte contre le paludisme".
En effet, tout en mentionnant que l’objectif de zéro décès dû au paludisme jusqu’en 2015 semble aujourd’hui hors de portée, Radio France International (RFI) mentionne sur son site que la première menace des progrès accomplis ces dernières années est liée à la disponibilité des fonds. Sur les 5 à 6 milliards de Dollars estimés pour ses besoins annuels, à peine 2 milliards ont été mobilisés en 2011 pour le partenariat "Faire reculer le paludisme", "et la tendance est à la baisse". A cela s’ajoute l’apparition de résistances à "des médicaments très efficaces qui ont révolutionné la prise en charge des malades ces dernières années".
Afin de soutenir ce redoublement des efforts aujourd’hui nécessaire, le partenariat « Faire Reculer le Paludisme » lance l’Initiative "Tester Traiter Suivre (TTS)". Celle-ci "appelle les pays d’endémie et les donateurs à s’acheminer vers l’accès universel aux tests de diagnostic et au traitement antipaludique et à créer des systèmes de surveillance de la maladie plus solides".
Dans une parution sur son site, l’OMS explique que "cette initiative vise à montrer aux décideurs et aux donateurs qu’il est important d’adopter les dernières recommandations factuelles de l’OMS sur les tests de diagnostic, le traitement et la surveillance, et d’actualiser les stratégies existantes destinées à combattre et à éliminer le paludisme ainsi que les plans opérationnels de chaque pays".
S’il est vrai que les données actuelles présentent une diminution de la mortalité de 25% au niveau mondial par rapport à 2000, rappelons que l’OMS considère que sa marge d’incertitude statistique concernant la mortalité imputable au paludisme au niveau mondial est de 537 000-907 000. Ce qui montre qu’il est urgent d’améliorer la surveillance et la notification.
© UNICEF/NYHQ2010-1022/Olivier Asselin -Sierra Leone, 2010
Blanchir la peau, friser les cheveux : la mode est-elle en guerre contre les femmes ?
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Né dans les années 1960 au sein de la communauté noire aux Etats-Unis, nous dit-on, le phénomène de la dépigmentation ou du blanchiment de la peau reste solidement ancré dans les sociétés africaines et asiatiques. Le blanchiment est une pratique qui consiste en une attaque à la mélanine, pigment qui donne la couleur foncée à la peau et qui est situé dans la couche profonde de celle-ci. Cela se traduit par l’utilisation de produits contenant bien souvent des substances nocives ou interdites, ou par un détournement de l’usage d’origine de certains produits.
S’il est vrai que les femmes sont au cœur du blanchiment de la peau, il faut noter que certains hommes s’adonnent également à cette pratique.
Contrairement à la situation d’il y a dix, quinze, voire vingt ans, il importe de préciser que ce ne sont plus seulement et principalement des « tantes du quartier » ou encore les grandes sœurs qui assurent la promotion de cette pratique. En plus de l’occupation du terrain par les grands groupes cosmétiques, ce sont désormais des stars comme les chanteuses Beyonce ou Rihanna qui en constituent des ambassadrices, et non des moindres quand on sait l’importance de l’effet de mode qu’elles produisent.
Ce mardi 17 avril 2012, l’émission "7 milliards de voisins" de Radio France International (RFI) s’est intéressée à la question. Intitulée « Peaux blanches et cheveux lisses: à quand la fin du diktat de la beauté occidentale? » (Partie1 et Partie 2), cette émission, dont nous vous recommandons fortement l’écoute, vient remettre cette question au coeur du débat.
Ainsi, l’émission "7 milliards de voisins" soulève un ensemble de questions qui entourent le problème du blanchiment de la peau : se blanchir la peau s’inscrit-il dans la même démarche que se lisser les cheveux ? Mais la question la plus pertinente reste certainement de savoir s’il s’agit d’une démarche esthétique ou plutôt l’expression d’un complexe de soi-même, voire une négation de son identité ?
Bien évidemment, l’orientation de la réponse à ces différentes interrogations diffère selon que l’on se trouve du côté des adeptes, des « consommateurs » du blanchiment ou des détracteurs, médecins et dermatologues.
Mais une chose reste évidente : il existe des conséquences physiques et sanitaires. Notons par exemple les risques de cancer, d’hypertension, de diabète, d'insuffisance rénale, les vergetures, les cas d’atrophie et de maladies cutanées. En plus, il faut dire que la pratique de blanchiment de la peau peut déclencher une véritable addiction vu que lorsque l'on arrête de prendre les produits, la peau redevient noire.
La Voix des Jeunes souhaite ouvrir le débat sur son blog et vous donner la parole. Alors, quel est votre point de vue sur ce phénomène de blanchiment de la peau ?
© UNICEF/NYHQ2009-1207/Giacomo Pirozzi - Madagascar, 2009
Comment aider à résoudre la crise au Sahel
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Face à la crise humanitaire qui frappe actuellement huit pays au Sahel (Sénégal, Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad), la mobilisation doit s’intensifier. En plus des agences des Nations Unies, des organisations comme Médecins Sans frontière (MSF) et la Croix Rouge Française sont mobilisées sur le terrain et ont lancé des appels aux dons.
Pour ce qui est de l’Unicef, les initiatives et autres possibilités de mobilisation sont nombreuses. Nous vous en présentons quatre.
Tout d’abord, la présente vidéo, qui n’a été vue pour le moment que 430 fois (et qui doit donc faire l’objet d’un partage plus large) vient nous sensibiliser sur la nécessité de donner. En effet, pour l’Unicef (et les autres) chaque euro, mieux, disons chaque dollar, yuan, yen, dirham ou franc peu faire la différence et effectivement contribuer à résoudre la crise en sauvant des vies humaines dans le Sahel. Avec 1 euro, nous pouvons aider à faire éviter une catastrophe au Sahel.
Nous avons également repéré sur Youtube la vidéo "Volvic s’engage avec l’Unicef pour aider les enfants du Sahel". L’objectif est simple : faire grimper le compteur avec Volvic et l’Unicef. En effet, pour chaque visionnage de cette vidéo, Volvic s’engage à puiser un litre d’eau au Sahel. Dans cette vidéo, qui a déjà été visionnée plus de 830 540 fois, on lit que cette collaboration Volvic-Unicef a permis d’aider 70 000 Nigériens et de financer 130 puits au Sahel.
De plus, l’Unicef a développé un Kit de mobilisation. L’objectif étant d’offrir aux uns et aux autres la possibilité d’aider l’organisation à communiquer sur la crise nutritionnelle sévissant dans le Sahel.
Au-delà de tout cela, nous pouvons donner via un clic. C’est simple et surtout c’est efficace.
On meurt également de faim au Sahel, chères CEDEAO et Union Africaine
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Ce sont au moins 700 millions de dollars que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) demandent à la communauté internationale pour les aider à mieux faire face à la crise humanitaire qui secoue le Sahel. Face à l’urgence et à l'apathie de l'opinion publique illustrée par le fait que moins de 50% de ces fonds ont été à ce jour mobilisés, ces agences des Nations Unies ont lancé le mardi 10 avril 2012 un appel contre "l’indifférence générale".
Selon Anthony Lake, Directeur Exécutif de l’UNICEF, il y a une "certaine lassitude dans l'opinion publique à propos du Sahel, une fois de plus, on assiste à une famine, une fois de plus les enfants africains meurent, et les gens sont fatigués d'entendre cela". Et pourtant il est possible de sauver 95% des presque 1,5 millions d’enfants souffrant de malnutrition sévère dans cette région, note Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS. Il suffit pour cela "d'ouvrir des centres de soins disponibles 24 heures sur 24, ainsi que des cliniques ambulantes, où l'on pourra traiter les cas de diarrhée, de pneumonie, de malaria et de méningite", poursuit-elle. Quant à Antonio Guterres, Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, il regrette le fait que "cette région ne suscite que peu d'intérêt de la part des médias", qui sont "concentrés sur la Syrie".
Mais dans une analyse plus étendue, ce sentiment d’indifférence générale concerne également la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA). Ces deux organisations, sous-régionale pour l’une et régionale pour l’autre, se sont mobilisées ces dernières semaines autour de questions dans la région : les dernières élections présidentielles au Sénégal avec les craintes de basculement dans une violence généralisée qui ont été balayées du revers de la main par la maturité du peuple sénégalais, les menaces de la secte Boko Haram au Nigeria, mais surtout la situation politique et militaire au Mali depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012. Sur ce dernier dossier, la CEDEAO en première ligne s’est fortement mobilisée pour que, moins de trois semaines après ce putsch, l’ordre constitutionnel soit rétabli au Mali avec l’investiture cette semaine du Président de l’Assemblée Nationale comme président de la République par intérim.
Mieux, l’organisation sous-régionale reste engagée pour la « libération totale » du Mali également confronté à une partition sachant que son le Nord du pays est actuellement contrôlé par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).
Bref, le Sahel préoccupe la CEDEAO et l’UA mais tout simplement parce qu’elle est devenue la nouvelle poudrière africaine, comme le note Courrier International.
Mais rien, absolument rien ne semble être réellement fait au niveau de ces deux organisations face à la crise humanitaire dans le Sahel. C’est un peu comme si l’Afrique semble emprunter de nouveau la voie erronée du silence, voire du déni pour ne pas dire de l’indifférence, comme ce fut d’abord le cas en 2011 avec la crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique.
Aujourd’hui donc nous voulons lancer un message à l’Afrique, à la CEDEAO et à l’UA : le monde vous regarde, vos enfants du Sahel vous regardent.
© UNICEF/NYHQ2012-0190/Olivier Asselin -Niger, 2012
« Prête ta jambe » à la campagne contre les mines
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Ce mercredi 4 avril 2012 est célébrée la Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte anti-mines. Pour la commémoration de cette journée, l’Organisation des Nations Unies (ONU) lance la Campagne « Prête ta jambe ».
Comme on peut le lire sur le site des Nations Unies, il s’agit d’une campagne «qui encourage les gens à travers le monde à faire un geste simple mais symbolique : retrousser une jambe de pantalon ou une manche pour lutter contre les dommages que les mines continuent à causer, tout en affirmant sa solidarité avec tous les survivants de mines terrestres et de restes explosifs de guerre».
Mais qu’est ce qu’une "mine" ou encore une "mine antipersonnel" ? Certes, la définition est un peu technique, mais l’Article 2 de la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, encore appelé "Traité d’Ottawa", adopté le 18 septembre 1997, nous permet de mieux comprendre le danger que représentent les mines. Ainsi, par "mine" il faut comprendre « un engin conçu pour être placé sous ou sur le sol ou une autre surface, ou à proximité, et pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne ou d'un véhicule ». Quant à la "mine antipersonnel", il s’agit d’«une mine conçue pour exploser du fait de la présence, de la proximité ou du contact d'une personne et destinée à mettre hors de combat, blesser ou tuer une ou plusieurs personnes».
Selon le Comité International de la Croix Rouge (CICR), « bien que des progrès aient été accomplis, de grands défis subsistent, en particulier l’élimination des mines qui restent sur le terrain et l’atténuation des souffrances des blessés ». A ceux-ci, s’ajoutent l’emploi aujourd’hui encore de ces armes désormais non conventionnelles. C’est par exemple le cas de la guerre en Lybie l’année dernière où, selon les Nations Unies, les forces de Kadhafi ont enterrés 10 000 mines mortelles qui menacent aujourd’hui la population de manière quotidienne.
Dans la pratique, le travail de déminage ne se limite pas à la mise hors d’état de nuire de ces engins. Sur le site de l’Equipe de lutte antimines des Nations Unies, nous lisons que « la lutte antimines ne consiste pas uniquement à éliminer les mines terrestres sur le terrain. Elle comprend des mesures qui vont de la prévention contre le danger dans un environnement miné à la promotion d’un monde sans mines ».
Cette journée du 4 avril 2012 se présente donc comme une nouvelle occasion de rappeler que la question des mines reste un problème encore permanent dans beaucoup de territoires sur notre planète et pour de millions de personnes qui y sont exposées. En plus, c’est aussi une opportunité pour exprimer, comme le note si bien le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, notre soutien et notre compassion pour les survivants. Alors n’oublions pas : prêtons nos jambes et demandons à nos proches d’en faire de même.
@flickr.com/photos/unamid-photo/7037916827/sizes/m/in/pool-1900413@N25/
© UNICEF/NYHQ2007-2643/Ron Haviv -Sri Lanka, 2007
Sidaction 2012 : Ensemble nous avons le pouvoir de faire reculer le sida
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« Faire avancer la recherche » et « soutenir les malades ». Voici les deux messages clés justifiant la tenue de Sidaction qui se déroule les 30, 31 mars et 1er avril 2012. Dans un contexte de réduction des financements, justifié nous dit-on par l’argument peu convainquant de la crise économique et financière de ces dernières années, et de croissance de la demande, la mobilisation et l’engagement des populations et autre citoyens est encore plus nécessaire. Ce spot sans commentaires en off, avec des mimes réalisés par différents acteurs, est là pour signifier symboliquement mais avec toute la force de l’engagement que malgré le contexte actuel une valeur doit subsister : la Solidarité.
Des questions légitimes que se posent certainement encore des personnes méritent d’être relevées ici : Mais où vont les dons recueillis à chaque Sidaction ? Comment sont répartis les fonds collectés ?
Sur le site de Sidaction (l’organisation), nous notons que 70 % des fonds collectés sont consacrés aux missions sociales, 20 % financent les frais de collecte et 10 % couvrent les frais de gestion. Plus concrètement, grâce aux dons collectés en 2011, 99 jeunes chercheurs ont été financés pour un montant de près de 3 millions d'euros, plus de 35 000 personnes ont eu accès aux traitements grâce aux structures de santé soutenues par Sidaction et 14 programmes d'hébergement ont été financés en France.
Bref, les fonds collectés servent vraiment à quelques chose. Soyons donc nombreux à nous mobiliser et à mobiliser notre entourage, jusqu’au 11 avril 2012 (pour les appels) et bien au-delà. Les dons sont attendus par appel au "110" ou sur www.sidaction.org.
De l'eau pour les enfants: petit état des lieux
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« Le temps des solutions ». Tel a été le thème du 6ème Forum Mondial de l’eau qui s’est tenu du 12 au 17 mars 2012 à Marseille (sud de la France). Quelques jours après ce forum qui a réuni 35 000 personnes (selon les organisateurs), La Voix des Jeunes s'intéresse à la question de l’eau et la sécurité alimentaire.
Mais d’entrée, il importe de faire un petit état des lieux. Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les efforts de ces dernières années pour un meilleur accès à l’eau portent leurs fruits, même si la situation est différente au niveau de l’assainissement.
Faisant référence à un rapport conjoint publié le 6 mars 2012, le site Action-Environnement.com relève que, selon ces deux agences des Nations Unies, «l'Objectif du millénaire pour le développement (OMD) fixé par l'ONU en 2015, visant à réduire de 50% la population n'ayant pas accès à l'eau potable, a d'ores et déjà été ''atteint'' en 2010 ». En effet, continue l’article, « 89% de la population mondiale, soit 6,1 milliards de personnes, avaient accès à "des sources améliorées d'eau potable" à la fin de l'année 2010. L'objectif était de 88%. Ainsi, si cette tendance se confirme, l’UNICEF et l’OMS estime que ce chiffre devrait s'élever à 92% en 2015 ». Cela dit, le Directeur Exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake, rappelle qu’au moins 11% de la population mondiale, soit 783 millions de personnes, n'ont toujours pas accès à de l'eau potable.
Dans "La situation des enfants dans le monde 2012 : les enfants dans un monde urbain", l’UNICEF nous donne une idée de la situation de l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissements améliorés. Quoi de plus normal quand on sait que « le manque d’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement augmente les risques de maladies, de malnutrition et de décès qui pèsent sur les enfants ».
Tout d’abord, ce rapport de l’UNICEF rappelle les données du retour sur investissement communiquées par l’OMS. Ainsi, « 1 dollar É.-U. dépensé pour améliorer l’approvisionnement en eau et l’assainissement génère au moins 5 dollars, et parfois même jusqu’à 28 dollars de bénéfices économiques selon les conditions locales. En outre, investir dans la promotion de l’hygiène, l’assainissement et les services d’eau constitue l’un des moyens les plus économiques de réduire la mortalité infantile ». Le manque d’investissements dans ce domaine contribue donc à renforcer la précarité et les risques de survie des enfants qui sont touchés.
Ainsi, « l’eau insalubre, les mauvaises conditions d’assainissement et d’hygiène font chaque année de nombreuses victimes. On estime que 1,2 million d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans des suites de la diarrhée ». La situation semble plus préoccupante dans les zones urbaines pauvres, comme les bidonvilles et autre quartiers précaires, qui sont plus exposées à la contamination fécale. Cela s’explique par « le surpeuplement », ainsi que par « un approvisionnement en eau et une couverture en assainissement insuffisants » sur ces sites.
Pour l’UNICEF, les problèmes dans ce domaine peuvent aussi s’expliquer par le fait que « les définitions officielles de la pauvreté ont également tendance à négliger le coût des besoins non alimentaires, de sorte que les seuils de pauvreté appliqués aux populations urbaines prennent insuffisamment en compte le coût des transports, des loyers, de l’eau, de l’assainissement, ainsi que les frais de scolarisation et de santé ». La pérennisation des acquis demande donc des efforts à plusieurs niveaux.
© UNICEF/NYHQ2011-1725/Warrick Page - Pakistan, 2011
Non, l’Afrique n’est pas allergique à la démocratie!
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Heureux et fiers, nous sommes nombreux à l’être après le second tour de l’élection présidentielle au Sénégal. L’apaisement global qui a entouré ce scrutin mais surtout l’alternance démocratique et pacifique qu'il entraîne véhiculent un message fort: l’Afrique n’est pas si allergique à la démocratie qu’on le croit !
Et la démarche du Président Wade de ne faire aucune "résistance" en appelant le "Président" Macky Sall pour le féliciter de sa victoire, trois heures seulement après la fermeture des bureaux de vote, vient préserver l’image du Sénégal : celle d'une démocratie modèle en Afrique francophone, comme le note un article sur Slate Afrique.
Cela dit, la démocratie reste un véritable chantier au Sénégal comme ailleurs,. Durant les douze années de "règne" du Président Wade, ce ne sont pas moins de quinze révisions de la constitution qui ont été réalisées, selon les observateurs assidus de la situation politique sénégalaise. Que dire également de ce projet controversé de révision en date du 23 juin 2011 (qui donna naissance au Mouvement anti-Wade du même nom) : l’élection du président de la République à partir de 25% des suffrages obtenus par le candidat et l’institution d’un ticket présidentiel "Président+Vice-président" comme aux Etats-Unis. La forte mobilisation de l’opposition, ajoutée au peu d’enthousiasme de nombreux députés même issus du parti Président Abdoulaye Wade, ont poussé ce dernier a retiré son projet de révision moins de quarante-huit-heures après l’avoir annoncé.
En plus, et sans vouloir éclipser la portée plus que symbolique de cette deuxième alternance démocratique et pacifique que connait le Sénégal depuis notre entrée dans ce troisième millénaire, il est important de noter que ce second tour était comparable à un référendum "pour ou contre Wade"**. La forte mobilisation des populations, avec malheureusement cette escalade de violence qui a marqué le pays quelques semaines avant le premier tour, et qui ont occasionné une dizaine de morts (ne l’oublions pas), sont riches d’enseignements. Nous en retiendrons deux.
Tout d’abord, comme le notait entre autres le Professeur Augustin Loada (Directeur exécutif du Centre pour la Gouvernance Démocratique –CGD- au Burkina Faso) sur les ondes de RFI ce 26 mars au matin, les leaders africains doivent intégrer dans la définition de la démocratie une dimension sociale et économique : le coût élevé des denrées de grande consommation, le problème de l’électricité, la cherté de la vie en générale, la corruption galopante, le gaspillage des deniers publics avec le train de vie excessif de l’Etat, l’"arrogance assumée" des dirigeants (et de leurs proches) qui baignent dans l’aisance avec l’argent des contribuables pendant que ceux-ci sont de plus en plus nombreux à tenter de survivre au quotidien. Tels sont les principaux griefs faits au régime Wade par les opposants. Le second enseignement, c’est surtout le message ferme et sans aucune ambigüité du refus du supposé projet de dévolution monarchique que préparait le Président Wade au profit de son fils (Karim, qui était déjà à la tête d’un super ministère).
Ces derniers mois, le peuple sénégalais a confirmé sa maturité. Sa société civile a quant à elle consolidé encore plus son rôle de contre-pouvoir. Elle informe le Président Macky Sall, à peine élu, qu’il n’aura non seulement pas de période de grâce mais aussi qu’il devra démontrer qu’il mérite la confiance placée en lui. Bref, le Sénégal nous dit que la démocratie peut prospérer en Afrique.
© UNICEF/NYHQ2008-1780/Giacomo Pirozzi - Senegal, 2008
Sénégal : Le bulletin de vote, la véritable alternative à la violence
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Deux jours. Voilà le nombre de jours qui nous sépare de ce très attendu second tour de l’élection présidentielle au Sénégal. Un rendez-vous important certes pour le peuple sénégalais, surtout pour ceux figurant sur la liste électorale, mais aussi pour bien d’observateurs indépendants dans le monde. Cette élection est également un rendez-vous clé pour la démocratie et pour la stabilité politique du pays. Et les principaux acteurs de ce second tour restent évidemment les deux candidats en lice : face à Maître Abdoulaye Wade, le Président sortant au pouvoir depuis 12 ans, se trouve son ancien ministre et Premier ministre Macky Sall.
Mais revenons un peu en arrière, sur le premier tour pour analyser deux éléments. Tout d’abord, lors du premier tour qui s’est déroulé le dimanche 4 mars dernier, le peuple sénégalais a donné une véritable leçon au monde. En effet, face à la tension qui allait crescendo dans tout le pays et aux craintes légitimes de basculement dans une violence en marge du vote, le peuple sénégalais nous a servi autre chose, avec un grand plaisir. En lieu et place des troubles, c’est plutôt dans un climat globalement apaisé que les Sénégalais ont voté. Cette maturité est tout à leur honneur et il importait de le noter ici.
Mais l’autre élément sur lequel nous voulons nous étendre le plus c’est essentiellement le taux de participation. En effet, environ un Sénégalais sur deux a décidé de resté chez lui lors du premier tour. Environ la moitié des personnes appelées aux urnes a fait le choix de laisser la responsabilité à une partie des citoyens de décider au nom de tous.
Paraphrasant la célèbre et intemporelle formule d’Abraham Lincoln, rappelons que la démocratie est "le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". Autrement dit, le pouvoir appartient au peuple dans un régime démocratique. Les dirigeants ne font que l’exercer momentanément (normalement). Pour être légitime, un régime dit démocratique doit être en concordance avec au moins la majorité de la population. Tout le monde ne pouvant voter, il importe que la grande majorité, et pourquoi pas la totalité des personnes inscrites sur la liste électorale, exerce ce devoir civique. Ce ne fut pas vraiment le cas lors du premier tour au Sénégal.
A quelques heures de ce très attendu second tour, nous voulons nous associer aux différentes voix appelant la population électorale à sortir ce dimanche 25 pour exprimer massivement son choix. Non seulement ceux qui ont voté au premier tour doivent sortir de nouveau et sensibiliser ceux qui ne l’ont pas fait quelques semaines plus tôt. Dans un contexte politique très sensible, et dans cette période où foisonnent bien souvent des propositions et autres promesses plus fantaisistes qu’hasardeuses, la seule arme dont dispose le citoyen, c’est son bulletin de vote. Le bulletin de vote est la véritable alternative à la violence. Evidemment, nous parlons de vote utile, et non de vote blanc (aucun choix opéré par le votant) ou de vote invalide (parce que le votant a mal rempli son bulletin). L’avenir du Sénégal en dépend, ne serait-ce qu’en partie.
© UNICEF/NYHQ2010-0909/Ricci Shryock - Senegal, 2010
Drame de Toulouse : les partisans de la peine de mort ont-ils complètement tord ?
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On aura beau avoir en soi la fibre des droits de l’homme, être le plus grand des défenseurs du respect de la dignité humaine (quelques soient les circonstances), après le drame de Toulouse de ce lundi 19 mars 2012, je doute fort qu’on puisse répondre avec la même vigueur que d’habitude à cette question si elle nous était posée en ce jour : les partisans de la peine de mort ont-ils complètement tord ?
Les faits son lourds et terribles, vu la monstruosité qui les caractérise. Mais il importe que nous les rappelions encore ici.
Ce lundi 19 mars 2012, un individu a «exécuté de sang-froid» trois enfants et un enseignant au sein d’une école juive de la ville de Toulouse, dans le Sud-ouest de la France. Exposant le déroulé de ce drame, un article du quotidien français Le Monde mentionne qu’une fois arrivé sur les lieux, « l'homme s'arrête à quelques mètres du portail. Il descend, calmement, de son deux-roues, prend le temps de mettre la béquille. Puis il s'avance vers l'entrée de l'école, avec à la main un mini-Uzi, un pistolet-mitrailleur de calibre 9 mm ». Après avoir traversé le portail de l’établissement, qu’il crible de balles, et s’être muni d’une autre arme (un Colt 45, de calibre 11.43), « il tire sur Jonathan Sandler, 30 ans et ses deux fils, Arieh, 6 ans, et Gabriel, 3 ans. [...] Jonathan Sandler et ses fils s'effondrent. Ils ont été abattus à bout portant ».
Pour montrer la détermination qui est la sienne, notre criminel rattrape une fillette de 8 ans qui cherchait à s’éloigner de la scène et à se mettre certainement en sécurité. L’article de Le Monde nous dit que « dans la cour de l'établissement, l'homme attrape [cette] fillette par les cheveux. Il lui tire une balle dans la tête. A bout portant, encore ». Et regagnant son scooter pour s’en aller, il tire et blesse gravement un autre jeune de 17 ans.
Nous sommes d’accord, que dans le sillage de l’exécution du célèbre prisonnier Troy Davis, nous avons présenté sur notre blog 5 faits (connus ou non connus) sur la peine de mort. Parmi ceux-ci, nous avons montré que contrairement aux arguments des partisans de la peine de mort, les données disponibles montrent qu’elle n’a pas l’effet dissuasif souhaité auprès des populations.
Cela dit, tout en incluant dans notre interrogation le cas de la tuerie de Norvège de juillet 2011 où Anders Behring Breivik a massacré froidement une centaine de personne dont essentiellement des jeunes, le drame de Toulouse pose à nouveau une question toute simple en la forme :
Doit-on garder et entretenir dans les prisons (et donc aux frais du contribuable) des personnes qui, du fait d’actes d’une violence extrême et d’une monstruosité assumée, ont démontré qu’elles n’adhèrent pas aux fondements élémentaires d’une société et de l’humanité toute entière? Et qui de surcroît ne semblent pas regretter, après leur arrestation, les actes monstrueux qu’elles ont réalisés?
Nous attendons vos commentaires.
@Image de Toulouse sur Flickr, postée par Max.Bth
«Notre jeunesse doit être une jeunesse de révolution et non de révoltés»
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Il y a peu nous avons publié une Interview de K-mal, un slameur béninois qui milite au nom de l'organisation No Limit Generation . Aujourd'hui, La Voix des Jeunes vous présente une interview de Steeve Wallace, le coordinateur de cette association. Il nous fait part de sa foi en une jeunesse active et consciente.
1-Présentez-nous brièvement "NO LIMIT GENERATION"
No Limit Generation est une organisation communautaire qu’un ami-frère (Jean Richard Blekes Nadohou qui vit actuellement aux Etats-Unis) et moi-même avons créée en juillet 2011. Elle est composée de plusieurs jeunes africains et vise une active participation de la jeunesse dans le développement des communautés. Nos domaines d’action sont la santé, l’éducation, la culture, les sports et loisirs.
2 – Qu’avez-vous réalisé depuis votre création et implantation au Bénin ?
Depuis juillet 2011, nous avons réalisé plusieurs choses, notamment la campagne « 1 verre de trop » pour sensibiliser les jeunes à s’abstenir de conduire en état d’ivresse après leurs virées nocturnes ; l’opération « Sang donné-Vie sauvée » organisée à la banque de sang du Centre National Hospitalier et Universitaire de Cotonou qui a permis de collecter plus de 300 poches de sang en décembre 2011.
Nous avons également produit la chanson « Assume Ta Jeunesse », composée par le slameur béninois K-mal, et avons participé à plus d’une trentaine de soirées et évènements en tous genres où nous avons pu faire passer nos messages.
Afin de mieux véhiculer notre appel à l’éveil des consciences, nous confectionnons des Tee-shirts thématiques ("Noir de peau, pas noir dans la tête" ; "Allume ton cerveau", etc.).
3- Comment voyez-vous l’avenir des jeunes africains dans ce contexte de pauvreté et de guerre ?
La jeunesse d’aujourd’hui sera celle qui aura le pouvoir demain. Elle doit prendre conscience dès aujourd’hui de cet enjeu et assurer une relève de qualité dès aujourd’hui. C’est la seule condition pour espérer mieux faire que nos aînés dont nous critiquons la gestion actuelle de nos pays.
Les jeunes sont au cœur de la récente révolution au Maghreb [Ndlr, "Le printemps Arabe"] et nous savons tous quelles en ont été les conséquences. Notre jeunesse doit être une jeunesse de révolution et non de révoltés, comme le dit si bien K-mal .La jeunesse d’Afrique peut et se doit de changer le cours de l’histoire et le visage du continent.
4- Comment les jeunes peuvent-ils contribuer à façonner leur avenir?
Premièrement, les parents doivent scolariser et communiquer avec leurs enfants sur les problèmes de la vie courante car l’éducation de l’homme est fondamentale pour réussir le développement. Les jeunes doivent quant à eux réaliser des actions concrètes de développement dans leurs communautés. Ainsi, ils doivent plutôt voter pour la personne la plus digne de les représenter au parlement, afin de les servir et non les asservir. Enfin, nos aînés doivent adopter des comportements exemplaires pour être de bons modèles pour les jeunes.
5- Quelles sont les perspectives de "No Limit Génération" ?
Déjà, nous continuerons à promouvoir le clip "Assume ta Jeunesse" afin que le message d’éveil atteigne le maximum de jeunes africains. Nous prévoyons également d'installer des cellules actives de No Limit Generation et de faire équiper les bibliothèques publiques dans la plupart des capitales africaines. Nous comptons évidemment continuer à réaliser des actions concrètes sur le terrain en 2012 (comme par exemple la deuxième édition de l’opération « Sang donné –Vie sauvée » ainsi qu'une opération de sensibilisation sur la perte des valeurs identitaires, le civisme, …). La lutte contre la fuite des cerveaux du continent nous intéresse également.
Bref, nous essaierons d’être toujours là où sera une jeunesse qui doit agir ou se faire entendre.
Contact: https://www.facebook.com/nolimitgenerationofficiel
@Images de "No Limit Generation"
La terre tremble toujours pour les habitants de Fukushima
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Vendredi 11 mars 2011, 14h46. Voici une date qui restera longtemps gravée dans la mémoire collective du peuple nippon. Ce jour-là, le Japon a subi un séisme sans précédent, suivi d’un effroyable tsunami, qui a mis tout le "Pays du soleil levant" à genou. Les télévisions du monde entier diffusent des images terribles des vagues de quinze mètres de haut qui balaient la côte Est du Japon et de ce qu’il en reste après leur passage. Le bilan est lourd : près de 20 000 morts et disparus, des centaines de maisons détruites et de nombreux dégâts matériels estimés à des dizaines de milliards de dollars.
Pour ne pas arranger les choses, ce tremblement de terre a débouché sur une catastrophe nucléaire à la suite de l’explosion d’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima, dans le Centre-Nord de l’Ile de Honshu. Comme beaucoup de médias, d’organisations humanitaires et autres simples civils dans le monde entier, La Voix des Jeunes a été émue par ce drame et s’est mobilisée autour de ce sujet. Nous nous sommes d’abord intéressés à l’impact de cette catastrophe nucléaire sur la situation des enfants de Fukushima. Nous avons également suivi l’évolution de la situation sur place au Japon où le contexte, cent jours après ce drame, était marqué par le chaos et la discrimination des victimes. Enfin, nous n’avons pas manqué d’aborder l’actualisation du débat de la sortie ou non du nucléaire qu’a produit ce séisme.
Un an après ce drame, une question mérite d’être posée : que sont devenus les survivants, les rescapés de Fukushima ?
Cette question trouve tout son sens quand on lit l’opinion de l’éditorialiste Michael Hanlon sur le site de Courrier International. Dans l’article "Tsunami : 20 000 morts - Fukushima Daiichi : zéro mort", il montre, entre autres, comment la catastrophe nucléaire qui a suivi ce séisme et son tsunami, ont transformé les journalistes en des « experts en terminologie des catastrophes nucléaires »; oubliant du coup « les vraies victimes – les quelque 20 000 personnes qui avaient perdu la vie – au profit d’un sujet nucléaire alarmant ».
Sur le terrain, la situation reste alarmante pour des centaines de Japonais affectés par ce séisme. L’image du chaos née après le passage du tsunami a été simplement ... retouchée. Comme le montre ce reportage de la chaîne française TF1 dans le petit port de Minamisanriku, la situation est loin d'être redevenue normale. Les débris jonchent, enfin "ornent" encore la ville voire même des bâtiments, de nombreuses personnes vivent encore dans des conditions et sur des sites d’accueil dits provisoires. Bref, on semble être encore, et à bien des égards, au 18 mars 2011, sept jours après le cocktail séisme-tsunami.
Ce dimanche 11 mars 2012, c’est tout un peuple qui dans un silence et une simplicité ne nécessitant aucun commentaire, comme l’a si bien compris la chaîne de télévision Euronews, a commémoré ce drame. Ce sont également des survivants et autres rescapés qui renouvellent leur espérance en des lendemains meilleurs. Un vœu qui, apparemment, risque de prendre un peu plus de temps qu’annoncé, malheureusement.
© UNICEF/NYHQ2011-2270/Giacomo Pirozzi - Japan, 2011
L’analphabétisme, principal frein de la femme en milieu rural
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Les femmes rurales, si on leur en donnait la possibilité et si elles bénéficiaient du même accès aux ressources productives que les hommes, pourraient augmenter les récoltes de leurs exploitations agricoles de 20 à 30%, permettant de sortir de la famine 100 à 150 millions de personnes, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Source: http://www.rfi.fr/afrique/20120308-journee-internationale-femme-le-role-crucial-femme-rurale-8-mars
Le 5 septembre 1995, Hillary Clinton, alors Première Dame des Etats-Unis d’Amérique, s'est exprimée lors de la Session plénière de la 4e Conférence des Nations Unies sur la femme qui s’est tenue à Beijing, en Chine. Dans son intervention, elle notait que «nous avons appris dans le monde entier que lorsque les femmes sont en bonne santé et éduquées, leurs familles prospèrent». Cette vérité est encore plus exacte aujourd’hui encore alors que le monde célèbre la Journée internationale de la Femme en ce 8 mars 2012.
Cette année, la femme en milieu rural est au cœur de cette célébration. Et le thème retenu en exprime parfaitement le fondement : «l’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels».
Dans l’article que nous partageons avec vous, Radio France Internationale (RFI) présente le rôle crucial des femmes en milieu rural. Nous y lisons que «le principal obstacle qui empêche la femme, surtout en milieu rural, d’accéder à une ascension dans le domaine économique et social est l’analphabétisme». Et l’article présente dans ce sens le cas des femmes en milieu rural en Angola.
Sauvons les enfants talibés!
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Selon l’UNICEF, le Sénégal est le premier pays de l’Afrique de l’Ouest à avoir mis en place une institution indépendante avec médiateur chargée de promouvoir les droits des enfants. Il pourrait également devenir le premier pays d’Afrique à réussir à éradiquer cette pratique néfaste que sont les mutilations génitales féminines. Malgré ces progrès, le Sénégal a encore du chemin à faire en matière de protection de l'enfant.
Lors de quelques brefs séjours effectués à Dakar, capitale du "Pays du Lion de la Teranga", j’ai chaque fois été intrigué (et suis sûr de n’être pas le seul dans ce cas) par le phénomène dit des « enfants talibés ». Mais qui sont au juste les talibés ?
Signifiant « disciple » ou « élève apprenant le coran », les talibés sont des enfants, bien souvent âgés d’à peine 3 ans, issus de familles pauvres, qui sont envoyés chez des marabouts afin de suivre une éducation coranique. "Education" accompagnée d'une initiation pratique à la vie communautaire et de l'acquisition du sens de l'humilité, et de l'endurance à toutes sortes d'épreuves. En contrepartie, les marabouts reçoivent des biens matériels, des prestations de services et aussi de l'aide potentielle de leurs élèves à leur profit, comme les travaux domestiques. Mais cette théorie s’exprime autrement dans la pratique.
Accompagné d’un diaporama commenté sur leur site, Human Rights Watch note que qu’«au moins 50 000 enfants fréquentant des centaines d’internats coraniques (daaras) au Sénégal sont soumis à des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage. Leurs professeurs (marabouts), qui font office de tuteurs de facto, les soumettent à des formes souvent extrêmes de maltraitance, de négligence et d’exploitation. Transférés de leurs villages du Sénégal et de Guinée-Bissau, les enfants, appelés talibés, sont forcés à mendier parfois jusqu’à 10 heures par jour ».
En plus des conditions de vie inacceptables dans lesquelles ils sont exploités et survivent, ces enfants sont bien souvent soumis à des traitements inhumains.
Dans l’article "La détresse des enfants talibés" publié sur le site de Sentinelles, une organisation internationale « au secours de l’innocence meurtrie », l’histoire du petit Modou nous est exposé en guise d'illustration. Il a été recueilli par des femmes de retour d’un marché dans la ville de Kaolack qui ont été attirées par ses grimaces de douleur. « Elles l’ont interpellé et lui ont enlevé ses vêtements: ce fut l’horreur!, note l’article. Son dos était couvert de blessures pleines de pus et complètement infectées. Sa cuisse gauche était très enflée et son ventre présentait des lésions sévères. Pressé de questions, Modou, 7 ans, avoue avoir été battu par son marabout et son adjoint pour avoir utilisé une partie de sa recette de la mendicité, l'équivalent de 20 centimes suisses, afin de se payer à manger. Il ne savait pas que cela était interdit et l'a donc appris à ses dépens ».
Si pour Morou, l’affaire a été portée devant le Tribunal de Kaolack qui a condamné le Marabout à une peine de prison ferme et au paiement d’indemnités, et a permis à Morou de prendre le chemin de l’école publique, cela reste encore une exception. Face à la réelle pratique du concept de talibé, nous ne saurons et ne devons nous taire. Notre silence serait peu compréhensible.
© UNICEF/ITAL2010-0009/Alessandro Longobardi - Sénégal, 2010
À Abidjan, je vis à "Gobelet" ou à "Washington"...
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Si je vous dis « Gobelet » ou « Washington », vous me direz certainement que l’un est un récipient qui sert à boire et l’autre la capitale politique des Etats-Unis d’Amérique. Et vous aurez parfaitement raison. Mais à Abidjan, ces deux mots donnent une autre réalité très loin de ces définitions : celle des bidonvilles et autres quartiers précaires.
Et oui, Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, est remplie de bidonvilles et autres quartiers précaires qui rivalisent en dénomination et en taille : en plus de « Gobelet » et « Washington », nous avons également « Wassakara », « Boribana », « Mon mari m’a laissé », « Yaoséhi », « Chicago », ou encore « Adjoufou ». Et il ne s'agit là que d'un échantillon. Les données, selon différentes sources, nous donnent des chiffres qui varient entre 70 et 75 sites dans le district d’Abidjan (regroupant les 10 communes de cette ville plus trois autres communes environnantes). Toutes les communes de la « Ville lumière », comme elle fut appelée durant les fêtes de fin d’années 2011, sont concernées. La commune « chic » de Cocody en hébergerait plus d’une dizaine, dont les plus connues sont « Gobelet », « Washington » et « **Chicago ».
Dans ces bidonvilles et autres quartiers précaires, ce sont des centaines de milliers de familles et donc d'enfants qui vivent au quotidien dans des conditions sanitaires, sécuritaires et environnementales déplorables : indécence des habitats, accès à l’eau potable pas toujours garanti, absence de sanitaires réglementaires, forte exposition aux maladies liées à l’eau et à l’hygiène environnementale, en partie justifiée par des lacs privés quasi-permanents qui sont alimentés par les eaux usées (ménagères, des pluies et autres). N’oublions pas de noter que beaucoup de ces sites se situent dans des zones dites non-constructibles.
Le coût élevé de la vie, singulièrement du logement, la précarité des « petits travailleurs » avec des rémunérations très faibles qui ne permettent pas toujours de faire plus que la « mort-subite » [un seul repas par jour] contraignent beaucoup de parents à "choisir", et là encore il faudra voir si c’est un choix facultatif, de vivre dans ces zones. L’essentiel étant d’offrir un semblant d’abri à leur famille et progéniture. Enfants qui finissent bien souvent comme vendeurs à la sauvette sur les différentes voies d’Abidjan, loin des tables et bancs des écoles susceptibles d’accroître leurs chances de se construire un avenir sécurisé.
Dans son numéro 2576 S (pour la période du 23 au 29 mai 2010), "Spécial Abidjan", l’hebdomadaire international Jeune Afrique, n’avait pas manqué d’abordé ce sujet. Et l’article "Abidjan, retour vers le futur" en est une parfaite illustration : « Quel avenir pour Abidjan ?, se demande le journaliste de Jeune Afrique. Les urbanistes parlent de l’émergence d’un "monstre urbain" dont les autorités, dépassées par la poussée démographique impressionnante, ne contrôlent plus l’essor. De 4 millions d’habitants aujourd’hui [Ndlr 2010], elle devrait passer à 10 millions d’habitants en 2050. La ville est engorgée, insalubre. A la saison des pluies, la mort rôde : maladies, éboulements de taudis, il est urgent de réagir ».
Une solution facile et magique n’existe pas, nous en convenons volontiers. Mais des efforts doivent être consentis par les différents acteurs concernés pour ouvrir des pistes de solutions durables qui permettront d’éloigner les enfants de la cruauté des bidonvilles à Abidjan, … et ailleurs.
© UNICEF/NYHQ2011-0049/Olivier Asselin - Cote d'Ivoire, 2011
«La jeunesse est la solution et non le problème»: interview de K-mal RADJI, slameur béninois qui assume sa jeunesse
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Début février 2012, le mouvement "No Limit Génération" a partagé avec toute notre communauté le clip officiel d’une chanson intitulée "Assume ta jeunesse". La Voix des Jeunes ouvre ses colonnes au compositeur de cette chanson, le slameur béninois K-mal RADJI. "Griot des temps modernes, poète urbain" comme il se définit, cet artiste-engagé partage avec nous ses convictions et son engagement.
1. Qu’est-ce qui a guidé votre orientation vers le slam ?
Je veux être le porte-voix des opprimés, d’une jeunesse muselée. Je veux pouvoir m’exprimer librement et dire tout haut ce que pensent tout bas les gens de la communauté dans laquelle je vis. Au regard de mes influences artistiques, j’avais à choisir entre le Rap et le slam. Et j’ai choisi le slam.
2. Pourquoi avez-vous réalisé la composition "Assume Ta Jeunesse" ?
"No Limit Génération" est une organisation communautaire de jeunes qui aspirent à un éveil et à un activisme plus poussé de la jeunesse africaine. Le coordinateur de cette organisation m’a contacté pour écrire un texte d'éveil de conscience de la jeunesse. Ce que j’ai accepté. Et le slam "Assume ta jeunesse" est né.
3. Au-delà de cette chanson, comment se manifeste votre engagement dans votre communauté ?
Mon engagement s’exprime d’abord dans mes textes. Je ne veux pas rester un colonisé comme certains… Je veux pouvoir vivre dignement, librement. Je ne demande pas grand-chose ; alors si des gens me refusent ce rêve, je les empêcherai de dormir… J'organise également avec un ami (qui se prénomme Thibault), le Festival BENIN SLAM pour donner la parole aux jeunes de mon pays et leur parler de ce qu'il ne voit pas souvent, ou de ce qu’ils n’entendent pas souvent. Je suis également actif dans les actions et autres initiatives de "No Limit génération".
4. Comment vivez-vous votre vie de jeune artiste engagé ?
En tant que jeune, il est très facile de tomber dans les travers du succès, il est plus difficile de gérer la force du message qu’on apporte à une génération. On est tenté de faire beaucoup de choses, de résister aux gens qui veulent t'utiliser par exemple corriger leur image. Mais moi je garde la tête sur les épaules car je ne suis pas à vendre. Je veux donner l’exemple, être un modèle pour les petits frères.
5. Quel message souhaitez-vous lancer à la jeunesse afin qu’elle "assume sa jeunesse’’?
ASSUMER SA JEUNESSE, c'est poser des actes, avoir le cerveau allumé par la connaissance car il faut briser la logique de ceux qui disent que pour cacher quelque chose à un noir il faut le mettre dans un livre.
ASSUMER SA JEUNESSE c'est refuser l'impérialisme en encourageant au mieux la consommation locale. C’est oser rêver l'Union Africaine, c'est être un acteur de développement au sein de sa communauté. C’est refuser la passivité car pour moi la jeunesse est la solution et non le problème. Nous pouvons changer les choses et rendre possible l’impossible.
@crédits photo No Limit Generation
Ma langue maternelle, mon identité
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«Le multilinguisme est notre allié pour assurer une éducation de qualité pour tous, promouvoir l'inclusion et la lutte contre les discriminations. La construction d’un véritable dialogue doit commencer par le respect des langues. [...] La diversité linguistique est notre patrimoine commun, et il est fragile. [...] Le multilinguisme est une ressource pour la vie – à nous de l'utiliser pour le bénéfice de tous », a déclaré la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.
«Parler à quelqu'un dans une langue qu'il comprend, c'est toucher son cerveau. mais lui parler dans sa langue maternelle, c'est toucher son cœur».
Cette phrase, que dis-je, cette belle et profonde pensée de l'illustre ancien président sud-africain et symbole de la lutte contre le système de l''apartheid qui a marqué à tout jamais l'histoire de la "Nation Arc-en-ciel" (l'Afrique du Sud), Nelson Mandela, vient donner tout son sens à la décision de l'Assemblée Générale des Nations Unies de décréter, en novembre 1999, une Journée Internationale de la langue maternelle. L'édition de 2012 de cette Journée peu connue du grand public et qui est célébrée tous les 21 février a eu pour thème « l´apprentissage de la langue maternelle et l´éducation inclusive ».
La proclamation de cette Journée Internationale, selon un document de l'UNESCO, vise à «promouvoir l'action de l'Organisation en faveur de la diversité linguistique et culturelle et du multilinguisme dans tous ses domaines de compétence».
Dans le message qu'elle a adressé à l'occasion de cette célébration, Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), après avoir cité cette belle pensée de Nelson Mandela (citée plus haut dans le présent texte), a noté que «la langue de nos pensées et de nos émotions est notre bien le plus précieux. Le multilinguisme est notre allié pour assurer l’éducation de qualité pour tous, favoriser l’inclusion et lutter contre les discriminations».
L'article publié sur le site de l'UNESCO, "Un monde sans mots", et que nous vous recommandons ici, vient donc justifier, au-delà de la célébration de cette journée, l'importance pour tous de nous impliquer au quotidien et à quelque niveau que nous soyons, dans la sauvegarde et la pérennisation des langues maternelles ou autres patois. Car c'est un véritable caractère d'identité qui ne saurait qu'aider le monde sur le chemin de la tolérance et de l'acceptation de l'autre.
« J’ai envie d’être utile dans ma vie »
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Afin d’offrir aux jeunes la possibilité de s’impliquer dans ses actions, l’UNICEF France a développé le programme "Jeunes Ambassadeurs". Parmi ceux-ci figure Alexis GUENEL, lycéen en Terminale ES (Economique et Social) au Lycée Alphonse Daudet à Tarascon (Bouches du Rhône – 13). A bientôt 17 ans, ce jeune plein de générosité vient partager avec nous son engagement et sa passion pour un monde plus solidaire et plus juste.
Pourquoi êtes-vous devenu Jeune Ambassadeur (JA) ?
Je souhaite être utile à la communauté. Faire passer le message sur la misère dans le monde est important pour moi. Et l’UNICEF me permet de m’engager effectivement en tant que Jeune Ambassadeur. Aujourd’hui, j’en suis fier et j’assume pleinement mon choix.
Comment se manifeste votre engagement ?
Actuellement, nous préparons un événement sportif pour le 12 mai prochain à Avignon (Vaucluse -84) avec le club de football de l’AC Arles Avignon (Ligue 2). Il s’agira de mieux faire connaître l’UNICEF tout au long d’une journée meublée par des petits tournois de football (4 contre 4), un baby foot géant, des séances de pénalty ; le tout après une contribution de 1 ou 2 Euros des participants. En plus d’offrir une belle fête solidaire au public, des récompenses sont prévues pour les gagnants des différents concours.
Pensez-vous que les JA participent à une meilleure visibilité des enfants les plus en difficultés et influent sur les prises de décisions ?
Non seulement notre action y contribue, mais nous avons également un mot à dire. Nous apportons également de la fraicheur dans le bénévolat où, en général, ce sont des retraités qui sont les plus actifs. Maintenant, nous donnons notre opinion sur la pauvreté dans le monde et attendons que les principaux acteurs concernés agissent et vite car la situation est grave….
Que retenir de la dernière rencontre des JA à Lyon (du 13 au 14 janvier 2012) ?
Plein de choses ! Ça fait plaisir de rencontrer de nombreux jeunes, comme moi, qui ont un sens de la générosité hors du commun, présentant de beaux projets et de belles ambitions. Chacun s’active pour défendre les droits des enfants dans le monde. Cette rencontre, en plus de m’avoir permis de rencontrer Jacques Hintzy (Président d’UNICEF-France) et d’échanger avec des encadreurs également engagés, a changé ma vision de Jeune Ambassadeur.
Quelles suites projetez-vous de donner à votre engagement ?
J’ai envie d’être utile dans ma vie. Etre dans un bureau à spéculer sur les marchés pour devenir riche sans vraiment le mériter ne m’intéresse pas. Je souhaite être actif et aider les gens car je me sens privilégié de vivre dans un pays où je n’ai pas à me battre pour revendiquer mes droits et faire des kilomètres pour aller chercher de l’eau. J’espère devenir, dans quelques années, un membre éminent de l’ONU, pourquoi pas de l’UNICEF. Mon expérience de Jeune Ambassadeur me motive dans ce sens.
PS : Alexis veut bien communiquer avec vous via vos commentaires ou par mail : alex13_06@hotmail.fr
@Photo transmise par Alexis Guenel
En Côte d’Ivoire, la réconciliation ne semble malheureusement pas pour demain
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On le sait tous : la Côte d’Ivoire devra attendre au moins un an encore (la prochaine édition étant prévue en 2013 en Afrique du Sud) avant d’espérer obtenir sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Malgré le potentiel « sur papier » de toute l’équipe ivoirienne, malgré les cinq premiers matchs de cette phase finale qui l’ont sacré meilleure défense et meilleure attaque (zéro buts encaissés, neuf marqués), les Éléphants (nom de l’équipe ivoirienne) ont perdu la finale de la CAN 2012 devant les Chipolopolos ("boulets de cuivre", l'équipe zambienne).
Au bout de la terrible série des tirs-au-but, c’est tout un peuple qui a été plongé dans une profonde détresse tant l’espoir d’obtenir cette deuxième CAN cette année 2012 était grand. Un espoir grand car non seulement ce rêve était caressé depuis vingt ans (la première CAN remportée remontant à janvier 1992), mais aussi parce que nous étions nombreux à croire que cette coupe aurait contribué fortement au processus de réconciliation après la série de crises de ces dernières années, surtout après la dernière et malheureuse crise post-électorale.
C’est donc tout un peuple qui y croyait fermement. Tout le peuple, enfin pas vraiment et c’est là ma plus grande douleur. Et oui, tout le peuple ivoirien ne souhaitait pas cette victoire car des scènes de liesses et de fêtes ont été constatées dans certainement familles à Abidjan, et je sais de quoi je parle. C’est incroyable et pourtant c’est bien vrai. Pour des questions de conviction politique, semble t-il, des Ivoiriens ont souhaité que leur équipe nationale échoue en finale. Prière exaucée !
Sur le net, principalement sur Facebook et des sites d’infos (surtout au niveau des commentaires des articles), les Ivoiriens ont réveillé les démons qui ont servi de fondation à la crise post-électorale. Les clivages pros-Gbagbo et pros-Ouattara ont repris de la vigueur, pour une simple affaire de football. Des propos virulents, haineux et provocateurs sont échangés comme si le passif de la guerre ne suffit pas à nous orienter sur le chemin du renouveau.
Oui, l’échec des éléphants aura eu au moins le mérite de nous faire voir une réalité : nous sommes loin de vouloir nous réconcilier et de nous entendre sur l’essentiel pour relever ce pays de ses meurtrissures.
Quelqu’un disait qu’on peut contraindre un peuple à faire la guerre, mais on ne saurait le contraindre à faire la paix. En Côte d’Ivoire, cette vérité s’applique comme dans tous les pays qui sortent d’une crise si profonde comme la notre. Mais ici, la volonté pour atteindre cet objectif apparait clairement comme la chose la moins partagée.
Tant que nous politiserons tous les débats, même les plus basiques, on aura beau avoir une Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, cela ne servira à rien. Même si cette commission était présidée par Nelson Mandela, si la haine, l’esprit revanchard priment, cela ne servira à rien. Et cela m’attriste profondément.
L’exemple koweitien face à la menace islamique après la "Révolution du Jasmin"
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Les principaux messages qui ont sous-tendu les mouvements de protestation des populations, qualifiés de « printemps arabe » ou encore de « Révolution du Jasmin », qui ont balayé quasiment tout les pays du Maghreb étaient : la justice sociale, plus de liberté, plus de clarté dans la gestion, plus de place au peuple.
La chute des régimes autocratiques et « raïstiques » (permettez-moi ce néologisme) en Tunisie, en Egypte et en Libye ouvre la voie, espèrent beaucoup d’observateurs, à une nouvelle manière d’appréhender la gestion du pouvoir d’Etat. Mais ces dernières semaines, la peur de l’arrivée au pouvoir des partis dits « islamistes » ou radicaux, ou encore les références à la loi islamique (la Charia), comme ce fut le cas en Libye après la chute du Colonel Kadhafi, a fait naître des inquiétudes chez divers analystes et dirigeants occidentaux.
Des questions se posent sur la volonté des nouvelles autorités d’adopter effectivement la démocratie, enfin, disons plutôt de garantir, en plus des libertés fondamentales, une meilleure place des populations dans la dévolution et dans l’exercice du pourvoir politique dans les pays qui ont fait la révolution.
L’actualité nous aidant, nous nous permettons d’évoquer brièvement, afin d’attirer l’attention des uns et des autres, un exemple qui est peu présenté mais qui mérite une meilleure visibilité. Il s’agit du cas du Koweït.
Situé dans le golf Persique et pays pétrolier, le Koweït a acquis son indépendance (de l’actuel Irak en 1961) de la volonté des Britanniques. Mais retenons surtout que c’est une monarchie constitutionnelle. Autrement dit, il s’agit d’un régime où nous avons non seulement un monarque et de l’autre une constitution qui limite les pouvoirs de ce dernier. Même si le premier ministre est généralement issu de la famille régnante (son choix est à la fois approuvé par la famille royale et la majorité des parlementaires), il faut noter que ce dernier est responsable devant le parlement qui compte 50 députés.
Nous parlions tantôt d’actualité, car le jeudi 1er février les Koweitiens ont été appelés à élire leur parlement. Cette élection résulte de la dissolution de l'ancien parlement, en même temps que le gouvernement, en décembre dernier, pour cause de corruption visant particulièrement le Premier ministre. Au finish, l’opposition, conduite par les islamistes, a remporté 34 des 50 sièges. Ceux-ci se sont engagés à axer leur action sur la lutte contre la corruption.
La présence des islamistes sur la scène politique n’a pas non plus empêché le Koweït de reconnaître le droit de vote aux femmes en 1995.
Bref, la présence des islamistes dans le cœur du pouvoir, au vu de ce qui suit, ne constitue pas systématiquement une menace pour les libertés individuelles et la garantie d’une meilleure participation des populations dans l’exercice et la dévolution du pouvoir. Même s'il est clair que la vigilance doit être de mise.
@Photo sur Flirckr.com, image publié par BNEIassos
En chanson, des anciens "paras" demandent à Poutine de partir, tout simplement
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"T'es comme moi, un homme et pas Dieu. Et moi je suis comme toi, un homme pas crétin. On te laissera plus mentir et voler. On est des paras libres et la mère patrie est avec nous! T'es qu'un fonctionnaire, pas un tsar ou un Dieu".
Tel est en substance, nous rapporte un article publié sur Lexpress.fr, le message que véhiculent ces anciens parachutistes russes dans cette vidéo. Cette initiative s'inscrit, rappelons-le, dans la ligne droite du mouvement de contestation des résultats des élections législatives de décembre 2011.
En effet, le parti de l'ancien président, actuel premier ministre, et certainement futur (nouveau) président de la Russie comme il l'espère, Vladimir Poutine, est sortie largement vainqueur de ces élections que l'opposition et des observateurs indépendants estiment être entachées de profondes fraudes. Depuis lors, l'annulation de ces élections est demandée, sans succès pour le moment.
Cette situation a fait naître un véritable mouvement de protestation, sans précédent depuis le début des années 2000, nous disent les analystes, contre la candidature de Vladimir Poutine aux prochaines élections présidentielles prévues pour le 4 mars 2012.
Apparemment, Vladimir Poutine semble sensible à cette situation. Le site du quotidien français Libération nous apprends en effet qu'il affirme être prêt à un second tour lors de ces futures élections présidentielles. Il est peu probable que ce geste calme l'ardeur des opposants à sa candidature.
Pour ce qui nous concerne, dégustons cette vidéo, même si la langue russe n'est certainement pas l'une de celles dont nous pouvons prétendre saisir quelques notions. Mais bon, le message passe et c'est certainement le plus important.
Corruption et détournement de fonds : le monde humanitaire toujours malade
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Ce mardi, le Professeur Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le Paludisme, a annoncé sa démission. Cette démission prend effet à compter du 16 janvier 2012, le temps de "garantir une transition harmonieuse et pour veiller à ce que le Fonds mondial en ressorte plus fort que jamais", selon ses propres termes.
Dans un message adressé au personnel, aux partenaires et amis du Fonds Mondial, ce médecin réputé à l’échelle mondiale a estimé qu’il lui était impossible de rester à son poste après que le conseil d’administration ait décider de "nommer, sous son autorité directe, un directeur général chargé de superviser la mise en œuvre du plan de transformation consolidé".
Ce départ arrive dans un contexte d’affaires de détournement de subventions, dans plusieurs pays africains ainsi qu'en Chine où l'organisation avait gelé temporairement ses subventions en mai 2011. L’AFP fait également cas d’une autre affaire, celle-ci en France. En effet, note l’article, début janvier, l'hebdomadaire français Marianne a ainsi affirmé que "des sommes conséquentes" ont été versées par le Fonds aux "activités philanthropiques" de l'épouse du président français, Carla Bruni-Sarkozy, ambassadrice bénévole du Fonds et "de plusieurs agences appartenant à l'un de ses amis proches". En plus, ces versements auraient été réalisés "au mépris des procédures normales" du Fonds Mondial.
Même si le Président du Conseil d’Administration du Fonds Mondial, Simon Bland, a catégoriquement rejeté ces accusations tout en affirmant qu’elles ne sont en rien à l'origine de la démission du professeur Kazatchkine, il est difficile de ne pas y trouver un lien, aussi minime soit-il.
Cette démission, même si aucun lien direct ne peut et ne doit être établi avec ce qui précède (ce n’est donc pas ce que nous faisons), remet sous les feux de l’actualité les problèmes de corruption, d’opacité et de détournements de financements qui gangrènent le secteur de l’humanitaire.
Il n’est pas nécessaire de chercher à convaincre qui que ce soit sur les problèmes de mauvaises gestion, de détournements des financements qui affectent le milieu de la lutte contre les pandémies, le sida étant un exemple type sous nos cieux. Que ce soit au niveau central (ministère technique et structures étatiques spécialisées) ou périphérique avec les organisations (communautaires ou plus importantes) récipiendaires des subventions, le mal existe mais certainement pas dans les mêmes proportions. Si les efforts de contrôle de ces dernières années ont permis, nous le croyons, de réduire ces phénomènes qui ont pour principal effet de réduire les sommes qui parviennent effectivement aux personnes bénéficiaires (au travers des prestations en leur direction), ils sont loin d’être proches de zéro. Mais, il est important de noter que même au niveau des partenaires et bailleurs, la situation n’est pas si rose, même si elle ne fait pas l’objet de la même visibilité.
Déjà en novembre 2011, le site de IRIN (Réseau d’Informations Régionales Intégrées, Service du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies – OCHA), attirait notre attention sur ce sujet, mais à un niveau plus important. En effet, dans un article, il relevait le manque de transparence chez les donateurs internationaux.
Bref, beaucoup reste encore à faire pour s’assurer que les fonds des pays contributeurs, généralement issus des impôts de leurs contribuables atteignent les vraies cibles (non seulement les ONG et autres structures qui travaillent effectivement sur le terrain, mais aussi les projets crédibles).
@crédit : Image sur Flirck.com, par Elyce Feliz
De l’eau en grains pour lutter contre la sécheresse? C’est possible !
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"En travaillant sur la récupération de l'eau de pluie, déclare Sergio Rico au Point.fr, nous avons trouvé le moyen de la solidifier pour lui donner une autre valeur. Je me suis inspiré des couches pour bébés qui permettent d'absorber un liquide dans un minimum d'espace, et c'est à partir de là que j'ai eu l'idée de transformer l'eau de pluie en la gardant sous forme moléculaire dans un acrylate très absorbant dont la caractéristique est d'emmagasiner jusqu'à 500 fois son poids en eau sans en modifier la structure chimique."
Source: http://www.lepoint.fr/science/l-eau-solide-19-01-2012-1420868_25.php
Et oui, avec de la volonté et du travail, des choses qui paraissent irréalisables deviennent pour le coup accessibles. C’est en tout cas c’est ce que j’ai ressenti après avoir lu le présent article publié sur LePoint.fr. Cet homme a inventé l’eau solide est l’histoire d’un ingénieur chimiste mexicain, Sergio Rico pour ne pas le nommer, qui a peut-être trouvé une solution pour résoudre le problème de sécheresse qui dévaste le Nord du Mexique, pays d’Amérique centrale. Et certainement adaptable dans d’autres zones du monde. Grâce à un système d’irrigation très particulier, il a transformé l’eau en grain. Ainsi, grâce à ce procédé, « l'eau solidifiée peut se mettre dans des sacs en plastique que l'on peut stocker facilement jusqu'à en avoir besoin » note l’article du Point.
Il s’agit là d’une "révolution" (ne nous emballons pas, mais nul besoin non plus de faire la fine bouche) qui peut être intéressante et qui mérite certainement qu’on s’y attarde un peu. Imaginons comment cette technique, si elle venait à être développée à grande échelle avec les réajustements nécessaires le cas échant (des spécialistes et autres chercheurs et organisations adaptées), pourrait aider dans un contexte de changement climatique et dans les zones très affectées par ce phénomène de sécheresse et de rareté de l’eau, comme en Afrique et dans la Corne de l’Afrique singulièrement qui traverse une crise humanitaire et que nous n’oublions pas à La Voix des Jeunes. Est-ce un véritable espoir auquel il faudrait s’attacher ? Je voudrais bien y croire.
Jeune tu travailleras certainement … vieux
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Le paradoxe entre les deux situations est si grand qu’il mérite d’être relevé. iL y a quelques mois, au cours de l’année 2010, nous avons certainement été nombreux à suivre, à travers les médias et sur la Toile, le mouvement social qui s’est déployé en France contre un projet de loi visant le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.
Durant des semaines, les travailleurs, syndiqués ou non, les délégués et représentants des huit plus grands syndicats français, des simples ouvriers aux cadres, voire même les plus jeunes (lycéens et étudiants) avec l’appui de plusieurs de leurs syndicats scolaires et estudiantins, … ils ont été des millions à battre plusieurs fois le pavé pour exprimer leur non adhésion à ce projet de réforme et à demander aux autorités de revoir leur copie, voire de la retirer tout simplement.
Tout au long de 2010, les journées de grèves et de manifestations se sont multipliées. Les arguments pour une meilleure prise en compte de la pénibilité de certains emplois, voire celui de l’âge d’entrée en activité, les journées de quasi-arrêt du pays, n’ont pas permis de faire fléchir les autorités françaises. Le mercredi 11 janvier 2012, au sortir du traditionnel conseil des ministres hebdomadaire, le Porte-parole du Gouvernement ivoirien a annoncé une mesure relative aux travailleurs du privé : non seulement l’âge légal de départ à la retraire est relevé de 55 à 60 ans, mais aussi le taux de cotisation passe de 8 à 12% en 2012 et à 14% en 2013. Et c’est au niveau des réactions des acteurs sociaux que se situe le paradoxe dont nous parlions des les premiers mots de cet article.
Contrairement à ce qui s’est passé en France, nous avons noté que les syndicats de travailleurs et les responsables de la Caisse Nationale de Prévoyance sociale (CNPS) ont tous applaudi des deux mains. Les premiers affirmant avoir soumis cette demande depuis trois ans ; les seconds attendant cette nouvelle depuis au moins six ans. En effet, aux dires du Porte-parole du Gouvernement, cette décision a été prise afin de combler l’énorme déficit cumulé par la CNPS et d’assurer « une retraite correcte aux travailleurs », a-t-il expliqué. Et pour parvenir à cet équilibre, le directeur de cette caisse a estimé qu’il fallait toucher les deux leviers intervenant dans le système : l’âge des cotisants et le taux de cotisation.
Et ce n’est pas tout. Des rumeurs font état qu’une réforme de la retraite pour les fonctionnaires et autres agents de l’Etat serait en préparation. Infos ou intox ? Il est clair que le principe de solidarité (les actifs finançant la pension des retraités) constitue l’un des fondements essentiels d’une caisse de prévoyance sociale. Il est également clair que le départ des travailleurs qui auraient dû partir à la retraite cette année n’aurait pas conduit systématiquement à l’embauche de nouvelles personnes, poste pour poste. Tout cela est vrai. Seulement cette annonce du relèvement de l’âge légal de départ à la retraite dans le secteur privé s’analyse vraiment comme une mauvaise nouvelle, fusse symboliquement comme l’estiment certains analystes, pour les jeunes ivoiriens. Ils sont des centaines de milliers de jeunes diplômés ivoiriens qui attendent depuis des années, et encore plus depuis la fin de la dernière crise postélectorale, que des opportunités réelles d’emplois leur soient proposées pour qu’ils puissent eux aussi se réaliser professionnellement.
Nous sommes d’accord que le contexte d’après crise n’est pas aisé. Toutefois, les jeunes en Côte d’ivoire attendent des signes forts au niveau de l’emploi. Ils veulent non seulement travailler, mais vraiment pas vieux.
Où sont les "Leaders" et les "modérés" au Nigeria ?
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Ces derniers mois, et encore plus des dernières semaines, la situation sociopolitique au Nigeria a fait l’objet de quelques contributions publiées sur notre blog de La Voix des Jeunes. Nous suivons bien évidemment avec attention l’actuelle fronde sociale née de la suppression depuis le 1er janvier 2012 de la subvention publique sur le pétrole qui a fait doubler le prix de l’essence à la pompe ; fronde qui se manifeste par la grève généralisée dans tout le pays depuis le 9 janvier et qui vient d’être suspendue ce 16 janvier par les syndicats.
Toutefois, c’est la recrudescence des conflits interreligieux dans le pays, qui semblent prendre cette fois-ci un virage plus dangereux, que nous évoquons actuellement dans nos contributions. Depuis les premières attaques d’églises le 25 décembre 2011, et celles toujours contre les chrétiens qui suivront les jours suivants, revendiqués par la secte Boko Haram, les risques d’une guerre religieuse semblent s’accroître. En effet, la mise en garde lancée par le Président des chrétiens du Nigeria, selon laquelle ils "répondraient" à toute nouvelle attaque, semble s’appliquer désormais. Face aux attaques perpétrées contre les chrétiens, des mosquées, des écoles coraniques et autres attaques visant la communauté musulmane ont été réalisées principalement dans les régions Centre et Sud du pays. Que dire de ces milliers de personnes, chrétiens comme musulmans, qui continuent de quitter leur zone d’habitation afin de fuir les combats et autre persécutions dont elles font (ou estiment faire) l’objet.
Dans ce contexte, un fait nous intrigue : mis à part quelques réactions de forme ici et là, nous n’entendons pas, sinon ne voyons pas vraiment les leaders (communautaires, religieux, d’opinion et autres intellectuels) nigérians et les "croyants modérés" dans les deux camps agir conjointement en faveur de l’apaisement. Nous sommes pleinement d’accord avec l’idée de principe selon laquelle la secte Boko Haram ne représente pas les musulmans nigérians dans leur globalité. Ni même qu’elle ne saurait être l’expression d’une religion, l’islam en l’occurrence, qui consacre la paix. Il en est de même du christianisme qui s’enracine dans l’amour du prochain et l’acceptation des différences comme une richesse pour réussir le vivre ensemble. Que dire des croyances locales propres aux différentes composantes de la société nigériane qui, selon la conception que nous avons des traditions et coutumes dans cette partie du monde, s’inscrivent dans une approche inclusive et d’acceptation.
Mais avec cette nouvelle vague de violences interreligieuse, ces leaders sont avares en réactions promptes et déterminantes. Aidés des « croyants modérés », ils doivent donner un message fort aux différents extrémistes des différents camps. Enfin, s’ils ne le sont pas eux-mêmes bien sûr. Cela pourrait se traduire par des déclarations, des rencontres publiques et manifestations conjointes d’appel à un refus de la violence et à l’acception des différences qui ne font qu’enrichir.
Il est vrai que l’actuelle fronde sociale liée à la forte augmentation du prix de l’essence à la pompe, donne peu de visibilité à ce conflit interreligieux. Cela ne signifie point, tel est notre conviction, que la situation se soit normalisée ou réellement apaisée. Les leaders (communautaires, religieux, d’opinion et autres intellectuels) se doivent de jouer leur rôle de catalyseur de la cohésion sociale et de la construction d’une nation solide. Leur inaction s’analyse comme une complicité active ou passive selon qu’ils soient concernés ou non par les propos du Président Goodluck Jonathan quand il note que la secte Boko Haram bénéficie du soutien de hauts gradés dans l’armée et d’autres grands cadres dans l’administration et la société nigériane.
© UNICEF/NYHQ2007-0278/Christine Nesbitt-Nigeria, 2007// Un leader communautaire utilise un mégaphone pour annoncer une vaccination contre la poliomyélite dans un quartier de la ville de Gangaren Matoya.
Les migrations environnementales, un autre souci en 2012
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« Les migrations environnementales commencent à pénétrer l'agenda international. Il est certain qu'elles vont s'amplifier : la base de données EM-DAT, gérée par le Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres (CRED), à l'Université catholique de Louvain, montre une augmentation constante du nombre de désastres depuis 1970. Par ailleurs, les événements météorologiques extrêmes devraient se multiplier, selon le résumé du rapport spécial publié en novembre par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). »
En 2011, en ligne droite avec un symposium organisé par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et qui s’est penché sur l’augmentation de ce phénomène, La Voix des Jeunes s’est intéressée au problème de migration des jeunes dans le monde. Tout d’abords, nous avons essayé de montrer en quoi les jeunes migrants pouvaient constituer une chance pour les pays d’accueil. Ensuite, nous avons fait un point de quelques unes des difficultés, des éléments de galère et de souffrance auxquels les jeunes africains font souvent face dans leur processus migration. Aujourd’hui, c’est un article du quotidien français Le Monde relatif à la même question de migration des populations que nous venons partager avec vous. En effet, cet article note que les « migrations environnementales » sont devenues plus importantes que les migrations liées aux conflits. Le journaliste du dit quotidien continue en constatant que si en 2008, on comptait 4,6 millions de personnes déplacées dans leur pays du fait d'un conflit violent, il y en avait 20 millions qui avaient dû quitter leur lieu de résidence à la suite d'une catastrophe naturelle. Ainsi, poursuit-il, les "migrants environnementaux" ont été 15 millions en 2009, 38 millions en 2010. Pour 2011, on pourrait être dans les mêmes proportions selon François Gemenne, chercheur à l'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI). Cette croissance des migrants environnementaux préoccupe, et à juste titre d’ailleurs, les humanitaires, l’Office des Nations Unies chargé de l’Aide Humanitaire (OCHA) en tête. Ceux-ci craignent qu’en 2012 les besoins en aide humanitaire d'urgence s’intensifient, note un article publié par Radio France International (RFI) sur son site.
Financement de la réponse contre le sida : L’Afrique doit passer à l'acte!
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Depuis ce jeudi 8 décembre 2011 en fin d’après-midi, le rideau est tombé sur la 16e édition de la Conférence Internationale sur le sida et les Infections sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA). Cette 16e édition, rappelons-le, a démarré le dimanche 4 décembre et s’est déroulée à Addis-Abeba, la capitale de l’Ethiopie.
Quelques heures après la fin de cette importante conférence qui a réuni près de 10 000 délégués aux dires des organisateurs, les premiers bilans peuvent être réalisés et les premières conclusions tirées.
Au bout de cinq jours de travaux, l’un des messages clés que nous pouvons retenir est certainement celui d’une meilleure implication des gouvernements africains pour la mobilisation des ressources financières. En effet, sans réduire les différents travaux à ce seul point, mais tout en gardant en esprit les défis liés à la disponibilité des fonds dans un contexte de réduction des financements, un appel pressant a été lancé en direction de tous les gouvernements africains. Cette mobilisation doit se traduire par une augmentation des contributions nationales, une promesse faite dix ans plutôt.
Pour mémoire, réunis en 2001 au Nigeria à l'occasion du sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA, devenue aujourd’hui Union Africaine – UA) sur le VIH/SIDA, la tuberculose et autres maladies infectieuses connexes, les Etats africains s'étaient engagés dans cette direction. Dans ce qui sera appelé la « Déclaration d’Abuja », ils s'étaient engagés « à fixer un objectif de 15% au moins de [leur] budget annuel à allouer à l’amélioration du secteur de la santé ». Dix ans ont passé depuis cette déclaration mais nous sommes malheureusement encore très loin du compte.
Lors de cette 16e CISMA, nous avons appris que ce sont à peine 6 pays sur les 53 (enfin, plutôt 54 si nous comptons le nouvel Etat du Soudan du Sud) que compte le continent africain qui se sont donnés les moyens de participer à ce combat contre le Sida et les MST. Il s'agit du Burkina Faso (15,8%), du Malawi (17,1%), du Rwanda (18,5%), de la Zambie (16,4%), du Botswana et du Niger (17,8%).
Dès le premier jour de cette conférence, les gouvernements africains ont été interpellés sur l'engagement qu’ils avaient pris. En effet, dans son intervention lors de la Cérémonie d’ouverture, le Professeur Soudré, Président de la Société Africaine Anti-sida (SAA), coorganisatrice de cette conférence, leur a demandé « d’arrêter les discours et de passer aux actes ». Cette demande a été reprise et relancée le dernier jour (jeudi 8 décembre) par le Dr Debrework Zewdi du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la Tuberculose et le paludisme. Celle-ci a noté que « les pays doivent augmenter leurs contributions nationales » pour un réel renforcement de la réponse au moment où ce Fonds a annulé son Round 11.
Afin de continuer la mobilisation et de maintenir la pression sur les dirigeants du continent, des activistes présents à Addis-Abeba ont déposé une pétition au siège de l’Union Africaine.
D’ici la 17e CISMA, qui devrait se tenir du 7 au 10 décembre 2013 à Durban en Afrique du Sud, les gouvernements africains devront donc passer à l'acte. Cela devra principalement se traduire, à court terme, par une appropriation, un renforcement et une pérennisation de la réponse contre le sida (mais aussi contre la tuberculose et le paludisme) avec les ressources des pays respectifs. La principale action consiste certainement en la mise en œuvre effective de la Déclaration d’Abuja de 2001.
16e CISMA : appel à la solidarité et à la responsabilité
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La 16e Conférence Internationale sur le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles en Afrique (CISMA) se tient du 4 au 8 décembre 2011. Placée sous le thème « Appropriation, Renforcement et Pérennisation », l’édition de cette année est accueillie par le "pays des mille sourires, la patrie de l’Arche de l’Alliance, le dépositaire de l’une des civilisations les plus anciennes au monde" : l’Ethiopie, pays qui est aussi le siège de l’Union Africaine.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce dimanche 4 décembre 2011 en présence de plusieurs personnalités dont le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, l’ancien Président américain, Georges W. Bush, l’actuel et l’ancien directeurs exécutifs de l’ONUSIDA, Michel Sidibé et Peter Piot.
Durant ces cinq jours Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, en plein chantier, accueille ce rassemblement majeur de décideurs, partenaires au développement, scientifiques et personnes vivant avec (et affectées par) le VIH. Il est important de relever que cette conférence intervient trente ans après la découverte des premiers cas de ce qui sera appelé plus tard "VIH", dans un contexte économique difficile et quatre ans avant le délai de 2015 fixé pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Dans son message transcris dans le programme de la CISMA 2011, le Dr Yigeremu Abede, président de la conférence, note que le choix du thème « Appropriation, Renforcement et Pérennisation » est des plus appropriés. Selon lui, «les sessions de leadership vont chercher à impliquer les Africains, en particulier ceux se trouvant au plus haut niveau du processus décisionnel, à adopter et suivre des stratégies qui assureront des réponses locales et adaptées à la pandémie du VIH ».
Ouvrant la série des allocutions ayant meublé la cérémonie d’ouverture, le professeur Robert Soubré, président de la Société Africaine Anti-sida (SAA), a réclamé «une solidarité universelle pour un accès universel aux soins». Il a aussi insisté sur la nécessité pour les pays africains, dans le contexte actuel de crise économique, «d’arrêter les discours et de passer aux actes» pour démontrer concrètement leur engagement plusieurs fois affirmé dans des déclarations. Le professeur Soubré n’a pas manqué d'évoquer l’annulation du Round 11 du Fonds Mondial qui va poser d’énormes problèmes, dont le « risque d’entraîner des ruptures d’ARV » dans plusieurs pays.
Le Directeur Exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, est revenu sur ce dernier point. Après avoir tiré la sonnette d’alarme en notant que «les fonds pour la lutte contre le sida diminuaient pour la première fois depuis des années», il a estimé que la décision du Fonds Mondial d’annuler le Round 11 était "inacceptable". Et d’ajouter que si les partenaires ne paient pas la facture aujourd’hui, ils la paieront demain.
Quant à l’ancien président américain, Georges Bush, celui «qui a pensé à une solution à laquelle personne auparavant n’avait pensé» a noté le directeur exécutif de l’ONUSIDA, il est revenu sur la création du PEPFAR (Plan d’urgence du président américain contre le sida) en 2003. Le Président Bush a ainsi rappelé que le peuple américain, en créant le PEPFAR, avait décidé de «prendre sa part de responsabilité dans le combat contre le sida».
Enfin, procédant à l’ouverture officielle de la 16e CISMA, le Premier Ministre éthiopien, Meles Zenawi, a quant à lui insisté sur la nécessité d’un renforcement de la mobilisation sociale, de la collaboration entre les acteurs (Etats, société civile, partenaires au développement). Aussi, espère-t-il que la 16e édition de la CISMA qui se tient dans son pays «apportera une importante contribution pour faire avancer les choses».
Il faut rappeler que la CISMA est co-organisée par la SAA, le Gouvernement éthiopien, divers partenaires institutionnels et communautaires, ainsi que le secteur privé.
Droits de l’enfant : peut mieux faire !
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Ce dimanche 20 novembre 2011, le monde entier a célébré la Journée Internationale des Droits de l’enfant. La célébration de cette année consacre le vingt-deuxième anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), votée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20 novembre 1989. Aujourd’hui encore, elle reste le traité international le plus ratifié au monde : en dehors des Etats-Unis, de la Somalie et dans une certaine mesure du tout nouvel Etat du Soudan du Sud, tous les pays ont ratifié la CDE, reconnaissant ainsi le caractère impératif pour les dirigeants d’aujourd’hui et de demain d’intégrer la nécessité de travailler à un monde plus respectueux des droits des enfants.
Seulement en 2011, vingt-deux ans après l’adoption de la CDE, et malgré les divers progrès enregistrés ces dernières années, les inquiétudes sont encore grandes quant à la situation des enfants sur notre planète terre. Voici pourquoi:
Selon la publication phare de l’UNICEF, La situation des enfants dans le monde, édition 2011, en fin 2009, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans était de 60 pour 1000 naissances vivantes. 8,1 millions d’enfants de cette tranche d’âge sont morts durant l'année 2009. Il y a certes une réduction du phénomène en comparaison à 1990 (où l'on avait enregistré 12,4 millions de morts) mais ces ciffres sont encore trop importants.
Sur le site droitsenfants.com, nous lisons également que près de 3 millions d'enfants meurent chaque année de maladies dues au manque d'hygiène et que 12 millions d’entre eux meurent de pneumonie, de diarrhée et autres maladies évitables par de simples mesures d'hygiène et grâcenotamment à un meilleur accès à l’eau potable.
A côté de cela, note le rapport de l’UNICEF, près de 150 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent et 67 millions d’enfants d’âge scolaire ne sont pas scolarisés dans le primaire selon l’UNESCO.
En plus de ce qui précède et des autres domaines (éducation, exploitation sexuelle et trafic, Mutilation Génitale Féminine/excision, …) non développés ici, 2011 restera aussi marquée par des événements violents ainsi que la famine et malnutrition qui ont et continuent d’affecter sérieusement les enfants en ces dernières semaines de cette année 2011.
Pour ce qui est de la violence, nous pouvons citer La Révolution du Jasmin et les affrontements armés et autres massacres qui ont été particulièrement sanglants au Yémen, en Libye et en Syrie ; sans oublier la crise post-électorale en Côte d’ivoire. Des centaines de milliers d’enfants ont été soit tués, soit blessés ou marqués à vie dans leur chair, soit encore traumatisés par ce qu’ils ont vu, entendu et subi, et pour l’essentiel, qui fuient avec leurs parents les zones de combats pour se réfugier hors des frontières de leurs pays de résidence habituelle.
Pour ce qui est de la famine et la malnutrition, notre regard se tourne vers la Corne de l’Afrique où sévit depuis des mois la crise alimentaire la plus grave qu’ait connu cette partie du monde ces vingt dernières années. Ce sont au moins 2 millions d’enfants qui sont mal nourris et affamés. Même si on en parle de moins en moins ces dernières semaines, cette crise (qui touche plus de 11 millions de personnes à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda et surtout en Somalie), persiste encore. Le Clip pour l’Afrique, un single d’un collectif d’artistes célèbres, fait partie des dernières initiatives pour maintenir la mobilisation et la collecte de fonds.
Bref, beaucoup de choses restent donc à faire. Etant donné la situation des enfants en 2011, nous sommes à un stade où espérer ne suffit plus. Il faut donc que chacun s’engage un peu plus dans l’action concrète!
Education dans l’espace OCDE : la situation des femmes
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Le rapport Regard sur l’éducation 2011 de l’OCDE (Organisation de Coopération et le Développement Economique) n’a pas fini de nous livrer ses secrets. Après avoir ressorti quelques indicateurs permettant de mieux comprendre pourquoi de plus en plus d’étudiants vont faire leurs études à l’étranger, nous vous présentons un autre décorticage de ce document de 533 pages. Cette fois-ci, intéressons-nous à la situation des femmes.
Elèves terminant leurs études secondaires
Le rapport note qu’aujourd’hui les taux féminins d’obtention d’un diplôme de fin d’études secondaires sont supérieurs aux taux masculins dans la quasi-totalité des pays, surtout au Danemark, en Espagne, en Islande, au Portugal et en Slovénie, où les taux d'obtention d'un diplôme chez les femmes sont supérieurs d’au moins 10 points de pourcentage. Notons cependant qu’en Allemagne et en Suisse, les taux masculins restent plus élevés. En 2009, le taux moyen dans les pays de l’OCDE d’obtention d’un diplôme en filière générale s’établit à 55 % chez les femmes et 43 % chez les hommes.
Elèves terminant leurs études tertiaires (supérieures)
L’OCDE estime qu’en moyenne 46 % des femmes et 31 % des hommes devraient terminer une formation tertiaire de type A (largement théorique) au cours de leur vie. On recense 12 % de femmes et 9 % d’hommes diplômés à la fin d’études tertiaires de type B (plus pratiques ou axées sur l’acquisition de compétences).
Nous notons également que l’écart entre les sexes en faveur des femmes dans l’obtention d’un diplôme est particulièrement important en Islande, en Pologne et en République slovaque (ou il représente plus de 25 points de pourcentage), alors qu’il est pratiquement nul en Allemagne, au Mexique et en Suisse.
Domaines d’études
Les femmes sont majoritaires dans l’effectif d’étudiants et de diplômés dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE. Cela dit, elles sont plus nombreuses dans les domaines d’études en rapport avec l’éducation, la santé et le secteur social, les sciences humaines, les arts et lettres. Les hommes eux prisent davantage l’ingénierie, la production et la construction.
Transition entre les études et la vie active chez les jeunes de 15 à 29 ans
Selon les chiffres de 2009, les jeunes hommes sont susceptibles de travailler 6,3 ans, soit 1,1 an de plus que les femmes du même âge. Ce qui signifie que les jeunes femmes sont plus susceptibles d’être inactives si elles ne sont plus en formation.
L’espérance de scolarisation légèrement plus élevée chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes dans tous les pays, (sauf en Allemagne, au Japon, au Luxembourg, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas et en Suisse), pourrait aider à améliorer ce déséquilibre.
Avantage financier et niveau de formation
Pas de surprise : les femmes gagnent nettement moins que les hommes, quel que soit le niveau de formation. Le rapport indique que l’écart salarial entre les femmes et les hommes diplômés de l’enseignement tertiaire ne se comble pas au fil de la carrière. Les femmes diplômées de l’enseignement tertiaire âgées de 55 à 64 ans des pays de l’OCDE peuvent espérer gagner 72 % du salaire des hommes. Ces écarts s’expliquent en partie par les différences dans les professions et les domaines d’études ainsi que dans la durée de la vie professionnelle.
Pour finir, relevons que si un diplôme de fin d’études secondaires ou post-secondaires non tertiaires génère un rendement plus élevé chez les hommes que chez les femmes, d'une manière générale dans l’espace OCDE, certains pays échappent à cette règle. C'est le cas de l'Espagne, de la Hongrie, de l'Irlande, de l'Italie et de la Pologne.
De qui se fout-on au Libéria ?
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Est-ce de la pure foutaise ou une dangereuse provocation au mépris de la nécessité de la consolidation d’une stabilité politique et sociale encore fragile au Libéria ? Chacun appréciera et se prononcera sur cette question. Seulement, et malgré nos potentielles divergences de point de vue, nous devons tous admettre que nous sommes devant un dangereux et inquiétant retournement de veste de la part de l’opposant libérien Winston Tubman, arrivé en deuxième position après le premier tour de l’élection présidentielle dans son pays.
Le week-end dernier, en à peine vingt-quatre heures chrono, l’homme qui voulait diriger le Libéria, mais qui a volontairement et sciemment refusé d’affronter la présidente sortante au second tour de l’élection présidentielle du mardi 8 novembre 2011, a projeté un double visage au monde : d’abord celui de l’homme de l’apaisement, de la conciliation et qui sait faire primer l’intérêt national sur ses intérêts personnels et politiques ; l’autre celui de l'homme par qui le chaos pourrait revenir dans ce pays, l’homme au chantage un peu mal placé. De quoi s’agit-il au juste ?
Le vendredi 11 novembre 2011, au lendemain de la proclamation des résultats quasi-définitifs du second tour de l’élection présidentielle du mardi 8 novembre, résultats qui donnaient la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf, seule candidate en lice, naturellement vainqueur avec plus de 90% des suffrages exprimés, Monsieur Tubman s’est d’abord inscrit dans la posture d’un véritable homme d’Etat.
En effet, comme le note un article publié sur le site de RFI (Radio France International), l’opposant s’est dit « prêt à panser les plaies de ce pays et à réconcilier [son] peuple ». Mieux, Winston Tubman a prôné une politique d’apaisement et d’appel au calme. «Il faut mettre de côté les ambitions et les blessures personnelles. Sinon, la violence va revenir. Beaucoup de nos jeunes voudraient retourner dans la rue maintenant. Et nous faisons beaucoup pour les en empêcher», notait l’opposant libérien.
Mais le samedi 12 novembre, au lendemain de cette première déclaration, et comme si cet opposant avait subi une mutation dans la nuit, Winston Tubman changea soudainement de langage. Là, il ne reconnaît plus la réélection de madame Sirleaf et demande par conséquent l’organisation d’une nouvelle élection. Il impose même le délai dans lequel ce nouveau scrutin devrait avoir lieu : moins d’un mois.
Mais de qui se fout-on dans cette affaire ? Winston Tubman a volontairement décidé d’appliquer la politique de la chaise vide en refusant de participer à ce second tour. Ses motivations (irrégularités au premier tour), même dans le cas où elles étaient profondément justes, ne le mettent nullement dans la même situation d’un Morgan Tsvangirai face à Robert Mugabe lors du second tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe en 2008. En boycottant les élections, Winston Tubman ne peut s’en prendre qu’à lui-même et doit assumer les conséquences de sa propre stratégie.
Au nom de son combat, ses partisans et autres sympathisants sont descendus dans les rues de Monrovia, la capitale libérienne, la veille du second tour de l’élection présidentielle. Bilan : au moins deux morts suite à une violente dispersion de ce rassemblement par les forces de l’ordre au motif qu’il n’était pas autorisé.
Aujourd’hui, huit ans après un peu plus de quatorze ans d’une guerre civile qui a profondément déchiré le Libéria, les défis de la réconciliation entre les populations, de la construction d’un Etat solide et d’une nation libérienne restent permanents. Alors, le pays est loin d’avoir besoin de ce genre de débats stériles et d’hommes politiques ne comprenant pas cette réalité.
L’UNESCO s’inquiète et la paix s’éloigne
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Depuis le 31 octobre 2011 la Palestine est membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO). Cette adhésion est une véritable victoire diplomatique pour l’Autorité palestinienne ; victoire qui prend plus de valeur lorsqu’on considère la large majorité qui la consacre : 107 Etats membres de cette agence des Nations Unies (dont la France) ont voté pour, 52 se sont abstenus et « seulement» 14 (les Etats-Unis et Israël en tête) ont voté contre.
Toutefois, cette victoire commence à avoir un arrière-goût un peu amer qui risque de s’acidifier progressivement. Pour le moment, nous dénombrons deux victimes : l’UNESCO elle-même et le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens.
Pour ce qui concerne l’UNESCO, après l’annonce de l’adhésion de la Palestine comme membre à part entière de cette agence des Nations Unies, les Etats-Unis ont annoncé la suspension de leur contribution financière. Lors d’un point de presse, la porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland, a annoncé que les Etats-Unis ne débourseront plus les 60 millions de dollars qu’ils prévoyaient de verser en novembre 2011. Elle justifie cette réaction par le fait que l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO «déclenche automatiquement une mesure législative qui oblige les Etats-Unis à cesser de financer l’UNESCO».
En effet, comme le note France 24, les Etats-Unis, grand allié d'Israël, ont interdit dans les années 1990 tout financement d'une agence de l'ONU qui admettrait la Palestine en tant que membre à part entière. En appliquant cette politique, les Etats-Unis restent dans une logique peu compréhensible mais cohérente avec leur politique de soutien d’Israël, et empiètent de 22% le budget de l'UNESCO, agence qui fait pourtant face à de nombreux défis.
Malgré l’appel lancé ce mercredi 2 novembre par la Directrice de l’UNESCO et demandant aux dirigeants et peuple américains de "trouver un moyen de poursuivre l'aide apportée à l'Unesco en cette période troublée", la situation risque de ne pas s’arranger de si tôt, surtout que nous sommes à un an des élections présidentielles américaines.
L’autre inquiétude concerne le processus de paix israélo-palestinien. Après sa demande d’adhésion de plein droit comme Etat à part entière à l’ONU, demande analysée par le Conseil de sécurité ces derniers jours sans que les membres ne parviennent à un accord, l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO a donné lieu à une réaction radicale d’Israël: création de 2000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dans des colonies qui dans "tous les plans de paix présentés dans le passé par la communauté internationale doivent rester de toute façon sous souveraineté israélienne", note un responsable israélien. Toutefois, la communauté internationale a toujours jugé illégales les colonisations à l’Est de Jérusalem.
Avec l’accélération de la colonisation, Israël a aussi décidé de geler provisoirement le transfert de fonds – constitués des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits destinés aux Palestiniens qui transitent par les ports et aéroports Israéliens – qu’il verse à l’Autorité palestinienne. Ces fonds (environ 50 millions de dollars par mois) représenteraient 30% de leur budget et permettent de payer 140 000 fonctionnaires palestiniens.
Dans ce contexte, les Palestiniens accusent les Israéliens d'"accélérer la destruction du processus de paix"; quant ces derniers estiment que ce sont plutôt leur voisins qui "leur claquent systématiquement la porte au nez". Une chose est sure : le processus de paix, déjà en pause depuis un moment, vient certainement de prendre du plomb dans l’aile. L’adhésion à l’UNESCO risque donc de créer plus de problèmes qu'anticipés.
A Zanzibar, le Coran conseille le port du préservatif
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«Bien que le Coran ait plus de 1.400 ans, il est toujours d’actualité. Les versets peuvent être interprétés selon les époques». Selon cet article, que dit alors le Coran sur les moyens de contraception? Que l’utilisation de préservatifs n’a rien d’un péché et qu’il est même conseillé pour la santé de la femme et du bébé.
Source: http://www.slateafrique.com/62477/zanzibar-des-islamistes-en-faveur-de-utilisation-du-preservatif
Que disent les dignitaires religieux sur le sujet du port du préservatif ? Nous sommes certainement nombreux à avoir été en désaccord, si ce n'est choqués, par les propos tenus par le Pape Benoit XVI le 17 mars 2009. Dans l’avion le conduisant au Cameroun (pays d’Afrique centrale), le Saint Père avait affirmé que le problème du sida ne «pouvait pas être réglé» par la «distribution de préservatifs». «Au contraire, leur utilisation aggrave le problème», avait ajouté le chef de l’église catholique.
Toutefois, en 2010, dans son livre-entretien « Lumière du monde », le Pape a tempéré ses propos tenus un an plus tôt ; un adoucissement qualifié de revirement par certains médias et autres acteurs. Selon un article d'Afrik.com, Benoit XVI estime désormais que l’Eglise « ne la [utilisation du préservatif, ndlr] considère naturellement pas comme une solution véritable et morale ». Cela dit, « dans l’intention de réduire le risque de contamination, l’utilisation d’un préservatif peut cependant constituer un premier pas sur le chemin d’une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine ».
Aujourd’hui, ce sont des dignitaires musulmans de Zanzibar, île (archipel) autonome de Tanzanie (pays d’Afrique de l’est), située dans l’océan indien, qui attirent notre attention en jetant un pavé dans la marre. Face à une population qui croît de 3% chaque année, les médecins et les dignitaires religieux (musulmans) ont décidé d’agir pour faire évoluer les mentalités sur les moyens de contraceptions. Pour ce faire et comme le relève l’article que nous vous recommandons, ces chefs religieux estiment que le préservatif est conseillé par le coran.
Que pensez vous de cette « lecture » du Coran et surtout de cette attitude qui pourrait aussi contribuer à la lutte contre la propagation du sida ? Votre avis nous intéresse.
Vous avez dit charia?
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«Toute loi contredisant les préceptes de l’Islam sera considérée comme illégale. La loi régissant le mariage et le divorce en Libye [et qui interdit en principe la polygamie, ndlr] est illégale et elle sera abrogée parce qu’elle contredit la charia». Ce passage de l’intervention de Moustafa Abdeljalil, Président du Conseil National de Transition (CNT), le dimanche 23 octobre 2011 alors qu'il proclamait la libération de la Libye après la mort de Kadhafi, n’a pas fini de nous inquiéter.
Mais que savons-nous de la charia ? Essayons d’en faire une présentation rapide.
En parcourant l’édition 2010 du manuel « Histoire comparative des Institutions méditerranéennes et négro-africaines : des origines à la fin du moyen-âge » de l’Ivoirien Néné Bi Boti Séraphin, agrégé des facultés de Droit et Professeur d’universités, nous retenons que la charia est un ensemble de règles prescrivant aux croyants musulmans le comportement qu’ils doivent adopter dans la vie de tous les jours. La charia, qui signifie « la voie à suivre » pour tendre vers le divin, est donc la vision juridique de l’Islam.
Comme le note L’Express.fr, « la charia codifie tant les aspects publics que privés de la vie d'un musulman ». Ainsi, au nom de la loi islamique, on peut régir « le code de la famille -qui par exemple autorise la polygamie-, l'héritage [où] les hommes héritent du double de leurs sœurs-, et un certain nombre d'interdits concernant la tenue vestimentaire, les règles alimentaires…».
Pour ce qui est du mariage, le Professeur Néné Bi relève que « la femme doit fidélité et obéissance et le mari a sur elle un droit de correction ». Celui-ci peut « la battre "mais sans exagération, sans lui rompre les os" ».
Au niveau de la sanction pénale, l’article de L’Express relève que les applications de la charia sont celles qui sont les plus controversées: flagellation, lapidation, amputation. Toutefois, Baudouin Dupret, directeur du Centre de recherches Jacques Berque, à Rabat, au Maroc, affirme que « l'image caricaturale des peines corporelles pratiquées au nom de la charia n'est que rarement mise en application ».
Cela dit, peut-on être surpris de l’annonce des nouveaux dirigeants de la Libye de s’orienter vers la charia ? Nous pensons que non.
Sans entrer dans des considérations tenant à la préservation de la cohésion au sein du CNT ou à une quelconque argumentation nationaliste comme celles présentées par le site SlateAfrique.com pour expliquer l’option de la charia, nous souhaitons vous ramener juste quelques semaines en arrières.
En juin 2011, La voix des Jeunes, dans notre article La Libye est confrontée à avenir incertain, soulevait cette question. En effet, nous notions que les auteurs du rapport " Libye : un avenir incertain" affirchaient leurs inquiétudes quant à la volonté des membres du CNT de construire un Etat démocratique. Pour ce faire, ils font cas de l’article premier du projet de charte nationale transitoire qui stipule que « la Libye est un Etat indépendant, souverain et unifié, non divisé… Sa religion est l’islam et les principes de la charia islamique sont la source de ses lois…»."
Il est clair que nous n’espérions pas, aujourd’hui, une Libye photocopie de la Turquie (où la laïcité est inscrite dans la constitution et a pour gardienne l’armée en "personne"). Seulement, ce choix montre que la question de l'égalité des genres ne sera pas une priorité. On s’oriente vers une institutionnalisation de la limitation des droits d’une frange de la population, les femmes, alors qu’on veut bâtir une démocratie.
« Nous sommes des musulmans modérés », nous dit le Président du CNT, face aux préoccupations de l’occident qu’il tentait de rassurer. Nous attendons de voir...
Le cancer du col de l'uterus affecte de plein fouet les pays en voie de développement
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Source: http://irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?reportid=93782#.ToCWSH2ql9Q.twitter
Dans de nombreux pays pauvres, le cancer du col de l'utérus reste un problème de santé qui ne bénéficie pas suffisamment de visibilité, voire d'actions pour sa prévention ou sa prise en charge précoce. Et pourtant, à partir de cet article d'IRIN (un service du bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) que nous vous recommandons, nous remarquons que cette maladie affecte de plein fouet les pays en voie de développement. Il est difficile d'affirmer autre chose lorsqu'on note que 76% des cas de cancer du col de l’utérus sont maintenant diagnostiqués dans ces pays où l’incidence de la maladie continue d’augmenter.
« Nos résultats démontrent que l’incidence des cancers du sein et du col de l’utérus chez les femmes en âge de procréer dans les pays en développement est un problème aussi important que d’autres priorités mondiales comme la mortalité maternelle », estiment les auteurs.
La réduction du coût du vaccin contre le virus à l'origine de cette maladie n'a pas encore été accompagnée par la mise en place de véritables plans d'action ou de programmes nationaux généralisés pour la prévention de ce cancer. Vivement que cette étude et les actions des uns et des autres aident les pays en voie de développement, soutenus par les différents partenaires, à mieux faire face à ce problème de santé!
Le cancer du Col de l’utérus est un "silencieux" défi permanent pour nos pays en voie de développement qui mérite un intérêt plus grand que celui qu'on lui accorde d'aujourd'hui.
Même Kadhafi méritait mieux que ça !
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Ce jeudi 20 octobre 2011, les médias internationaux ont orienté nos yeux vers la Libye. Reléguant au second plan, sinon oubliant pour quelques heures, d’autres faits d’actualité : les inondations meurtrières touchant actuellement la Thaïlande, la grève de quarante-huit heures des "indignés" grecs contre le nouveau plan d’austérité qui s’est soldé pour cette première journée par la mort d’un manifestant.
L’information était de taille : d’abord annoncé comme arrêté et blessé, nous apprenons peu après que le Colonel Kadhafi, le "Guide" de la Jamahiriya libyenne, le "Roi des Rois" d’Afrique, l’"Iman de tous les musulmans du Moyen-Orient" était mort. Les heures qui suivent, sur Internet comme à la télé, des images et surtout des vidéos d’une violence rare viennent confirmer ce fait. Kadhafi est bel et bien mort chez lui, à Syrte, dernier bastion encore aux mains de ses combattants et qui est finalement tombé hier sous le contrôle du Conseil National de Transition (CNT), les maîtres effectifs et désormais exclusifs de ce qui reste de la Libye après huit mois de conflits. Mais, très vite, des questions se posent sur les circonstances exactes de la mort de Kadhafi.
Celles-ci sont et restent à cette heure encore floues. Même au niveau de la communication du CNT, les versions sont différentes. D’un côté, nous avons le premier ministre qui affirme qu’au moment de son arrestation, "Kadhafi n’avait qu’une blessure à la main". Toutefois, suite aux échanges de tirs entre les combattants du CNT et les pro-Kadhafi lors de son transfert dans une ambulance, il a semble-t-il reçu une balle à la tête. Ce qui lui a été fatal. De l’autre, la chaîne de télé France24 montre un commandant qui affirme qu’après son arrestation, Kadhafi a tenté de résister ce qui a conduit les combattants du CNT à le tuer. Et d’ajouter que "le plus important, ce n’est pas les circonstances de sa mort, c’est plutôt que Kadhafi soit mort et personne ne saurait condamner les combattants pour cela".
Dans ce contexte, l’ONU réclame une enquête.
Pour ma part, je suis surpris de la "joie" ouvertement exprimée par quelques dirigeants après cette mort. Autant en avril 2011 j’ai été soulagé que l’ancien Président Laurent Gbagbo ait été arrêté vivant, mais aussi un peu choqué par des images dégradantes pour la Côte d’Ivoire qui le montraient dans un certain contexte et qui tournaient en boucle sur des télévisions nationales et occidentales ; autant j’estime que Kadhafi méritait de vivre malgré tout. Ce n’est pas une question de sympathie pour Gbagbo et encore moins pour Kadhafi. Je suis très loin d’être fan de ces deux hommes. Mais c’est tout simplement parce que ma conception du respect de la dignité humaine (qu’exigent des gouvernements occidentaux comme la France et les Etats-Unis, l’ONU et d’autres organisations non gouvernementales de défense des Droits de l’homme dans ces circonstances) ne me permet pas de me réjouir systématiquement de la mort d’un homme, fusse un dictateur, un sanguinaire, un autocratique.
Oui, Kadhafi méritait de vivre vu qu’il semble avoir été arrêté vivant par les combattants du CNT, même si les circonstances de sa mort restent floues. Comme nous le notions suite à la mort de Ben Laden, passée l’euphorie, les parents et victimes du système Kadhafi auraient certainement souhaité un procès pour avoir des réponses aux questions qu’ils se posent. Malheureusement, et comme le note François Hollande, le candidat officiel du Parti socialiste français aux élections présidentielles de 2012, la mort de Kadhafi "empêche le procès qui aurait dû avoir lieu".
En plus, même si les rancœurs sont profondes et compréhensibles, vu que le CNT estime être plus digne que lui, je ne crois pas que Kadhafi méritait de mourir dans des conditions qui, visiblement, étaient horribles.
Quel avenir pour les "Enfants de la Paix" ?
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A Bouaké, ville cosmopolite du centre de la Côte d’Ivoire, située à environ 350 kilomètres au Nord d’Abidjan (capitale économique), les défis de reconstruction et de relance d’après-crise sont nombreux. Son statut de deuxième plus grande ville de Côte d’ivoire, de Chef-lieu de département et de région, contraste avec la dégradation avancée des infrastructures (routières, sanitaires de proximité, scolaires), une salubrité urbaine laissant à désirer et une forte paupérisation de la population.
Comme plusieurs localités du pays, Bouaké accueille des soldats et un bureau de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Cette force a été constituée en application de la Résolution 1528 du 27 février 2004, s’inscrivant dans la logique de la Résolution 1464, votée un an plus tôt. Celle-ci autorisait la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la France à déployer des troupes en Côte d'Ivoire pour faire appliquer les accords de paix signés en France en 2003 pas les parties en conflit (rébellion et l’ancien régime de Laurent Gbagbo), veiller au respect du cessez-le-feu et de la zone de confiance.
En plus des défis liés aux nombreux besoins en infrastructures et autres investissements qu’attendent les villes de Côte d’Ivoire après cette décennie de crise, un autre défi, celui-ci social, attend certainement les localités qui accueillent des bataillons de l’ONUCI : celui de l’avenir des enfants nés des suites de liaisons avec des "Soldats de la paix".
Combien sont-ils en réalité ? Quelles sont les conditions de vie de ces enfants et de leurs mères ? Personne ne saurait vraiment répondre avec certitude à cette question. Ce que nous pouvons affirmer avec un peu plus d’assurance c’est que ce phénomène est de plus en plus visible dans les localités affectées et que ces enfants ont peu de chance d’être reconnus par leurs supposés pères biologiques.
A Bouaké, fief de l’ex-rébellion (Forces Nouvelles) depuis 2002, certains de ces enfants sont recueillis et pris en charge par des religieuses au Centre "La Providence". Lors d’un récent séjour dans cette localité en fin août-début septembre 2011, nous n’avons pu visiter cette structure. Seulement, nous avons appris que ces religieuses auraient fait l’objet de menaces de la part de certains « membres ou soldats » de l’ONUCI. Situation indirectement confirmée par l’Archevêque métropolitain de Bouaké qui, aux dires de l’homme de Dieu lui-même lors d’une rencontre avec des jeunes, l’a conduit à mettre l’ONUCI en garde contre toute tentative d’intimidation de ces religieuses.
Depuis leur déploiement, des cas d’abus et d’exploitations sexuelles qui impliqueraient des soldats de l’ONUCI ont été exposés par des Organisations humanitaires et autres organismes. Le 2 septembre 2011, le quotidien français Le Monde mentionnait que suite à la publication par Wikileaks d’un télégramme diplomatique, datant du 15 janvier 2010, l’ONUCI a exprimé "ses « regrets les plus profonds » face à des [nouvelles] allégations d'exploitation et d'abus sexuels commis par des casques bleus déployés dans le pays".
Dans le même télégramme, nous lisons que "Fanta Coulibaly, Directrice du Comité National de lutte contre les Abus et Exploitations Sexuelles du Ministère en charge de la Famille affirme que l’ONUCI est «très engagée » lorsque des cas d’abus sont nouvellement découverts, mais elle [ONUCI] l’est moins dans le suivi du soutien aux cas lorsque des enfants naissent de liaisons avec les soldats de la paix. Concernant les cas d’abus et d’exploitations sexuels impliquant des soldats marocains enregistré en 2007, le Ministère de la Famille attend toujours les résultats des tests ADN."
Bref, l’avenir de ceux que nous appelons "les Enfants de la Paix" semble s’annoncer difficile. Espérons que les mois à venir nous donnent une meilleure lisibilité de leur situation.
Un peu de décence et d'humilité en Côte d'Ivoire!
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Depuis quelques semaines, les cadres du Front Populaire Ivoirien (FPI), ancien parti au pouvoir, qui semblent vivre difficilement leur retour à l’opposition, après seulement un break de 10 ans pour la « gestion ( ?)» du pouvoir d’Etat, me donnent l’impression de s’inscrire hors du processus de sortie définitive de la crise qui touche la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie. Et cela avec une arrogance et un dédain qui foulent au pied la douleur et les profondes blessures (physiques et morales) encore fraîches et sensibles des habitants du pays.
Le 15 octobre 2011, la jeunesse de ce parti, dont l’un des responsables avait affirmé qu’ils rendront "ce pays politiquement ingouvernable", projetait d’organiser un meeting de remobilisation. Il a finalement été reporté à la dernière minute face à l’appel des autorités et du Président par intérim du FPI. Tous avaient certainement en mémoire les affrontements entre les militants du FPI et ceux du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix), la coalition au pouvoir, six jours auparavant, qui avaient mis fin à un meeting dans l’une des communes d’Abidjan, la capitale économique.
Dans ce contexte, il est plus que nécessaire de rappeler que la Côte d’Ivoire sort d’un peu plus de 10 ans d’une profonde crise aux aspects multiples (identitaire, politique, militaire et social). La seule crise post-électorale (décembre 2010 – avril/mai 2011) a coûté la vie à au moins 3000 personnes. Durant 10 ans, le FPI étant au pouvoir, des milliers d’habitants de la Côte d’Ivoire ont perdu la vie du fait de la guerre, de la rébellion, de nombreux massacres, de bombardements, de coupures intentionnelles d’électricité et d’eau courante dans les parties centre-nord-ouest du pays, de charniers, des déchets toxiques, des fameux "escadrons de la mort", et j’en passe.
A supposer que le FPI ne soit pas forcément à la base de ces morts (et ce n’est là qu’une hypothèse quoique …), reste qu'il est fortement impliqué dans la mort de ces 3000 personnes durant la crise post-électorale vu qu’il a cautionné et organisé la tentative d’usurpation du pouvoir après la défaite de son candidat. Pour cela, ses cadres doivent avoir la présence d’esprit de s’excuser auprès des Ivoiriens. Maintenant, s’ils estiment qu’ils n’ont pas d’excuses à nous présenter, ce qui serait vraiment dommage et malheureux, ils ne sauraient nier qu’ils en doivent à leurs militants qui ont beaucoup souffert, comme nombreux d’autres habitants de la Côte d’Ivoire, durant cette crise post-électorale. Beaucoup en souffrent encore et font partie de ces nombreux déplacés ou réfugiés qui craignent la vengeance de leurs voisins qui ont subi leur diktat ces dernières années. Ne serait-ce qu’envers ces derniers, le FPI doit s’excuser et demander pardon.
Aujourd’hui, "La Côte d’Ivoire est au travail". Il faut faire preuve de mauvaise foi pour ne pas le voir. A côté de cela, je souhaite profondément l’existence d’une solide opposition pour la construction d’une réelle démocratie afin de limiter les risques de se retrouver avec un parti unique. Seulement, nous attendons une "opposition intelligente" comme annoncée. Une opposition qui tire les leçons du passé, qui assume ouvertement sa part de responsabilité dans notre histoire récente, qui se propose d’aider à bâtir une nation plus juste. Pour le moment, ce n’est pas le cas avec le FPI.
Mon message ? Juste un peu de décence et d’humilité de la part de ceux qui hier devaient assurer notre sécurité, celle de nos biens, conduire le pays sur la voie du développement durable, de la consolidation de la cohésion sociale, de la défense de la justice sociale, et qui n’ont vraiment pas été à la hauteur de nos attentes.
1 milliard d'affamés en 2011: nous ne le supportons plus!
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Ce dimanche 16 octobre 2001, le monde entier célébrait la Journée mondiale de l'alimentation. L'édition de cette année était placée sous le thème: "Prix des denrées alimentaires: de la crise à la stabilité". Dans ce cadre, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) a réalisé une vidéo publiée sur YouTube et que La Voix des Jeunes vous propose de voir à travers cet article. Selon la FAO, le thème "Prix des denrées alimentaires: de la crise à la stabilité" a été choisi afin d'attirer l'attention sur l'évolution de ce phénomène et sur ce qui peut être entrepris pour atténuer ses effets négatifs sur les populations les plus vulnérables.
En 2011, quatre ans avant 2015, date butoir fixée par les Nations Unies pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), ce sont encore 1 milliard de personnes qui souffrent de la faim chronique dans le monde.
Déjà en mai (2011), La Voix des Jeunes avait attiré l'attention des uns et les autres sur une situation tant incohérente que révoltante. En effet, nous notions dans l'un de nos précédents articles que pendant que le monde compte 1 milliard de personnes qui ne parviennent pas à se nourrir convenablement, 1 milliard de personnes qui éprouvent des difficultés à obtenir les rations alimentaires élémentaires dont elles ont besoin, chaque année, nous gaspillons et perdons plus d’1 milliard de tonnes de nourriture. La situation est d’autant plus révoltante quand on apprend qu’aussi bien les pays industriels que les pays en développement gaspillent quasiment les mêmes quantités de nourriture, soit 670 millions et 630 millions de tonnes respectivement.
Afin d'aider à mieux faire face à cette situation de faim dans le monde, le site du mouvement Ending Hunger (En Finir avec la Faim, en français) se propose d'être une plateforme pour ceux qui veulent agir concrètement à leur niveau. Dans la même dynamique, la page Facebook "Le Projet 1 billion hungry a été créée pour mobiliser le plus de monde autour de cette question de la faim dans le monde. Mobilisons-nous donc car, comme le note si bien le site du mouvement "En finir avec la faim"(Ending Hunger), "de plus en plus de personnes révoltées par cette situation se mobilisent. Et vous?"
Egalité des genres: pour un monde d’équité, de tolérance et de responsabilités partagées
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"L’égalité des sexes fera sortir de la pauvreté non seulement les femmes, mais également leurs enfants, leur famille, leur communauté et leur pays. Considérée sous cet angle, c’est aussi un aspect décisif du progrès humain". Ainsi pourrait-on résumer l’appel en faveur de l’égalité lancé par l’UNICEF dans son rapport La situation des enfants dans le monde 2007 - Femmes et enfants : un double dividende de l’égalité des sexes. Cette égalité dépasse donc largement la question de la parité entre l’homme et la femme étant donné qu’elle constitue en plus l’un des piliers sur lesquels nous devons baser nos actions pour un monde un peu plus juste et agréable pour tous.
Malheureusement, "la discrimination sexiste reste omniprésente dans toutes les régions du monde. Elle se manifeste par la préférence accordée aux fils par rapport aux filles, par les possibilités restreintes d’études et de travail imposées aux filles et aux femmes et par des formes de violence sexiste caractérisée, par exemple, par des violences physiques et sexuelles", constate ce même rapport de l’UNICEF.
Il est donc impératif d'agir à divers niveaux: au sein du foyer, face à l’emploi et la formation, dans l’accès et l’exercice du pouvoir politique.
Pour ce qui est de l’égalité au sein du foyer, le rapport de l'UNICEF évoque les conclusions d’une étude réalisée par l’International Food Policy Reseach Institute. Selon cet institut, "si les hommes et les femmes exerçaient la même influence sur les prises de décisions, en Asie du Sud, l’incidence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de trois ans pourrait reculer de 13 points [en terme de pourcentage], ce qui entrainerait une diminution de 13,4 millions du nombre d’enfants sous-alimentés dans la région ; en Afrique subsaharienne, 1,7 millions d’enfants de plus seraient nourris correctement". Cela s’explique par le fait que les femmes accordent un peu plus d’importance aux conditions de vie et utilisent généralement leur influence et les ressources qu’elles maîtrisent pour satisfaire les besoins de leur famille, et surtout ceux de leurs enfants.
Au niveau de l’emploi et de la formation, la Banque Mondiale nous donne une idée des efforts qu’il faut encore déployer. Dans le monde Arabe, en 2009, 20% des femmes de 15 ans et plus avaient un emploi contre un peu plus de 70% pour les hommes de la même catégorie. En Afrique subsaharienne, le taux d’inscription brut des filles à l'école primaire est de 95,48% en 2009 lorsque celui des garçons est de 104,17%. Le taux net étant respectivement de 72,96% et de 77,23%. En plus, selon l’UNICEF, les données disponibles sur les salaires nominaux révèlent que dans toutes les régions du monde les salaires nominaux des femmes sont inférieurs de 20% environ à ceux des hommes. Les femmes occupent aussi plus fréquemment des emplois précaires et mal payés, sans réelle sécurité sociale, ne leur garantissant que peu ou pas d’avantages sociaux.
Le 5 octobre 2011, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des enseignants, édition placée sous le thème "Les enseignants pour l’égalité des genres", l’UNESCO, l’UNICEF, le PNUD, l’OIT et l’Internationale de l’éducation ont réalisé et publié un message commun. S’inscrivant dans la logique du thème de cette année, ces organismes ont rappelé l’importance de la question du genre dans l’enseignement "pour réaliser les objectifs de l’Éducation pour tous (EPT) et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en s’intéressant en premier lieu à l’accès des filles à l’école".
Malgré le fait que les femmes représentent 62% du corps enseignant au niveau mondial, chiffre qui atteint les 99% dans certains pays, ils notent qu’"avec la féminisation croissante de la profession, les conditions d’emploi, les salaires et le statut se sont dégradés". Ainsi, pour l’UNESCO, l’UNICEF, le PNUD, l’OIT et l’Internationale de l’éducation "si l’on veut que les enseignants servent de modèles en matière d’égalité des genres aux garçons et aux filles, dans tous les domaines et à tous les stades de leur scolarité, il faut s’attaquer aux inégalités existant au sein de la profession. Nous devons promouvoir l’égalité des chances si l’on veut que les femmes puissent accéder à des postes de chef d’établissement, de responsable d’institution et de décideur au sein des ministères de l’éducation, et soient plus nombreuses à enseigner les sciences, les mathématiques et la technologie, et que plus d’hommes soient recrutés comme éducateurs aux niveaux préscolaire et primaire".
Enfin, en ce qui concerne l’égalité dans l’accès et l’exercice du pouvoir politique, plusieurs études et rapports ont démontré que l’engagement des femmes auprès des gouvernements aux niveaux national et local favorise l’adoption de politiques et de lois axées sur les femmes, les enfants et la famille. Ainsi, selon le rapport "La situation des enfants dans le monde 2007", "la participation des femmes aux négociations de paix et à la reconstruction au lendemain d’un conflit est indispensable pour garantir la sécurité et la protection des enfants et des autres populations vulnérables". Tel est certainement le fondement de la "guerre du sexe" lancé par l’une des Trois femmes co-lauréates du Prix Nobel de la Paix 2011, la militante pacifiste libérienne Leymah Gbowee. En 2003, elle avait lancé une grève du sexe (en demandant aux femmes de s'abstenir de toute relation sexuelle tant qu’elles n’auraient pas leur mot à dire) lors des négociations de paix entre l’ancien Président libérien, Charles Taylor, et les chefs de guerre, négociations qui n’impliquaient aucune femme. Cette "guerre du sexe" avait été un véritable succès.
Selon une autre source de la Banque Mondiale, "alors que la situation des femmes et des filles en termes d’éducation et de santé ne cesse de s’améliorer, le taux de mortalité en couches reste alarmant dans de nombreux pays, de même que le « déficit » de filles à la naissance. Les femmes ont toujours du mal à se faire entendre et ne sont pas décisionnaires, dans la vie familiale comme dans la vie sociale. Quant à leurs perspectives économiques, elles continuent d’être extrêmement réduites. Ces inégalités, injustes en soi, pèsent aussi sur les performances économiques : le manque d’investissements en faveur des femmes et des filles agit comme un frein à la réduction de la pauvreté et au développement économique et social".
Et pourtant, comme le note si bien l’UNICEF, "l’égalité des genres n’a pas que des conséquences directes sur les enfants. Sans elle, il sera impossible de créer un monde d’équité, de tolérance et de responsabilités partagées – un monde digne des enfants". Nous avons donc tous intérêt à nous investir dans ce combat, chacun à son niveau et aussi petit soit-il ; et donc à répondre favorablement à cet APPEL EN FAVEUR DE L’EGALITE DES GENRES.
Changement climatique: Connect4Climate invite les jeunes à un concours photo/vidéo
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Dans la perspective de la conférence sur les changements climatiques des Nations Unies (COP17), qui aura lieu à Durban en décembre, la compétition photo/vidéo Connect4Climate invite les jeunes entre 13 et 30 ans à partager leurs photos et vidéos concernant le changement climatique. Nous voulons entendre vos histoires. Comment est-ce que le changement climatique est en train d’affecter l’Afrique ? Votre pays ? Votre communauté ? Vous, vos amis, votre famille? Avez-vous une bonne idée pour une solution locale?
Source: http://www.connect4climate.org/competition/regles-et-les-reglements
Vous avez entre 18 et 30 ans, vivez en Afrique, constatez les changements climatiques dans votre communauté et voulez devenir un acteur actif dans la réponse à cette situation? Alors Connect4Climate vous offre une opportunité d'exprimer, mais aussi de partager votre engagement à travers ce concours photo/vidéo qu'organise cette organisation. Mobilisons-nous donc pour donner un message fort aux délégués qui participeront à la prochaine conférence sur les changements climatiques des Nations Unies, conférence qui se tiendra en Afrique du Sud en décembre prochain. A vos appareils photos et vidéos. A vos marques! Prêts? Partez!
"Ils" ont peut-être exécuté un innocent
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Cette nuit du mercredi 21 septembre 2011, comme certainement des milliers d'autres personnes dans le monde entier, mes yeux, mes oreilles mais encore plus mon cœur étaient orientés vers les Etats-Unis. Surtout vers l’Etat de Géorgie. Mes paupières s’alourdissant, j’ai tout de même tenu à écouter l’édition de 00h30 (GMT) de Radio France Internationale. La Cour Suprême des Etats-Unis, haute juridiction de l’ordre juridictionnel américain, analysait toujours un ultime recours des avocats de Troy Davis. Dans cette tentative de la dernière chance, ces derniers demandaient "respectueusement que ce tribunal accorde un sursis à l'exécution de [la] peine de mort" de leur client. C’est donc plein d’espoir et d’espérance que je me suis naturellement laissé aller dans les bras de Morphée.
Mais ce jeudi 22 septembre au réveil, quelques heures plus tard, des mots sont venus briser tous nos espoirs : incompréhension, indignation, colère. La Cour Suprême a finalement rejeté le recours. Conséquence : Troy Davis, cet afro-américain de 42 ans, a été exécuté par injection létale. Il est mort à 03h08 (heure GMT). Robert Badinter, actuel Sénateur et ancien Garde des Sceaux (ministre de la justice) français, parle d’une "défaite pour l’humanité" et considère que cette exécution risque d’être une "tache" tenace sur la justice américaine. Amnesty International note de son côté une "exécution honteuse".
Voici vingt ans, depuis sa condamnation à la peine capitale en 1991, que Troy Davis clame son innocence dans les couloirs de la mort. Durant vingt années, il a affirmé n’avoir pas assassiné ce policier blanc, meurtre pour lequel il avait été condamné. Ces dernières semaines, encore plus ces derniers jours, la mobilisation internationale est montée en puissance à travers des rassemblements et l’occupation des médias et des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. En plus d’Amnesty International, l’une des principales organisations de défense des Droits de l’Homme en première ligne de cette mobilisation de l’opinion publique, la France et le Vatican ont appelé ces derniers jours la justice et les autorités américaines à revoir leur position sur ce dossier. Mais toute cette mobilisation n’a pas suffit.
Loin de nous l’idée d’affirmer que Troy Davis était innocent. Je n’en ai ni la prétention, ni même la légitimité. Seulement, il faut faire preuve de bonne foi et admettre qu’il y a suffisamment d’éléments qui permettent de croire qu’on a peut-être, je dis bien peut-être, exécuté un innocent. Analysez de vous même quelques éléments nous permettant de douter de sa culpabilité : sept des neufs témoins ayant témoigné contre Davis se sont rétractés depuis et l’arme du crime n’a jamais été retrouvée. Pis, ou mieux, c‘est selon, aucune emprunte ADN liant Troy Davis à ce crime n’a été trouvée encore moins présentée par la police chargée de l’enquête ou par le bureau du Procureur qui a poursuivi l’affaire.
Le petit étudiant en Droit que je suis reste surpris, confus et s’explique difficilement qu’une règle pénale fondamentale n’ait pas été, de mon point de vue, rigoureusement appliquée par les autorités judiciaires américaines. Selon ce principe: "le doute profite à l’accusé". Les condamnations pénales affectant directement un droit fondamental de l’homme, celui de la liberté, cette règle voudrait que joue en la faveur de l’accusé tout élément ou toute circonstance qui mettrait en doute ou fragiliserait toute conviction de sa culpabilité. Avec les points d’ombre que nous venons d’énumérer plus hauts, associés au fait que les avocats de Troy Davis affirment que le médecin ayant réalisé l’autopsie du policier tué a fait un "faux-témoignage" dans le rapport balistique sur lequel s’est appuyé les juges, accepter cette demande de sursis de l’exécution de la mise à mort d’un homme n’était pas trop demander. C’est un gâchis, un véritable gâchis. Et je le note de nouveau : on a peut être tué un innocent dans cette nuit du mercredi 21 septembre 2011 aux Etats-Unis.
Une chose est sûre, cette exécution remet sur la table le débat sur la peine de mort que l’écrasante majorité des Etats composant le pays de l’Oncle Sam applique n’a pas encore abolie.
Les derniers mots prononcés par Troy Davis, mots adressés à la famille de ce policier et au monde entier, auraient été : "je ne suis pas personnellement responsable de la mort de votre frère, père et ami. Je n’avais pas d’arme ce soir là. Il faut continuer votre combat pour trouver le vrai coupable et rétablir la vérité". ""Troy Davis Forever"" !
@ Photo sur Flickr // Deux personnes soutenant Troy Davis
Ground zero : du chaos à l’espoir pour un monde plus tolérant
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Le 11 septembre 2011 à 8h46 du matin (heure de la côte-est des Etats-Unis), le monde entier a célébré dans le recueillement et la vigilance et en communion avec tout le peuple américain, le dixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 qui ont frappé en plein cœur le pays de l’Oncle Sam.
Ce 11 septembre 2001, des avions de ligne sont détournés par des terroristes : deux viendront s’écraser dans les tours jumelles du World Trade Center, symboles de la puissance économique des Etats-Unis, à New York à 08h46 et 09h03 (heure de la Côte-Est des Etats-Unis). Elles s’effondreront quelques minutes plus tard (10h28 et 09h59). Deux autres avions s’écraseront pour l’un sur le Pentagone, siège des grands commandements de la défense américaine, à Washington et pour l’autre dans une plaine de Pennsylvanie, après une révolte patriotique des passagers. Au total quelque 3 000 personnes ont perdu la vie, dont 2 753 à New York. C’est à partir de ces évènements que les Etats-Unis, ainsi que leurs partenaires occidentaux, se sont lancés dans une véritable "guerre contre le terrorisme".
La commémoration de cet anniversaire s’est faite sous haute surveillance car une menace"crédible" mais "non confirmée" d’attentats à New York et à Washington existait et existe toujours. Selon le quotidien français Le parisien, Washington souligne ne pas avoir constaté de menace particulière, mais rappelle qu'Al-Qaïda "a manifesté son intérêt et sa capacité à mener des attentats contre les Etats-Unis et (leurs) intérêts dans le monde". Les Etats-Unis, note toujours cet article, rappellent dans un communiqué que la nébuleuse islamiste a, par le passé, planifié des attentats "pour coïncider avec des dates importantes" du calendrier. Ce message de mise en garde expirera le 2 janvier prochain. Il est d'un niveau intermédiaire entre un simple avertissement et une véritable alerte.
Dix ans après le 11 septembre 2001, le président américain, Barack Obama a salué dans un communiqué une victoire contre le terrorisme. Il est vrai que la mort de Ben Laden, leader d’Al-Qaïda et instigateur de ces attentats, entre autres actions de fragilisation, a été l’un des coups durs portés à ce mouvement.
Mais il faut reconnaître que beaucoup reste encore à faire. La situation en Afghanistan reste encore instable alors que la coalition internationale a déjà programmé son départ. De plus, des groupuscules se revendiquant d’Al-Qaïda occupent différents fronts tant en Asie qu’en Afrique où ils orchestrent des attaques à la bombes, avec kamikaze ou des enlèvements. Nous n’oublions pas la fermeture définitive de la prison de Guantanamo qui reste au stade de projet. Dans ce contexte, on note, malheureusement, que dans beaucoup de pays l’islamophobie a augmenté et que, dans certains cas, elle s'est radicalisée. Ce qui fragilise sérieusement la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre les communautés. Et pourtant des centaines de musulmans ont eux aussi perdu la vie ce 11 septembre 2001.
Ces attentats ont changé profondément la vie de beaucoup de personnes, voire ces personnes elles-mêmes. Dans 9/11 : The 73 minutes that changed my life, "le 11 septembre: les 73 minutes qui ont changé ma vie", un article paru sur son site, la BBC relate le vécu de l’après attentat d’un (ex) new yorkais qui, comme des milliers d’autres, a vécu les attaques du World Trade center.
Artie Van Why travaillait comme Clerc-Assistant dans le cabinet d’avocats, Holland & Knight, et son bureau était situé au vingt-troisième étage d’un immeuble séparé du site du World Trace center par "Church Street" et l’Hôtel Hilton Millénium. Il était au bureau lorsqu’à 8h46 un bruit assourdissant secoua l’immeuble.
Toutes les images qu’il a vu l’ont conduit à quitter New York, où il vivait depuis 26 ans, pour se rendre à plus de 100 Miles (62 Kilomètres) à l’ouest, à Lancaster en Pennsylvanie. "Je ne pensais pas quitter un jour New York, affirme-t-il. J’envisageais d'y vivre jusqu’à mes derniers jours mais il m’a paru nécessaire d’effectuer ce choix".
En novembre 2001, Artie démissionne de ses fonctions après 13 années de service. Il avait trop de peine pour continuer. Il se concentra à la place sur son projet de rédaction de sa propre histoire de cette expérience. Encouragé tant par ses amis que par des inconnus, il transforme son histoire en scénario, car il est convaincu qu’il est de son devoir de faire ce travail de mémoire. Il en a fait un "one-man show" (seul sur l’estrade) qu’il présente à Broadway et à Los Angeles.
"Mon texte m’a donné un sens, un objectif. Les deux années après le 11 septembre, lorsque je me suis concentré sur ma pièce, ce fut la seule chose que je voulais accomplir, j’avais un objectif puisque j’estimais que je faisais quelque chose d’important et de désintéressé car je le faisais en mémoire de ceux que j’ai vu mourir" affirme-t-il.
Les attentats du World Trade Center aux dires d'Artie lui-même, ont changé sa vie : "j’ai été très chanceux de ne pas avoir perdu la vie mais j’ai perdu la vie que je projetais. La personne que j’étais le 10 septembre n’existe plus depuis longtemps. J’ai traversé une période émotionnelle très forte qui m’a rendu incapable d’aller et de regarder en face Ground Zero."
Comme Artie, nombreuses sont ces personnes, ces familles pour qui la blessure des attentats du 11 septembre 2001, en comparaison à l’immense vide du Ground Zero, fait aujourd’hui partie de leur identité. Une partie encore sensible, pas vraiment cicatrisée. Notre message est celui de l’espérance et surtout de la compassion qu’à si bien su nous décrire l’un de nos blogueurs permanents dans son article "La compassion : une « arme » contre le terrorisme".
@ Image sur Flirkr, Un drapeau américain et une rose sur le site de Ground Zero
"Balle à terre", chers Palestiniens!
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Semaine cruciale pour les Israéliens et les Palestiniens ? Nul ne saurait se prononcer avec exactitude sur cette question et dans tous les cas une position unique n’est pas possible. Une chose est sûre : cette semaine marquera à coup sûr le processus de paix entre les deux parties. En effet, en allant à New York (Etats-Unis) pour prendre part à l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tient cette semaine, les dirigeants palestiniens comptent réaliser un "forcing de la paix".
En marge donc de cette Assemblée générale, l’Autorité palestinienne va déposer une demande d’adhésion de plein droit de la Palestine en tant qu’Etat au conseil de sécurité de l'ONU. Cette initiative a été confirmée par le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d’un point de presse devant des cadres palestiniens à Ramallah en fin de semaine dernière, mais encore ce lundi 19 septembre 2011 après une rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, au siège de l’organisation à New York. Rappelons qu’à ce jour, la Palestine (sinon l’ensemble des territoires palestiniens) n’est pas encore considérée comme un Etat du point de vue des relations internationales. De ce fait, elle ne bénéficie que d’un statut d’Observateur à l’ONU. Pour Mahmoud Abbas "la démarche aux Nations Unies pour demander l’adhésion à part entière de l’Etat de Palestine est une affaire réglée et irréversible ".
Cette volonté de "forcer" la création d’un Etat palestinien fait suite au blocage depuis un peu plus d’un an des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens. Cette situation (arrêt des négociations directes) trouve ses origines dans la demande sans suite des Palestiniens de relancer les négociations sur les bases des frontières de 1967 ; frontières qui existaient avant l’occupation israélienne de Jérusalem-Est (revendiquée par les Palestiniens comme devant être la capitale d’un Etat palestinien) et de la Cisjordanie entre autres. A cela, s’ajoute nécessairement la poursuite de la colonisation israélienne en territoires palestiniens et la menace que représente le Hamas. Ce mouvement, qui ne reconnait toujours pas Israël, qui n’a pas encore mis fin à ses lancées d’obus vers Israël et qui occupe la bande de Gaza depuis 2007, a scellé la réconciliation avec l’Autorité palestinienne récemment. Réconciliation qui n’est pas vue d’un bon œil par les autorités d’Israël.
Cette demande d’adhésion est soutenue par la Turquie qui l’a exprimé à travers son Premier ministre, Recep Erdogan, en marge d’une tournée qu’il effectuait la semaine dernière dans des pays touchés par la Révolution du Jasmin. Dans un discours devant la Ligue Arabe au Caire, en Egypte, monsieur Erdogan a estimé que la reconnaissance de l’Etat de Palestine par les Nations Unies n’est pas "une option mais une obligation".
Mais de façon générale, dans le monde occidental, le projet de demande d’adhésion que portent les autorités palestiniennes en arrivant à New York est loin d’être soutenu. Au premier plan figurent les Etats-Unis qui ont exprimé de façon plus claire et ferme leur désapprobation sous prétexte qu'il juge la démarche "contre-productive". En plus de différentes pressions qu’il exerce certainement sur l’Autorité palestinienne et des rencontres avec ses partenaires afin qu’ils adoptent une position similaire, le pays de l’Oncle Sam a menacé de faire usage de son veto si cette demande d’adhésion d’un Etat palestinien était effectivement déposée sur la table du Conseil de sécurité. Pour Hillary Clinton, Secrétaire d‘Etat américaine, les négociations directes sont "une voie qui passe par Jérusalem et Ramallah, pas par New York". L’autre acteur contestant cette demande d’adhésion est bien évidemment l’autre protagoniste, Israël. Son ministre des affaires étrangères avait déjà déclaré que la demande palestinienne encourait des "conséquences dures et graves". Ce lundi 19 septembre, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est dit prêt et "intéressé" à échanger avec le Président de l’Autorité palestinienne afin d’apaiser la situation et contribuer aux interventions des uns et des autres pour le convaincre de revenir sur sa position. C'est également une position d’apaisement (ou de non soutien de la démarche palestinienne) qu’adopte l’Union Européenne et les grands Etats qui la composent.
Peu importe la position qu’on adopte sur ce conflit israélo-palestinien, nous devons tous convenir, sinon reconnaître, qu’il est quasi certain que la demande d’adhésion de la Palestine en tant qu’Etat à part entière aux Nations Unies est un échec annoncé et qu'elle mourra de sa belle mort cette semaine dans les couloirs de la maison de verre qu’est le siège des Nations Unies. Nous ne voyons pas comment elle pourrait aboutir au résultat escompté. Bien au contraire, le rejet de cette demande risque de ralentir encore plus le réchauffement des pourparlers directs entre les belligérants. Pis, aux dires du ministre français des affaires étrangères, dans une interview réalisée ce lundi 19 septembre à New York (en marge donc de cette Assemblée générale des Nations Unies), l’échec de la demande d’adhésion risque de conduire à une explosion de violence dans la région. Nous espérons, comme nous le notions déjà il y a de cela quelques semaines, que tous n’oublierons pas que les enfants palestiniens et israéliens ont besoin d’une vie normale et aspirent à vivre dans la paix. Il faut donc, comme le notait à juste titre Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies, des "négociations constructives" entre Palestiniens et Israéliens. Et pour y arriver la communauté internationale, incluant aussi et surtout les pays de la région, doit œuvrer encore plus à l’existence de "conditions favorables". Entre temps, les Palestiniens devraient mettre "balle à terre".
© UNICEF/NYHQ2009-1873/Giacomo Pirozzi - Territoire palestinien occupé, le 16 octobre 2009, l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Mia Farrow (à droite), reçoit des dessins de la part de jeunes filles lors d’une visite d’un centre d’apprentissage adaptés aux adolescents, centre soutenu par l’UNICEF, dans un camp de réfugiés de la ville de Jenin en Cisjordanie.
Comment sauver les bébés phoques en Namibie
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«Chaque année, des bébés otaries non sevrés continuent d'être regroupés et battus à mort en Namibie, ce que condamnent de nombreux vétérinaires et scientifiques du monde entier» a déclaré Sheryl Fink, directrice du Programme phoques d'IFAW.
Source: http://www.slateafrique.com/42983/bientot-fini-le-massacre-des-phoques-en-namibie
La place du nucléaire dans notre monde d'aujourd'hui ne doit pas être considérée comme le seul, sinon le principal défi environnemental du moment. Cet article révoltant, et c'est le moins qu'on puisse dire, mais aussi plein d'espoir, nous permet de réaliser cette évidence.
L'alphabétisation: source de paix
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"Relation entre l’alphabétisation et la paix". Tel est, selon un communiqué publié sur le site de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), la marque que porte la célébration de la Journée Internationale de l’alphabétisation ce jeudi 8 septembre 2011.
Selon des données de l’Institut de statistique de l’UNESCO, 793 millions d’adultes sont analphabètes, en majorité des jeunes filles et des femmes. De plus, 67 millions d’enfants d’âge scolaire ne sont pas scolarisés dans le primaire et 72 millions d’adolescents qui devraient fréquenter le premier cycle de l’enseignement secondaire ne peuvent pas exercer leur droit à l’éducation. Onze pays comptent plus de 50 pour cent d’adultes analphabètes. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de l’Ethiopie, de la Gambie, de la Guinée, d’Haïti, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Sierra Leone et du Tchad. L’Asie du sud et de l’ouest compte pour plus de la moitié (51,8 pour cent) de la population analphabète adulte mondiale, devant l’Afrique subsaharienne (21,4 pour cent), l’Asie de l’est et le Pacifique (12,8 pour cent), les pays arabes (7,6 pour cent), l’Amérique latine et les Caraïbes (4,6 pour cent), l’Amérique du nord, l’Europe et l’Asie centrale (2 pour cent).
Dans l’une de nos précédentes publications sur La Voix des Jeunes, nous avions montré qu’en Afrique subsaharienne les grands investissements portaient leur fruit même si beaucoup reste encore à faire. En effet, dans cette partie du monde, les pays ont augmenté leurs dépenses réelles en éducation de plus de 6 pour cent par an. En moyenne, l’éducation représente plus de 18 pour cent des dépenses publiques en Afrique subsaharienne, contre 15 pour cent dans les autres régions. Mieux, l’Afrique subsaharienne consacre 5 pour cent de son Produit Intérieur Brut (PIB) à l’éducation, ce qui la place juste derrière l’Amérique du Nord et l’Europe (5,3 pour cent). Malheureusement, un nombre encore important de pays de la région ne sont pas capables d’offrir un enseignement de qualité à leurs enfants. En plus, dans un tiers des pays de l’Afrique Subsaharienne, la moitié des enfants ne termine pas l’enseignement primaire.
Comme nous le constatons tous, l’alphabétisation reste un grand défi pour notre monde d’aujourd‘hui. Et pourtant le Droit à l’éducation, consacré à l’article 28 de la Convention relative aux Droits de l’enfant, constitue l’un des droits fondamentaux de l’homme comme en dispose la déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.
En 1999, à un pas de notre entrée dans ce deuxième millénaire de notre ère, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) avait attiré l’attention des uns et des autres. Cela s’est fait à travers son traditionnel rapport annuel, La situation des enfants dans le monde 1999, consacré cette année-là à l’éducation. J’ai eu l’occasion de parcourir ce document à l’époque dans le cadre de "mes fonctions" de Vice-président du Parlement des Enfants de Côte d’ivoire, section Bouaké. Préfaçant ce rapport, Kofi Annan, ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), a lancé un message très profond dès les deux premières lignes. "L’éducation, note-t-il, est un droit de l’homme porteur d’un immense espoir de transformation. La liberté, la démocratie et le développement humain durable reposent sur ce droit". La force contenue dans ces deux phrases nous semble avoir été intégrée par l’UNICEF dans La situation des enfants dans le monde 2011, consacré à l’adolescence. Rappelant qu’il est impératif d’invertir dans l’adolescence, ce rapport note que "les faits montrent systématiquement que les jeunes filles éduquées risquent moins de se marier jeunes et de tomber enceintes pendant leur adolescence, sont davantage susceptibles de posséder des connaissances correctes et complètes sur le VIH et le SIDA et ont davantage de chances d’avoir des enfants en bonne santé le jour où elles seront mères. Une éducation de bonne qualité et pertinente par rapport à la vie des enfants constitue le meilleur moyen de les responsabiliser, car elle apporte aux adolescents des deux sexes les connaissances, les compétences et la confiance en eux qui leur permettront de relever les défis d’ensemble de l’époque actuelle".
Dans le cadre de la célébration de l’édition 2011 de cette Journée Internationale de l’alphabétisation, édition placée sous le sceau du lien entre l’alphabétisation et la paix, la Directrice Générale de l’UNESCO, Irina Bokova, rappelle la nécessité de poursuivre les efforts. "Le monde a besoin d’un engagement politique accru en faveur de l’alphabétisation. Ce mouvement doit s’accompagner d’une mobilisation de ressources suffisantes, afin de développer les programmes qui ont fait la preuve de leur efficacité. Aujourd’hui, j’exhorte les gouvernements, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé à faire de l’alphabétisation une priorité politique, pour que chaque individu puisse développer son potentiel et participer activement à l’élaboration de sociétés plus durables, plus justes et plus pacifiques", a-t-elle déclaré.
Notons qu’en marge de la célébration de cette Journée Internationale de l’Alphabétisation, le gouvernement indien organise, en partenariat avec l’UNESCO, une conférence internationale intitulée "Alphabétisation des femmes pour un développement intégrateur et durable". Au cours de cette conférence qui se tiendra du 8 au 10 septembre 2011 à New Dehli (capitale de l’Inde), l’UNESCO remettra les Prix d’alphabétisation UNESCO-Roi Sejong et des Prix UNESCO-Confucius d’alphabétisation, financés respectivement par les gouvernements de la République de Corée et de la République Populaire de Chine. Ces prix récompenseront des projets du Burundi, des Etats-Unis, du Mexique et de la République Démocratique du Congo.
© UNICEF/NYHQ1996-0731/Shehzad Noorani, Bangladesh, 1996 // Une enseignante regarde une fille qui écrit au tableau dans une école d’assistance informelle de l’UNICEF pour des anciens enfants travailleurs dans le secteur de l’habillement ; école gérée par l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) BRAC dans un centre de confection de vêtement à Mirpur, à Dhaka, la capitale.
Le Nigeria, la religion et la stabilité politique
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Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec ses plus de cent cinquante millions d’habitants et situé en Afrique de l’Ouest, compte plus de deux cents ethnies réparties sur l’ensemble du territoire de cette fédération. Mais les plus connues sont les Haoussa et les Peuls qui sont généralement musulmans et originaires du Nord ; les Yoruba et les Ibo, eux chrétiens (protestants et catholiques) et beaucoup à l’Ouest, au Sud-ouest et au Sud-est du pays. Cette cohabitation n’est pas toujours facile. Le Nigeria est malheureusement et régulièrement confronté à des tensions et conflits religieux depuis son accession à l’indépendance en 1960.
L’une des plus importantes manifestations de cette réalité reste certainement la Guerre du Biafra entre 1967 et 1970. En janvier 1966, un général Ibo (Aguiyi Ironi) parvint au pouvoir grâce à un coup d’état au cours duquel les principaux dirigeants des autres communautés (surtout Haoussa et Peul qui dominaient politiquement le pays) sont tués. En juillet de la même année, Aguiyi Ironi est tué à l’occasion d’un autre coup d’état. Ce putsch va déclencher des insurrections meurtrières contre les Ibo dont près de trente mille perdront la vie. Ces massacres conduisent à un exode massif de chrétiens originaires du Sud-est du Nigeria. En mai 1967, la partie orientale (Est) du pays, peuplée à 55 pour cent d’Ibo, proclame son indépendance et donne naissance à la République du Biafra. Cette sécession est refusée par l’Etat fédéral vu que cette situation le privait de ses principales richesses, surtout le pétrole qui représente aujourd’hui encore 90 pour cent des entrées d’argent dans les caisses de l’Etat nigérian. La guerre du Biafra est donc lancée.
Pendant environ trois années, la virulence des combats mais aussi la famine de 1968 due au blocus imposé par l’armée fédérale vont émouvoir le monde entier et chaque partie se verra soutenue et aidée par d’autres pays, généralement selon leurs intérêts : Grande-Bretagne, Union Soviétique et Etats-Unis du côté de l’Etat fédéral ; France, Chine, Zimbabwe, Gabon, Côte d’Ivoire et Tanzanie du côté des sécessionnistes. Au final, les sécessionnistes perdent la guerre et ce sont un million de personnes qui en ont été victimes.
Suite à cette profonde crise, les autorités d’alors avaient initié une politique de réconciliation et de reconstruction. Celle-ci a permis au pays de maintenir une certaine stabilité et de garantir l’intégrité du territoire fédéral. Cependant, elle semble n’avoir pas réussi à ancrer durablement dans les esprits des uns et des autres les valeurs d’une nation, la nécessité tant de l’acceptation des différences qui constituent en réalité une richesse que d’une compréhension et d’une communication permanentes entre les différentes communautés. Le Nigeria reste confronté à de véritables problèmes de conflits interreligieux qui risquent de fragiliser cette stabilité et même toute la région ouest-africaine.
La proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 16 avril 2011, qui donnaient élu le Président sortant, Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, illustre ce problème. La contestation des résultats par le principal opposant, Muhammadu Buhari, un musulman du Nord, a conduit à de violentes manifestations. Selon Civil Rights Congress, une ONG basée dans l’Etat de Kaduna (Nord du Nigéria), une des régions affectées par ces violentes manifestations, ce sont plus de cinq cent personnes qui ont perdu la vie, et ce au cours des trois jours suivant l'annonce des résultats. Notons que d’autres affrontements interreligieux avaient causé la mort d’au moins deux cent personnes dans le Plateau de Jos, au centre du pays, en décembre 2008. Ces dernières années, des insurrections meurtrières menées à l’encontre des chrétiens dans le Nord du Nigeria ont souvent conduit à des insurrections meurtrières à l’encontre des musulmans dans le sud.
Le 26 août 2011, un attentat à la bombe dans les locaux "sécurisés" de la représentation des Nations Unies à Abuja (Capitale fédérale) a fait vingt-et-un morts. Derrière ce crime se trouve la secte islamique Boko Haram. Dénomination signifiant en langue Haoussa "l’éducation occidentale est un pêché ", cette secte qui veut imposer une application particulièrement stricte de la charia (loi islamique) dans le Nord du Nigeria est en guerre ouverte avec l’État fédéral. Selon le site Slate Afrique, Boko Haram multiplie depuis le milieu des années 2000 des actions particulièrement violentes contre les chrétiens du Nord du pays, mais aussi contre les musulmans qui n’adhèrent pas à ses thèses extrémistes. La secte n’a pas hésité à faire assassiner des chefs politiques et religieux musulmans. Ce groupe qui serait soutenu par des élites du Nord semble avoir des liens avec le groupe terroriste d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), la branche maghrébine de la nébuleuse Al-Qaïda, très active au Niger.
Toujours selon le site Slate Afrique, face aux actions de la secte Boko Haram, un évêque anglican du Sud vient de menacer de représailles les musulmans si ces exactions devaient continuer. Les chrétiens, notamment les évangéliques, haussent eux aussi le ton.
Malgré cette atmosphère, le Nigeria n’est pas encore aux portes d’une autre guerre religieuse, et nous espérons que cela n’arrivera pas non plus. Cependant, en plus des questions de pirateries qui touchent ce pays avec principalement le Mouvement d’Indépendance du Delta du Niger MEND et dont les activités s’étendent maintenant jusqu’au large du Bénin voisin, les récurrents affrontements interreligieux méritent qu’on y prête une plus grande attention.
Car, si une crise religieuse plus profonde ne semble pas envisageable actuellement, rien ne nous dit que cette situation n’est pas en train de se mettre en place empiriquement. Il faut donc que les autorités nigériennes, ainsi que leurs partenaires (occidentaux comme africains, surtout les pays voisins) travaillent un peu plus sur cette question. La stabilité de la région ouest-africaine, déjà fragile, pourrait en pâtir sérieusement en cas de crise.
@Photos de Mike Blyth sur Flirkr // Durant les émeutes religieuse de novembre 2008, le temple des Eglises Evangéliques d’Afrique de l’Ouest (EEAO) à Rikkos, dans l’Etat de Jos au Nigeria, a été brulé, le pasteur tué et plusieurs maisons de fidèles également brûlées.
L'homme qui a protégé le choix des Ivoiriens s'en va
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"Choi". Voici un nom que le peuple de Côte d'Ivoire n’oubliera pas de si tôt. Choi Young-Jin, pour être complet, est l'ancien chef de l'Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Ancien car il quitte le pays le 1er septembre après quatre ans passé à la tête de l'ONUCI.
Young-Jin Choi est l'homme qui, au sortir du second tour des élections présidentielles de novembre 2010, s'est battu, souvent en mettant en danger sa vie et celle de bien de ses collaborateurs qui l'ont accompagné dans cette mission, pour protéger le choix des Ivoiriens. Pendant cinq mois (décembre 2010-avril 2011) il a démontré sa détermination à faire échouer la parodie de Droit que tentait de faire appliquer le camp Gbagbo, le Conseil constitutionnel, dans sa composition d'alors, et son ancien Président Paul Yao N'dré en tête.
Quel bilan fait-il de sa mission, et quel regard porte t-il sur la situation du pays et sur la détention de Laurent Gbagbo ? Avant son départ, il s'est confié à Radio France International. Ecoutez!
Médecine traditionnelle, une piste pour un droit à la santé un peu plus accessible
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Ce mercredi 31 août 2011 est célébrée la Journée africaine de la médecine traditionnelle. Cette neuvième édition de cette Journée a pour thème : "Conservation des plantes médicinales : héritage de l’Afrique". La célébration de cette Journée africaine nous donne l’occasion de nous interroger sur la place de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé dans les pays du continent. Cette interrogation revêt une importance plus grande surtout que la célébration de cette Journée africaine de la médecine traditionnelle coïncide avec un fait d’actualité.
En effet, depuis le lundi 29 août 2011, Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, accueille la Soixante et unième session du Comité régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique. Cette session qui se tient jusqu’au 2 septembre prochain rassemble des hauts dignitaires de l’OMS comme Dr Margaret Chan, Directrice générale de l’Organisation Mondiale de la Santé et des représentants des agences, fonds et programmes des Nations Unies, ainsi que des représentants d’organisations bilatérales, multilatérales, intergouvernementales et non gouvernementales et d’autres partenaires impliqués dans l’amélioration de la situation sanitaire en Afrique. En plus des ministres de la santé, il faut noter la présence d’une vingtaine de ministres en charge de l’économie et des finances des pays africains membres de l’OMS. Cela se justifie en grande partie par le fait que cette soixante et unième session sera essentiellement consacrée aux questions de financement des systèmes et programmes de santé sur le continent.
Selon l’OMS, 80% de la population dépend de la médecine traditionnelle pour les soins de santé primaires dans certains pays d’Asie et d’Afrique. Par soins de santé primaires il faut entendre ceux qui sont centrés sur les personnes, sur une approche globale de la santé qui fait de la prévention quelque chose d’aussi important que le traitement. Ce sont des soins qui s’adressent aux causes profondes des problèmes de santé en s’efforçant ainsi de faire face aux menaces pour la santé en amont. Si ce recourt massif à la médecine traditionnelle peut en partie être expliquée par le fait qu’en Afrique 70 pour cent des frais médicaux seraient à charge des populations, il est important de noter l’autre raison fondamentale qui n’est plus à démontrer : c’est une médecine efficace qui a fait ses preuves depuis des millénaires et dont les grands ambassadeurs sont entre autres la Chine et l’Inde. Peut-il avoir meilleure illustration de cette réalité que cette Journée de la médecine traditionnelle que nous célébrons et le fait que plus de 100 pays disposent d'une réglementation en matière de plantes médicinales ou certains qui disposent d’une liste officielle de médicaments traditionnels améliorés.
Toutefois, de nombreuses critiques sont formulées contre cette médecine. Entre autres éléments, nous pouvons noter : les praticiens ne peuvent pas toujours prouver leurs compétences, leurs aptitudes en montrant qu’ils sont titulaires d’une licence ou de toute autre preuve matérielle émanant d’une structure reconnue et de référence, des produits échappant aux réglementations et contrôles visant à prouver leur innocuité (non dangerosité), la question des effets secondaires.
Dans son allocution lors du Congrès de l’OMS sur la médecine traditionnelle de Beijing (République populaire de Chine) de 2008, la Directrice de cette organisation relevait que "la médecine traditionnelle a beaucoup à offrir, mais les solutions qu’elle offre ne peuvent pas toujours remplacer l’accès à des médicaments modernes efficaces ou à des mesures d’urgence qui pour des millions de personnes sont une question de vie ou de mort".
Poursuivant dans son intervention lors de ce congrès, Madame Chan a toutefois précisé qu’"Il ne faut pas opposer la médecine traditionnelle et la médecine occidentale. Dans le contexte des soins de santé primaires, les deux peuvent se compléter harmonieusement et il convient d’utiliser les meilleures caractéristiques et de compenser les points faibles de chacune. Mais cela ne va pas se faire automatiquement. Des décisions politiques délibérées doivent être prises et il est possible de les prendre avec succès." Pour ce faire, elle note qu’"il faut mettre en place des systèmes de réglementation, de formation et d’habilitation ou de certification et des contrôles stricts de l’innocuité des produits. La validation de l’efficacité et de l’innocuité des médicaments traditionnels suppose des méthodologies de recherche spéciales".
En cette neuvième Journée africaine de la médecine traditionnelle, célébrée pendant que le Comité régional de l’OMS pour l’Afrique est réuni en Côte d’Ivoire pour réfléchir sur les mécanismes de financement des systèmes et programmes de santé sur le continent, nous pensons que la cohabitation médecine traditionnelle-médecine moderne doit être renforcée. Un peu plus d’efforts doivent être consentis par tous (autorités politiques et sanitaires, partenaires au développement) car les populations attendent que leur soit proposés des soins de santé qui soient à la fois équitables, efficaces, complets et abordables.
En plus des propositions de la Directrice de l’OMS notées plus haut, des centres de santé mixtes (médecine traditionnelle-médecine moderne) pourraient être promus. Aussi, de plus en plus de pays devraient travailler à élaborer des listes, périodiquement actualisées et révisées, de médicaments traditionnels améliorés. Pour finir, il est plus que primordial que des centres de recherche médicales avec des équipes pluridisciplinaires comprenant des acteurs des deux types de médecines soient développés dans les pays afin d’aider à une meilleure conservation et transmission des connaissances, et à une meilleure "professionnalisation" de la médecine traditionnelle.
© UNICEF/NYHQ1996-1499/Giacomo Pirozzi – République Unie de Tanzanie, 1996 // En 1996, une boîte en carton portant le logo de l'UNICEF et son contenu - y compris une trousse d'accouchement, des gants en latex, et une lampe-tempête - sur une table à côté d'elle, un agent de santé distribue des vivres aux accoucheuses traditionnelles (AT) à un dispensaire local dans le village de Mvomero, à environ 30 kilomètres de la ville du nord-est de Morogoro, en République-Unie de Tanzanie.
Après la Conférence de mobilisation de fonds, nous attendons la suite, chère Union Africaine
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Ce jeudi 25 août 2011 s’est tenue à son siège à Addis-Abeba (Ethiopie) la Conférence internationale sur la situation de la Corne de l’Afrique organisée par l’Union Africaine.
Initialement prévue pour le 9 août dernier, cette Conférence internationale devait matérialiser l’engagement de l’Afrique dans la réponse à la crise humanitaire qui frappe la Corne de l’Afrique et qui touche principalement Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et la Somalie ; sans oublier que la situation en Erythrée et au Soudan mérite d’être aussi surveillée de plus près. Les critiques dont ont fait l’objet tant l’Union Africaine que les dirigeants africains suite à leur silence et leur absence dans la réponse ont certainement contribué à ce changement de posture vis-à-vis de cette crise. Déjà en marge du dernier Sommet de la Communauté de Développement d'Afrique Australe (SADC), tenu le 17 août 2011 à Luanda (Angola) le Président angolais, Jose Eduardo Santos, désigné Président en exercice de l’organisation sous régionale, a exhorté les pays africains à se montrer solidaires de la Corne de l'Afrique touchée par la famine.
A la veille de cette importante rencontre, la Vice-Secrétaire Générale de l'ONU, Asha-Rose Migiro, avait appelé les bailleurs de fonds et les gouvernements à contribuer généreusement aux efforts financiers afin de répondre à la crise alimentaire qui affecte désormais plus de 14 millions de personnes dans la Corne de l'Afrique. Lors d’un entretien accordé à la Radio des Nations Unies, Madame Migiro s’est prononcée sur l’importance que revêt cette conférence internationale : "Dans ce combat, les Nations Unies et ses partenaires sont une composante d'une situation plus globale au même titre que les populations locales et les institutions y compris la Croix Rouge et le Croissant ROUGE. Il y a des organisations régionales, comme l'Union Africaine, qui peuvent et doivent jouer un rôle essentiel, c'est pourquoi il est important que l'UA prenne sa place en première ligne pour répondre à cette crise", a-t-elle déclaré.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), IRIN, depuis le début de la famine dans certaines régions de Somalie, il y a deux mois, les organisations humanitaires estiment que pas moins de 1 500 Somaliens ont afflué quotidiennement à Dadaab, soit quelque 70 000 personnes au total. Les organisations disent que le rythme a ralenti ces deux dernières semaines et que le flux de nouveaux arrivants oscille entre 700 et 800 personnes par jour. Plus grand camp de réfugiés au monde, le camp de Dadaab constitue une énorme ville artificielle, assemblage de tentes, de baraques, de murs de torchis et de pierre rouge, note un article de Courrier International. Prévu à l'origine pour accueillir 90 000 personnes, le camp a été construit au début des années 1990 quand la guerre civile a éclaté en Somalie et que des milliers de réfugiés ont commencé à quitter le pays. Aujourd’hui, il compte déjà près de 400 000 réfugiés. En parlant d’"une prison pour l’éternité", le reportage de Courrier International montre comment ce centre, censé être un lieu de vie transitoire pour les personnes et familles accueillies, est devenu un lieu d’établissement visiblement définitif.
Dans ce contexte, les fonds déjà mobilisés ne suffisent pas. Sur les 4 milliards de Dollars recherchés par les Nations Unies pour faire face à cette crise humanitaire, un peu plus de 1 milliard reste à mobiliser.
Ces dernières semaines, de nombreux pays, comme les Etats-Unis et la France, ont annoncé une augmentation de leurs contributions financières initialement annoncées. Le 24 août 2011, à quelques heures de l’ouverture de la Conférence organisée par l’Union Africaine, la Directrice Générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a, dans un communiqué, tenu à "souligner l'engagement du Fonds à contribuer autant que possible à l'effort international d'assistance". Madame Lagarde a ajouté que l’institution qu’elle dirige était prête "à fournir une assistance financière aux pays touchés, à la fois en augmentant son soutien accordé par le biais de ses programmes déjà en place, et, en cas de besoin, par le biais de [leur] facilité de crédit rapide".
La Conférence internationale d’Addis-Abeba de ce 25 août 2011 était donc très attendue en termes de propositions concrètes dans cet élan de mobilisation des ressources financières. Au sortir de cette conférence, ce sont 356 millions de Dollars qui sont annoncés par les donateurs africains. Le plus grand contributeur étant la Banque Africaine de Développement (BAD). Il est clair que cette somme représente un peu plus du tiers des fonds encore recherchés à ce jour. Mais si les engagements pris lors de cette conférence sont tenus et exécutés dans le délai d’urgence qu’impose cette crise, on peut dire sans peur de se tromper que l’Afrique a fait plus que le minimum. Notre grande déception réside en l’absence remarquée, nous ne parlerons pas de boycott par politesse, des Chefs d’Etats du continent à cette conférence. Cette conférence, de notre point de vue, devait marquer l’engagement et la solidarité du continent africain, qui ne pouvaient être valablement exprimées que par les Chefs d’Etats et de gouvernements de par leur présence massive, à l’endroit des "peuples frères" de Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda et Somalie.
L’engagement de l’Afrique, nous l’espérons, ne doit pas se limiter à cette Conférence internationale de mobilisation de fonds. Au-delà de la gestion de la situation d’urgence, il se pose la question de la satisfaction des besoins de coordination et d’actions de développement à long terme. Lors d’une conférence de presse organisée récemment par Le Humanitarian Forum, un réseau mondial regroupant des organisations d’aide et de développement de pays musulmans donateurs et bénéficiaires, ce point a été soulevé par les organisateurs et autres participants. Pour Abdo Mohammed Al Taki par exemple, qui représentait la Banque de Développement Islamique, il est nécessaire de se concentrer sur le développement, et pas seulement sur l’aide d’urgence.
Il faut noter que deux réunions d'urgence organisées par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à Rome les 25 juillet et 18 août deniers ont contribué à la préparation de la conférence des donateurs de l'Union africaine du 25 août. L’objectif était de sensibiliser le monde non seulement sur l'importance de fournir une aide alimentaire mais aussi d'apporter un soutien aux producteurs et de permettre à la production alimentaire dans le Corne de l'Afrique de retrouver de hauts niveaux le plus tôt possible.
En plus des questions de mobilisation de fonds, de coordination des actions sur le terrain et de développement, il se pose celle de la sécurité et de la paix dans la région, surtout en Somalie. Nous espérons qu’après cette conférence internationale de mobilisation de fonds, nous noterons un engagement plus important de la communauté internationale et de l’Afrique en particulier dans le processus de sortie de crise et de recherche de la paix en Somalie. En plus de la sécheresse la plus sévère des soixante dernières années, la persistance d’une guerre civile dans ce pays depuis une vingtaine d’années a non seulement contribué à créer cette crise humanitaire très importante mais est un véritable obstacle dans l’évaluation des besoins et l’accès de toutes les populations exposées à la famine et à la malnutrition à l’aide internationale, aux soutiens apportés par les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et les agences du système des Nations Unies mobilisées sur le terrain. La recherche de la stabilité dans cette région s’impose pour un développement durable et des actions pérennes.
Après cette Conférence donc, nous attendons la suite, chère Union Africaine.
© UNICEF/NYHQ2011-1018/Kate Holt-Kenya /// Le 9 Juillet 2011, des femmes et des enfants somaliens assis devant des tentes temporaires fournis par le HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) dans le camp de réfugiés de Dagahaley au Nord-Est de la province, près de la frontière entre le Kenya et la Somalie
Paludisme : les moustiques pris dans le filet des moustiquaires
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Le 25 avril 2011, le monde a célébré la Journée mondiale de lutte contre le Paludisme, maladie encore connue sous le nom de malaria. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’attendre la célébration de cette journée chaque année pour mesurer l’ampleur du problème que représente le paludisme, véritable préoccupation permanente des pays chauds de la planète, singulièrement d’Afrique subsaharienne. Quoi de plus normal quand on sait que le paludisme constitue l’une des principales causes de mortalité des enfants sur le continent. Selon les statistiques, un enfant meurt toute les trente secondes dans cette partie du monde.
Le paludisme, rappelons-le brièvement, est une maladie contagieuse produite par un parasite des globules rouges, le plasmodium, transmise par la femelle d’un moustique des zones chaudes et marécageuses, l’anophèle. Depuis plusieurs années déjà, le paludisme est un véritable problème de santé publique de premier plan dans de nombreux pays chauds et pauvres. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), chaque année, ce sont environ 250 millions personnes qui contractent la maladie et près d’un million qui en meurt. Les habitants des pays les plus pauvres sont les plus exposés.
Pour une réponse mondiale à la hauteur du problème, d’importantes initiatives ont été prises ces dernières années pour mieux faire face au paludisme. A titre d’illustration, nous notons que sous l’impulsion de son ancien Secrétaire Général, Monsieur KOFI Annan, les Nations Unies ont créé en 2003 le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme. Le paludisme est ainsi considéré comme l’une des trois grandes pandémies que les Etats membres des Nations Unies, les agences spécialisées et autres partenaires au développement ont décidé de combattre dans le cadre d’une action spécifique plus renforcée. D’autres partenaires (privés) tel que la Fondation Melinda et Bill Gates font partie de ce mouvement d’action.
La mobilisation contre le paludisme sur le continent africain a été placée sous les feux des projecteurs en marge de la grande messe du football mondial : la Coupe du monde de football 2010 qui s’est tenue pour la première fois sur le continent africain et qui a été accueillie par l’Afrique du sud. De juin à juillet 2010, la campagne "Rolling back malaria" (Faire reculer le paludisme) a été menée en marge de la phase finale de ce tournoi du "sport roi". A travers des spots audiovisuels, des affiches sur des panneaux en bordures de grandes artères de villes de plusieurs pays africains et avec pour acteurs des stars africaines du ballon rond, il s’est agit de sensibiliser les populations sur le danger que représente le paludisme et de promouvoir l’utilisation des moustiquaires imprégnées.
Ces dernières années, encore plus ces derniers mois, des campagnes de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées aux populations les plus pauvres et vivant pour la plupart dans des quartiers défavorisés ont été organisées. En visitant son site, nous notons que le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le Paludisme affirme avoir distribué à lui seul 190 millions de moustiquaires imprégnées depuis sa mise en place.
Selon le rapport du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), La situation des enfants dans le monde 2011, ce sont 28% de ménages qui possédaient au moins une moustiquaire imprégnée d’insecticide en Afrique Subsaharienne entre 2006 et 2009. Le même rapport révèle que 20% d’enfants de moins de cinq ans dormaient sous une moustiquaire imprégnée dans la même période.
Il est vrai qu’en dehors de la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’autres actions sont menées. Nous avons par exemple le Fonds pour des Médicaments Antipaludiques à des Prix Abordables (Affordable Medecines Facility – Malaria, en abrégé AMFm) mis en place par le Fonds Mondial. L’AMFm est un mécanisme de financement innovant contribuant à un meilleur accès des populations les plus exposées et les moins favorisées aux traitements les plus efficaces contre le paludisme. 34% des enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne atteints de fièvre ont reçu des médicaments antipaludiques entre 2006 et 2009. Nous sommes certainement encore loin du compte, mais l’AMFm a probablement aidé à améliorer la situation.
Seulement, nous avons l’impression que la distribution des moustiquaires imprégnées semble occupée une place très importante dans la politique de prévention des différents programmes. D’où la question suivante : investir principalement dans les moustiquaires imprégnées peut-il constituer la stratégie de prévention la plus efficiente pour une lutte plus efficace et plus pérenne contre le paludisme ?
Sans remettre en cause les résultats obtenus ces dernières années, encore moins l’engagement tant des gouvernements que des partenaires au développement, nous éprouvons quelques difficultés à répondre par l’affirmative à cette interrogation. En effet, nous avons l’impression que la question de l’aide à l’amélioration du cadre de vie immédiat des populations ne bénéficie pas d’un tel intérêt. Et pourtant, il n’est nul besoin de démontrer qu’un cadre de vie un peu plus salubre et sain contribue énormément à la prévention de nouvelles infections au paludisme.
Avec des villes, y compris des capitales et grandes agglomérations, pas vraiment propres, où la mauvaise gestion des ordures conduit à l’existence de nombreux dépôt anarchiques dans les rues et quartiers, avec des canaux d’évacuation ou autres caniveaux inexistants ou bouchés depuis des années, avec le développement de quartiers précaires généralement très insalubres et ne disposant pas toujours d’installations comme des toilettes (adaptées), les moustiquaires semblent limitées dans l’objectif qui leur est assigné. Il est courant de voir dans des quartiers populaires et populeux ces retenues d’eau artificielles, des "lacs privés" qui résistent souvent aux saisons de sécheresse, fruits de l’absence de canalisation dignes de ce nom et du manque de bons réflexes hygiéniques des populations dans la gestion des eaux usées domestiques. Les moustiquaires ne sauraient réussir la mission de prévention si l’environnement immédiat des populations entretient le développement des nids favorables à la reproduction rapide et permanente de l’anophèle.
Concernant les moustiquaires, l’insecticide dont ils sont imprégnés au moment de la remise aux populations est limité dans le temps. Et elles ne sont pas nombreuses les populations bénéficiaires qui respectent correctement les conditions d’entretien de cet équipement. Pis, mis de côté les cas notoirement connu de détournement de lots de moustiquaires, l’usage souhaité des populations de ce équipement n’est pas toujours celui en réalité pratiqué par ces derniers. Beaucoup d’Africains par exemple semblent avoir compris autrement le principe de recyclage. Des semaines ou mois après des campagnes de distribution, des moustiquaires se retrouvent quelquefois sur le marché, pas toujours sous leur forme initiale, généralement sous la forme de " produits dérivés" dirions-nous qui s’inscrivent très loin de la lutte contre le paludisme. Pour ce que nous avons vu ou selon les informations que nous avons reçues, on peut les retrouver sur les marchés en petits morceaux, sous forme d’éponges, voire comme élément constitutif de certains types de tamis.
D'autres axes de prévention doivent être développés, en plus de la distribution des moustiquaires imprégnées qu’il faut encourager et soutenir. Sans un travail permanent et transversal à tous les programmes nationaux de santé sur l’amélioration du cadre de vie environnementale des populations, l’éducation de celles-ci sur les questions d’hygiène et de gestion des ordures et autres eaux usées, la lutte contre des pandémies comme le paludisme sera plus lente que souhaitée.
@ Photo Fondation Gates 19 août 2009, Flickr – Des femmes et des nouveaux-nés soignés à l’hôpital de la Mission Ekwendeni, dans le District de Mzimba, au Malawi.
Mon vœu ? Un peu plus de Dialogue et de compréhension mutuelle
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Voici bientôt une semaine que le monde célébrait la Journée Internationale de la Jeunesse. Cette Journée s’inscrivait dans la droite ligne de l’Année Internationale de la Jeunesse dont le fait le plus marquant restera certainement cette Réunion de Haut-Niveau sur la Jeunesse accueillie par les Nations Unies dans leur Quartier-Général de New York les 25 et 25 juillet 2011. Si nous nous sommes déjà interrogés sur son effectivité durant ladite Réunion de Haut-Niveau, ces deux jours de rencontre ont remis sur la table la question de la participation effective des jeunes dans la prise de décisions concernant les problèmes ou sujets qui les touchent et qui affectent leurs communautés.
Proclamée par une Résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies, l’Année Internationale de la Jeunesse s’articule autour d’un terme fort : "Dialogue et Compréhension Mutuelle". Il s’agit d’un thème très fort en ce sens que le "Dialogue" et la "Compréhension mutuelle" constituent deux importantes clés pour ouvrir aux jeunes d’aujourd’hui les portes de la réussite sociale et d’un avenir un peu plus radieux. Seulement, depuis décembre 2010, ces deux denrées manquent profondément dans les rapports qu’entretiennent les jeunes et les autorités étatiques dans plusieurs parties du monde.
Peut-on vraiment parler de "Dialogue et de Compréhension mutuelle" avec la "Révolution du Jasmin" qui touche le Maghreb (les pays de l’Afrique du Nord) et le Moyen-Orient depuis décembre 2010 et dont les développements font partie aujourd’hui encore des sujets d’actualité au niveau des différents médias ? Absolument pas. En dehors du Maroc et de l’Algérie les manifestations ont rapidement laissé place à des propositions de réformes annoncées par les autorités, les choses ont évolué autrement ailleurs.
En Tunisie et en Egypte ou les mouvements de protestations ont conduit à la chute des régimes autocratiques de Ben Ali et de Moubarak en place depuis des décennies, il a fallu l’échec d’un début de répression sanglante pour arriver à ce résultat. Que dire de la Libye et de la Syrie où la situation est de plus en plus difficile. Pour le premier, les manifestations pacifiques ont très vite fait place à un conflit armé entre des forces rebelles et celles du Guide libyen, le Colonel Kadhafi. Depuis mars 2011, la communauté internationale intervient à travers l’OTAN pour "protéger les civils" et veiller au respect d’une zone d’interdiction aérienne. Mais cinq mois après le début de cette intervention, la situation est dans une véritable impasse. On nous parle de pourparlers secrets en Tunisie entre les parties en conflit alors que la rébellion est aux portes de Tripoli la capitale, fief de Kadhafi qui prépare, avec ses partisans, ce qui risque d’être la partie la plus meurtrière de ces combats. Nombreux sont ces adolescents et jeunes qui ont été enrôlés, dont certains de force selon des informations, dans les différents camps pour combattre sur les différents fronts. Quant à la Syrie, malgré les sanctions et pressions de la communauté internationale, et même après qu’il ait reconnu "quelques erreurs" commises par son armée devant des émissaires du Conseil de Sécurité qu’il a reçu le 10 août dernier, Bachar Al-Assad continue de massacrer son peuple. Même en cette période de Ramadan 2011. En plus des chars et des militaires qui tirent à balles réelles sur les manifestants, des jeunes en majorité, ce sont maintenant des navires de guerre qui sont mobilisés pour ce massacre comme ce fut le cas récemment dans la ville côtière de Lattaquié, à l’Ouest du pays.
Peut-on encore parler de "Dialogue et Compréhension mutuelle" avec les récentes émeutes qui ont touchés plusieurs villes de Grande-Bretagne, y compris Londres la capitale ; émeutes ayant occasionné des morts d’hommes, des magasins de marques pillés et saccagés, des véhicules de particuliers et publics (ceux des policiers et des pompiers) incendiés ? Non, évidemment. Pendant que des jeunes et certains intellectuels parlent de malaise social, le Premier Ministre David Cameron parlent de vol et de personnes à qui la communauté et surtout les parents reconnaissent des droits sans leur faire comprendre qu’ils ont aussi des devoirs vis-à-vis des autres membres de leur communauté et de la société. Comme réponse, les autorités britanniques annonce la "Tolérance zéro" : plus de 2000 arrestations et des tribunaux qui tournent quasiment 24 heures sur 24 pour infliger aux personnes reconnues coupables des peines qualifiées de trop sévères par certains élus et organisations citoyennes. Le message affiché étant que les jours d’après émeutes s’annoncent difficiles pour les coupables et leurs familles.
Peut-on encore parler de "Dialogue et Compréhension mutuelle" au Sénégal, en Afrique subsaharienne, où suite à l’annonce d’un projet de modification de la constitution par le Président Wade, des jeunes sont descendus dans les rues pour protester, mais aussi casser et vandaliser des commerces et autres biens publics, même après le retrait dudit projet de révision pour exprimer leur non-adhésion et leurs revendications sociales ? Non, ce n’est malheureusement pas le cas.
Peut-on enfin parler de "Dialogue et Compréhension mutuelle" au Chili, en Amérique du Sud, où des milliers de jeunes, de plus en plus nombreux et progressivement violents à chaque appel à manifestation, occupent régulièrement les rues pour demander plus de moyens, des meilleurs conditions d’apprentissage et un plus grand investissement public dans le secteur de l’éducation pour non seulement permettre un meilleur accès aux jeunes les moins favorisés, mais aussi offrir au maximum une formation publique de qualité ? Là aussi, la réponse est non.
Les jeunes constituent dans la grande majorité des Etats la part de la population la plus importante. Le monde d’aujourd’hui, mais encore plus celui de demain leur appartient. Pour relever les nombreux défis qui les attendent et leur assurer des perspectives un peu plus heureuses, nous croyons intimement qu’il faille instaurer du "Dialogue et de la Compréhension mutuelle" entre ces jeunes et les autorités politiques des différents pays dans lesquels ils vivent. En Libye, en Syrie et ailleurs, comme nous le notions pour ceux de Côte d’Ivoire suite à la récente crise post-électorale qu’a connu ce pays, les jeunes n’ont pas à prendre ou ne doivent pas être obligés de prendre des armes pour s’exprimer et pour faire bouger les choses dans leurs différentes communautés. Ils doivent être aidés pour choisir l’uniforme qui leur sied le plus dans ce millénaire : celui de lycéens ou d’étudiants pour devenir des cadres compétents et utiles pour faire avancer leurs pays. Ils doivent être aidés sur le chemin de la formation, de l’apprentissage d’un métier, de l’alphabétisation fonctionnelle, de l’insertion dans le tissu économique, de la concurrence avec les jeunes du monde entier sur le terrain de la performance et de l’innovation.
En plus, l’accès aux postes de responsabilité, déjà au niveau communautaire, mais aussi institutionnel et politique doit leur être facilité. Une telle approche facilitera le développement et la consolidation d’une véritable participation citoyenne. Celle-ci permettra non seulement d’intégrer dans la recherche des solutions des défis d’aujourd’hui les réelles préoccupations des jeunes, mais aidera aussi, à travers leurs leaders, à leur faire comprendre les réalités du pays et facilitera la compréhension de ceux-ci, et donc devrait aider à faciliter les rapports qu’ils entretiennent avec les instances dirigeantes. Les jeunes pourront facilement avoir confiance en leurs autorités et se reconnaître à la plus large majorité en eux, dans le système et dans la politique qu’elles incarnent.
Et vous, quelles perspectives entrevoyez-vous pour les jeunes ? La Voix des Jeunes attend vos commentaires et autres contributions.
© UNICEF/RWAA2011-00606/Shehzad Noorani - Rwanda, 2011// dans le cadre d’une tournée de dialogue destinée à encourager la discussion sur d'importantes questions sociales comme la santé, l'hygiène, l'assainissement ainsi que des questions comme le VIH, un animateur parle à un groupe d'enfants au sein d’une église dans le village de Rwaza dans le District de Musanze au nord du Rwanda.
Emeutes en Grande-Bretagne, les jours d’après
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Le bilan et les conséquences de ces émeutes qui ont touché dernièrement des villes de Grande-Bretagne (Londres la capitale, mais aussi Birmingham, Manchester, Liverpool, Tottenham) est lourd : des personnes ayant perdu la vie (comme ces trois hommes écrasés par une voiture en tentant de protéger leur magasin de nettoyage et leur quartier des pillards) ; des magasins, surtout de produits et de marques de luxes, saccagés et pillés ; des véhicules, de particuliers comme ceux appartenant aux policiers ou aux pompiers, incendiés. Ce sont aussi plus de 2000 personnes qui ont été interpellées à ce jour (et ce n’est pas encore fini, nous dit-on) et des tribunaux qui tournent à plein régime pour délivrer de peines sévères, et donc exemplaires. Il a fallu une grande mobilisation policière: ils étaient des milliers dans les rues des villes touchées (à Londres, on a atteint les 16 000 personnes dans les rues dans la nuit du mardi 9 août 2011) et la détermination des autorités qui n’écartaient pas la piste d’un appel à l’armée, pour mettre fin à ces vagues de violence.
Dix jours après le début des émeutes, les autorités britanniques communiquent qu’une politique "Tolérance zéro" sera appliquée pour sanctionner tous ceux qui seront reconnus comme ayant participé de quelques manière que ce soit à ces émeutes. Dans une interview parue au Sunday Telegraph le dimanche 14 août 2011, le Premier Ministre britannique, David Cameron, estime que les autorités du pays n’ont "pas assez parlé le langage de la tolérance zéro. Mais le message est en train de passer". Déjà le mardi 16 août, deux jeunes ont été condamnés à quatre ans de prison pour avoir usé des réseaux sociaux pour inciter aux émeutes. Au lendemain de cette condamnation, des députés et organisations de justiciables critiquent la sévérité des sentences et la disparité des peines selon Radio France International (RFI).
Rappelons que tout est parti de la mort d’un jeune, Mark Duggan. Placé sous surveillance et arrêté par la police, il aurait été abattu "accidentellement" après qu’un policier ayant reçu une balle dans sa radio ait cru que le tir venait de lui vu que Mark Dunggan était armé. Une enquête interne de la police est en cours et devrait permettre de déterminer les circonstances exactes de cette mort. Seulement, suite à la mort de Dunggan, une première marche de protestation à Tottenham a fini en émeute, point de départ d’une série qui a affecté plusieurs villes de Grande-Bretagne.
S’exprimant la semaine dernière devant les députés de la Chambre basse du Parlement anglais, David Cameron, qui a dû écourter ses vacances, a estimé que "ce n’est pas de la politique mais du vol". Pour lui, ces émeutiers aux profils divers sont des personnes à qui la communauté et surtout les parents reconnaissent des droits sans leur faire comprendre qu’ils ont aussi des devoirs vis-à-vis des autres membres de leur communauté et de la société. Tel n’est pas forcément l’appréciation que font ces émeutiers et d’autres personnes sur cette vague soudaine de violence. Dans un article publié sur son site le mercredi 10 août dernier, Paris-Match mentionne les propos d’un jeune du quartier londonien d'Hackney. Ce dernier, se confiant à Reuters, affirme : "C'est nous contre eux, les policiers, le système. Ils appellent tout ça du pillage et de la criminalité. Mais ça n'a rien à voir. C'est juste la haine profonde du système". Certains chercheurs estiment que ces émeutes peuvent être expliquées par les inégalités sociales et le recul de l’Etat-providence ; situations où l’Etat prend en charge les divers risques sociaux et garanti un véritable accès des populations, surtout les plus en difficultés, aux services sociaux de base. Cette analyse de la situation pourrait se justifier par le régime sec adopté par le gouvernement britannique à travers les coupes budgétaires dans divers domaines (social avec par exemple les allocations familiales, sécurité, …) afin de résoudre les problèmes de déficits qui touche la Grande-Bretagne, comme nombre de pays européens.
Mais les autorités britanniques ne semblent visiblement pas intéressées par cette piste dans leur intervention d’après-émeutes, enfin pas pour le moment. Le journal Le Monde, à travers une parution sur son site le dimanche 14 août 2011, note qu’en application de ces principes, le gouvernement (anglais) a décidé de faire appel à un super-flic américain, spécialiste de la lutte contre les gangs, considérant qu'ils ont joué un rôle majeur dans les émeutes.
Ces émeutes auraient-elles été organisées, même partiellement, par des gangs ? La question mérite d’être posée et nous ne sommes pas les premiers à nous interroger ainsi. Dans un article publié sur le site de Paris-Match, il est fait mention que le «Telegraph» de Londres a remarqué une personne bien connu parmi les pillards. Dans une vidéo diffusée sur YouTube, et reprise par le site du quotidien anglais (Telegraph), on voit clairement s’entretenir avec des émeutiers, Dominic Noonan, grand patron du gang qui règne sur Manchester. A 45 ans dont 22 en prison, il a été condamné une quarantaine de fois pour des crimes allant de l’attaque à main armée, à la fraude, en passant par l’évasion. De nombreuses fois inculpé de meurtre, Noonan a toujours été acquitté, toujours après que les témoins se soient évanouis dans la nature….
L’idée de sa probable implication dans ces émeutes se renforce car, note toujours l’article de Paris-Match, Mark Duggan, dont la mort a déclenché les émeutes, était proche des frères Noonan (Dominic et son frère Dessie). La suite des investigations nous éclairera certainement sur cette question de la place des gangs dans ces émeutes anglaises.
Ce dont nous sommes certains aujourd’hui c’est que les jours d’après-émeutes ne s’annoncent pas faciles pour ceux qui seront reconnus comme acteurs de cette vague de violence et de pillage et condamnés comme tel. La difficulté réside dans le fait que le gouvernement britannique, toujours selon Le Monde, a annoncé que les parents d'adolescents reconnus coupables d'avoir participé aux émeutes verront leurs allocations sociales coupées, et seront expulsés de leur logement social s'ils en habitent un. Certains responsables associatifs et membres de l'opposition se sont également inquiétés des effets contre-productifs que pourraient avoir certaines sanctions. Pour Chris Goulden, responsable d'une association de lutte contre la pauvreté, il s’agit d'une "double peine" : "les tribunaux existent pour punir les délits. Il est injuste qu'une famille entière souffre à cause des actions d'un seul de ses membres". Position que nous partageons complètement et que nous espérons comprendront David Cameron et son gouvernement, une fois qu'ils auront la tête reposée et un peu refroidie.
La technologie, un véritable moteur du changement
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Le premier objectif de l’initiative Tweetback était de collecter l’équivalent de 336 700 dollars afin d’améliorer les conditions de vie des habitants d’un des pires bidonvilles du Caire, Ezbet Khairallah ; 218 855 dollars ont pu être collectés en dix jours, ce qui témoigne du rôle positif joué par les médias sociaux dans la réduction de la pauvreté.
Source: http://irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?reportid=93504
Fin juin et début juillet 2011, La Voix des Jeunes s'était intéressée au rôle que pouvait et que joue la technologie dans les combats d'aujourd'hui. Cette thématique intitulée "Technologie, un moteur de changemement" a permis à notre plateforme commune de s'enrichir de trois contributions
D'abord avec "L'activisme social 2.0 ou comment changer le monde en un clic", nous avons montré comment des activistes et autres militants usent des réseaux sociaux et des nouvelles technologies en général pour défendre des causes qui leur sont chères; et ceci non seulement pour réduire le risque de censure mais aussi pour s'offrir la possibilité de toucher un plus grand public.
Ensuite, nous avons fait cas de quelques exemples de "mobilisation numérique" pour l'aide aux personnes en difficultés à travers notre contribution "La technologie au service de combats sociaux".
Pour finir, nous nous sommes intéressés à "La cartographie numérique, un moteur du changement". Dans cet article, nous avons montré comment une technologie ancestrale (la cartographie) contribue aujourd'hui encore à changer le monde, voire même à sauver la planète ou simplement à améliorer les conditions de vie d'une communauté.
Ce lien que nous partageons avec vous s'inscrit dans la dynamique de la technonologie qui contribue au changement. Et là encore, ce sont des jeunes qui donnent un exemple frappant de comment la détermination, l'esprit de créativité et la volonté de faire bouger les choses aident à améliorer le quotidien des moins favorisés.
Syrie: "Quelques erreurs" commises par l’armée
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Après la Déclaration de condamnation adoptée par le Conseil de sécurité le mercredi 3 août 2011, et malgré la pression que continue d’exercer la communauté internationale sur elles, les autorités de Damas n’ont pas encore changé leur approche dans la gestion de la crise. Ces dernières semaines, de nombreuses initiatives ont été prises pour induire une réorientation de la réaction du régime de Bachar al-Assad face à la vague de protestation qui touche la Syrie depuis cinq mois maintenant. Mais la situation ne semble pas évoluer dans le sens souhaité.
Après un envoyé du gouvernement turc, c’est une délégation du Conseil de sécurité composée de diplomates de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud, actuellement membres du Conseil de sécurité, qui ont rencontré le Président syrien ce mercredi 10 août. Cette mission visait à convaincre les autorités syriennes d’arrêter l’usage excessif de la force pour réprimer dans le sang les populations contestataires, mais plutôt lui demander d’œuvrer à un apaisement et à la mise en route de réformes plus profondes que celles annoncées. Il n’est pas de trop de rappeler que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud ont honteusement bataillé durant des semaines, au côté de la Chine et de la Russie, pour empêcher le Conseil de sécurité de se prononcer formellement sur la situation en Syrie. Il a fallu le massacre de 140 civils supplémentaires par les chars et les balles de l’armée de Al-Assad, dont 100 pour la seule ville de Hama, dans la journée du dimanche 31 juillet 2011 et près d’une trentaine d’autres tués les deux jours suivants pour que le Conseil de sécurité obtienne du couple Chine-Russie et de ces pays qui estiment représenter les pays émergents et le Tiers-monde une simple Déclaration de condamnation, loin de la Résolution attendue depuis des semaines.
Au sortir de cette rencontre qu'il a eu avec la délégation Inde-Brésil-Afrique du Sud, nous avons appris que Bachar al-Assad avait affirmé à ses hôtes reconnaître "quelques erreurs" de la part de l’armée syrienne.
Cependant, peut-on raisonnablement espérer l’atteinte de l’objectif escompté, celui de l’arrêt immédiat de la répression et du massacre de la population ? Pour le moment, nous en semblons un peu loin.
Alors qu’un rapport accablant sur les violations des Droit de l’Homme en Syrie a été présenté au Conseil de Sécurité des Nations Unies ce mercredi 10 août, le régime de Damas souffle le chaud et le froid. Sur le terrain de la répression, alors que l'armée a annoncé son retrait de la ville de Hama, de nouvelles incursions ont eu lieu près de la frontière turque et à Homs, au nord de Damas. Les organisations de défense des Droits de l'homme signalent de nouvelles victimes. Des informations donnent au moins 14 victimes dont au moins 5 tués dans la ville de Homs (Ouest de la Syrie, a environ une cinquantaine de kilomètres au Sud de la "ville rebelle" de Hama).
Alors, lorsqu’Al-Assad affirme reconnaître "quelques erreurs" commises par son armée, entendons-nous la même chose que lui ? En procédant récemment au changement de son Ministre de la défense, en continuant le massacre de son propre peuple en pleine période de Ramadan, mois sacré pour les musulmans, malgré la pression du monde raisonné, malgré la Déclaration de condamnation adoptée par le Conseil de sécurité et au lendemain de cette mission de diplomates de pays membres du dit Conseil, et malgré le nombre croissant de sanctions prises contre son régime et ses proches, nous pouvons valablement en douter.
Dans ce contexte, la communauté internationale ne baisse pas la pression. L’Inde, au nom des pays émergents, appelle à la retenue et au respect des Droits de l’Homme. Pour réduire l’effet du silence assourdissant et incompréhensible de la Ligue Arabe, l’Arabie Saoudite, le Koweït et Bahreïn ont rappelé leurs ambassadeurs à Damas en signe de protestation contre la répression de la contestation du régime de Bachar el-Assad. Aujourd’hui les Etats-Unis et la Turquie, réclament une transition. Selon la Maison Blanche, suite à une conversation téléphonique qu’ils ont eu ce jeudi 11 août 2011, le Président Obama et le Premier ministre Erdogan ont évoqué " leur conviction de la nécessité de répondre à l'exigence légitime d'une transition démocratique de la part du peuple syrien".
Il est clair que beaucoup reste à faire pour une sortie de crise rapide et la plus douce possible, au point où nous en sommes, car la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud sont en embuscade. Il ne faut surtout pas l’oublier.
© UNICEF/NYHQ2002-0060/Susan Markisz, Etats-Unis d’Amérique /// le 3 mai 2002, une pancarte promouvant le Mouvement mondial en faveur des enfants -la Coalition des droits de l’enfant- est suspendue sur un poteau d’éclairage public sur la première avenue, en face du siège des Nations Unies et d’une rangée des drapeaux de pays membres de l’Organisation des Nations Unies, à New York
Côte d’Ivoire, pays en quête de stabilité
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Le 7 août 2011, la Côte d’ivoire a célébré le cinquante-et-unième anniversaire de son accession à l’indépendance. Cette Fête Nationale a été endeuillée par un drame : un bus de transport public a échoué dans la Lagune Ebrié à Abidjan, capitale économique, deux jours avant. Malheureusement, le bilan de cet accident n’est pas encore définitif : en plus des 10 blessés survivants, 37 corps sans vie avaient été repêchés de la lagune le jour de l’accident -5 août 2011- ; nous en sommes à 47 morts cinq jours plus tard.
C’est donc dans la sobriété et la dignité que les ivoiriens ont célébrés ce 7 août 2011 qui, au-delà de l’émotion née de ce drame, était déjà marqué du sceau de l’espérance. Quoi de plus normal car plus que jamais les ivoiriens, enfin la grande majorité et nous espérons bientôt tous, cherchent à tourner la page de la crise post-électorale née des élections présidentielles de fin novembre 2010. Cette crise sans précédent a plongé le pays dans le chaos, déchiré le tissu social déjà fragilisé par une dizaine d’année de crise politico-militaire, et a occasionné au moins 3000 morts. Face aux nombreux défis qui l’attendent (réconciliation et pardon, justice et cohésion sociale, chômage, économie, ….), la Côte d’ivoire a besoin de stabilité pour construire une Nation Ivoirienne solide, prospère et solidaire.
La présente vidéo, réalisée par IRIN (Integrated Regional Networking Information – Réseaux d’Information Régionaux Intégrés-), un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations unies (OCHA) qui fournit des nouvelles et analyses humanitaires, s’inscrit dans cette perspective. Intitulée « Côte d’Ivoire, In Search of Stability » (Côte d’ivoire, en quête de stabilité), cette vidéo donne la parole au Porte-parole du gouvernement mis en place par le Président Alassane OUATTARA en juin dernier, mais aussi à des responsables et activistes d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) de la Société civile et de défense des Droits de l’Homme, à des Responsables d’organes de presse écrite (l’un proche de l’actuel régime, l’autre de l‘ancien), sans oublier les populations civiles.
Chacun se prononce sur la crise post-électorale, sur la gestion de l’après crise et sur des perspectives ou propositions pour arriver à une Côte d’Ivoire stable et unie.
Inde, Brésil, Afrique du Sud : quel Tiers-monde défendent-ils au Conseil de Sécurité ?
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Nous espérions une résolution, "ils" n'ont voulu nous offrir qu'une déclaration de condamnation, pas plus.
Après le massacre de plus de 140 civils par les forces militaires du régime syrien ce dimanche 31 juillet 2011, veille de ce sacré mois de Ramadan pour la communauté musulmane du monde entier, le monde entier, enfin la partie encore sensible aux souffrances gratuites imposées aux populations par leurs dirigeants qui se transforment en "Dieu", a exprimé sa vive émotion. Des Etats-Unis à l’Italie, en passant par la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Union Européenne, les dirigeants ont été horrifiés par ce massacre du "Dieu Al-Assad". Même Ankara (Turquie), connu comme traditionnel allié de Damas, a exprimé sa profonde déception face à un usage si excessif de la force face à des civils non armés.
En plus du durcissement des sanctions, l’Union Européenne, la France, l’Allemagne et l’Italie en première ligne, a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies pour cette fois-ci, espérions-nous, obtenir une résolution de condamnation des sanglantes répressions qu’oppose le régime syrien à cette vague de protestation qui touche le pays depuis la mi-mars. Répression qui a coûté la vie à au moins 2000 civils depuis lors selon des estimations d’organisations de défense des Droits de l’homme.
Mais nous nous y attendions, cette réunion du Conseil de sécurité de ce lundi n’a rien donné de concret alors qu’au moins 24 autres personnes ont été tuées par les chars et soldats du régime syrien pour ce premier jour de ce mois de Ramadan, dont certains après la grande prière d’après rupture du jeûne.
Comme il fallait s’y attendre, sous la menace d’user de leur droit de veto, la Chine et la Russie, membres permanents, ont œuvré à la tenue d’une nouvelle réunion infructueuse du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie. La Russie quant à elle se contente de demander l’arrêt de la violence et de la répression.
Mais ce qui nous choque le plus dans cette histoire, ce n’est pas tant le comportement de la Chine et de la Russie qui est condamnable mais qui était connu d’avance. Ce qui nous choque vraiment c’est l’attitude incompréhensible, sinon peu responsable, pour ne manquer de respect à personne, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud actuellement membres du Conseil de sécurité, qui se sont rangés derrière la Chine et la Russie afin d’empêcher la prise d’une résolution condamnant la répression en Syrie. Même s’ils ne disposent pas de droit de veto et que l’opposition de la seule Chine ou Russie aurait suffi pour conduire au même résultat, soutenir une telle résolution de condamnation aurait été d’une symbolique importante de la part de ces pays.
Nous sommes d’autant plus choqués que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud font partie de ces pays qui nous cassent le tympan en permanence sur la nécessité d’une recomposition de cet organe-cœur des Nations Unies afin d’une meilleure représentativité des différents continents et acteurs de la politique mondiale. Ils (pays émergents et pays africains) se battent avec l’occident pour l’attribution de sièges permanents avec Droit de veto, s’il vous plait, et se battent entre eux sur lesquels des pays devraient occuper des postes qu’ils n’ont pas encore obtenus et que personne ne sait quand est-ce qu’ils le seront et au nombre de combien.
Mais que défendent l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud en adoptant une telle position ? En tout cas pas les intérêts du Tiers-monde, enfin celui dans lequel nous nous reconnaissons, le Tiers-monde des valeurs, de la morale et de l’éthique. Non, nous ne partageons pas leur approche, celle d’une vision tiers-mondiste pervertie par l’aveuglement des réalités du monde du fait qu’on veuille voir dans tous les gestes, positions de l’occident, le bras de l’impérialisme auquel il faut s’opposer sans réfléchir.
Mais comment expliquer cette attitude de l’inde, du Brésil et de l’Afrique du sud ? Certainement pour se faire des amis parmi les actuels membres permanents du Conseil de sécurité qui, après s’être assurés de leur loyauté, soutiendraient leur démarche et leurs candidatures pour appartenir à cette famille de membres permanents du Conseil de sécurité. Si tel est le cas, cela ne saurait valablement se justifier et se faire au détriment du bon sens, de la vie humaine sacrée dans toutes les cultures que nous pensons connaître, du respect des Droits de l’homme et des libertés individuelles élémentaires.
Pendant que des hommes, des jeunes, des femmes et des enfants sont tués, disons plutôt massacrés par des tirs de chars et des balles réelles de l’armée syrienne, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud décident de soutenir la dictature, les fossoyeurs des droits élémentaires de l’homme que sont l’inviolabilité de la vie humaine, la liberté d’expression et de conscience. Par ce comportement, ces pays s’associent aux "félicitations" adressés par le "Dieu Al-Assad" à ses troupes suite aux 140 morts qu’ils ont occasionnés dans la seule journée du 31 juillet 2011.
Si ce mercredi 3 août, après plus d’une trentaine de morts supplémentaires enregistrés depuis les 140 pour la seule journée du dimanche 31 juillet, le Conseil de sécurité est parvenu à produire une déclaration de condamnation, ce qui est loin de la résolution attendue, vu que la première est moins contraignante que la seconde, notre déception et notre incompréhension restent grandes.
Nous imaginons donc les causes et les positions que vont défendre ces pays si demain ils venaient à être membres permanents du Conseil de sécurité, et disposant d’un droit de veto.
L’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud viennent ainsi s’associer à la Ligue Arabe dont le silence assourdissant face à ce qui se passe en Syrie reste incompréhensible.
Ce que nous retenons c’est que le tiers-monde, celui dans lequel nous nous reconnaissons, ne nous parait pas dignement représenté actuellement au sein de cet organe-cœur des Nations Unies face à la crise en Syrie, et autres.
© UNICEF/NYHQ2006-1075/Susan Markisz, Siège des Nations Unies, 2006 // Membres du Conseil de Sécurité des Nations réunis au siège des Nations Unies pour la commémoration du premier anniversaire de la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité sur les violations des Droits des enfants affectés par la guerre.
Enfin, l’Union Africaine réagit face à la crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique
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Enfin, l’Afrique se met en mouvement face à la crise ! On commençait à perdre patience face à la passivité et l'inaction qui caractérisaient la réponse africaine. Mais n’allons pas vite en besogne. Disons plutôt que l’Afrique, à travers l’Union Africaine, souhaite agir et se demande comment le faire. Même si ce n’est pas suffisant pour adresser des félicitations que nous ne comptions d’ailleurs pas attribuer, cette réaction tardive mérite cependant d’être soulignée suite à la publication de notre article "Crise humanitaire dans sa Corne : où est l’Afrique dans la réponse". Ne pas parler de cette "initiative" serait donc faire preuve de mauvaise foi.
Ce dimanche 31 juillet 2011, pendant que l'on assistait en Syrie au massacre d'au moins 140 civils dont une centaine dans la seule ville rebelle de Hama, alors que les Républicains et Démocrates se battaient aux Etats-Unis pour trouver un accord sur la dette afin d’éviter au pays un défaut de paiement, l’Union Africaine a fait un premier petit pas et prouvé qu'elle se sentait directement concernée par la crise humanitaire qui touche la Corne du continent.
Le Vice-président de la Commission de cette organisation panafricaine a annoncé pour le 9 août 2011 une conférence sur la crise humanitaire qui frappe Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et surtout la Somalie. Cette conférence qui se déroulera au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba (Ethiopie) et qui devrait réunir des Chefs d’Etat du continent et d’autres partenaires (certainement des organisations humanitaires et partenaires au développement, …) devrait permettre de réfléchir sur l’aide à apporter aux victimes de cette crise. Rappelons que celle-ci est le fruit de la combinaison des conséquences de dix années consécutives de sécheresse dont l’actuelle est la plus sévère qu’ait connu cette région depuis les soixante dernières années et d’un conflit de plus de vingt ans qui n’en finit pas en Somalie.
Finalement, cette réunion dite d’urgence, vient d’être reportée pour le 25 août. Nous espérons que ce report annonce des lendemains heureux pour ces populations qui vivent dans l'attente et que ce retard permettra d’organiser une rencontre fructueuse marquée par des propositions concrètes.
Après l’échec de la réunion extraordinaire de l’Organisation des Nations Unies sur l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) tenue le 25 juillet dernier à Rome (Italie), le monde humanitaire, mais surtout les 12 millions de personnes touchées par la faim et la malnutrition attendent un plus ferme engagement des autorités politiques du continent.
Sur le terrain, la situation ne s’améliore pas vraiment malgré la grande mobilisation des Organisations humanitaires et après que l’ONU ait décrété "l’état de famine" dans deux régions au Sud de la Somalie le mercredi 20 juillet dernier. Les agences du système des Nations Unies comme le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et la FAO, ainsi que des organisations humanitaires (Action Contre la Faim -ACF-, le Comité International de la Croix Rouge-CICR-, Save The Children, Oxfam entre autres) maintiennent la pression pour la mobilisation et insistent sur la nécessité d’une action plus importante qui va s’étendre dans la durée et qui nécessitera plus de moyens.
Dans le plus grand camp de réfugiés au monde, le camp de Dadaab situé dans le Nord-est du Kenya, les populations fuyant la sécheresse mais aussi les combats en Somalie voisine arrivent chaque jour. Aujourd’hui, ce camp accueille plus de 380 000 personnes confrontées à une insuffisance de nourritures et à divers problèmes.
Les besoins sont énormes. L’un des responsables de Médecins Sans Frontières, une organisation très active dans la région, estime qu’"il faudrait des ponts aériens vers d’autres zones". Et le risque que cette crise s’étende à d’autre pays de la région n’est pas à écarter ; dans ce sens la situation en Erythrée mérite d’être suivie de plus prêt.
Face à cette situation, la France par exemple vient d’annoncer le triplement de sa contribution passant de 10 à 30 millions d’euros.
Pour ne rien arranger, l’arrivée de l’aide est perturbée par la reprise des combats en Somalie entre l’armée gouvernementales et la Force africaine d’interposition de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) d’une part et les rebelles islamistes du groupe Shebab de l’autre. Ces derniers, après avoir demandé le retour des associations et agences humanitaires qu’ils avaient contraint au départ deux ans plus tôt, afin que celles-ci viennent en aide aux milliers de personnes et familles affectées par la faim et la malnutrition dans les zones occupées, sont depuis revenus sur cette position. Ils ont récemment nié l’existence de la famine et ont relancé les combats. Cette situation risque d'affecter le maintien du pont aérien établi avec la Somalie, à travers l’aéroport de Mogadiscio, par le PAM et d’autres organisations. Pis, ces combats rendent difficile l’évaluation des besoins réels des populations dans les zones occupées par les Shebabs et limitent profondément leur accès à l’aide internationale.
En plus d’une aide en ressources humaines, en appui matériel, mais surtout en contribution financière dans le cadre de l’appel à mobilisation de fonds lancé par les Nations Unies, les Chefs d’Etat et de gouvernement africains doivent aussi s’engager à redonner une véritable dynamique au processus de paix en Somalie, comme le préconisait si bien le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Donald KABERUKA.
Après les effets d'annonce, place maintenant à l’action. Nous avons hâte que de cette conférence de l’Union Africaine du 25 août prochain sur la crise dans la Corne de l’Afrique sorte des contributions concrètes, dignes et à la hauteur des capacités du continent. Nous attendons de voir.
© UNICEF/NYHQ2011-1220/Kate Holt- Somalie, 2011 // le 30 juillet, un homme qui porte sa fille malade est arrêté à un point de contrôle à l’entrée d’une clinique dans la base de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio, la capitale.
Brisons le silence entourant l’intimidation à l’école
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"Bullying is a problem". L’intimidation est un problème, en français. Tel est le message que transporte cette vidéo. Certes, le commentaire est fait en anglais, mais les images à elles seules permettent de comprendre aisément le problème sur lequel l’auteur souhaite nous sensibiliser et nous pousser à agir au quotidien. Cette vidéo fait partie d’un lot de plusieurs qui sont consultables sur Youtube, et qui non seulement présentent la réalité des intimidations dont souffrent beaucoup de jeunes et d’enfants, surtout en milieu scolaire, mais aussi sensibilisent les lecteurs sur la nécessité de briser le silence et d’aider les enfants et jeunes qui en sont victimes, sans oublier de travailler à réduire ce phénomène dans les lieux de formation et d’apprentissage que sont les écoles.
L’intimidation en milieu scolaire peut être définie comme une violence physique (frapper, porter des coups, pousser, cracher, battre à coups de poing, voler ou endommager des biens) ou verbale (attribuer des surnoms, se moquer, narguer méchamment, humilier ou menacer l’autre, passer des commentaires racistes ou faire du harcèlement sexuel) de la part d’un enfant, d’un jeune ou d’un groupe organisé d’enfants et de jeunes sur un autre enfant ou jeune. Avec le développement et la démocratisation de l’outil informatique, du téléphone portable, d’internet et surtout des réseaux sociaux, s’est aussi développé la cyberintimidation. Celle-ci s’exprime à travers des messages textes, des courriers électroniques, des vidéos pour menacer, harceler, humilier, dévoiler un secret embarrassant ou nuire à la réputation d’un tiers. C’est par exemple suite à une cyberintimidation que Tyler Clementi, jeune violoniste de 18 ans d’une université américaine, s’est suicidé après que son colocataire ait dévoilé son homosexualité à travers une vidéo où il a filmé un rapport sexuel de Tyler. Ce drame a servi de fond de toile d'un précédent article sur la Voix des Jeunes, sur la question de l'intimidation.
Ce phénomène est généralement considéré par beaucoup de parents comme faisant partie de la vie scolaire, certains estimant même que les différents actes d’intimidation aident à forger le caractère, et des d’encadreurs estiment ne pas être concerné. Et pourtant, de nombreuses études montrent leur impact tant sur le cursus scolaire que sur la personnalité des enfants et jeunes qui en sont victimes.
Dans une contribution intitulée ÉCOLE ET INTIMIDATION : LA VIOLENCE CACHÉE DE L'ÉCOLE, le Psychologue québécois Richard Gagné affirme que pour la victime l'école devient un endroit perçu comme étant dangereux. Non seulement ses résultats scolaires chutent, mais aussi son estime de soi diminue et conduit cet enfant-victime à s’isoler de plus en plus. Pour ce psychologue, ces actes d’intimidations conduisent bien souvent à différentes perturbations psychologiques, souvent temporaires, mais parfois sévères.
Pour Richard Gagné, l’'intimidation se nourrit du silence des victimes et des témoins. Selon lui, les victimes se renferment sur elles parce qu’elles ne veulent pas revivre des expériences où des adultes ont promis d'agir, ce qui a eu comme conséquence d'alerter plutôt l'intimidateur qui a réagi par des représailles. Mais surtout, ils ne savent pas comment traverser l'interdit tacite mais puissant des jeunes où la "dénonciation et l'affirmation" de ses droits sont confondus avec la "délation".
En Côte d’Ivoire, un phénomène très présent à l’époque peut être classé dans les actes d’intimidation : il s’agit de ce qui a été qualifié dans l’argot local de "Gbosrologie". Ce phénomène consistait pour les "anciens" de rendre la vie quasi-invivable aux nouveaux collégiens, les moins costauds bien évidemment. Ces derniers sont facilement reconnaissables dans une cours de récréation : leur uniforme scolaire scintille le neuf et dégage l’odeur du magasin d’où le tissu est sorti quelques jours auparavant. Ce phénomène qui était marqué par une certaine violence, pour ce que nous avons appris de nos encadreurs qui l’ont connu dans leur parcourt scolaire, a même été brièvement abordé dans l’un des passages du roman "Les Frasques d’Ebinto" de l’écrivain ivoirien Amadou Koné. La "Gbosrologie", en tout cas la version de nos parents, est de moins en moins présente mais cela ne veut pas dire que l’intimidation a quitté les écoles ivoiriennes.
Ces dernières années, la mobilisation a commencé, surtout dans les pays occidentaux, comme à travers cette vidéo, mais aussi au plus haut niveau des Etats pour faire face à cette situation.
Aux Etats-Unis, après les nombreux cas de suicide d’adolescents et jeunes intimidés, les autorités fédérales ont décidé de s’engager un plus fermement dans la lutte contre ce phénomène. En mars 2011, la Maison Blanche a accueilli pour la première fois une Conférence sur la prévention de l’intimidation. Pour marquer leur intérêt et surtout leur engagement dans ce combat, le Président américain et la Première Dame ont réalisé une vidéo qui a été projetée lors de cette conférence. Dans cette vidéo, Barack et Michèle OBAMA se sont prononcés sur le phénomène de l’intimidation et ont exprimé leur soutien et leur engagement auprès de jeunes qui ont lancé un mouvement de plus en plus croissant ; mouvement consistant à faire de leurs communautés des espaces où les jeunes peuvent évoluer en toute quiétude.
L’engagement des Etats-Unis se traduit aussi par la création site Stop Bullying qui est véritable espace d’information, d’écoute et d’aide des victimes de l’intimidation, de leurs proches et familles.
Vivement que chacun se sente concerné et aide réduire ce phénomène dans nos école en offrant des espace d’échange de discussion et d’aide aux enfants et jeunes qui en souffrent car, comme le relève le psychologue Richard Gagné "l'intimidation est une violence réelle, fréquente et universelle dans les écoles". Notre action doit donc s’inscrire dans la routine.
Que faire pour la fin des massacres de civils en Syrie ?
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Ce lundi 1er août 2011, le monde musulman a débuté le Ramadan, le neuvième mois du calendrier islamique tout au long du quel les fidèles, en bonne santé, sont appelés à observer un Jeûne (du lever au coucher du soleil) et sont soumis à un certain nombre de privations. Cette période de communion de toute la communauté musulmane dans le monde entier ne sera visiblement pas une opportunité d’espérer l’arrêt de la violente répression qu’oppose le régime syrien face aux manifestations de civils dans le pays depuis la mi-mars 2011.
Le dimanche 31 juillet 2011, veille du début de ce mois sacré, reste certainement l’une, sinon la journée la plus sanglante depuis le début des manifestations de civils demandant la fin du régime autoritaire du Parti Baas, l’instauration de la démocratie et le respect des Droits de l’homme dans le pays. Ce sont plus d’une centaine de tués, la chaîne de télévision française France24 parle de 140 morts dont 100 dans la seule ville "rebelle" de Hama.
Depuis quelques jours, les chars de l’armée on encerclés certaine villes, dont celle de Hama qui fait office de fief de la contestation, pour tenter de mâter la contestation et toujours à l’aide de tirs à balles réelles sur des populations civiles non armées.
A combien de tués sommes-nous après quatre mois de revendication et de massacre ? Personne ne saurait vraiment avancer des données nettes car le pays est verrouillé. Les quelques images que nous réussissons à voir sont des vidéos et photographies d’amateurs réalisées par les populations et postées sur les sites de réseaux sociaux. Mais certaines sources estiment à au moins 2000 personnes tuées depuis la mi-mars 2011, début des manifestations de protestations.
Depuis ce dimanche 31 juillet et surtout ce lundi 1er août, des réactions ont fusé de la plupart des gouvernements occidentaux pour exprimer leur émotion et condamner cet autre massacre des populations. Le Président américain, Barack OBAMA, affirme la détermination des Etats-Unis à continuer la collaboration avec ses partenaires afin de maintenir la pression sur les autorités syriennes. C’est dans cette même dynamique que s’inscrit la réaction de Londres, pour ce qui est de la Grande-Bretagne. Même la Turquie, traditionnel allié de la Syrie dans la région, exprime sa "profonde déception". L’Union Européenne estime quant à elle sa volonté de renforcer les sanctions contre ces autorités avant de demander, avec la France, l’Allemagne et l’Italie en tête, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.
En face de ceux-ci, tout un contraste : nous avons des "félicitations" aux militaires et autres "forces de sécurité" pour leur patriotisme et leur action de défense et de protection des syriens. Tel est la réaction de Bachar Al-Assad, Président, disons plutôt l’autoproclamé "Dieu" de la Syrie.
Mais que faut-il faire face à la situation des populations en Syrie ? Nous ne savons quoi vous répondre. Cette réunion d’urgence des Nations Unies qui est demandée par les européens, si elle se tenait, risque de ne rien donner. Depuis des semaines, du fait de la menace d’usage de leur véto, la Chine et la Russie empêchent le vote d’une résolution condamnant la violente répression et le massacre actuellement réalisé par les troupes du "Dieu Al-Assad". Les fameuses sanctions (interdiction de voyager, gel des avoirs en Europe et aux Etats-Unis) contre les plus hautes autorités syriennes, Al-Assad et son clan, ne produisent pas les effets sur le régime. Mieux, la répression continue. La preuve, au moins 2 autres morts sont annoncés ce 1er août à Hama.
Que reste-t-il ? Une intervention militaire dans le pays ? Ni à l’ordre du jour, ni envisagée, enfin officiellement. De toute façon la difficulté pour obtenir une simple résolution de condamnation permet de mettre de côté et même très loin une telle initiative.
Même ceux qui soutiennent silencieusement ou pas ouvertement l’idée d’une intervention militaire, autorisée ou pas par le Conseil de sécurité, ont suffisamment de raisons de rester discrets : laquelle des grandes puissances s’engagerait dans une telle aventure ? L’intervention de l’OTAN en Lybie, pour "protéger les civils et veiller au respect de la zone d’interdiction aérienne", votée par le Conseil de sécurité, semble s’enliser et coûtera très cher aux contribuables. L’exemple de la Grande-Bretagne où la note atteindrait les plus de 400 millions de Dollars en septembre prochain est là pour l’illustrer. En plus, avec l’intervention en Irak en 2003 et l’instabilité qui mine encore ce pays, la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan qui n’en finit pas et qui est de plus en plus meurtrière pour les troupes françaises ces derniers mois, les tensions avec l’Iran sur son programme nucléaire, la proximité du Hezbollah au Liban juste de l’autre côté de la frontière, …, une intervention en Syrie pourrait enflammer toute une région. Le monde arabe pourrait valablement se sentir viser par l’impérialisme occidental.
Pour boucler la boucle, avec les différents plans de rigueur auxquelles elles sont soumises et surtout la faible compréhension de l’engagement de leurs pays respectifs dans des guerres pas toujours claires et légitimes, les populations ne sont visiblement pas prêtes à soutenir une action dans ce sens. Les plus locaux non plus ne sont pas prêts à défier leurs mandataires.
Alors que faire de plus pour épargner des vies de pauvres civils massacrés par le "Dieu Al-Assad" et qui semble déterminer à continuer tout au long de ce mois sacré de Ramadan ? Pour ces enfants qui sont frappés de plein fouet par cette situation ? Pour ces femmes touchées dans leur dignité suite aux différentes agressions sexuelles dont elles sont victimes et qui vivent au quotidien le deuil de leurs enfants et maris ? Pour ces hommes qui sont obligés de prendre de risque de se faire descendre comme des gibiers en tentant de passer de l’autre côté de la frontière (Liban, mais surtout Turquie) avec leurs familles ?
Comme j’aimerais comme vous avoir une réponse mais…, enfin, je ne sais plus si l’espoir n’est pas devenue une sorte de rideau pour cacher cette réalité. Je ne sais plus trop.
© UNICEF/NYHQ2008-0533/Kate Brooks – République Arabe de Syrie, 2008 /// des jeunes garçons arrêtés dans un couloir de l’école Qalqiliya pour garçons, dans un quartier au sud-est de damas, la Capitale.
Réunion de Haut Niveau sur la Jeunesse: un échec de participation des jeunes ?
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Nous le relevions en début de semaine. Les Nations Unies ont accueilli les 25 et 26 juillet dernier une Réunion de Haut niveau sur la Jeunesse dans la cadre de l’"Année internationale de la Jeunesse : dialogue et compréhension mutuelle".
Cette Conférence constitue l’activité marquante de cette année comme l’a voulu l’Assemblée Générale des Nations Unies dans la Résolution proclamant cette Année.
Cette Année Internationale de la Jeunesse qui a commencée le 12 août 2010 se propose entre autres de promouvoir la participation des jeunes dans les processus de prise de décisions tant sur les sujets les concernant que sur les défis auxquels sont confrontés leurs communautés et le monde. Dans cette dynamique, sur le site spécial de cet évènement, le Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, affirme que "les jeunes doivent avoir la chance de participer aux prises de décisions au niveau local, national et mondial".
Après la tenue de cette Conférence de Haut niveau sur la jeunesse, pouvons-nous affirmer que cette réunion a consacré la participation des jeunes ? Nous n’y étions pas physiquement, nous espérons certainement pour la prochainement fois, mais il est un peu difficile de répondre par l’affirmative. Les quelques articles que nous avons lu ne nous permettent pas d’avoir une autre appréciation de cette rencontre, évidemment sur le point de la participation effective des jeunes.
L’un des articles qui a attiré notre attention est celui publié sur le site de PoliticMic (article en anglais).
En effet, nous y lisons que malgré la centaine de jeunes attendus, ce sont beaucoup plus des personnes âgées, les adultes (un peu vieillis), qui ont plus eu le privilège de prendre la parole pour affirmer l’importance d’impliquer les jeunes à tous les niveaux de l’Etat, pour garantir l’égalité des genres et un meilleur accès à l’emploi et aux soins médicaux.
Quel contraste avec ce dont nous étions légitimement en droit d’espérer de cette conférence, si ce constat venait à se confirmer ?! Surtout que les Nations Unies se battent et affirment depuis longtemps le besoin d’une participation effective des jeunes. Même celle des enfants est l’un des quatre principes fondamentaux qui fondent la Convention relative des droits de l’Enfant, adoptée par l’Assemblée Générale le 2à novembre 1989.
A titre d’illustration, nous pouvons nous inspirer du Programme d’action mondial pour la jeunesse à l’horizon 200 et au-delà.
Parmi les Domaines d’activité prioritaires figurant dans ce programme figure en bonne place la Pleine et effective participation des jeunes à la vie de la société et à la prise de décisions. Pour être plus explicite, l’Assemblée Générale des Nations Unies qui a adopté ce programme note que "pour pouvoir progresser, nos sociétés doivent, entre autres éléments, être capables d’incorporer ce que les jeunes peuvent apporter à la construction et à la conception de l’avenir. Outre leur contribution intellectuelle et leur pouvoir de mobilisation, les jeunes ont un regard neuf dont il faut tenir compte".
Ce regard neuf des jeunes dont il faut tenir compte pourrait-il valablement s’exprimer à travers des adultes, des vieux ? Absolument pas.
Le journaliste de PoliticMic note qu’il y a eu un moment percutant qui pourrait même prouver que les Nations Unies elles-mêmes ne sont pas encore prêtes pour une réelle implication des jeunes, au-delà de ce qui a été affirmé tout au long de cette Année Internationale de la Jeunesse : "le lundi matin [25 juillet, première journée de la Conférence de haut niveau), une jeune amérindienne, Crystal Lee, a commencé son intervention sur les besoins des jeunes indigènes, seulement elle a été interrompue. Le podium a été mis à la disposition d’un adulte. Il était prévu que la parole soit remise plus tard à Lee pour des commentaires mais la procédure bureaucratique – la liste des intervenants des Nations Unies- ne lui en a pas donné l’occasion".
Ce journaliste d’ajouter par la suite qu’“il est facile pour les nations et la communauté internationale de promouvoir plus de participation des jeunes, une autre est de leur donner une voix crédible”.
Comme le Secrétaire de YMCA, Romulo Dentas du Brésil, chacun de nous voudrait affirmer haut et fort :"Je ne suis pas un être passif. Je suis un citoyen. Je peux participer. Je peux apporter le changement". Avec foi, nous espérons que nous sommes entendus et reçu cinq sur cinq par qui de droit.
© UNICEF/NYHQ2007-0206/Susan Markisz – Siège des Nations Unies // le 6 mars 2007, (à droite), le jeune délégué Golfidan Khader Al Abassy, 17 ans, de Jordanie, parle au panel de discussion «Comment atteindre les filles les plus marginalisés et invisibles? », au Siège de l'ONU.
Guerre contre la drogue, "le Mexique s’enterre dans des fosses commune"
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En juin dernier, La Voix des Jeunes s’était mobilisée tout une semaine sur la lutte contre le trafic de la drogue au Mexique. Nous avions mis l’accent dans nos contributions sur les enfants et jeunes victimes de cette double guerre, celle des autorités contre cartels, et celle des cartels entre eux pour le contrôle des différents territoires occupés ou la fragilisation de la concurrence. L’une de nos contributions, Drogue : les enfants victimes de la guerre des cartels s’est appuyée sur une scène à la fois terrifiante qu’émouvante qui s’est passée à Monterrey, ville du nord-est du Mexique, le 27 mai 2011 et dont la vidéo a été vue par des centaines de milliers de personnes sur le net. En effet, alors qu’une fusillade vient d’éclater devant l’école, Martha Rivera Alanis, une enseignante en classe de maternelle, prie ses très jeunes élèves de se coucher par terre avant de les encourager à chanter une comptine popularisée par Barney, le dinosaure rose, star des émissions de télé pour enfants. Au-delà de cette scène, cet article a attiré l’attention sur la situation préoccupante des enfants et adolescents qui étaient une véritable cible pour les narcotrafiquants. Selon un communiqué de presse publié sur le site de SOS Children, 994 enfants de moins de 18 ans ont trouvé la mort entre 2006 et 2010 du fait de violences liées à la drogue selon les chiffres véhiculés dans les médias mexicains, chiffres qui ne reflètent sans doute pas l’ampleur du phénomène.
Un autre article s’était quant à lui intéressé aux "enfants soldats de la guerre contre la drogue" au Mexique. Il s’est ainsi appuyé sur le profil d’un mineur de 14 ans surnommé "El Ponchis", membre d’un cartel, et qui avait été arrêté par la police. Nous nous sommes aussi rendu compte que les enfants, les jeunes et leurs familles, n’avaient pas besoin d’appartenir à ces groupes de narcotrafiquants pour être victimes de cette double guerre.
Selon RTL, dans la période allant du 1er avril 2011 au 13 mail 2011 (date de l’article), ce sont au moins 183 corps qui avaient été retrouvés dans 40 charniers découverts dans l’Etat de Tamaulipas, dans le Nord-Est du pays, par lequel transite plus d'un tiers du commerce légal vers les Etats-Unis. La majorité des victimes des charniers pourrait être des migrants, selon les autorités qui ont attribué le massacre à un cartel spécialisé dans l'extorsion et les recrutements forcés. Ceux qui refusent seraient tués, tout simplement. Les enfants et jeunes sont souvent victimes des balles assassines ou autres méthodes meurtrières des cartels qui se servent de ces morts pour passer un message à d’autres gangs, pour intimider la population ou pour montrer aux forces de l’ordre que ce sont plutôt eux qui décident de l’ordre qui doit régner dans les espaces où ils exercent.
Malheureusement, la semaine dernière, un article publié sur le site du quotidien Nouvel Observateur est venu mettre sous le feu des projecteurs les "narco-fosses", ces fosses-communes de la guerre contre la drogue ainsi baptisées par la presse mexicaine.
Avec pour titre Mexique. La face cachée de "la guerre contre les drogues", cet article fait cas de la découverte de ces fosses qui se multiplient, surtout ces quatre dernières années.
Selon le bilan officiel de la "guerre contre les drogues" qui secoue le Mexique depuis 2006, entre 36.000 et 40.000 personnes seraient décédées dans des violences liées au narcotrafic. La situation est si préoccupante que le poète mexicain Javier Sicilia, leader d’une Caravane pour la paix qui a traversé le pays ces derniers mois, a publiquement soulevé le problème : "Le Mexique s’enterre dans des fosses commune". Depuis 2007, 174 fosses communes illégales ont été découvertes, selon le magazine politique mexicain Proceso, relève le journaliste du Nouvel Observateur. On y a trouvé plus de 1.000 cadavres. Mais qui sont ces personnes "jetées" dans ces fosses-communes ? Comme nous le relevions dans l’un de nos articles dont nous faisions mention plus haut (El Ponchis), ce ne sont pas uniquement les corps de membres d’autres cartels rivaux. Ce sont surtout des civils enlevés, des migrants clandestins.
Les "narco-fosses" dévoilent donc un autre drame d’un Mexique otage des bandes criminelles : celui des disparus. A chaque découverte de charnier, des centaines de familles se manifestent pour savoir si leur proche introuvable ne figure pas parmi les corps. L’ampleur de ces massacres qui sont réalisées sous l’œil visiblement impuissant des autorités pousse beaucoup d’observateurs et autres organisations de la société civile à affirmer que des militaires et policiers pourraient être impliqués. La faible mobilisation de ces forces face aux nombreuses dénonciations de disparitions qui leur ont été faites joue dans le sens de ces accusations.
Pour Cristina Palacios Rojí, Présidente de l’Association citoyenne contre l’impunité, "les autorités ne font pas d’efforts : soit elles sont impliquées, soit elles sont incompétentes".
Il est clair que si ces nombreuses accusations d’implication et autres critiques sur une certaine inefficacité des forces de sécurité mexicaines ne sont pas prisent en compte, et qu’une amélioration de la stratégie de lutte contre les cartels n’est pas apportée, les "narco-fosses" seront de plus en plus nombreuses. Et ce, au détriment de la vie des pauvres civils, femmes, enfants et jeunes surtout.
© UNICEF/NYHQ2004-0197/Mauricio Ramos-Mexique, 2004 // Le 16 avril (de gauche à droite), la Directrice adjointe de l’Agence Nationale de la Famille et de la protection sociale (ANF), Norma Salazar Rivera, la traductrice Michelle Stevens et l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF Jessica Lange, visitent le bureau de la sécurité publique municipale dans la ville de Playa del Carmen, dans l'état de Quintana Roo
Participation des Jeunes : des acteurs clés, pas des décorations de cérémonie
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Dans le cadre de l’Année Internationale de la jeunesse, les Nations Unies accueillent en fin juillet 2011 une importante réunion sur les jeunes, avec des jeunes venus du monde entier. Cette rencontre nous donne l’occasion de nous questionner sur l’engagement des jeunes. Qu’entend-t-on par participation des jeunes ? Ont-ils réellement un poids aujourd’hui dans la conduite des grands challenges et combats auxquels notre communauté humaine est confrontée ?
La participation des enfants et des jeunes pourrait être définie comme le fait d’impliquer activement ceux-ci, non pas seulement dans la prise de décision dans les matières les concernant et/ou qui concernent leurs communautés, mais aussi de les associer à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des activités décidées.
Selon l’Article 12 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, « Les Etats parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ». Au-delà d’être proclamée, la participation fait partie des quatre principes fondamentaux posés par la Convention relative aux Droits de l’Enfant, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 20 Novembre 1989. Les trois autres étant la Non-discrimination, l’Intérêt supérieur, la Vie, la Survie et le Développement de l’enfant.
Mais, il ne faut surtout pas se tromper. La présence des jeunes à ces différentes étapes ne veut pas toujours dire participation.
En effet, dans un article intitulé "Monter l’échelle de la participation", paru dans La revue Les Enfants d’abord de l’UNICEF, dans son numéro couvrant la période Avril-juin 1992, nous constatons que certaines variantes d’association d’enfants (nous l’élargissons aux jeunes) ne sont pas des participations dans la réalité. C’est le cas de la manipulation, de la décoration et de la politique de pure forme. Heureusement qu’aujourd’hui, la jeunesse engagée, la vraie, sait faire la différence.
Les jeunes ont très vite compris qu’étant dans la plupart des pays la frange de la population la plus importante, et représentant à la fois l’avenir mais aussi un électorat très important, ils se doivent de se servir de cette position pour exiger d’être écouté et de voir leur contribution prise en compte lorsque l’opportunité ne leur est pas naturellement offerte. Cet engagement des jeunes dans leur volonté de faire bouger les choses touche différents domaines et secteurs.
Pour ce qui est de la politique, des questions de démocratie et de Droits de l’homme, ils sont nombreux à mener des actions concrètes pour rendre réel et effectif leur idéaux. Cette mobilisation et cette détermination s’expriment tant dans une atmosphère politique favorable au changement comme dans la chute du Mur de Berlin en novembre 1989, le « mur de la honte » qui était le symbole de la séparation de l’Allemagne en deux partie (l’Ouest capitaliste, l’Est communiste), qu’au péril de leur vie comme la manifestation des étudiants de la Place de Tiananmen en Chine la même année qui a été violemment réprimée dans la sang ou comme ce qui se passe actuellement en Syrie.
Difficile est-il d’aborder l’engagement des jeunes dans la lutte pour la démocratie sans parler de la "Révolution du Jasmin" qui frappe le Maghreb et le Moyen-Orient depuis décembre 2010. Suite à l’auto-immolation d’un jeune, Mohamed Bouazizi, en Tunisie des mouvements de protestation conduits par des jeunes ont touché toute cette partie du monde. En plus de ceux dans les rues, ils étaient des dizaines de milliers à alimenter heures après heure des pages sur des réseaux sociaux pour la mobilisation et pour briser la censure. Cet engagement a permis la chute des Présidents Ben Ali et Moubarak en Tunisie et en Egypte, conduit le Roi du Maroc à entamer des réformes constitutionnelles, idem en Algérie. Cette révolution reste encore active à ce jour.
Dans le domaine des questions de santé, de pauvreté et d’environnement, le leadership des jeunes n’est pas non plus négligeable. Sur les différents continents, les jeunes font bouger les choses dans la lutte contre le VIH/sida (prévention, prise en charge des personnes touchées, plaidoyer pour l’accès au traitement et l’augmentation des financements dans les pays pauvres et les plus affectés, développement des politiques nationales).
Au niveau du combat sur le changement climatique, ils pèsent de tout leur poids pour faire comprendre aux dirigeants d’aujourd’hui la nécessité d’agir, de prendre des décisions courageuses. La symbolique de cet engagement s’est par exemple traduite par la question « quel âge auriez-vous en 2050 », posée par une jeune femme aux délégués d’une Consultation des Nations Unies sur la question en 2010 à Bonn, en Allemagne. La force de ce message a inspiré le Directeur Exécutif de l’Unicef dans l’avant-propos du rapport La situation des enfants dans le monde 2011 de cette agence des Nations Unies, consacré aux adolescents.
Aujourd’hui, les jeunes leaders, les vrais, ont dépassé le cadre de la décoration de manifestation. Ce sont des acteurs clés dans la réponse aux problèmes de leur communauté et de leur temps. La réunion de haut niveau qu’accueillent les Nations Unies doit donc permettre de leur donner une place encore plus importante dans les processus décisionnels. Cela est possible, nous y croyons et attendons des gestes forts.
© UNICEF/NYHQ2010-0834/Olivier Asselin-Guinée, 2010// le 9 mai, (de gauche à droite) une jeune femme et un jeune homme exécutent un sketch faisant la promotion de la non-violence lors du lancement officiel à Conakry, la capitale, d’un projet de construction de la paix afin de réduire l’implication des jeunes dans la violence politique et autre.
Une solution durable est-elle possible dans la Corne de l’Afrique ?
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"Nous avons mis en garde, presque jour après jour, contre la calamité des terres arides d'Afrique, et la plupart de ce que nous avons dit est tombé dans l'oreille d'un sourd en Europe et aux Etats-Unis", a récemment déploré Jeffrey Sachs, Conseiller spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Cela si vrai que la Corne de l’Afrique connait une grave crise humanitaire sans précédent depuis les soixante dernières années. Ce sont 12 millions de personnes, dont au moins 2 millions d’enfants, qui sont touchés par la malnutrition et la famine à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda et en Somalie. Cette situation pourrait s’empirer selon le Directeur Exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake. Pour confirmer la gravité de la situation, l’ONU a décrété "l’état de famine" dans deux régions au Sud de la Somalie ce mercredi 20 juillet 2011.
Face au déploiement de l’aide internationale qui devrait être mieux organisée au sortir d’une réunion extraordinaire de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO) prévue pour le 25 juillet prochain, Jeffrey Sachs note que la Communauté internationale " ne [pourra] jamais régler ces problèmes par une réponse d'urgence. [Elle devra] les régler à travers la prévention", par le "développement durable". Pour le Conseiller Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, "si nous continuons à répondre aux sécheresses et crises de cette façon, elles ne prendront jamais fin, il n'y aura pas de solution et l'aide sera toujours trop faible, arrivera toujours trop tard".
Mais que sait-on de l’origine de cette crise humanitaire qui frappe de nouveau cette partie du monde ? Beaucoup de choses pour permettre un début de tentative de solution sur le long terme.
En effet, la présente crise humanitaire est le fruit de la combinaison des conséquences de dix années consécutives de sécheresse dont l’actuelle est la plus sévère qu’ait connu cette région depuis les soixante dernières années et d’un conflit de plus de vingt ans qui n’en finit pas en Somalie.
La sécheresse reste un élément permanent dans cette partie du monde et les cas de famines dans le passé sont nombreux : Ethiopie 1972-1973, Ethiopie 1984-1985, Somalie 1991-1992,….
Depuis des années, des spécialistes et autres fonctionnaires internationaux tirent la sonnette d’alarme pour une politique durable pour aider les pays concernés et les populations qui y vivent à mieux se préparer au manque de pluies et à des récoltes suffisantes. Nous le notions dans l’un de nos premiers articles sur la présente crise humanitaire.
En juin 2006 Kjell Mage Bondevik, Envoyé Spécial pour la situation humanitaire dans cette région, proposait des pistes de solution et de réflexion pendant que la Communauté Internationale recherchait plus de 400 millions de Dollars pour subvenir aux besoins urgents de plus de 8 millions de personnes qui avaient besoin de nourriture et d’eau dans cinq pays : Erythrée, Ethiopie, Djibouti, Somalie et Kenya. Kjell Mage Bondevik avait souligné la nécessité du lien étroit entre les opérations de secours et les efforts de développement sur le long terme afin de préparer la population de la Corne de l'Afrique à de nouvelles sécheresses. Il avait précisé qu’"On ne sait pas quand mais on sait qu'il y aura d'autres sécheresses. Il y en a eu quatre au cours des six dernières années".
Cette démarche est remise sur la table par Jeffrey Sachs, Conseiller spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, lorsqu’il parle de "développement durable" pour la "prévention" d’autres crises humanitaires.
Mais l’un des éléments indispensables pour une vraie solution réside dans le retour de la paix en Somalie dont le conflit constitue l’autre principale raison de cette crise humanitaire. La réaction de la Communauté Internationale ne saurait se résumer à l’acheminement de l’aide humanitaire mais doit aussi intégrer la recherche de la paix. Et le Président de Banque Africaine de Développement (BAD), Donald KABERUKA, l’a rappelé ce mardi 19 juillet. Pour lui, l’actuelle crise alimentaire qui frappe la corne de l’Afrique "est absolument liée (…) aux destructions causées par la crise somalienne".
"J'espère que cette fois la communauté internationale va se réunir pour une solution en trois points. La Somalie a besoin d'une réponse à court et à long terme pour stabiliser l'économie, le financement et le système d'élevage", a-t-il ajouté.
Il estime que la Communauté internationale se trompe de combat dans la région. Et il le dit si bien : "Regardez le paradoxe des pirates. Les routes maritimes dans l'océan Indien ont été perturbées et les pays ont déployé des ressources navales", a-t-il indiqué au sujet des pirates somaliens qui ont capturé 26 navires et pris plus de 600 otages entre janvier et mai. Comme lui, nous croyons qu’"au lieu de rechercher des solutions dans l'océan Indien, ce serait mieux de regarder vers la terre".
La Communauté Internationale doit donc reprendre en main le dossier somalien pour la recherche d’une solution à ce conflit qui dure depuis plus d’une vingtaine d’année. Il ne faut pas se contenter d’observer le « gouvernement somalien de transition » et les rebelles du mouvement islamiste Shebab se féliciter de la déclaration de famine. Il faut mobiliser les efforts de toute la sous-région, des pays donateurs et autres acteurs impliqués ou indispensables pour redonner force à un processus de paix et de sortie de guerre dans ce pays.
La combinaison d’un travail de "prévention" de futures crises humanitaires comme celle que subissent actuellement les 12 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique va nécessairement avec la paix dans la région, particulièrement en Somalie. Cela prendra un de temps, nous en sommes pleinement conscient, nécessitera forcement le déploiement et la mobilisation de moyens logistiques et financiers très importants. Mais des milliers de vies pourraient en être préservées et les enfants de ce pays auraient ainsi le droit à une vie quasi-normale : vivre dans la quiétude, jouer, aller à l’école, rêver d’un avenir meilleur pour eux et pour leurs familles. Nous y croyons et espérons que cette crise humanitaire sera la clé qui donnera une plus grande force à l’action sur ce front.
© UNICEF/NYHQ2011-1003/Kate Holt-Kenya, 2011// le 8 juillet, un soamlien et sa fille malade attendent d’être enregistrés pour de l’aide dans dans un Camp de réfugiés dans le Nord-Est de la Province de Ifo, près de la frontière Kenya-Somalie. Ce camp fait partie des trois camps de Dadaab, situés dans la banlieue de la ville de Dadaab dans le District de Garissa
« La situation va empirer et pourrait devenir celle de la famine des années 80 en Ethiopie »
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Les différents appels à mobilisation lancés principalement depuis fin juin et début juillet 2011 par les différents organismes et organisations internationales, tel que la FAO, le PAM, Oxfam, l’UNICEF ou encore Action Contre la Faim, face à la crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique commencent à porter leurs fruits. Rappelons que ce sont Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda et principalement le Soudan qui sont touchés par cette crise née de la combinaison des conséquences de dix années consécutives de sécheresse dont l’actuelle est la plus sévère qu’ait connu cette région depuis les soixante dernières années et d’un conflit de plus de vingt ans qui n’en finit pas en Somalie.
L'Unicef a envoyé en fin de semaine dernière un cargo de fournitures et de médicaments essentiels dans la ville de Baidoa, au nord-ouest de la capitale, Mogadiscio. Quant à l’ONU, elle vient de procéder à sa première livraison d'aide alimentaire dans une zone sous contrôle des islamistes Shebab qui avaient contraint la plupart des humanitaires au départ il y a deux ans en imposant des conditions de travail inacceptables, des taxes informelles et l'exclusion des femmes des programmes d’aide.
En effet, face à la catastrophe humanitaire qui se dessine, les Shebab ont revu leur position. Dès le début du mois de juillet 2011, ce mouvement a demandé le retour des associations et agences humanitaires dans la partie du pays qu’ils contrôlent afin que ces structures puissent venir en aide aux milliers de personnes et familles affectées par la sécheresse. En dehors des agences du système des Nations Unies, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) se mobilisent pour aider à juguler cette crise. C’est le cas de l’ONG française Action Contre la Faim (ACF) qui elle n’a jamais quitté la zone occupée par les Shebab de qui elle a obtenu l’autorisation conditionnée de continuer ses activités. Nous avons aussi le Comité Internationale de la Croix Rouge (CICR) qui a ouvert dix nouveaux centres de distribution de vivres dans ce qu'on appelle le couloir d'Afgoye, près de la capitale, Médecin Sans Frontière (MSF) qui fournit de la nourriture à des enfants regroupés dans un camp de quelque 5 mille personnes, érigé de façon spontanée à Jilib, sur les rives du fleuve Juba. Les organisations humanitaires britanniques ne sont pas en marge de ce mouvement.
Mais cette forte mobilisation du système des Nations Unies, des organisations humanitaires, des pays occidentaux donateurs, nous espérons que celle de l’Afrique suivra, doit continuer, voire même se renforcer. En effet, cette crise humanitaire qui frappe la Corne de l’Afrique est loin d’être totalement cernée et maîtrisée par les différents acteurs mobilisés.
« La situation va empirer et pourrait devenir celle de la famine des années 80 en Ethiopie ».
Tel est l’avertissement lancé par le Directeur Exécutif de l’UNICEF, Anthony Lake. C’était à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 17 juillet dernier à Nairobi, capitale du Kenya, et qu’il a co-animé avec Ministre britannique du développement international.
Il est difficile d’opposer un optimisme sans limite devant ce que nous entendons et recevons comme images de la réalité du terrain. De dix millions de personnes qui étaient touchées ou menacées par la famine et la malnutrition la semaine dernière, nous avons désormais atteint, selon les nouvelles estimations de la FAO et d’autres organisations, les douze millions de personnes. Aussi, avons-nous certainement dépassé le chiffre de 2 millions d’enfants victimes de la malnutrition et de 500 000 autres en danger de mort comme annoncé par l’UNICEF.
En plus du besoin de coordonner l’aide internationale déployée dans cette région, la réunion extraordinaire de la FAO du 25 juillet prochain, sur demande de la France, pays assurant actuellement la présidence du G20, doit aussi s’accorder sur un objectif plus grand : comment travailler ensemble afin d’éviter au monde de connaître une autre catastrophe de l’ampleur de la famine en Ethiopie entre 1984 et 1985.
© UNICEF/NYHQ2011-0997/Kate Holt-Kenya, 2011// Une femme avec son attendant d’être enregistrés pour la nourriture et d’autres aides dans un Camp de réfugiés dans le Nord-Est de la Province de Dagahaley, près de la frontière Kenya-Somalie. Ce camp fait partie des trois camps de Dadaab, situés dans la banlieue de la ville de Dadaab dans le District de Garissa
Crise humanitaire dans sa Corne : Mais que fait l’Afrique?
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La situation humanitaire dans la Corne de l’Afrique s’aggrave de jour en jour. Ce ne serait plus 10 millions comme annoncé la semaine dernière, mais plutôt 12 millions de personnes qui, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), manquent actuellement de nourriture à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda et en Somalie. Dans un article paru dans Le Monde le 13 juillet 2011, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) juge "l'état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans dans le centre et le Sud de la Somalie très inquiétant".
Le coût financier de la réponse à cette crise alimentaire et humanitaire s’annonce donc très salé.
Lors d’une réunion d’urgence le mardi 12 juillet 2011 avec les Directeurs des Agences de l’organisation qu’il dirige, Ban Ki-Moon, le Secrétaire Général des Nations Unies, a lancé un appel au don. L’objectif visé est de mobiliser l’autre moitié des 1,6 milliards de Dollars nécessaires, pour le moment dirions-nous. A lui seul, Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) estime devoir lever 477 millions de dollars afin de répondre aux besoins des personnes souffrant de la faim dans la région jusqu’à la fin de l’année 2011. Mais à l’heure actuelle, le PAM affirme être confronté à un déficit de 190 millions de dollars pour financer ses opérations dans la région.
Comment mobiliser cette somme qui peut encore évoluer à la hausse dans un contexte encore marqué par les effets de la crise financière de 2008 ? Pour mémoire, cette même année, Jacques Diouf, le Directeur de la FAO (jusqu’à la fin 2011) faisait un constat sans appel en marge de la Journée mondiale de l’alimentation. Il notait que « s’il y a une récession, naturellement ce sera plus difficile de débloquer des ressources pour l’agriculture dans les pays en développement, mais en plus, les revenus ne vont pas augmenter en période de récession, et par conséquent, il va y avoir encore plus de gens pauvres et affamés… ».
Dans ce contexte de recherche de fonds, la question de la contribution (financière) de l’Afrique se pose. Que propose l’Afrique ou l’Union Africaine pour faire face à cette crise qui la touche et qui l’affecte directement ?
Au risque de nous tromper, les dirigeants africains semblent ne pas se sentir concernés par cette tragédie qui se joue actuellement sur leur continent. En effet, pour ce que nous savons, aucun d’entre eux n’a encore annoncé une contribution (financière) face à l’appel des Nations Unies et des organisations humanitaires. Pendant que l’ONU et les organisations humanitaires s’activent pour répondre au mieux à cette crise et éviter une tragédie humaine plus importante, l’Union Africaine annonce la création d’un Prix Jacques Diouf pour récompenser chaque deux ans toute personne « ayant le mieux œuvré pour la sécurité alimentaire dans le monde ». Loin de nous l’idée de contester une telle initiative, seulement ce n’est pas la nouvelle que nous attendons actuellement de la part de cette organisation.
Qu’attend l’Afrique ? Que le Japon qui est confronté à une catastrophe nucléaire sans précédent suite au séisme du 11 mars dernier se sente plus concerné que ses dirigeants ? Que les Etats-Unis, qui traverse une véritable impasse face au risque de cessation de paiement le 2 août prochain car sa dette atteint bientôt le plafond des 14 300 milliards de dollars, porte son habit de sauveur du monde ? Que l’Europe qui connait une véritable zone de turbulence (difficulté de consensus face à la crise en Grèce ; situation préoccupante pour l’économie du Portugal ; l’Italie obligée d’adopter un plan de rigueur de plus de 40 milliards d’Euro ; le Royaume-Uni déjà au régime sec et la France qui sont confrontés à d’importants déficits budgétaires et à un coup financier de l’intervention en Libye déjà très important ; …) fasse tout le travail à notre place ?
Comment comprendre ce silence injustifié et cette passivité inexplicable des dirigeants africains ? Surtout quand on sait que les pays donateurs, qui ont versé moins du quart des promesses de dons faites à Haïti suite à la catastrophe humanitaire née du tremblement de terre de début 2010, ont plus de difficultés pour réagir ? Cette attitude est encore plus indéfendable lorsque ces dirigeants souhaitent, voire même exigent d’être associés aux principaux débats sur la conduite du monde et l’établissement de véritables rapports de partenaires à partenaires et non de subordination dans les liens qu’entretiennent leurs Etats avec ceux du monde industrialisé et développé.
L’Afrique, pour ne pas dire l’Union Africaine, n’a pas besoin d’être interpellée pour s’engager à bras le corps dans la réponse à cette crise alimentaire qui frappe actuellement Djibouti, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, la Somalie et on ne sait quel autre pays demain. Elle ne saurait se contenter d’observer ou de comptabiliser les engagements de dons des pays occidentaux, comme l’Allemagne qui, en marge d’une visite de la Chandelière Angela Merkel dans le pays, a promis 1 million d’euro supplémentaire d’aide au Kenya afin de l’aider à mieux faire face l’afflux de réfugiés somaliens.
Soyons sérieux ! Ce n’est pas 1 million d’euros que ne peuvent pas donner chacun des pays comme le Maroc, le Nigéria, la Guinée-équatoriale, l’Angola, le Gabon ou l’Afrique du Sud ? Ils peuvent faire mieux que cela. Les pays donateurs, même si leurs réalités socio-économiques ne sont pas et doivent pas être comparées à celles de ceux du continent, sont aussi confrontés à des difficultés et à la satisfaction des attentes de leurs populations. Mais ils agissent dans le cadre d’une solidarité internationale qu’impose l’idéal de bien-être de la communauté humaine que nous partageons à travers l’adhésion de nos différents pays à l’Organisation des Nations Unies (ONU) et à ses différentes agences. En prenant dans les Fonds de souveraineté à la disposition de la plupart des Chefs d’Etats et en réduisant pour une semaine le train de vie des autorités, l’Afrique pourrait mobiliser une contribution plus que symbolique sans pour autant remettre en cause les engagements internes et externes de chaque pays contributeur.
L’Union Africaine ne doit plus être une sorte de syndicat de Chef d’Etats qui se réunissent une à deux fois chaque année pour manger et dormir dans des hôtels de luxe, faire du tourisme et s’éloigner momentanément des réalités du quotidien, et pour prendre des résolutions ou autres décisions qu’ils n’appliqueront jamais. Ce doit être une organisation agissante, concrète, ne balbutiant plus devant les questions fondamentales de Droits de l’homme, de bonne gouvernance et de développement. Si l’évolution sur ces questions reste encre un défi, celle de la solidarité ne devrait pas se poser.
Vivement que l’Afrique et l’Union Africaine ne rate pas le rendez-vous de la mobilisation pour une riposte efficace contre la crise humanitaire qui touche la Corne de l’Afrique. L’histoire lui en tiendra rigueur.
© UNICEF/NYHQ2011-0996/Kate Holt, Kenya, 2011 // Le 7 juillet, un jeune garçon somalien attend d’être enregistré pour la nourriture et d’autres aides dans un Camp de réfugiés dans le Nord-Est de la Province de Dagahaley, près de la frontière Kenya-Somalie. Ce camp fait partie des trois camps de Dadaab, situés dans la banlieue de la ville de Dadaab dans le District de Garissa
Corne de l’Afrique : Non à une autre famine comme celle qui a ravagé l'Ethiopie en 1984-1985
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La crise humanitaire qui touche actuellement la Corne de l’Afrique (Djibouti, Ethiopie, Kenya, Somalie et désormais l’Ouganda) n’est pas sans rappeler une autre tragédie qui a marqué cette même région et le monde humanitaire le siècle dernier : il s’agit de la famine en Ethiopie de 1984-1985. La gravité de cette famine, associée à l’incapacité et à "la mauvaise foi" des autorités éthiopiennes de l’époque, a entraîné une grande mobilisation de la communauté internationale, des Etats occidentaux, des organisations humanitaires, des médias et mêmes des hommes de culture et autres artistes face à ce drame humain.
De nombreuses chansons et activités de mobilisation de fonds ont été réalisées et initiées par les artistes : "Do they Know it's Christmas" et le Concert "Live Aid" (sur l’initiative Band Aid) au Royaume-Uni et "SOS Ethiopie" (écrite par Renaud dans le cadre du collectif "Chanteurs Sans Frontières") en France pour l’Europe ; "Tam-Tam pour l’Ethiopie" (interprétée par une trentaine d’artistes africains sur l’initiative de Manu Dibango) en Afrique ; "Les yeux de la faim" (sur l’initiative de la "Fondation Québec-Afrique") au Québec et "We Are The World" (écrite par Michael Jackson et Lionel Richie, et interprétée pas plus d’une quarantaine d’artistes) aux Etats-Unis pour l’Amérique. Cette dernière chanson (We Are The World) s’est vendue à plus de 7 millions d’exemplaires et a permis à elle seule de récolter au moins 6 millions de Dollars qui ont été reversés à l’Ethiopie pour faire face à cette situation. Mais, de quoi s’agissait-il au juste ?
Face aux inégalités et surtout à la mauvaise gestion d’une très grave famine de 1973-1974 qui a fait entre 40 000 à 80 000 morts, le régime de l’Empereur Hailé Sélassié est renversé en 1974 par les militaires. Le "Derg" (Comité militaire provisoire) arrivé au pouvoir crée la Commission d’aide et de réhabilitation chargée de rechercher les causes de cette famine (1973-1974) et d’en prévenir une nouvelle. Malheureusement, les mesures peu efficaces prises par cette commission (prix d’achat des céréales très faibles, interdiction du commerce de gros, effondrement des fermes d’Etat avec son lot d’agriculteurs ayant perdu une partie importante de leurs revenus), la sécheresse et la flambée des prix des céréales sur les marchés, puis les combats armés vont faire vivre au pays une autre crise alimentaire et humanitaire. Celle-ci sera plus sévère que la précédente.
Au début des années 1980, ce n’est pas une mais en réalité deux famines qui touchent simultanément l’Ethiopie (dans ses frontières d’avant l’indépendance de l’Erythrée en 1993) et dont les premiers signes sont visibles dès 1983. En plus des sécheresses de 1980, 1981 et surtout celle de 1982 qui fut la plus prononcée, l’Ethiopie était confrontée à des guérillas dans les différentes régions du pays depuis 1976. Guérillas auxquelles les autorités vont répondre avec une grande violence. La première famine a touché le Sud-Ouest et est liée à l’offensive des forces gouvernementales (Derg) contre l’insurrection du Front de libération d’Oromo. La seconde, la plus sévère des deux famines et certainement la plus connue, résulta essentiellement de l’offensive du Derg contre l’insurrection du Front Populaire de libération du Tigré (FPLT), même si les faibles pluies dans la région en 1984 doivent aussi être prises en compte.
Face à la pénurie alimentaire (plus d’1,5 millions de tonnes de céréales étant nécessaires pour couvrir les besoins de la population dès novembre 1984), la réaction du gouvernement éthiopien s’est résumée en des déplacements forcés de populations et d’agriculteurs. Pas moins de 200 000 personnes perdront la vie du fait de ces déplacements forcés.
Devons-nous craindre une telle tragédie pour cette nouvelle crise qui frappe la Corne de l’Afrique et qui touche particulièrement Djibouti, l’Ethiopie, Le Kenya, la Somalie et la région de Karamoja (partie Est) en Ouganda ? Les informations actuellement disponibles obligent à ne pas exclure systématiquement cette possibilité.
Selon les différentes organisations humanitaires, ce sont plus de 10 millions de personnes qui sont dans un besoin extrêmement urgent d’aide humanitaire pour faire face à la combinaison mortelle de la sécheresse, de la montée en flèche du prix des denrées alimentaires et des conflits armés. Parmi ces personnes affectées figurent 2 millions d’enfants de moins de cinq ans victimes de cette crise, dont ceux d’origine somalienne qui « soufrent en silence et payent le prix le plus élevé », selon l’UNICEF. Cette situation s’explique par la sécheresse la plus prolongée depuis les soixante dernières années, fruit de deux années consécutives de faibles précipitations. Celle-ci a conduit à une montée en flèche des prix des denrées alimentaires, à laquelle il faut associer la poursuite des conflits armés dans la région (surtout en Somalie) qui limitent l’accès des populations vulnérables aux organisations humanitaires. Selon Robert McCarthy, Conseiller Régional pour les situations d'urgence de l'UNICEF, Responsable pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, « cette région a connu de nombreuses crises, mais la crise actuelle est sans doute la pire depuis plusieurs décennies ». Ce dernier estime aussi qu’ « une amélioration quelconque sur le court terme est improbable ».
Cette crise pousse de milliers de populations, principalement des Somaliens, à quitter leur lieu de vie pour se diriger vers des zones où elles espèrent trouver de la nourriture. Dans un appel conjoint de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), du PAM (Programme Alimentaire Mondial) et d’Oxfam, on peut lire que c’est au Kenya que se trouve la majorité des personnes récemment affectées par cette crise, soit 1,2 millions de personnes. Par ailleurs, les réfugiés somaliens présents dans les camps au Kenya et en Ethiopie ont atteints le chiffre record de 517 000 personnes la semaine dernière.
Dans un précédent article, nous notions que dès 2006, Kjell Mage Bondevik, Envoyé spécial pour la situation humanitaire dans cette région, affirmait que la sécheresse sévère qui avait touché cette partie de l’Afrique n’était pas terminée. Mieux, il avait annoncé, non comme un médium mais simplement en se basant sur la situation de cette zone, qu’« on ne sait pas quand mais on sait qu’il y aura d’autres sécheresses». Dans ce cadre, il proposait un travail sur le long terme afin de préparer les populations de la Corne de l’Afrique à de nouvelles sécheresses.
Dans leur appel conjoint mentionné plus haut, la FAO, le PAM et l’Oxfam regrettent que les crises humanitaires à évolution lente telles que l’aggravation de la sécheresse dans cette région n’aient pas reçu l’attention nécessaire de la communauté internationale, en comparaison avec d’autres crises. Ces organisations estiment qu’il faut «agir maintenant et sauver ceux qui souffrent de la faim et de la malnutrition» et non «attendre une catastrophe généralisée mettant des vies en danger qui aura un coût plus exponentiel bien supérieur en termes de vies humaines et de moyen d’existence, ainsi qu’en interventions humanitaires ».
La FAO, le PAM et l’Oxfam n’oublient pas pour autant de rappeler, certainement au vu de l’évolution de cette crise, que « nous avons déjà pris du retard car nous n’avons pas saisi l’occasion qui s’est offerte d’exploiter les gains de sécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique, engendrés par plusieurs saisons de pluies et de récoltes abondantes qui avaient permis de réduire le nombre d’affamés ».
© UNICEF/NYHQ1984-0151/Arild Vollan –Ethiopia, 1984 / En 1984 en Ethiopie, l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF Liv Ullmann s’agenouille à côté d’un enfant mourant de faim et au bord de la mort, dans le Camp de réfugiés à Surma
(Encore) Une crise humanitaire en Afrique !
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Voici déjà plusieurs semaines que la sécheresse qui touche de nombreux départements français nous est présentée par les grands médias internationaux (presse écrite, chaînes de télévision, stations de radio). Les importantes pertes et diverses difficultés (endettement et pertes financières, production largement en-deçà des attentes, retard dans les récoltes, perte d’une partie de leur bétail, inquiétude pour les stocks et le coût du foin, …) que subissent déjà ou auxquelles s’exposent les agriculteurs et autres éleveurs des régions affectées font l’objet d’une communication suivie.
Aujourd’hui, j’ai l’impression, et comme j’aimerais me tromper, que la nouvelle crise humanitaire qui menace l’Afrique, plus précisément la Corne de ce continent, fait l’objet d’une mobilisation plus timide des médias, par rapport aux enjeux que pose cette tragédie qui se forme sous nos yeux.
Et pourtant, ce ne sont pas moins de dix millions de personnes, des femmes et des enfants en particuliers, n’oublions pas les hommes non plus, qui sont touchées ou sérieusement menacées par la famine et la malnutrition. Cette situation résulte, semble-t-il, d’une saison particulièrement sèche. Conséquences : les récoltes ont été quasi-inexistantes et les populations souffrent de malnutrition à Djibouti, en Ethiopie, au Kenya et en Somalie.
Cette situation, qui s’aggrave de jour en jour, occasionne une importante migration de populations à la recherche de quoi se nourrir. Ainsi, des milliers de personnes arrivent en Ethiopie et au Kenya en provenance notamment de la Somalie. Selon le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) plus de 110.000 personnes sont arrivées dans les camps de Dolo Ado dans le sud de l'Ethiopie et plus de 1600 personnes arrivent chaque jour dans ces camps déjà surpeuplés.
Cette situation était-elle prévisible ? Malheureusement, il est très facile de répondre par l’affirmative sans risque de se tromper.
Déjà en juin 2006, les Nations Unies avaient attirées l’attention des uns et des autres sur la nécessité de prendre les mesures nécessaires pour éviter une autre crise humanitaire dans cette partie de l’Afrique et du monde. Lors d’une conférence de presse, Kjell Mage Bondevik, Envoyé spécial pour la situation humanitaire dans cette région,avait affirmé que malgré la saison des pluies, la crise alimentaire dans la Corne de l'Afrique, provoquée par une sévère sécheresse, n'était pas terminée. Cette année-là, les Nations Unies avaient lancées un appel humanitaire d’un montant de 426 millions de dollars pour subvenir aux besoins urgents de plus de 8 millions de personnes qui avaient besoin de nourriture et d’eau dans cinq pays : Erythrée, Ethiopie, Djibouti, Somalie et Kenya.
Tirant les leçons de cette crise, l'Envoyé spécial de l’ONU avait souligné la nécessité du lien étroit entre les opérations de secours et les efforts de développement sur le long terme afin de préparer la population de la Corne de l'Afrique à de nouvelles sécheresses. Et monsieur Kjell Mage Bondevik d’ajouter : « On ne sait pas quand mais on sait qu'il y aura d'autres sécheresses. Il y en a eu quatre au cours des six dernières années ». Plus besoin de lancer des cauris pour vérifier ces dires : nous y sommes.
La situation humanitaire actuelle est si aigüe que les Shebab, les rebelles islamistes somaliens, demandent le retour des associations et agences humanitaires dans la partie du pays qu’ils contrôlent afin que ces structures puissent venir en aide aux milliers de personnes et familles affectées par la sécheresse. Rappelons qu’il y a de cela deux ans ces mêmes Shebab avaient contraint au départ les organisations humanitaires au motif qu’elles véhiculaient des valeurs "anti-islamistes".
Alors, mobilisons-nous, faisons passer le message et sensibilisons nos proches et notre entourage. Chacun de nous peut, à son niveau, faire quelque chose en ne restant pas observateur passif. Ne nous faisons pas prier.
@ Image site de BBC Afrique, http://wscdn.bbc.co.uk/worldservice/assets/images/2011/06/28/110628084118_jp_somalia304x171_nocredit
Côte d’Ivoire : Etudiants en "congé technique"
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Après la crise post-électorale que vient de traverser la Côte d’Ivoire (dont le pic s’est situé entre fin novembre 2010, après le second tour des élections présidentielles, et mi-avril 2011 avec la chute de l’ancien Président), l’une des premières mesures prises par le Gouvernement a été la fermeture des universités et cités universitaires publiques "jusqu’à nouvel ordre". Il s’agit des Université de Cocody, d’Abobo-Adjamé et de Bouaké "à Abidjan", et l’Université de Bouaké "à Bouaké" (vous comprendrez plus loin ces détails). A ceux-là s’ajoutent les URES de Korhogo (Nord) et de Daloa (Centre-Ouest). La raison avancée par les autorités étant de restaurer et de réorganiser ce secteur afin de redonner la belle image qu’avait dans la sous-région l’enseignement supérieur public de la Côte d’Ivoire jusque dans les années 1980, voire une partie des années 1990.
Cette restauration et cette réorganisation s’imposaient, même au-delà du fait que les installations ont subi des dégâts durant cette période de crise comme l’Université d’Abobo-Adjamé qui a fait l’objet d’importants pillages. En effet, depuis quelques années, les diplômes ivoiriens ont perdu beaucoup de leur valeur à l’extérieur. Et les raisons présentées sont nombreuses : les grèves si fréquentes qu’on croirait même qu’elles font parties des matières, la violence, deux à trois années académiques à cheval dans les différentes universités, les soupçons (plus ou moins fondés) de corruption ou d’achats de notes, les cours et travaux dirigés pas toujours dispensées et organisés dans les conditions idéales,….
Que dire des cités universitaires qui étaient devenues la propriété privée des Responsables de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). La grande partie des logements étaient proposés et occupés par des fonctionnaires et autres travailleurs (généralement installés avec leurs familles) qui versaient les cautions et autres loyer à ce syndicat. L’autre partie étant occupée par les responsables et membres actifs de cette structure, leurs protégé(e)s et autres proches, et quelques chambres pour des étudiants chanceux qui devaient vivre comme des rats (à trois dans des chambres pour une personne, voire à sept pour des chambres prévues pour deux). Et les autres étudiants nécessitant un logement ? Ils devaient se débrouiller, ou dormir dans les allées, voire dans la cours de des cités comme le font ceux qui n’ont malheureusement pas d’autres choix. En plus des logements, des magasins et autres espaces de commerces ont été construits dans et autour des cités universitaires, voire même des universités. Les commerçants payaient des taxes et autres loyers à la FESCI. Pis, la FESCI, devenue plus une milice à la solde de l’ancien régime qu’un représentant des élèves et étudiants, a facilité l’entrée des armes à feu dans les cités d’Abidjan, et la recherche des caches d’armes ces dernières semaines a permis de le prouver à ceux qui estimaient ignorer cette réalité qui n’était pas cachée.
Malgré ces problèmes, la fermeture des universités publiques vient encore retarder les étudiants du public qui risquent en plus une année académique blanche. Après avoir perdu des années tout au long de leur cursus, ces jeunes sont encore confrontés à un autre retard. Et ce ne sont pas ceux à Bouaké qui pourront dire le contraire.
Après le déclenchement de la crise militaro-politique du 19 septembre 2002, la ville de Bouaké, située dans le centre du pays, a été transformée en fief par la rébellion qui a occupé toute la partie Centre, Nord et Ouest (zone CNO) de la Côte d’Ivoire. En plus des services publics, l’Université de Bouaké (Campus 1 et Campus 2) a fermé ses portes sur son site originel et a été "transférée" à Abidjan pour fonctionner dans des « conditions précaires », aux dires d’un de ses responsables.
Déjà, l’enseignement primaire et secondaire a pu être sauvé par une mobilisation d’enseignants (à la retraite ou encore en fonction) qui ont fait le choix de rester sur place, des jeunes bénévoles ; tous soutenus par des associations locales (peu importe leur domaine d’action principale), des partenaires tel que le système Nations Unies (UNICEF, OCHA, PAM par exemple), des Organisations internationales et les forces militaires présentes dans cette zone (ONUCI - forces onusiennes -, Force Licorne - armée française -, et les Forces Nouvelles – rébellion). L’aventure "Ecole Pour Tous" était ainsi lancée.
Toute cette mobilisation a permis de sauver l’école (primaire et secondaire) dans cette zone. Après un grand travail de plaidoyer et de pression, le Ministre de l’éducation nationale dans le gouvernement de "sortie de crise" d’alors a accepté d’organiser une seconde session nationale pour les examens d’entrée au collège, de fin du premier cycle (BEPC) et du Baccalauréat. Malheureusement, ce ministre refusa d’organiser les sessions pour les années 2004 et 2005 au motif que les conditions de sécurité n’étaient pas suffisantes pour garantir la fiabilité et la crédibilité des résultats qui en sortiraient. Les forces onusiennes et françaises ont proposé d’améliorer leur contribution en déployant des hommes et du matériel plus important tout au long du processus : transports des épreuves et autres matériels ; sécurités des sites d’examen, du personnel et des autres membres des équipes de surveillance et du secrétariat dans les différents centres et sites d’hébergement ; transport et sécurité des sites de corrections et/ou délibérations. Mieux, les indicateurs de l’ONU et de nombreuses organisations montraient que le niveau de sécurité s’était amélioré dans la zone en comparaison à 2003 (où des examens ont été organisés). Toutes ces garanties n’ont pas suffi à convaincre ce ministre d’organiser les examens. Parler de "guerre politique" ne serait pas de trop.
C’est dans ce contexte qu’après réhabilitation du Campus 1 de son site originel et des résidences universitaires, la phase de relocalisation de l’Université de Bouaké "à Bouaké" a commencé dès 2005. Mais le manque de volonté et d’engagement plus ferme, la "guerre politique" de beaucoup des enseignants et autres personnes intervenants dans ce processus, associés aux moyens financiers qui ne seraient pas disponibles, cette relocalisation ne sera que très partielle et les facultés ouvertes sur place à Bouaké ne fonctionneront pas correctement.
Un exemple concret. Après avoir été obligé de reprendre ma classe de Terminale car les examens de 2005 ont finalement été organisés "précipitamment" (de mon point de vue) dans la zone CNO en mars-avril 2006 après un changement de Premier ministre, j’obtiens mon Baccalauréat en septembre 2006. Je suis autorisé à m’inscrire en Faculté de Sciences Juridiques et de Gestion Administrative à l’Université de Bouaké "à Bouaké" en mars 2007 pour le compte de l’année académique 2006-2007. Notre premier cours nous est dispensé en mai 2008.
Finalement, j’obtiens une prise en charge qui me permet de me rendre à Abidjan pour m’inscrire dans une université privée. Je quitte Bouaké et m’inscris en première année dans la Faculté de Droit Civil de cette université privée en octobre 2009 (année académique 2009-2010) : à cette date, les résultats de la première session de la Faculté de Sciences Juridiques de l’Université de Bouaké "à Bouaké" de l’année académique 2006-2007 ne sont pas encore disponibles. Actuellement, je suis en pleine période d’examen jusqu’à fin juillet 2011 pour le compte de cette deuxième année. Ceux de Bouaké, après une reprise courant juin 2010 avec un changement du Doyen de la faculté, l’année académique 2006-2007 avait été achevée et celle de 2007-2008 avait débutée et un plan de "rattrapage du retard accumulé" avait été présenté aux étudiants.
Malheureusement la période électorale a bloqué le processus et les conséquences de la crise post-électorale est venue suspendre encore leur avenir avec la fermeture des universités publiques. L’année sera-t-elle blanche ? Moi, je vois difficilement une autre issue même si j’espère le meilleur pour ces étudiants dont beaucoup sont pour moi des compagnons de lutte pour un accès équitable à l’éducation.
Il est prévu que l’Université se relocalise complément sur son site d’origine à Bouaké à partir du 1er octobre 2011. J’espère que ce sera un vrai renouveau car « un étudiant en congé technique » est une expression qui sonne mal.
© UNICEF/NYHQ2011-0543/Olivier Asselin // On 27 April, an unexploded mortar shell lies on the floor of a classroom at the Genie 2000 school compound, in the city of Abidjan. The school remains closed due to heavy damage sustained during the conflict and because of the threats posed by unexploded ordnance on school grounds.
Une femme d’exception dans la lutte contre le sida en Côte d’Ivoire
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Dans la lutte contre le sida en Côte d‘ivoire, plus précisément pour ce qui est de l’accompagnement des personnes touchées par cette pandémie (enfants et adultes infectés, orphelins) et leurs familles, il existe des personnes de référence. Leur engagement et leur audace à l’action ont fait d’eux des leaders et précurseurs dans une réponse associative qui s’adapte régulièrement aux réalités évolutives que posent les conséquences du sida. Madame Penda Touré Diagola, Directrice Exécutive du Centre Solidarité Action Social (Centre SAS) de Bouaké (centre de la Côte d’Ivoire) fait certainement partie de cette liste de personnes ; en tout cas, de mon humble avis.
Assistante Sociale de formation, Penda Touré Diagola était fonctionnaire d’Etat et travaillait dans l’accompagnement des personnes touchées par la lèpre. Mais l’inquiétude générale que suscitèrent la découverte des premiers cas et surtout la propagation du sida en Côte d’Ivoire va aussi la toucher.
Dès le début des années 1990, avec plusieurs autres personnes dont Joseph Essombo, un médecin dont l’engagement ne fait plus l’objet de démonstration aujourd’hui, elle participe à la création de Renaissance Santé Bouaké (RSB). Il s’agit d’une ONG qui au départ avait pour objectif de participer à la prévention en sensibilisant les populations sur les dangers et sur les modes de protection contre les Maladies Sexuelles Transmissibles - MST - (aujourd’hui transformées en Infections Sexuellement Transmissibles - IST -) et le VIH/sida. Il est important de rappeler que c’est cette structure qui a mis en place les premiers Clubs MST-VIH/sida dans les établissements scolaires, animés par des collégiens et lycéens sous la supervision d’un Enseignant ou Educateur.
Mais cette expérience ne suffit pas à satisfaire son sentiment d’engagement. Alors que la quasi-totalité des acteurs (autorités, partenaires au développement) parlait essentiellement prévention, elle a fait partie de ceux qui attiraient l’attention des uns et des autres sur la nécessité d’une action de prise en charge des personnes infectées et de leurs proches, surtout les enfants. Et l’opportunité se présenta à elle. Un projet pilote sur l’accompagnement psychosocial des personnes vivant avec le VIH et des enfants touchés est annoncé dans trois pays africains, dont la Côte d’Ivoire. Et la ville de Bouaké est choisie pour l’expérience ivoirienne. Il s’agit du Projet SAS (Solidarité Action Sociale). Malgré ses demandes, sa hiérarchie refuse de l’autoriser à travailler sur ce projet tout en restant Agent de l’Etat. Elle décide alors de se lancer dans cette aventure associative en tête de l’équipe projet, en acceptant du coup d’abandonner son statut de fonctionnaire en mai 1995. C’est certainement la plus grande décision de sa vie.
A la fin de la période de pilotage, le "Projet SAS" Bouaké (Côte d’Ivoire) émerge du lot du point de vue de la qualité des résultats obtenus. Les deux autres sites disparaitront pour des problèmes qui leurs sont propres. La détermination malgré les difficultés a permis à Penda Touré Diagola et à toute son équipe de convaincre des partenaires de les soutenir dans leur transformation en ONG de soutien psychosocial des personnes vivant avec le VIH et leurs familles.
Convaincue de la nécessité d’un plus grand engagement au plan politique et institutionnel pour la cause des enfants touchés par le sida, elle s’associe avec des personnes sensibilisées et engagées dans la lutte à divers niveaux et tous mettent en place la Cellule de Réflexion sur les Orphelins du Sida (CEROS) fin 1999-début 2000. Les propositions de ce cadre de travail vont intéresser les Responsables de l’ex Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), des partenaires au développement tel que l’UNICEF et la Banque Mondiale. Ce travail et la détermination de cette équipe seront le point de départ d’un processus qui conduira à un engagement plus clair des autorités ivoiriennes et de ses partenaires sur la question. Cela se traduira par la création en 2003 d’un Programme National de prise en charge des Orphelins et autres Enfants rendus Vulnérables du fait du VIH/sida (PN-OEV).
Avec le déclenchement de la crise en septembre 2002, elle choisit de rester sur place à Bouaké, devenu fief de la rébellion. Face à la situation humanitaire difficile avec le décès de plus d’une dizaine de ces bénéficiaires en quelques jours, Penda Touré Diagola décide d’agir. Elle fait le rappel des membres de son personnel restés sur place et des différents responsables de structures associatives partenaires pour relancer la machine. Et c’est depuis son domicile, momentanément transformé en un quartier général de la Croix Rouge, que les choses sont coordonnées : distribution de denrées alimentaires aux populations, pas uniquement aux familles que suivait sa structure, visites de terrain au sein des familles pour évaluer les besoins, …. Ce travail se faisait soit avec des mobylettes flanquées d’un tissu blanc ou à pied. Elle décide de rencontrer les autorités militaires de la rébellion pour leur expliquer ses actions et obtenir l’autorisation de reprendre ses activités avec l’ouverture de sa structure. Ce qu’elle obtient.
Très rapidement une réorganisation est mise en place pour gérer les urgences où le volet médical figure en bonne place : organisation de consultations médicales au quotidien, mise en place d’une équipe de soins à domicile, recherche de médicaments pour la pharmacie communautaire…. L’idée étant de remplacer au mieux l’Hôpital de Jour, le service au niveau du CHU qui s’occupait des personnes vivant avec le VIH et qui a fermé ses portes avec le conflit. Grâce au soutien de ses partenaires techniques, financiers et associatifs, un désastre humanitaire au niveau des PVVIH a été évité.
La décision de rester sur place, dans la "zone de guerre" , comme a été longtemps qualifiée la partie du pays occupée par la rébellion, ne lui fit pas que des amis. J’ai encore en mémoire la mise au point qu’elle a du faire lors d’un Séminaire national d’élaboration d’un plan d’action triennal en juillet 2003. En effet, après un voyage éprouvant de quinze heures dans un car de transport en commun, nous sommes ouvertement traités de "rebelles" par certains responsables de structures du Sud. Tout simplement pour être restés sur place pour faire notre travail qui est de contribuer à une qualité de vie des familles affectées par le VIH/sida. Profitant d’un temps de parole qui lui était offert, elle dit : « ce sont des hommes qui vivent dans cette partie du pays. Et si faire notre travail c’est être des rebelles, c’est que vous vous êtes trompés de combat ». Le débat était clos.
Aujourd’hui, le Centre SAS est devenue la principale structure de prise en charge psychosociale et médicale des personnes vivant avec le VIH/sida et leurs familles dans le nord du pays. En plus de Bouaké, elle dispose d’une antenne dans le Nord du pays. Penda Touré est une dame de conviction et dont le mérite n’est plus à démontrer. Après avoir reçu le Prix International 2005 de Sidaction, une association française, c’est l’Etat ivoirien qui l’a décorée en 2008.
Depuis le début de mon engagement associatif il y a déjà un peu plus de onze ans, et dans le cadre de la collaboration inter-associative, j’ai cette chance de côtoyer, de travailler mais surtout d’apprendre auprès de cette grande dame. Je n’ai pas toujours partagé toutes ses réflexions, je me suis même permis d’avoir quelques désaccords avec elle sur certains sujets. Mais son engagement et sa capacité à repousser les limites et les difficultés me fascinent en permanence et inspirent plus d’une personne.
C’est à cette dame d’exception que j’ai souhaité rendre hommage parce qu’elle le mérite. J’espère que la femme discrète, ne recherchant pas coûte que coûte les honneurs, qu’elle est ne trouveras pas de mal à cela.
@Image http://osi.bouake.free.fr/?Prix-2005-du-Sidaction-le-Centre /// Madame Penda Touré Diagola (en pagne à gauche) recevant des mains http://osi.bouake.free.fr/?Prix-2005-du-Sidaction-le-Centre de le Prix International 2005 de Madame Jeanne Gapiya-Niyonzima, Présidente de l’Anss (association de lutte contre le sida au Burundi), le prix International Sidaction 2005 à l’Hotel de Ville de Paris (France) en juin 2005.
La technologie au service de combats sociaux
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Le développement de la technologie ces dernières années a eu beaucoup d’effets. Nous sommes tous conscients de l’explosion de l’accès à la téléphonie mobile, surtout en Afrique où des personnes qui vivent "techniquement" sous le seuil de pauvreté, qui ont plus de difficultés dans l’accès aux services sociaux de bases, ont cependant des téléphones mobiles ou en recherchent. Des termes comme Bluetooth, Wifi, Infrarouge, Internet sont aujourd'hui rentrés dans le langage courant. Et parlant d’Internet, nous ne reviendrons pas sur le cas des réseaux sociaux sur lesquels nous avons largement communiqué sur Voices Of Youth ces derniers temps. La liste est longue en ce qui concerne l’impact de la technologie dans divers domaines tels que la santé, l’éducation, l’environnement, etc.
Mais ce développement de la technologie a aussi permis aux individus, communautés, organismes publics et surtout aux organisations privées de rendre plus visible certains combats ou certaines causes en mobilisant le public, appelé à prendre part à des actions sociales de façon passive ou active. A côté des grandes mobilisations sur certains réseaux sociaux, ou à travers des sites internet, il existe aussi des engagements un peu plus discrets ou peu connus mais dont l’impact et la portée dépassent le symbolique.
Sans chercher à faire de la publicité pour qui que ce soit, mais juste à titre d’exemple, nous citerons le cas d'Orphelin Sida International, une association française de soutien aux enfants vulnérables surtout en Afrique. Cette structure a initié un partenariat avec un moteur de recherche qui s’est engagé à verser à cette association une contribution chaque fois que son espace sera utilisé par un internaute sensibilisé sur la question pour ses recherches. L’objectif recherché étant de réussir à mobiliser le maximum de personnes afin de réussir à parrainer durant au moins un an (pour 25 € par mois) un enfant orphelin du sida, deux par la suite et ainsi de suite.
Citons aussi l’exemple d’un site de carte de vœux qui s’est mobilisé auprès de la Croix Rouge française pour lever des fonds pour aider à la reconstruction du Japon suite au séisme et tsunami de mars 2011. Des cartes de vœux thématiques ont même été créés à l’occasion afin d’aider les internautes à sensibiliser leur entourage sur la question.
En Côte d’Ivoire, l’expérience de la "technologie sociale" se fait généralement à travers les SMS (messages texte), souvent surfacturés. Cela consiste pour l’usager à envoyer un message donné qui permet de faire avancer une cause sociale ou simplement de contribuer à la mobilisation de fonds en envoyant juste un SMS une journée donnée et définie par l’opérateur.
La technologie joue donc un rôle important en contribuant à améliorer les conditions de vie des personnes dans le besoin lorsqu'elle est utilisée comme un outil pour lutter contre la précarité ou promouvoir le respect des droits de l’homme entre autres causes nobles.
Dur d’être un enfant en Syrie
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"Bachar, tueur d'enfants". Tel est l’un des messages qu’on pouvait lire sur des pancartes tenues par des enfants le vendredi 17 juin 2011. C’était à l’occasion de la visite que réalisait la star du cinéma Angelina Jolie, dans l’un des camps de réfugiés à la frontière turco-syrienne. Ces camps, au nombre de cinq jusqu’à récemment, ont été mis en place par le Croissant Rouge et les autorités turques pour accueillir l’afflux de réfugiés qui fuient la répression et les massacres des populations de l’autre côté de la frontière, en Syrie. En se rendant dans le camp d'Altinözü, dans la province turque de Hatay (sud), Angelina Jolie est venue s’entretenir avec les plus de 1 400 personnes vivant dans ce camp et dont la grande majorité est constituée d’enfants.
Les enfants, et les adolescents, sont certainement les grandes victimes de cette crise qui secoue la Syrie depuis le début des manifestations de protestation et surtout les vagues de violentes répressions que proposent les autorités en guise de réponses au civils non armés qui descendent dans les rues pour demander plus de droits et la fin du régime autoritaire. Ils sont au moins des dizaines d’enfants qui ont perdu la vie depuis le début de la répression. En plus de ces morts, nombreux sont ceux qui portent des blessures physiques dont certaines sont à vie. Au-delà du stress et de la peur dans laquelle ils vivent depuis quelques mois, beaucoup d’enfants ont été soumis à des tortures morales et psychologiques. C’est par exemple le cas de ceux qui auraient été obligés à assister au viol de leur mère comme le notait des soldats déserteurs de l’armée syrienne et réfugiés à la frontière turque.
Beaucoup de familles font le choix, avec bien souvent le risque de se faire tirer dessus, de quitter le pays malgré les restrictions de déplacement imposées par les autorités syriennes dans certaines zones. Voici près de dix jours que le journal L’Express estimait que plus de 8 500 Syriens, pour plus de la moitié des femmes et des enfants, ont trouvé asile en Turquie, à quoi s'ajoutent 5 000 autres réfugiés au Liban. Dans le même article, les propos d’un habitant d’un village près de la localité de Jisr al-Choughour, situé au Nord-ouest du pays et non loin de la frontière avec la Turquie, sont rapportés. Selon ce dernier, "les gens quittent la ville dans toutes les directions, ils emportent tout, ils mettent des matelas sur le toit des voitures".
Mais quel avenir pour ces nombreux enfants et adolescents qui sont aujourd’hui confinés dans des camps de réfugiés en Turquie (et réfugiés au Liban). Bénéficier de trois repas par jour, d’eau chaude 24 heures sur 24, de la télévision, de jeux et de la présence de psychologues comme l’annonce les autorités turques ne sauraient suffire pour faire croire à ces enfants que les jours qui arrivent seront meilleurs et plus stables, même si cette aide mérite d’être saluée. Surtout qu’ils vivent parmi des adultes qui semblent plus préoccupés par l’évolution de leur "lutte". Beaucoup de leurs parents ont décidé d’observer une grève de la faim pour protester contre leur isolement du monde extérieur aux camps où ils sont accueillis, oubliant du coup qu’ils ont effectués ce voyage vers l’inconnu avec des enfants qui se posent de milliers de questions : pourrais-je aller à l’école ?, quand retournons-nous chez nous ?, que deviennent mes amis ? …
Que dire de ces autres enfants qui ne peuvent pas sortir du pays et qui sont certainement confrontés avec leurs proches à des conditions de vie quotidienne pas des plus faciles et qui n’ont pas accès à l’aide dont bénéficient ceux qui ont "la chance" d’être dans un camp de l’autre côté de la frontière. C’est révoltant. Que pouvons-nous faire ? Nous n’avons que nos mots comme arme que nous pouvons utiliser pour contribuer à ne pas faire oublier la situation de ces milliers d’enfants et de leurs proches. Et c’est ce que nous essayons de faire au mieux sur Voices Of Youth.
© UNICEF/NYHQ2008-0526/Kate Brooks - Syrian Arab Republic, 2008; Girls play at recess in the courtyard of the Al Kabri School for Girls, an UNRWA-operated school in the Jaramana refugee camp, near Damascus, the capital
Sur internet, un pseudo peut cacher n’importe qui !
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Nous le notions dans un précédent article, les enfants sont aujourd’hui nombreux à être sur internet. Au même moment que leur nombre va croissant d’une année à une autre, l’âge moyen d’accès à cet outil de communication se réduit aussi progressivement selon différentes études et enquêtes. Ces "internautes" rivalisent en innovation et en créativité dans la définition de leurs pseudos qui remplacent généralement leurs prénoms sur leurs différentes pages et profils. Une nécessité pour être tendance et pour entrer dans la dynamique même des réseaux sociaux, ce qui est logique et indiscutablement vrai : soyons sérieux, pensez-vous faire remarquer le jeune que vous êtes sur la toile en affichant "Gertrude", ou même "Lucien" (je n’ai absolument rien contre ces prénoms et les personnes qui les portent ne doivent pas se sentir frustrés pas mes écrits, ce ne sont que des exemples) sur votre page, pendant que les autres internautes se font appeler "le Baron Blanc", "Starlette Bleue", "Joe la joie" ou encore "La fille d’à côté" (ce ne sont là encore que de simples exemples, et toute ressemblance avec de vrais profils serait pure coïncidence. Maintenant, si un lecteur souhaite s’en inspirer, de grâce, qu’il n’oublie pas de penser à me payer des droits d’auteur)...
Les pseudos sont donc incontournables aujourd’hui et un simple détour sur ces différents réseaux sociaux vous donnent une belle illustration de cette réalité. Mais, qui sait vraiment l’identité réelle de celui ou celle qui se cache derrière un profil ? Personne.
Oui, autant les enfants de moins de 13 ans, ne pouvant normalement pas s’inscrire sur la plupart de ces plateformes comme Facebook, réussissent à le faire en changeant tout simplement leur âge, autant d’autres utilisateurs peuvent valablement créer des profils qui n’ont rien à voir avec la personne qu’ils sont en réalité. Par exemple, je peux m’inscrire en me présentant comme une jeune fille (que je ne suis pas), avec pour pseudo "Fleur du Jour" (je rappelle là encore mes droits d’auteurs éventuels), âgée de 18 ans (ce qui n'est pas mon cas, … je n’en suis pas trop loin non plus), clair et ayant de beau cheveux (je suis "un peu" noir et serai certainement chauve), résidant à Lyon en France (je vis en réalité sous le brûlant soleil africain), mince et mesurant 1 mètre 75 (bon ça c’est perso, je ne vais quand même pas vous dire tout de moi d’un seul coup !). Et pour les photos me diriez-vous ? Du moment que vous ne me connaissez pas, je pourrais très bien mettre des images d’inconnus. En plus, beaucoup sont ceux qui inondent leur page d’images d’idoles, de paysages et autres photos insolites. Je pourrais en faire partie.
Comme nous le constatons tous, beaucoup de choses peuvent se cacher derrière ces profils de personnes avec qui nous devenons "amis" sur ces réseaux, avec qui nous échangeons sur les différents sites d’échanges et autres. Cette possibilité de cacher sa vraie identité et d’avoir la possibilité de communiquer avec des enfants est une porte ouverte pour beaucoup de personnes mal intentionnées dont les pédophiles font partie.
La course vers l’inscription et l’animation d’un profil, mais surtout celle consistant à avoir un nombre souvent impressionnant d’"amis" exposent beaucoup d’enfants aux griffes de ces adultes qui éprouvent une attirance sexuelle pour les enfants et qui sont nombreux à utiliser internet pour trouver de nouvelles "proies". En réussissant facilement à se créer des profils sur mesure (enfants ou jeunes), les pédophiles ont accès à des enfants qui n’ont pas conscience du danger auxquels ils s’exposent en échangeant avec des inconnus qu’ils estiment être devenus leurs "amis". Ils facilitent même la tâche de ces prédateurs en divulguant des données personnelles (nom et prénoms, adresse, école, voire même numéro de téléphone, lieu de vacances, etc).
Conscients des dangers auxquels s’exposent les enfants et les jeunes sur internet, beaucoup de pays, essentiellement occidentaux, ont mis en place des structures pour assurer la sécurité des internautes les plus jeunes, car confrontés aux pédophiles et autres dangers. C’est le cas du Royaume-Uni qui a mis en place en 1996 le "Child Exploitation and Online Protection Centre" - CEOP- chargé d’arrêter les pédophiles exerçant sur internet et de les traduire devant les tribunaux.
Fin mai 2011, un article paru sur le site de la BBC donnait quelques informations clés du dernier rapport annuel du CEOP. Il ressort que ce centre a aidé 414 enfants et que 513 personnes ont été arrêtées et 132 sites internet non conformes ont été fermés l’année d’avant (2010). Ces chiffres constituent des données record en termes d’enfants aidés et de personnes arrêtées par le centre depuis sa création. Ne serait-ce que pour les cinq dernières années, cette agence affirme avoir aidé au démantèlement de plus 394 sites internet à hauts risques de présence de délinquants sexuels et arrêté 1644 personnes suspectées d’être des pédophiles. L’action de cette structure consiste à « utiliser internet pour identifier les personnes qui constituent un risque pour les enfants et pour identifier les enfants qui sont à risque, voire qui garderaient leur souffrance en silence », note le Directeur Exécutif. Toutefois, la situation reste inquiétante car ce dernier constate aussi que la "plus grande tragédie" est qu’un grand nombre d’enfants ayant été abusés ne sont pas identifiés et qu'ils sont dans l’anonymat. Certainement enfermés dans un silence qui les détruit progressivement.
Dans ces pays, l’action des autorités est accompagnée d’un fort engagement des associations et organisations non gouvernementales qui travaillent au quotidien à informer les parents et leurs enfants sur les dangers auxquels ces derniers s’exposent sur internet, produisent des supports et autres outils pour aider les parents dans l’encadrement de ceux-ci, participent à l’action de recherche de ces pédophiles et autres personnes représentants des dangers pour les enfants sur le net.
La situation semble être plus préoccupante dans les pays pauvres et en voie de développement. L’absence de réelle politique nationale sur la question semble être la règle et les organisations de la société civile, lorsqu’elles s’intéressent et s’engagent dans une telle action, sont bien souvent limitées par un cadre juridique pas toujours adapté et par le manque de moyens d’action. Et pourtant, au-delà de la pédophilie, ces pays, du fait par exemple de la pauvreté qui touche de plein fouet une grande majorité de la population, sont des terrains fertiles pour d’autres dangers tels que le trafic humain, surtout d’organe, ou encore la prostitution infantile.
© UNICEF/NYHQ2001-0671/Alejandro Balaguer - Peru, 2001 ; In 2001 in Peru, Gerardo, a young man from the Ashaninka indigenous group, teaches members of his family to use a laptop computer, near the remote village of Marankiari Bajo in the district of Perene in the central Amazon Basin.
La Lybie est confrontée à un avenir incertain
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Afin d’évaluer la situation libyenne en toute indépendance et neutralité et de rencontrer les représentants des deux parties, une délégation internationale d’experts s’est rendue tour à tour à Tripoli et en Tripolitaine (du 31 mars au 6 avril 2011), puis à Benghazi et en Cyrénaïque (du 19 au 25 avril 2011). Cette mission était organisée par le Centre International de Recherche et d’Etudes sur le Terrorisme et l’Aide aux Victimes de Terrorisme (CIRET-AVT) et le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), avec le soutien du Forum pour la paix en Méditerranée.
Cette délégation, composée de six personnalités de nationalités algérienne, franco-bulgare, belge et française et de différents profils (ancien ministre, ancien et actuel responsable de service de surveillance du territoire, journaliste d’investigation, experts indépendants), a rendu public le compte rendu de sa mission début juin 2011, intitulé Libye : un avenir incertain, compte-rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens.
Ce document de 44 pages, qui n’intègre que les évènements jusqu’au 30 avril 2011, traite de beaucoup d’aspects de la situation en Libye (le régime libyen, les conséquences du conflit, la position de la France, le risque terroriste,etc). Cet article n’abordera que quelques aspects relatifs à la prise de la Résolution 1973 (qui autorise l'intervention des forces de l'OTAN), aux évènements et au CNT (Conseil national de transition).
D’abord, un degré non négligeable de désinformation aurait encadré les conditions d’engagement de la communauté internationale dans le conflit. « La couverture des évènements par les chaînes satellitaires arabes [Al Jazzera et Al-Arabia] appelle quelques observations » note le compte-rendu de mission. A titre d’illustration, nous lisons, non sans surprise, que « l’information reprise par les médias occidentaux selon laquelle l’aviation du régime aurait bombardé Tripoli est parfaitement inexacte : aucune bombe libyenne n’est tombée dans la capitale, même si des affrontements sanglants semblent avoir eu lieu dans certains quartiers ». «La conséquence de cette désinformation est claire : la résolution de l’ONU a été votée à partir des informations de cette presse sans qu’aucune commission d’enquête préalable ne se soit rendue sur place. Il n’est pas exagéré de dire que Al Jazeera a créé l’évènement et influencé l’ONU », note le compte-rendu.
En appui à ces dires, les experts se basent entre autre sur le cas de la ville de Misrata (Misurata) située à 220 Kilomètres à l’Est de Tripoli, la capitale. Plusieurs médias faisaient cas de chiffres qui avoisinaient, pour les plus pessimistes, le millier de morts, voire plus. Or, selon le compte-rendu de cette mission, «courant avril, l’ONG Human Rights Watch a publié des données chiffrées concernant Misrata, révélant, contrairement aux affirmations des médias internationaux, que les forces fidèles à Kadhafi n’en n’ont pas massacré les résidents. Misrata compte une population de 400 000 habitants. En près de deux mois d’affrontements, seulement 257 personnes – dont des combattants – y sont mortes. Parmi les 949 blessés, seulement 22 – soit 3%- sont des femmes. Si les forces du régime avaient délibérément ciblé les civils, les femmes représenteraient environ la moitié des victimes ».
Les experts de conclure sur cette question qu’«il est ainsi maintenant évident que les dirigeants occidentaux – au premier rang desquels figure le président Obama – ont grossièrement exagéré la menace humanitaire pour justifier leur action militaire en Libye ».
Il ne faut pas pour autant se tromper. Cette mission ne conclut pas que les forces de Kadhafi sont des anges dans l’histoire, des acteurs sans reproche. Bien au contraire, les experts notent que «si les premiers jours, la répression a eu lieu sans usage excessif de la force, dès le deuxième jour, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule, et le troisième, des tirs étaient manifestement destinés à tuer. Il y a eu des morts et des blessés, comme les médecins français opérant à l’hôpital de Benghazi ont pu en témoigner ». Seulement, les experts regrettent le mauvais traitement de l’information vu que « depuis le début de la rébellion, plusieurs centaines de travailleurs immigrés, Soudanais, Somalien, Ethiopiens, Erythréens, ont été trémoussés ou assassinés par les milices rebelles. Ce fait est soigneusement caché par les médias internationaux ».
Ensuite, le comportement des différents pays occidentaux lors du vote de cette résolution tenait compte d’intérêts loin de ceux des populations. Ainsi, les experts relèvent qu’en plus du pétrole, l’engagement des Etats-Unis comportait une dose de vengeance contre Kadhafi, ce dernier n’ayant pas intégré un commandement régional pour lutter contre le terrorisme. A cela s’ajoute une lutte contre la pénétration de la Chine en Afrique qui a réalisé d’énormes investissements dans le secteur pétrolier notamment. C’est pourquoi Pékin perçoit désormais l’intervention de l’OTAN comme un acte hostile à son encontre.
Quant à l’Italie et à l’Allemagne, ils sont tous les deux principaux bénéficiaires du pétrole libyen et ont réalisé d’importants investissements en Libye qui représente un marché pour leurs exportations. D’où leur réticence dans l’action de l’OTAN. Pour ce qui est de la France et du Royaume-Uni, leur forte pression pour que la résolution 1973 soit adoptée et leur grand investissement dans l’action de l’OTAN pourrait en partie s’expliquer par le fait qu’ils n’ont pas su conclure des contrats avec Kadhafi.
Mais l’un des éléments qui attirent notre attention et qui nous inquiète certainement le plus est la composition du Conseil National de Transition (CNT), qui tient lieu de gouvernement de fait de l’opposition libyenne depuis le début du soulèvement. Le caractère régional de l’insurrection est démontré par la composition du CNT qui est dominé par des libyens du Nord-est et ne comprend aucun représentant du centre et du sud du pays, ni de Tripoli. En plus, ce conseil est un composé de plusieurs groupes ayant des intérêts différents. Le CNT bénéficie en plus du soutien du Hezbollah et du Hamas qui se sont proposé d’envoyer du matériel et des instructeurs.
Le compte-rendu de cette mission d’évaluation relève que seuls 13 des 31 noms des membres du CNT sont connus. La question de sécurité invoquée pour justifier la dissimulation de l’identité des autres membres constitue pour les experts « des raisons discutables », avant d’ajouter que « ses principaux dirigeants sont des personnes au passé plus ou moins chargé ». Et qu’« en l’état actuel, il [le CNT] n’offre aucune garantie d’orientation démocratique réelle ».
Le CNT comprend donc un certain nombre d’anciens proches de Kadhafi qui l’ont accompagné depuis plusieurs années dans la gestion et le maintien de son régime autoritaire. Ils ne l’ont lâché pour l’essentiel que très récemment. Il apparait donc aux yeux des experts que « si tant de dignitaires du régime ont abandonné Kadhafi, ce n’est pas en raison d’une soudaine conversion à la démocratie, mais par opportunisme ». Ce ne serait donc pas des « libérateurs » qui feraient entrer la Libye dans l’air de la démocratie et des Droits de l’homme. L’Article premier de leur Appel à un projet de Charte Nationale transitoire, en stipulant que « les principes de la Shariah islamique sont la source des lois », est là pour renforcer cette inquiétude.
Ces passages du compte-rendu de cette mission d’évaluation que nous nous permettons de prendre avec quelques réserves, non pas que nous doutons de la qualité du travail ou des experts ayant pris part à cette mission mais par simple principe de neutralité, sont tout de même de nature à faire réfléchir sur ce que nous savons sur le dossier libyen et sur la position adopté par les uns. S’il est vrai que la chute de Kadhafi est nécessaire aujourd’hui pour le renouveau de la Libye, le remplacer par des individus plus connus pour leur lourd passé, leur profil inquiétant ou peu maîtrisé et leur projet social douteux, n’est pas vraiment ce qu’attendent les partisans de la démocratie et des Droits de l’homme que nous sommes. Il est clair, l’avenir libyen, pour le peu qu’on puisse dire, est clairement incertain.
Crédits photo : jetalone, Flickr, Creative Commons 2.0
Japon : 100 jours après le séisme, le chaos est encore présent et la discrimination des victimes prend progressivement le pouvoir
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Voici près de cent jours que le Japon a connu un violent tremblement de terre, suivi d’un tsunami qui a détruit des villes et villages entiers sur la côte Nord-Est de Honshu, principale et plus grande île de l’archipel formant le "Pays du soleil levant". Ce séisme qui a causé d’énormes dégâts matériels et plus de 23 000 morts a abouti à une catastrophe nucléaire à Fukushima où les ingénieurs sont toujours occupés à gérer les fuites radioactives et le réchauffement du combustible au niveau des réacteurs.
La catastrophe de Fukushima a produit une véritable flambée du sentiment anti-nucléaire dans le monde entier, spécialement dans les pays occidentaux. En France, qui compte le plus de centrales nucléaires au monde et où la part de cette énergie est très importante dans la totalité de l’électricité produite, le débat sur la sortie ou non du nucléaire risque de prendre du temps et sera certainement l’un des principaux sujets de campagne pour les futures élections présidentielles et législatives de 2012. Il en est autrement chez deux de ses voisins immédiats : l’Allemagne et l’Italie.
Le premier, à la surprise de tous, certainement que les organisations écologistes l’ont été aussi, a annoncé le 30 mai dernier sa sortie du nucléaire d’ici à 2012. Le pays devra trouver d’ici là la solution pour produire autrement les 22% que représente la part de l’énergie nucléaire dans les besoins d’électricité. Il s’agit là d’une décision très surprenante de la part des membres de la coalition gouvernementale. En effet, fin 2010, la Chancelière allemande, Angela Merkel, avait fait voter, contre l'opinion publique, un prolongement de douze ans en moyenne de la durée légale d'exploitation des réacteurs du pays. Elle revient ainsi sur l'une des mesures les plus fortes de son début de deuxième mandat, qui était aussi l'une des principales promesses de sa campagne pour les législatives de 2009. Quant à l’Italie, après l’avoir abandonné suite à un premier référendum en 1987, véritable conséquence de la catastrophe de Tchernobyl de 1986, l’actuel Président du Conseil italien, Sylvio Berlusconi, souhaitait un retour au nucléaire. Les populations ne voient pas les choses de la même manière. Elles l’ont fermement affirmé en rejetant son projet de loi sur la question à plus de 90% en marge d’un référendum tenu le dimanche 12 juin 2011 (et prolongé au lundi 13 matin) où elles étaient invitées à se prononcer sur trois sujets. Le sentiment anti-nucléaire s’est aussi amplifié au Japon. Dans ce sens, des milliers de participants ont défilé le samedi 11 juin 2011, trois mois jour pour jour après le séisme et le tsunami à l’origine de la catastrophe nucléaire. Ces manifestants protestaient contre TEPCO (la société exploitante de la centrale de Fukushima) pour ses "mensonges" sur l’ampleur de la catastrophe et contre le gouvernement japonais à qui ils reprochaient la lenteur dans la gestion de la catastrophe. Ces manifestants étaient très remontés et aussi très inquiets des conséquences que pourraient conduire cette catastrophe sur leurs conditions de vie. Une participante affirmera ainsi qu’"[elle] veux que [ses] enfants puissent jouer dehors en toute sécurité et se baigner dans la mer sans inquiétude". Un autre est encore plus clair sur sa position d’anti-nucléaire : "Le lobby nucléaire dit que le coût de l'énergie propre est trop élevé. Moi je dis que le coût du nettoyage de cette pagaille et du risque de nouveaux accidents est bien plus important".
Mais qu’elle est la situation sur place, cent jours avec ce séisme et cette vague meurtrière de quatorze mètres qui a causé plus de 23 000 morts et des dégâts matériels sans précédents depuis la seconde guerre mondiale ? La situation est loin de s’être rapprochée de la normale, le pays peine à panser ses plaies comme le note France 24. Cent jours après, le chaos reste présent et très visible. Ce sont plus de 90 000 personnes, évacuées du site atomique ou des zones dévastées par la mer, qui sont encore réfugiées dans des centres d’accueil, et qui désespèrent de pouvoir rentrer un jour chez elles. Autour de la centrale accidentée de Fukushima, une zone interdite de 20 km de rayon a été décrétée, mais d'autres villes ou villages situées au-delà continuent de recevoir des particules radioactives.
Beaucoup de ceux qui ont réussi à fuir les zones affectées et qui décident de rentrer chez eux parce leurs maisons ont plus ou moins mieux résisté à la violence des vagues ne sont pas pour autant sans difficultés. D’énormes travaux d’aménagement s’imposent à eux : restauration des planchers, des toitures, des portes et fenêtres, des sanitaires, évacuation des eaux ; sans oublier qu’il faudra trouver de nouveaux équipements électro-ménagers, des meubles, une nouvelle vaisselle, …. Bref, pour beaucoup, il faut repart de zéro. Pour ce qui est des documents et autres objets chers à ceux-ci, il faut dans la plupart des cas faire leur deuil. En plus de tous ses travaux, nombre de ces sinistrés sont généralement confrontés au manque d’électricité et d’eau courante. Les installations de connexion ayant été fortement affectées.
Et ce n’est pas tout. "Le nettoyage des débris a pris beaucoup trop de retard et la construction de logements temporaires pour les évacués n'est pas encore terminée", note un journal japonais dans sa parution du 11 juin 2011. Le gouvernement n’a pas encore décidé d’un plan de reconstruction car il ne sait pas comment mobiliser au moins 200 milliards de Dollars lorsque sa dette publique fait le double de son Produit Intérieur Brut (PIB). Mais la situation de chaos que continue de vivre le Japon est encore plus difficile avec le réveil de vieux démons du passé : la discrimination des victimes de la catastrophe nucléaire.
Un article publié sur le site de RFI nous explique que les conséquences de la catastrophe nucléaire suite au séisme du 11 mars dernier rappellent les discriminations dont ont été victimes les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, après la seconde guerre mondiale : refus de certains restaurants de les accueillir, difficultés à trouver des places dans des hôpitaux et des centres d’hébergement d'urgence…
Nous lisons que cette discrimination a atteint des proportions inquiétantes comme le cas d’une fillette à qui on a refusé une place à l’hôpital. « Les préfectures de Miyagi et de Fukushima sont voisines. C’est vrai que j’ai entendu parler de ce phénomène mais au centre de bénévolat il y a beaucoup de personnes qui viennent de Fukushima et on n’a jamais fait de différence » tente de tempérer une bénévole travaillant depuis un mois dans la région. Un ressortissant français habitant à 60 Kilomètres de la centrale de Fukushima affirmait de son côté que « récemment une personne n’a pas pu donner son sang parce qu’elle venait de Fukushima ».
La distance avec le cœur de la centrale nucléaire continue de poser problème. Si la zone d’exclusion est passée de 20 à 40 km autour de Fukushima quelques jours après la catastrophe, elle a été ramenée à 20 km en avril. Alors que beaucoup de pays continuent de conseiller à leurs ressortissants d’être à plus de 80 km de Fukushima.
Ces actes discrimination, associés au sentiment d’abandon face à la lenteur dans la réponse d’après crise qui est reprochée au gouvernement nippon, viennent plonger encore plus les victimes dans le désespoir et le manque de perspectives heureuses immédiates et dans le court terme.
© UNICEF/NYHQ2011-0495/Richard Grehan, Japan, 2011- On 23 March, UNICEF early childhood development kits, schools-in-a-box, and recreation kits arrive at Narita Airport, near Tokyo, the capital. The supplies were procured by the Japan Committee for UNICEF and will be transported to areas affected by the earthquake and tsunami
Internet : les enfants pris dans la toile ?
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Internet. Voici un mot qui provoque rarement aujourd’hui un silence admirateur des amis quand on le prononce. Il y’a encore quelque années son accès semblait faire référence au luxe, à un signe extérieur de réussite sociale sous le soleil africain. Mais depuis peu, internet est devenu, comme la possession d’un téléphone mobile, un service auquel ont accès ou sont susceptibles de l’être un nombre non négligeable de personnes. Les cybercafés pullulent dans les différents quartiers, non plus seulement dans les grandes agglomérations, mais aussi dans les villes de la province et bien souvent dans des sous-préfectures. Ajouté à cela, le coût a été considérablement réduit au point qu’on paye généralement moins pour trente minutes de connexion internet que pour deux minutes d’appel téléphone local sur un réseau donné dans une cabine.
Ceux qui animent ces cybercafés, lorsqu’ils n’ont pas la connexion à la maison, sont essentiellement des jeunes et des enfants. Pouvait-il en être autrement ? Nous ne pensons que non car utiliser internet suppose maîtriser un peu l’ordinateur lui-même. Et ce sont les jeunes et les enfants d’aujourd’hui, la génération des nouvelles technologies, celle qui a eu un meilleur accès à l’école, celle qui n’a pas vraiment connu la seule chaîne à la télévision mais plutôt les chaînes câblées, celle donc qui a eu un accès plus facile à l’ouverture sur le monde et ses différents démembrements, qui peuvent réellement conduire la dynamique de l’accès à internet. L’avènement des réseaux sociaux (Facebook, Badoo, Hi5, … pour ne citer que quelques exemples) est venu encore booster le nombre de "pratiquants" de la religion "internet".
Ils sont nombreux ces adolescents et ces enfants qui ont créés des profils sur ces différents réseaux, certains en ont un sur au moins deux ou trois différents, pour normalement partager leur photos, se faire des "amis" ou des correspondants, exprimer leurs humeurs, …. Tout le monde se plonge dans cette aventure, et même les enfants et jeunes des classes sociales les moins favorisées ne se font pas prier. Cet intérêt pour internet est si poussé que nous sommes certainement nombreux à avoir assisté à ces scènes de jeunes, généralement des filles, analphabètes qui se sont fait créer des profils et qui, lorsqu’elles viennent consulter avec leur "aide internet", posent en permanence cette importante question : « il doit quoi ? ».
Pour beaucoup de ces enfants et adolescents, il était difficile de ne pas y être. Comment résister à l’idée de ne pas créer son profil sur un réseau social lorsque quasiment toute la classe, tous les amis du quartier y sont, participent à une véritable lutte pour être celui ou celle qui aura le plus d’amis où les photos les plus attirantes et qui sont fiers d’en parler ? Ne pas s’y inscrire c’est comme se mettre en marge de la société, s’isoler. Mieux, l’inscription sur les réseaux sociaux est devenue un effet de mode, voire une nécessité dans cette époque où le m’as-tu-vu et l’apparence comptent, et où les jeunes africains, à force de copier et de vouloir vivre la vie de leurs pairs européens ont fini, de notre point de vue, par dépasser ceux-ci en la matière.
Et pourtant, comme la toile tissée par l’araignée, internet est un véritable piège, un nid de dangers pour ceux qui l’utilisent sans être conscients de ce fait, ou en n’étant pas suffisamment encadrés lorsqu’ils sont plus jeunes. Le site e-enfance relève un certains nombres de risques auxquels s’exposent principalement les plus jeunes. On a par exemple l’exposition involontaire à des images choquantes, la divulgation des données personnelles (nom, prénoms, adresse, école, …) et les pressions psychologiques de la part de personnes malintentionnées. Malheureusement, la mesure prise par les gestionnaires des réseaux sociaux d’autoriser l’inscription de toute personne à leur plateforme généralement à partir de 13 ans n’est pas efficace.
Un article paru dans le Washington Port (article en anglais) montre qu’un récent sondage réalisé par un magazine a révélé qu’environ cinq millions d’utilisateurs de Facebook aux Etats Unis ont moins de dix ans et deux millions cinq cent mille autres inscrits ont entre onze et douze ans. Ces jeunes internautes sont inscrits sur d’autres réseaux où ils donnent des indications sur leur lieu d’habitation et deviennent amis avec des inconnus sur des sites de jeux. L’auteur de ce article notre que « cela fait beaucoup de liberté pour des enfants qui ne peuvent pas s’assoir à l’avant de la voiture ou aller à l’école avec un ami sans avoir obtenu la permission de leur parents ». C’est certainement trop de liberté du point de vue des défenseurs des enfants et de certains députés américains. Ceux-ci exercent d’énormes pression sur les différentes compagnies afin qu’elles travaillent à empêcher les enfants d’avoir accès à ces sites et souhaitent la création de règles fédérales qui pourraient limiter les capacités de collecte des données concernant les enfants par ces sites.
Une autre enquête, dont des résultats ont été publiés dans le journal Le monde a été réalisée en Europe et a ciblé plus de vingt-cinq mille enfants de neuf à seize ans. Elle montre que l’âge moyen d’accès à internet tend à diminuer dans les différents pays : sept ans en Suède, entre huit et neuf ans en France. Cette enquête montre que ces enfants sont exposés à des contenus choquants (message de haine ou traitant de la drogue, du suicide, de l’anorexie), ou au harcèlement en ligne. Les résultats de cette enquête montrent que si les parents ont tendance à surestimer le traumatisme que peut générer un contenu choquant, ils sous-estiment largement les types d'expérience qu'ont pu connaître leurs enfants. Ainsi, 40 % des parents dont les enfants ont vu des images sexuelles pensent que cela ne leur est pas arrivé, et ce chiffre monte à 56 % pour les destinataires de messages agressifs.
Les parents de ces internautes sont bien souvent dépassés par toute cette technologie qui leur semble venir d’un autre monde. Ce sont même souvent leurs propres enfants qui leur expliquent le fonctionnement de l’outil informatique, de ces réseaux sociaux et qui les assistent dans bien des cas dans la mise en place des systèmes de contrôle parental. Comment peuvent-ils réellement contrôler les opérations de ceux-ci lorsqu’ils sont connectés ? Quant est-il de la situation en Afrique ou dans les pays du tiers monde ? Peu d’informations sont disponibles alors qu’on sait que ce sont des zones où le contrôle et la traque des délinquants du net, particulièrement les délinquant sexuels, ne sont vraiment pas une préoccupation ou sont classées après le problème de l’accès à l’éducation de qualité des enfants et des jeunes, celui d’offrir des soins de santé primaires aux populations, celui de résoudre le problème de pauvreté et de sous-alimentation qui frappe souvent la moitié d’entre elles, de créer des opportunités d’emploi pour quasiment la moitié des jeunes diplômés ou en âge de travailler qui attendent au chômage, de régler les conflits intercommunautaires ou sources de protestation nées de l’injustice sociale, ….
Toutefois, il n’est plus à démontrer que certains cybercafés, pas nature incompatibles avec les systèmes de contrôle et de censure, sont de véritables clubs pornographiques et où des enfants jouent à des jeux d’une extrême violence sans le contrôle de qui que ce soit. Mieux, cette grande liberté pousse beaucoup à mettre sur leurs profils des photos osées et ne les empêche pas à visiter des sites de discussion ou de rencontres pour adultes.
Que faire ? Il apparait clairement que la solution n’est pas si simple. Et le porte-parole de Facebook, Andrew Noyes, dans l’article du Washington Post dont nous faisions mention plus haut, le dit si bien : « De récents rapports ont mis en avant la difficulté de la mise en œuvre de restrictions sur l’âge d’accès à internet et montré qu’il n’existe pas une seule solution qui pourrait permettre de s’assurer que les jeunes enfants ne contourneront pas ces restrictions ou qu’ils ne mentiront pas sur leur âge ».
Mais nous croyons qu’un début de solution, comme le note si bien e-enfance en plus de nous proposer quelques outils de protection, serait que les parents jouent un rôle plus grand : les enfants ont besoin d’être guidés et d’être accompagnés. Cela n’exclut les responsabilités des gestionnaires des réseaux sociaux et sites internet, les éducateurs et l’Etat, sans oublier les jeunes eux-mêmes. Une éducation sur les différents risques pourrait être pensée.
© UNICEF/NYHQ2009-1768/Susan Markisz
Libye et Syrie : enfants et adolescents en danger
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Voici déjà quelques mois que le vent de la Révolution du jasmin a touché la Syrie et la Libye. Mais dans ces deux pays, ces mouvements de populations, loin de prendre la tournure de ceux en Tunisie (point de départ de cette révolution) et en Egypte, ont conduit la Libye et la Syrie dans une sorte d’impasse aujourd’hui.
Après les violentes répressions à coup d’armes lourdes et mêmes d’avions et d’hélicoptères de combat en Libye, freiné par la Résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies (instauration d’une zone d’interdiction aérienne, destruction des armes lourdes, blocage de l’avancée de l’armée libyenne), le Colonel Kadhafi résiste et ses troupes, après un moment de silence, ont repris les combats ces derniers temps. Quant à la Syrie, les nombreuses condamnations dans le monde entier, les sanctions (gel des avoirs à l’étrangers, interdiction de voyage) prises par les autorités européennes et les Etats-Unis n’ont visiblement pas l’effet souhaité vu que la répression est de plus en violente malgré la soi-disant suppression de l’Etat d’urgence par le Président Assad. Il est clair que les populations civiles sont très affectées par ces conflits qui n’en finissent pas. Et s’il y a un groupe qui est le plus affecté, évidemment à côté de celui des femmes, c’est indéniablement celui des enfants et des adolescents.
En Libye, les mouvements de protestation sont devenus très vite des groupes d’insurgés armés qui combattent avec des armes de différents calibres. Il faut donc trouver des "éléments" afin de former les "troupes" combattantes. C’est ainsi que des adolescents, et certainement des enfants, sont entraînés au maniement des armes et sont transformés en soldats de la "dignité". Une vidéo publiée sur internet début avril donne la parfaite illustration que les rebelles libyens forment des adolescents dans ce sens. Bien avant la publication de cette vidéo, l’UNICEF va attirer l’attention des uns et des autres dès mars. Dans une note d’actualité publiée sur son site, cet organisme faisait cas de rapports alarmants selon lesquels des enfants et des adolescents prenaient part aux hostilités, y compris en Libye. Au-delà du cas d’engagement direct dans les troupes, les enfants et adolescents souffrent des effets du conflit libyen.
Rebecca Fordham, spécialiste de la communication dans l’équipe d’aide d’urgence de l’UNICEF dans le pays, notait dans un article paru dans le Washington post (article en anglais) que des dizaines de milliers d’enfants ont été traumatisés par une exposition directe à la violence pendant que beaucoup ont été soit tués, soit mutilés. « Beaucoup d’enfants libyens ont été piégés dans leurs maisons, sont incapables d’aller à l’école ou de jouer à l’air libre », ajoute-t-elle. En plus de tout cela, il faut noter que les enfants et les adolescents, singulièrement ceux du sexe féminin, ne sont pas à l’abri des viols perpétrés ces derniers temps par les troupes du colonel Kadhafi qui sont soupçonnés d’avoir transformé ces agressions sexuelles en arme de guerre.
La situation des enfants et des adolescents est aussi loin d’être reluisante en Syrie. Ici, nous n’avons pas vraiment d’éléments relatifs à l’implication ou non d’enfants et adolescents dans les conflits. Cela étant certainement dû au fait que, contrairement à la Libye, l’armée du Président Bachar Al-Assad a en face d’elle un mouvement de protestation qui reste globalement constitué de civils et non de combattants armés. Toutefois, les enfants et adolescents sont manipulés dans les deux camps (partisans des autorités et manifestants) dans le cadre des messages de propagande. Bien souvent, ils prennent part aux manifestations de protestation en défiant les forces de l’ordre aux côtés de leurs parents. Parmi les nombreux morts occasionnés par ces mouvements et la violente répression, la répression barbare que proposent les autorités syriennes comme réponse, figurent des enfants.
Début juin 2011, l’UNICEF faisait cas d’au moins trente tués lors de la répression des manifestations. Un journaliste de Associated Press notait quant à lui dans un article paru le 9 juin dernier que selon les Comités de coordination locale, une organisation syrienne qui réunit des documents concernant les manifestations, au moins 72 enfants et adolescents ont perdu la vie à cause de la répression qu'exercent les autorités contre les Syriens qui réclament la fin du régime de leur président. Le même article faisait cas d’une vidéo présentant le corps de Tamer Mohammed al-Sharei, un adolescent de 15 ans, qui aurait été torturé, selon les militants syriens ayant publié cette vidéo, par les autorités syriennes. Sur le corps de cet adolescent, note-t-il, il était possible de voir ce qui semble être « une blessure par balle dans le genou gauche du corps ainsi que le numéro 12 inscrit, à l'encre, sur la poitrine. Le garçon semble avoir perdu la plupart de ses dents ». Et le journaliste d’ajouter que « cette vidéo s'ajoute à d'autres images troublantes de jeunes qui auraient été tués par la répression des autorités syriennes, images qui sont diffusées sur YouTube, Facebook et sur le site Web de groupes d'opposants ». Cette vidéo vient certainement renforcer les accusations de crime contre l’humanité à Deraa, y compris contre plus d’une dizaine d’enfants et adolescents, formulées contre les forces syriennes.
Que ce soit en Libye ou en Syrie, les combats ont entrainé et continuent de pousser beaucoup de civils, des jeunes, femmes et enfants pour l’essentiel, à quitter leurs pays respectifs de résidence habituelle. Malgré les difficultés d’après révolution, la Tunisie fait des efforts pour accueillir ces populations venant de la Libye. D’autres, essentiellement des ressortissants d’Afrique subsaharienne, font le choix de revenir dans leurs pays respectifs, venant du coup agrandir le nombre de chômeurs et fragilisant les conditions de vie de leurs familles qui bénéficiaient de leurs transferts de fonds et leurs enfants seront, pour on ne sait combien de temps, confrontés aux difficultés d’accès aux services dont ils bénéficiaient certainement dans leur vie en Libye. Cependant, ils sont nombreux qui font le choix de s’orienter vers l’Europe tout en espérant pouvoir refaire leur vie et proposer un meilleur avenir à leurs enfants.
Pour la Syrie, ce sont des milliers de femmes d’enfants pour l’essentiel qui fuient les combats et qui s’orientent vers la Turquie voisine. Ce serait entre 4600 et 7000 qui sont déjà accueillis et près de 10 000 autres attendent à la frontière.
© UNICEF/NYHQ2008-0530/Kate Brooks - Syrian Arab Republic, 2008 - Safa stands outside her home in the Jaramana refugee camp, near Damascus, the capital. Parts of the Jaramana camp are being demolished by the government to make room for city development, and many residents are being relocated to al-Husseineh, a neighbourhood southeast of Damascus.
Solidays 2011: nous y sommes!
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Nous le notions prédemment dans un autre article, le Festival Solidays tiendra cette année encore toutes ses promesses. Du monde, on n'en manquera pas une fois de plus. Beaucoup seront des jeunes qui depuis des jours, voire des semaines, ont acheté leurs tickets, reservé leur place de camping afin d'être et de vivre pleinement ce rendez-vous de la solidarité avec les malades et les personnes touchées. Il y aura aussi des représentants associatifs venus de part le monde pour expliquer leurs actions et engagements dans la prévention, la prise en charge et l'accompagnement des personnes et des familles touchées par ce fléau, le plaidoyer. Notons aussi la présence d'autres associations intervant dans d'autres domaines : Droits de l'Homme, environnement, ....
Pour l'ambiance, pas de soucis. Des artistes assureront tout au long du Week-end du 24 au 26 juin 2011 le show à travers 80 concerts et partageront ainsi leur rage de vaincre le sida avec la force des décibels et la chaleur qu'ils dégageront dans les rangs des festivaliers. Et aux côtés de tout ce monde, nous avons une équipe de Solidarité Sida, l'association organisatrice du Festival Solidays et ses dizaines de bénévoles qui travaillent depuis des semaines, et enore plus pendant le festival, pour sa réussite. Rappelons que le Festival Solidays permet chaque année de mobiliser des fonds pour continuer à accompagner l'action des association en France et dans le monde. Juste une idée de ce qui va se passer à l'Hippodrôme de Longchamp à travers cette bande-annonce
En Corée du Sud, la performance scolaire se fait avec le suicide des enfants et des jeunes.
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Chaque trois ans l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), organisme international créé en 1960 et composé de trente-quatre Etats membres et de trente-un partenaires collaborant dans le but de coordonner leurs politiques économiques et sociales, réalise l’enquête PISA. Le Programme International de l’OCDE pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA) est une enquête qui cherche à évaluer la capacité des jeunes à utiliser leurs connaissances et compétences pour relever les défis du monde réel. Cette enquête cible les adolescents de 15 ans chez les différents Etats membres et partenaires. Le PISA 2009 a montré que la Corée du Sud est le pays le plus performant de l’OCDE. Il devance la Finlande, loin devant les Etats-Unis, la France, l’Autriche selon le score moyen sur l’échelle de compréhension de l’écrit. La Corée du sud est aussi le pays de l’OCDE qui a obtenu le score moyen le plus élevé aux épreuves de mathématiques du cycle de PISA 2009. Ce pays a réussi à accroître son score pourtant déjà élevé en compréhension de l’écrit : le pourcentage d’élèves aux niveaux 5 et 6 a plus que doublé de 2000 à 2009. Sur la même période (entre 2000 et 2009), la proportion des élèves les plus performants a augmenté de plus de sept points de pourcentage. Mais derrière cette performance tant du système éducatif que des élèves coréens se cache une triste réalité dans laquelle baigne la société coréenne : le suicide.
Ce sont en moyenne 35 personnes qui tentent de se donner la mort dans le pays chaque jour. Ce qui fait que la Corée du Sud détient le record de suicides dans les pays industrialisés, en plus d’être le pays où l’on travaille le plus dans toute l’OCDE. Le nombre de suicides en Corée du Sud a doublé ces dernières années. Des experts attribuent ce phénomène aux brusques bouleversements que connaît la société sud-coréenne en raison de la rapide industrialisation du pays, qui a entraîné une concurrence impitoyable et des situations financières difficiles (article de Courrier International).
Malheureusement, les élèves et les étudiants sont touchés par ce phénomène, et très fortement d’ailleurs.
Depuis le début de 2011, au moins quatre étudiants du prestigieux Institut Supérieur de Science et de Technologie (KAIST) se sont suicidés. Selon un rapport du Ministère coréen de l’éducation et des technologies, cité par Aujourd’hui le monde, en 2009, 202 élèves et étudiants se sont donnés la mort en Corée du sud. Parmi eux, on notait 140 qui étaient à l'université, 56 au collège et 6 à l'école primaire. Ce chiffre inquiétant représentait une augmentation de 50% par rapport à 2008.
L’une des principales explications de cette situation demeure la pression scolaire. Et tout part de l’âge coréen. Et oui ! Il y a un "âge coréen ". Nous, pour ce que je sais des occidentaux et des africains, ne comptons pas de la même manière que les coréens. J’en fus moi-même très surpris lorsque je l’ai lu très récemment. Dans ce pays donc, l’enfant à la naissance est considéré être âgé de un an car la période de gestation (grossesse) est considérée comme l’âge extra-utérin de l’enfant. Il est donc pris en compte et les neuf mois standards de grossesse sont arrondis à un an pour faciliter les calculs. A supposé qu’un bébé vienne au monde la veille du nouvel an coréen, il a un an. Le lendemain il aura deux ans, soit deux ans de décalage scolaire par rapport aux autres enfants occidentaux et africains. Deux ans de décalage, mais surtout une plus grande précocité à son inscription à l’école.
En plus de l’âge, la Corée est un pays où le système éducatif est réputé être l’un des plus rigoureux au monde. S’ils ne le sont pas au niveau de la maternelle en principe, les châtiments corporels sont tolérés et pratiqués dans le cadre de ce qu’on pourrait qualifier de politique de tolérance zéro pour un travail non fait, une mauvaise réponse ou une mauvaise note. Il s’agit d’un véritable cauchemar pour les enfants qui en "bénéficient" car ils sont bien souvent comparés à de la torture : coups de canne sur les fesses, les gifles et coups de règles, et autres punitions souvent dénoncées par des internautes tel le cas d’enfants à la maternelle qui doivent tenir sur la tête un gros livre tout en étant à genou, et ce durant des heures.
Et ce n’est pas tout ! La recherche de l’excellence est un peu trop poussée à son extrême par les parents. En plus des heures de cours que doivent passer ces enfants et jeunes à l’école, ils sont bien souvent inscrits dans des "Hagwons", des sortes d’académises privées afin d’apprendre, deux à trois fois par semaine, le violon, le piano, l’informatique, l’anglais. Ces cours du soir "parallèles" ont aussi leurs devoirs de maison qu’il faut faire en plus de ceux donnés par les enseignants de l’école du matin. Les parents donnent une si grande valeur à ces cours dans les Hagwons qu’est considéré comme indigne celui qui n’y inscrit pas ses enfants.
Pis, lorsque les résultats ne sont pas bons, lorsque l’enfant ou le jeune n’est pas premier comme le souhaite les parents afin de s’en vanter auprès des camarades comme un trophée, ceux-ci préfèrent orienter leurs enfants vers des cours parallèles supplémentaires.
Finalement, on se retrouve avec des enfants qui grandissent sans toujours avoir l’occasion de jouer ou de s’épanouir suffisamment, qui manquent sérieusement de sommeil et de repos, qui sont en permanence stressés et qui n’ont personne pour les écouter et pour les comprendre. Cette forte pression, tant sociale que familiale, la peur de l’échec, la peur de décevoir la famille ou de devenir l’objet du "déshonneur" de sa lignée et de ses parents, ouvrent facilement la voie à la dépression. L’envie de se libérer de toutes ces contraintes et de tout ce poids mis sur la tête est forcément permanente. Et le suicide est malheureusement vu et choisi comme la seule échappatoire par ces enfants et jeunes.
Sincèrement, c’est ça le prix de la réussite scolaire, de la performance éducative ? Si c’est le cas, le paresseux d’africain que je suis, je vous dis non, merci.
Cartel au Mexique : « je ne m’y suis pas mis, on m’y a jeté »
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14 ans. Généralement à cet âge, pour ce que je sais des jeunes garçons les plus chanceux dans les quartiers populaires et populeux dans nos autres pays d’Afrique, on a généralement comme passe-temps le football sur un terrain où la présence de quelques herbes semble être anormale vu que c’est plutôt du gravier ou de la terre battue qui inonde l’espace de jeux. En plus, on n’a généralement pas encore fini son premier cycle de collège ou bien souvent on est encore au niveau Cours Moyen de l’enseignement primaire (lorsqu’on est scolarisé bien évidemment). Mais les choses changent quand on se prénomme Edgar et qu’on vit dans un pays où des cartels, des groupements de trafiquants de drogues (narcotrafiquants), imposent bien souvent leur loi dans certaines régions, au prix des intimidations et de la violence, comme au Mexique.
Afin de faire face à cette situation, le Président mexicain a lancé une véritable offensive depuis 2006. A côté des forces de police, plus de 50 000 militaires supplémentaires ont été déployés en renfort sur tout le territoire. La "guerre", car c’est ainsi qu’il faut vraiment l’appeler, opposant non seulement les cartels entre eux pour le contrôle et la défense des "territoires" d’activités, puis entre ceux-ci et les forces de l’ordre est si violente et sans pitié que jusqu’en décembre 2010, on estimait à plus de 3000 le nombre de personnes tuées depuis le début de cette offensive en 2006. Et comme tout conflit, la guerre de la drogue a malheureusement ses enfants soldats. Edgar Jimenez Lugo fait partie de ceux-ci.
Le 3 décembre 2010, Paris Match rapportait que la police mexicaine avait arrêté cet adolescent de 14 ans au moment où ce dernier tentait de se rendre aux Etats-Unis voisin dont il est originaire. "El Ponchis", comme il (s’)est surnommé, déclarant avoir été drogué depuis l’âge de onze ans par le chef d’un gang de tueurs à gage d’un cartel qui l’avait engagé de force, a reconnu le meurtre de quatre personnes qui ont été retrouvées deux mois auparavant démembrées et pendues à un pont. Interrogé par la police lors de ce qui semblait être une mise en scène aux dires du journaliste de Paris Match, Edgar, tout en regrettant avoir appartenu à ce gang et avoir tué, et répondant à la question « pourquoi t’es-tu mis dedans ? », affirma : « je ne m’y suis pas mis, on m’y a jeté ».
Ils sont nombreux ces enfants et jeunes, la tranche d’âge est estimée se situer entre 12 et 23 ans, qui sont recrutés par les cartels et leurs branches armées comme tueurs, mais bien souvent comme des objets sexuels. Et comme dans toute guerre, c’est quelque fois par la force que ces enfants et adolescents sont transformés en monstres ou boucliers humains, en chairs à canon. Les filles ne sont pas en marge de ce phénomène. Lors de son arrestation, Edgar était avec sa sœur de 19 ans qui était suspectée d’être à la tête d’un gang de filles qui se seraient chargées de disperser les corps démembrés des victimes.
A regarder de près, il est difficile de voir comment ces enfants et jeunes peuvent réellement faire pour résister aux recrutements forcés dans ces gangs. Surtout quand on sait que les cartels, comme le relevait le journal Le Monde, sont de plus en plus militarisés et surarmés. La perméabilité de la frontière d’avec les Etats-Unis au Nord du pays qui aide aux transferts illégaux, à laquelle s’ajoute la corruption au sein de l’administration, facilitent l’approvisionnement des cartels en matériel militaire, et de plus en plus ils disposent d’armes de haut calibre, d’armes lourdes tel que des mitrailleuses aériennes. Ils disposent donc d’équipements leurs permettant d’avoir des branches armées très organisées et très puissantes, suffisamment pour intimider des quartiers, des secteurs entiers et toute personne qui voudrait faire valoir sa volonté et son point de vue contrairement à ceux des responsables des cartels. Mais, si la question des recrutements forcés ne peut être discutée, il ne faut pas non plus négliger le cas des jeunes qui s’engagent volontiers dans ces gangs. Les difficultés nées de la fracture sociale qui fragilisent encore plus les familles les plus pauvres, les obligeant à vivre dans des bidonvilles insalubres (les Favelas), le sentiment du laissé-pour-compte, peuvent et conduisent forcement beaucoup de jeunes qui y vivent (Bidonvilles) à intégrer ces gangs. Cette immixtion dans les cartels leur permet d’avoir des ressources financières nécessaires pour s’occuper de leurs familles, pour réaliser leurs rêves, et surtout pour défier l’autorité de l’Etat qui les a oublié.
Les enfants et les jeunes, ainsi que leurs familles, ne sont pas victimes de cette guerre uniquement en étant à l’intérieur des gangs. La guerre entre les différents cartels et entre eux et les forces de l’ordre a instauré un véritable climat de terreur au Mexique. Selon RTL, depuis le 1er avril 2011, ce sont au moins 183 corps qui ont été retrouvés dans 40 charniers découverts dans l’Etat de Tamaulipas, dans le Nord-Est du pays, par lequel transite plus d'un tiers du commerce légal vers les Etats-Unis. La majorité des victimes des charniers pourrait être des migrants, selon les autorités qui ont attribué le massacre à un cartel spécialisé dans l'extorsion et les recrutements forcés. Ceux qui refusent seraient tués, tout simplement. Les enfants et jeunes sont souvent victimes des balles assassines ou autres méthodes meurtrières des cartels qui se servent de ces morts pour passer un message à d’autres gangs, pour intimider la population ou pour montrer aux forces de l’ordre que ce sont plutôt eux qui décident de l’ordre qui doit régner dans les espaces où ils exercent.
Malheureusement les violences entre gangs liés à la drogue n’est pas une question typiquement mexicaine, même si la virulence des combats, le degré d’organisation et de concurrence n’est pas comparable. L’Europe n’est pas épargnée par cette situation et plus particulièrement la France. Dans ce pays, la ville de Sevran, située dans le département de Seine-Saint-Denis à environ une dizaine de kilomètres au Nord-Est de la capitale française (Paris), reste malheureusement une référence en matière de gangs et de violence liés au trafic de drogue. Cette ville est le théâtre d’affrontements réguliers, de plus en plus violents et visibles entres plusieurs gangs pour le contrôle du territoire. Ces différents affrontements entre gangs se sont encore exprimés ce 1er juin 2011. Des coups de feu ont obligé le Directeur d’école situé dans le secteur où ces tirs ont retenti à ne pas autoriser les élèves de son établissement à sortir des classes pour occuper la cours quand l’heure de la récréation a sonné. La situation est tellement difficile qu’une enquête a montré que près des deux tiers des habitants de cette zone souhaitaient déménager de là, et le Maire de demander un renforcement du dispositif policier dans sa ville afin de mettre en place une surveillance 24h/24. Il n’y a pas plus précis signe de désespoir et d’aveux d’impuissance que ça.
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Sida : trente ans après la découverte, la lutte reste encore difficile mais nous tenons le bon bout
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Voici déjà trente années que les premiers cas de ce qui sera appelée quelques temps plus tard Syndrome de l’Immuno-Déficience Acquise (sida) ont été découverts par le Centre de Contrôle des Maladies (Center for Diseases Control – CDC-) d’Atlanta, aux Etats-Unis. Après les querelles entre français et américains sur la paternité de la découverte du Virus de l’Immunodéficience Humain (VIH) et l’identification d’une autre variante de ce virus conduisant du coup à une catégorisation VIH1 et VIH2, suite à l’identification d’autres cas en France et en Afrique (Ex-Zaïre, Rwanda), le monde comprend très vite qu’il a affaire à une épidémie très complexe. La riposte, pour ne pas dire la réponse, va s’organiser très rapidement et sur les différents fronts au fil des années : recherche d’un traitement curatif et surtout d’un vaccin ou tout autre moyen d’immunisation de l’organisme contre ces virus, accès à des traitements et soins de santé pour les personnes infectées, prévention de nouvelles infections, défense des Droits des personnes infectées, soutien psychosocial des personnes et familles touchées, des enfants et jeunes touchés (affectés ou orphelins) en facilitant leur accès aux services sociaux de base (nourriture, logement, scolarisation, santé,…), ….
Cet engagement mondial va par exemple se traduire par l’instauration de la Conférence Internationale sur le Sida dès 1985, la déclaration du 1er décembre comme Journée Mondiale de lutte contre le sida depuis 1988, la création de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) en France en 1989, la création du Programme Commun des Nations Unies sur le Sida (ONUSIDA) et l’arrivée de la trithérapie en 1996, l’adoption historique de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida par des Chefs d’Etats lors de la session extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le VIH/sida en 2001, la création du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose en 2003, le Plan d’Urgence du Président Américain contre le Sida (PEPFAR) et de nombreuses Fondations et Organisations qui voient le jour pour soutenir l’action des pays et des associations sur le terrain.
Depuis des années, les partenaires au développement, des Etats, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) internationales et surtout nationales et locales ou communautaires se battent au quotidien contre le sida (et ses conséquences) qui est devenu "le fléau des siècles". Des fonds importants, mais surtout des personnes dans le monde entier, généralement de simples bénévoles ou volontaires indemnisés consacrent au quotidien du temps, de l’énergie, de la détermination, de l’engagement, avec patience, amour et persévérance dans ce combat afin de lui donner un visage un peu plus humain.
Seulement en 2011, trente ans après la publication du Bulletin hebdomadaire du CDC d’Atlanta décrivant des cas de problèmes pulmonaires graves liés à un déficit immunitaire chez des jeunes homosexuels et vingt ans après la naissance du Ruban Rouge (en 1991) devenu le symbole de la lutte contre le sida, nous sommes loin de la vision du Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA). Cette vision se compose de trois objectifs complémentaires : Zéro nouvelle infection, Zéro discrimination, Zéro décès du fait du sida.
Selon le Rapport de l’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale de sida 2010, le monde compte aujourd’hui 33,2 millions de personnes vivant avec le VIH, et plus de 22,5 millions d’entre elles vivent en Afrique Subsaharienne. Pendant que plus de 2 millions d’enfants de moins de 15 ans vivent avec cette maladie au quotidien, ce sont plus de 16 millions d’autres qui en sont orphelins. Ce même rapport note que ce sont 2,6 millions de nouvelles infections et 1,8 millions de décès d’adultes et d’enfants du fait du VIH qui ont été enregistrés en 2009. En plus, sur les 15 millions (estimations) de personnes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible et intermédiaire qui ont besoin d’un traitement, ce sont 5,2 millions qui y ont accès. Aussi, la discrimination et la stigmatisation des personnes infectées, des enfants qui en sont touchés, ont certes reculé, mais elles restent encore présentes et constituent une véritable barrière dans la prise en charge de la maladie et le bon accompagnement social des malades et de leurs familles. Les toxicomanes, les homosexuels, les personnes en milieu carcéral et les travailleurs du sexe restent des populations vulnérables. Pour boucler la boucle, les engagements financiers des pays les plus riches ne sont pas complètement tenus. Selon le rapport de l’ONUSIDA cité plus haut, ce sont plus de 10 milliards de Dollars US qui manquaient pour couvrir les besoins pour la seule année 2010. Cette différence de fonds disponibles impacte négativement les différents efforts consentis surtout pour un accès universel au traitement (Antirétroviraux – ARV-) et l’action sur le terrain dans les pays les plus pauvres.
Il est vrai, et les précédentes lignes l’attestent bien, les défis qui nous attendent sont nombreux et la tâche reste grande malgré les efforts et l’engagement des uns et des autres. Mais tout n’est pas sombre trente ans après la découverte du sida, surtout depuis que le monde se mobilise pour y faire face.
Nous notons une réduction de 19% des nouvelles infections dans le monde de 1999 à 2009. Ce recul est supérieur à 25% entre 2001 et 2009 dans 33 pays faisant partie des plus touchés dont 22 sont en Afrique Subsaharienne, même si c’est la situation inverse dans sept autres pays dont cinq sont en Europe Orientale et Asie centrale avec une augmentation de 25% sur la même période. A cela s’ajoute l’essai d’un nouveau gel microbicide qui suscite beaucoup d’espoir pour toute une génération de femmes. Ce gel pourrait offrir aux femmes la possibilité de bloquer la propagation du VIH. Cela est d’autant plus important quand on sait que leur vulnérabilité au VIH est très élevée, surtout en Afrique subsaharienne où vivent plus de 80% des femmes infectées dans le monde. En plus, les droits de l’Homme s’inscrivent de plus en plus dans les stratégies nationales. Cette situation pourrait faire évoluer à la baisse le grand nombre de pays ayant des politiques très restrictives pour la circulation des personnes vivant avec le VIH et de ceux qui ont des lois contre les homosexuels. Même si ce sont autour de 36% des personnes qui ont besoin d’un traitement ARV qui en bénéficient actuellement, la réduction de moitié par les laboratoires des prix de ces médicaments contribuent à faire bénéficier plus de personnes aujourd’hui qu’au début des années 1990. Enfin, il ne faut pas oublier que malgré d’énormes difficultés et quelques contradictions, la prise en charge des personnes infectés et de leurs familles aide à croire en l’avenir. L’action des associations et autres ONG a aidé les personnes infectées à avoir la force de sortir de l’ombre et à s’afficher comme acteurs dans la recherche des solutions. Deux positions peuvent être adoptées vis-à-vis de la lutte contre le sida. D’un côté, on peut voir le verre à moitié vide en considérant principalement les nombreuses difficultés, les promesses non tenues, le nombre encore important de personnes qui sont infectées, qui meurent, qui deviennent orphelines de ce fléau. D’un autre voir le verre à moitié plein en estimant qu’au-delà de toute cette grisaille du chemin a été parcouru, que beaucoup reste à faire certes mais que beaucoup a été fait pour limiter les dégâts et maintenir le cap vers l’attente de la vision de l’ONUSIDA. Nous, nous optons pour le verre à moitié plein. Cela ne veut pas dire que nous pensons que les choses vont pour le mieux. C’est tout simplement que nous estimons que le travail qui a été et qui est fait porte des fruits non négligeables et que nous devons tous travailler d’arrache-pied afin de remplir l’autre moitié.
Image de l'ONUSIDA
Le poids du silence et de l’isolement nourrit le suicide chez les adolescents
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Qu’est-ce qu’un adolescent ? Il est difficile de définir cette notion vu qu’il ne semble pas exister de définition standardisée, universellement partagée sur la question. La Convention relative aux Droits de l’enfant, votée le 20 novembre 1989, se limite aux enfants qu’elle défit comme « toute personne humaine âgée de moins de 18 ans » et n’aborde pas la question de l’adolescence. Pour le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (’UNICEF), voire aussi pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sont adolescents les personnes âgées de 10 à 19 ans. Le Programme commun des Nations unies sur le sida (’ONUSIDA) considère, dans ses statistiques, comme enfant les personnes de 0 à 15 ans et adulte les 15 à 49 ans. D’autres enfin considèrent les personnes âgées de 15 à 24 ans tantôt comme des jeunes, tantôt comme adolescents. Il apparaît donc que les bornes de la notion d’adolescent varient selon les besoins d’informations et le domaine d’action. La seule constante est que l’adolescence est une "période de transition", une étape de la vie. Et cette étape au cours de laquelle de nombreuses transformations physiques et psychologiques apparaissent est une véritable zone de turbulence, une période très sensible qui demande un accompagnement et un encadrement afin de mieux faire face à la prochaine vie d’adulte. Cet accompagnement est nécessaire vu que de nombreux défis attendent les personnes qui arrivent à cette étape de la vie.
Parmi ces défis figure en bonne place la question d’une bonne santé mentale. Selon les estimations présentées par le rapport annuel de l’UNICEF, La situation des enfants dans le monde 2011 consacré pour cette édition à l’adolescence, près de 20% des plus d’un milliard d’adolescents de la planète sont confrontés à un problème de santé mentale et comportementale. Le même rapport relève que le suicide est l’une des trois principales causes de mortalité pour les 15-35 ans, avant d’ajouter que ce sont 71 000 adolescents qui se suicideraient chaque année quand le nombre de tentative est quarante fois supérieur à ce chiffre.
Le suicide reste une question encore difficilement abordé, un tabou dans nos sociétés, certainement plus que la sexualité aujourd’hui. Ce silence entourant ce phénomène est encore plus important en Afrique. Le faible intérêt qui semble culturellement être porté sur la gestion de la souffrance mentale et morale des personnes rend encore difficile la prise en compte du suicide. En témoigne, pour ce que je sais de mon pays la Côte d’Ivoire, la grande absence de cette thématique dans les différentes politiques de soutien des enfants et jeunes. Cela justifie en grande partie les difficultés rencontrées dans la recherche de données sur le suicide des adolescents. Et pourtant de nombreux facteurs et leurs conséquences potentielles sont là pour nous montrer que ce phénomène est bien dans nos sociétés africaines d’aujourd’hui, certainement un peu plus qu’il y a quelques années ou décennies, surtout quand la solidarité et l’esprit de famille au sens large perdent progressivement du terrain.
Entre autres exemples nous avons ces nombreux enfants et adolescents devenus très tôt chefs de famille après le décès de leurs parents et le refus de la famille élargie de les recueillir (ils doivent se comporter comme des adultes et s’occuper de leurs petits-frères et sœurs, et donc s’oublier et généralement sortir de l’école) ; les cas de jeunes filles rejetées par leurs parents, connaissances, souvent même par l’homme co-auteur supposé de la grossesse et sa famille, et qui font l’objet de moqueries d’anciens amis et qui sont abandonnées à elles-mêmes ; ces cas d’adolescents séropositifs qui souffrent de la stigmatisation de la communauté ou de proches du fait de leur statut sérologique et qui refusent pour cela de se rendre à l’hôpital ou se laissent mourir soit en ne prenant pas leurs médicaments soit en ne se nourrissant pas ; aussi ces adolescentes victimes d’agression sexuelles qui éprouvent de la honte pour en parler de peur d’être jugées comme étant à l’origine de leur malheur par exemple du fait de leur habillement et qui finissent par se croire vraiment responsable de leur propre agression ; enfin ces cas d’adolescents homosexuels ou bisexuels rejetés, voire souvent physiquement menacés pour leurs orientation sexuelles et qui en plus de cela sont obligés de vivre dans la peur permanente.
Tous ces éléments jouent fortement sur leurs capacités à faire face aux difficultés et sur l’estime que peuvent avoir ces adolescents d’eux-mêmes. Cette souffrance peut conduire les plus fragile et les moins soutenus ou encadrés à se donner la mort, d’une manière comme d’une autre, afin d’être libre et en paix.
Certainement que les pistes de solutions sont nombreuses. Seulement je pense que l’arme la plus importante se combine dans l’écoute et l’expression, la communication donc. Mon engagement associatif m’a permis depuis un peu plus de dix ans maintenant de participer à l’amélioration des conditions de vie des enfants et jeunes infectés et/ou affectés par le sida dans le centre de la Côte d’Ivoire. J’ai remarqué que dans l’expression "soutien psychosocial" une place plus importante était donnée à l’aspect social (réponse aux besoins matériels comme les volets alimentaire, logement, scolarisation, médicaments, …) et que l’aspect psychologique (travail sur la santé mentale et les aspects affectifs, comportemental, relation sociale et les connaissances) était trop noyé, voire même invisible. Les travailleurs sociaux (Assistant Social, Conseillers) étant très débordés par le grand nombre de familles et de personnes à soutenir, les conditions de travail très difficiles, le manque de personnel y compris de spécialistes tel que les psychologues ne facilitent pas les choses et n’offrent pas toujours le temps pour l’organisation d’entretiens personnels réguliers et la mise en route de réel, suivis personnalisés. Mais avec les concepts de groupe de parole ou club de soutien, par exemple pour les adolescents sous traitement, les participants mettent des mots sur leurs souffrances, partagent leurs angoisses, leurs inquiétudes et permettent ainsi aux intervenants sociaux d’adapter leurs actions en essayant de prendre en compte les besoins d’aide des uns et des autres.
Il faut donc faciliter le dialogue avec les adolescents. Pour ce faire il faut initier de véritables cadres et autres espaces d’écoute et de dialogue à la fois accessibles et sécurisants en leur direction. Accessible dans le sens où ils pourraient s’y rendre directement sans avoir obligatoirement besoin d’une orientation préalable, sécurisant du fait qu’ils auront confiance et se sentiront suffisamment bien vu qu’on ne cherchera pas à les jugés mais plutôt à les écouter et à les aider à trouver des solutions de soutien. Il existe très peu de structure destinées et adaptés aux besoins des adolescents et des jeunes, lieux où ces derniers trouveront des oreilles attentives. En plus, il faudra aider les différentes structures, généralement privées (associations, Organisations Non Gouvernementales), qui interviennent déjà dans le soutien des enfants et jeunes en difficultés et leurs familles, toutes causes confondues (VIH/sida, protection, santé, reproduction et santé sexuelle, violences éducation, …) à développer l’aspect psychologique dans le soutien apporté à leurs bénéficiaires. Ce soutien peut se traduire en terme de financement de postes d’intervenants sociaux et de psychologues, en appui au renforcement des capacités des acteurs sur les notions d’accompagnement psychologique à travers des sessions de formation et de remise à niveau et l’acquisition de supports de travail (documentation, outils de communication, et en favorisant le partage de bonnes pratiques à travers la capitalisation des expériences, les stages et autres voyages inter-associatifs. Mais dans tous les cas une place importante doit être donnée aux jeunes comme acteurs car il n’est plus à démontrer que les adolescents et jeunes ont tendances à parler plus facilement avec des personnes en qui ils se reconnaissent, en des pairs. Mon engagement associatif me permet de l’affirmer sans difficulté.
© UNICEF/NYHQ2010-1817/Shehzad Noorani – [les noms ont été changés] Mary, 18 ans s’occupe de sa sœur de deux ans dans le bar où elle est une travailleuse du sexe dans le district de Tarine (Tanzanie). Beaucoup de bars dans cette zone sont des bordels. Mary a quitté l’école à 13 ans afin d’aider ses parents à s’occuper de ses frères et sœurs. A 16 ans, elle travaillait comme danseuse dans une ville près de là avant de tomber enceinte. En 2009, elle devenu une travailleuse du sexe pour s’occuper de sa petite sœur. "Par jour, j’ai 8 à 10 clients, et ils paient entre 2 000 Shilling tanzanien et 10 000 Shilling tanzanien (environ 1,36 Dollars US et 6,81 Dollars US). Souvent ils nous battent et nous violent. Ils souhaitent avoir de quoi boire et commence à nous étrangler, nous violent et partent sans payer. Nous ne pouvons pas nous enfuir, où voulez-vous qu’on aille ? Souvent ils nous battent en public sous les yeux des gens qui ne viennent pas à notre secours…. Je me sens horrible car ma sœur voit tout ce que je fais : elle est toujours dans la chambre. J’ai des pensées de suicide, de la placer dans un orphelinat mais cela me fait peur. Je ne ressens aucun bonheur.
Les Réseaux Sociaux redonnent force au "quatrième pouvoir"
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En théorie, le pouvoir dans un Etat, si celui-ci adhère à l’idéal démocratique, est divisé en trois branches qui doivent normalement être détenues par trois organes ou institutions différentes : le pouvoir législatif (exercé par le Parlement qui est chargé d’élaborer et de voter les lois, puis d’assurer le contrôle du gouvernement dans ses activités), le pouvoir exécutif (détenu par le Gouvernement qui veille à l’application des lois dans la société, a son respect par les citoyens et qui s’occupe de la gestion quotidienne de l’Etat pour l’amélioration des conditions de vie des populations) et le pouvoir judiciaire (appartenant à la justice qui sanctionne les personnes qui ne respectent pas les lois et troublent l’ordre public). L’objectif de cette séparation des pouvoirs étant de garantir les libertés individuelles des citoyens à travers le rôle de contre-pouvoir, d’équilibre des pouvoirs, joués par ces différents pouvoirs les uns sur les autres.
Très vite, vers la fin du dix-huitième siècle, une autre force va s’imposer et être qualifiée de "quatrième pouvoir" : les médias (radio, télévision, presse écrite, internet, …). Du fait de l’influence qu’ils ont souvent sur les affaires publiques et les comportements des citoyens à travers la gestion de l’information, les médias se sont imposés comme un véritable acteur dans l’équilibre des différents pouvoirs et la garantie des libertés individuelles, mais jouant quelquefois un rôle néfaste de manipulation et de propagande. La reconnaissance de la liberté de la presse et de la dépénalisation des délits de presse (les journalistes n’étant plus jetés en prison pour leurs propos et écrits respectant les "règles et l’éthique" de leur métier) dans de nombreux pays ont fortement contribué à cette dynamique. Depuis plusieurs années, le "quatrième pouvoir" semblait avoir perdu un peu de son poids de départ sans toutefois s’effacer complètement. Mais ces derniers mois, il a retrouvé de la vigueur, non pas grâce aux "médias classiques", mais principalement à travers les Réseaux Sociaux et les personnes qui les utilisent.
Les Réseaux Sociaux (Facebook, Twitter et autres) ont joués et jouent encore un rôle très important dans le vent de changement qui frappe depuis quelques mois le Maghreb et le Moyen-Orient. En servant de support de mobilisation permanente des populations, d’organisation et de contrôle des mouvements, en garantissant la visibilité de ce combat et de son évolution quasiment heure après heure, les Réseaux Sociaux encadrent et constituent la principale force qui soutient les vagues de protestation et autres soulèvements dans le monde arabe. Ils encadrent donc la "Révolution du Jasmin", depuis l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi en Tunisie le 19 décembre 2010. Les tentatives de censure de ces plateformes, comme ce fut le cas en Egypte avant la chute du Président Hosni Moubarak, ont plutôt eu tendance à renforcer la détermination des manifestants à conduire jusqu’au bout leur mouvement. En projetant au monde entier les violentes répressions dont fait l’objet les populations qui manifestent, comme ce qui se passe présentement en Syrie, ces plateformes, non seulement légitiment le combat des manifestants tout en assurant la mobilisation des populations, mais aussi maintiennent la pression sur les principaux acteurs mondiaux (ONU, Organisations de défense des Droits de l’Homme, puissances mondiales, autres médias, …) à ne pas oublier leur combat et à s’investir résolument à leur côté.
Ces Réseaux Sociaux ont encore facilité l’actuel mouvement de protestation de ces centaines de personnes, des jeunes pour l’essentiel, surnommés les "Indignés", qui campent depuis plus d’une semaine sur une célèbre place de la capitale de l’Espagne. Ces derniers manifestent contre les effets de la crise économique qui secoue leur pays depuis trois ans, contre les mesures budgétaires restrictives adoptées par le gouvernement espagnol qui pèsent beaucoup plus sur les plus pauvres et les classes moyennes et qui ne changent pas la situation des jeunes dont près du quart sont au chômage. Ce mécontentement s’est exprimé le week-end dernier où le Parti Socialiste, le parti au pouvoir, a largement perdu les élections municipales. Enfin les réseaux sociaux, après la réélection contestée du Président Mahmoud Ahmadinejad en Iran en juin 2009, ont contribué à montrer au monde la violente répression qui a suivi les mouvements de protestation du peuple à travers la "Révolution verte". Rappelons que cette répression a entraîné près de 200 morts et l’arrestation de centaines de personnes dont des militants politiques, des défenseurs des Droits de l’Homme, des étudiants et des journalistes.
On le voit, très loin de leur objectif de favoriser de nouvelles rencontres et la création de nouveaux liens avec des personnes dans le monde entier, les Réseaux Sociaux sont devenus une véritable arme de communication quasiment incontrôlable par les dirigeants. Ils redonnent aux médias leur valeur et poids de "quatrième pouvoir". Les Réseaux Sociaux ont aujourd’hui une grande place, beaucoup diront qu’ils ont pris le pouvoir, au sein des médias. La preuve en est que nombreux sont les hommes politiques qui ont créés ces dernières années des pages sur ces différents réseaux pour se faire connaître ou ne pas se faire oublier, sensibiliser et mobiliser des populations et électeurs potentiels autour de leurs idéaux, contribuer à leur campagne pour l’accession au pouvoir ou à des postes électifs, pour s’exprimer et faire entendre leur voix sur les défis mondiaux ou nationaux du moment que l’occasion leur soit donnée de le faire sur les médias classiques ou pas. Ces mêmes médias classiques (télévision, radio, presse écrite) entretiennent eux aussi des pages sur ces réseaux pour se rendre beaucoup plus visibles.
Il est donc clair et il n’y a plus besoin de le préciser, la communication est une véritable arme qu’il faut nécessairement posséder et maitriser lorsqu’on veut se lancer dans des combats ou assurer un plaidoyer sur des problèmes précis. Les questions de justice, de Droit de l’Homme, de pauvreté, de famine, de santé et autres causes ne peuvent jamais permettre un réel engagement des uns et des autres si elles ne sont pas rendues visibles, si elles ne sont pas suffisamment expliquées et valorisées pour que les personnes qu’on cherche à toucher comprennent le besoin de s’engager. Le premier pas, et sans doute le plus important, pour tout combat et toute lutte, c’est la circulation et une certaine maîtrise de l’information, c’est la communication et tous les moyens qui y contribuent.
Seulement la communication, aussi développée et organisée soit sa maitrise, ne constitue pas une arme si forte si elle ne s’inscrit pas dans un ensemble d’actions. Elle ne doit pas se limiter à porter l’information de l’existence d’un problème et de la nécessité d’agir. Elle doit permettre de montrer ce qui est faisable, ce qui est fait, avec quoi, comment chacun peut y contribuer. Il faut donc des actions concrètes autour de l’information qui est donnée pour que les combats prennent le chemin des résultats souhaités. Ainsi, avec le rôle très important que joue les Réseaux Sociaux dans les mouvements de protestations actuels (Révolution du Jasmin dans le monde arabe, et le mécontentement des jeunes en Espagne), il est très facile de penser que cette possibilité d’accéder à l’information sans trop de contrôle, et donc de possibilité de censure des autorités, peut contribuer fortement à la démocratisation de notre monde dans le court terme. Ce n’est pas si simple que cela. Il faut dire que l’accès à l’information encourageant et soutenant le changement a très vite des limites si cet idéal démocratique n’est pas partagé et accepté par tous. N’oublions pas que les révolutions en Tunisie, en Egypte et en Lybie n’ont pas été déclenchées, voire même menées, par la majorité de la population. Ce qui est le contraire du principe démocratique.
En plus, le besoin d’une préparation des esprits, d’une éducation sur la démocratie s’impose pour faciliter une douce transition et une implantation durable de cet idéal de gestion dans nos sociétés actuelles sans trop de difficultés. Cela est encore plus justifié dans les sociétés où l’appartenance à une tribu ou à un clan est plus important que le lien avec les autres dans l’ensemble que forment les habitants d’un pays, dans les sociétés où le Chef est encore considéré comme un Dieu et où le pouvoir ne se conçoit pas clairement de façon séparée avec la personne qui l’exerce. Il ne faut pas non plus négliger que tout pouvoir qui ne fait pas l’objet de contrôle tombe facilement dans l’abus.
Les Réseaux Sociaux, du fait de leur grande liberté et du fait du faible contrôle dont ils font l’objet, peuvent facilement jouer un rôle néfaste de manipulation et de propagande qui ne permettra pas à notre monde d’arriver avec assurance et sans risque de tomber dans le chaos au stade où le respect des libertés individuelles est l’une des denrées universellement partagées et appliquées partout, où l’idéal démocratique n’est plus discuté.
© UNICEF/NYHQ2010-2695/Roger LeMoyne, Une jeune fille prenant une photo durant un atelier photographique organisé par l'UNICEF, au Centre Espoir, dans la localité de Ganthier, dans les alentours de Port-Au-Prince (Haïti). L'atelier était dirigée par des photographes haïtiens.
Non ! Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel, le "Satan" n’a pas possédé tous les ivoiriens
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Voici déjà quelques jours que le désormais très mondialement célèbre Président du Conseil Constitutionnel ivoirien, Monsieur Paul Yao N’dré, a fait lecture de la "nouvelle décision" à travers laquelle le Conseil Constitutionnel ivoirien reconnait désormais, pardon proclame "définitivement" Monsieur Alassane Ouattara comme Président de la République de Côte d’Ivoire après le second tour des élections présidentielles de novembre 2010. Ce nouvel arrêt (la décision) du Conseil Constitutionnel, rendu le jeudi 5 mai 2011, vient plus de cinq mois après un premier rendu le 3 décembre 2010 dans lequel le même Conseil proclamait aussi "définitivement" le Président sortant, Monsieur Laurent Gbagbo, élu après les mêmes élections. Tel a été le point de départ d’un véritable bras de fer entre les deux candidats qui a conduit le pays dans l’horreur et la désolation.
Avec le second tour des élections présidentielles le 30 novembre 2010, nous étions certainement nombreux à espérer que la Côte d’Ivoire, après un premier tour salué par le monde entier pour son exemplarité, sortirait grandie de cette période de crise qu’elle traversait depuis quelques années. Or donc, c’était mal connaître la capacité de nuisance de l’ivoirien lui-même. Les jours qui suivront le 30 novembre vont en donner la preuve.
Trois jours après le second tour, en lieu et place des résultats provisoires, on projette à la face du monde entier la scène d’un des représentants du président sortant qui arrachait des mains du porte-parole de la Commission Electorale Indépendante (CEI) les fiches sur lesquelles se trouvaient des résultats que ce dernier s’apprêtait à communiquer. C’est dans ce contexte de tension (résultats non communiqués, déploiement de forces de l’ordre autour des locaux de la CEI, journalistes priés de quitter les lieux) que le Président de la CEI décide de proclamer les résultats provisoires donnant Monsieur Alassane Ouattara élu avec un peu plus de 54%. S’il la proclamation de ces résultats à l’Hôtel du Golf, alors utilisé par ce candidat comme QG de campagne, a été un acte déplacé et qu’il faut regretter, cela ne saurait à lui seul remettre en cause la validité de ces résultats.
Dès ce moment le Conseil Constitutionnel, avec à sa tête Monsieur Paul Yao N’dré, va se comporter comme un organe de parti politique avec l’organisation d’un point de presse où il (le Conseil) affirma prendre en main le dossier des élections. Son Président viendra jusqu’à la télévision affirmer que les résultats donnés par le Président de la CEI n’avaient aucune valeur. En plus, alors qu’il disposait de sept jours pour faire ce travail, le Conseil Constitutionnel, composé de sept membres en plus d’un Secrétaire Général, va en moins de 24h analyser vingt-deux mille Procès-verbaux des centres de vote, rédiger un arrêt de plus de deux mille mots, et proclamer les résultats définitifs le vendredi 3 décembre 2010. Et là, après une mauvaise interprétation, une application trompeuse du Droit (le dire ce n’est pas prendre position ce n’est qu’un simple constat) qui a conduit à l’annulation de plus de six cent mille voix dans le Nord du pays, le Président sortant est proclamé élu par le Conseil Constitutionnel.
Cette décision, qui conduit le pays à avoir deux Présidents de la République, deux gouvernements et deux Républiques (République du Golf et celle du Plateau), plongea la Côte d’Ivoire dans une crise post-électorale douloureuse et très violente. Cinq mois d’horreur, de tueries, de massacres, de désolation, de fracture de la cohésion sociale déjà un affectée par huit ans de crise. Bilan des courses : l’école énormément perturbée, des voisins et amis ne se parlant plus et ayant des sentiments d’animosité les uns envers les autres, les dénonciations calomnieuses, plus d’un million de personnes ayant quitté leur zone d’habitation afin de fuir les exactions où les combats, parmi elles près de deux cent mille se sont réfugiés dans les pays voisins, Libéria et Ghana notamment, des dégâts matériels importants, et trois mille personnes tuées. Pour ce dernier, les données restent encore provisoires car des cas de charniers et de fosses-communes sont encore en cours de vérification et d’inspection en plus des nombreux cas de disparues. Que dire de ces nombreux orphelins, veuves et veufs dont le nombre reste inconnu à ce jour et pour qui l’Etat ivoirien, même s’il le voulait, ne pourra garantir dans la durée l’accès aux services sociaux de base et à une prise en charge sur le long terme.
Le vendredi 6 mai 2011, au lendemain de la nouvelle décision reconnaissant Monsieur Ouattara comme vainqueur des élections présidentielle, le "nouveau" Président a prêté serment devant le Conseil Constitutionnel. Lors de son intervention, le Président du dit Conseil, afin d’exhorter les nouvelles autorités et les ivoiriens à travailler à une paix durable et affirmant ne répéter que des propos que lui aurait dit un ami, affirma : "nous sommes allés trop loin. Nous n’avons pas voulu entendre raison. Satan nous a possédé tous".
Non Monsieur Paul Yao N’dré, tous les ivoiriens non pas été possédés par le Satan. Avec toutes les exactions dans les quartiers, les mosquées, les imans et fidèles musulmans respectivement saccagés et tués, ces pauvres citoyens brûlés à Abidjan et dans des localités de l’intérieur parce qu’ils étaient "suspects", si tous les habitants étaient possédés des ripostes pour l’équilibre de la terreur se seraient mise en place à grande échelle. Ce qui nous aurait conduit dans une guerre ethnique et religieuse très profonde. Ce ne fut pas le cas car, si des populations attaquées ont violemment réagi, ce n’est pas une situation généralisée. Les dégâts auraient été plus importants que ceux d’aujourd’hui. Beaucoup d’ivoiriens sont restés lucides, y compris ceux qui ont commis des exactions.
Non Monsieur, tous les ivoiriens n’étaient pas possédés par le Satan ; en tout cas moi je n’en fait pas partie et j’en connais beaucoup qui sont dans mon cas. Arrêtez cette théorie de la responsabilité et de la culpabilité collectives que vous nous présentez depuis votre retour au pays. Vous aviez eu le choix : soit dire courageusement le Droit, comme l’a fait en 2009 le Conseil Constitutionnel du Niger qui n’a pas voulu cautionner la volonté du Président Tandja de se maintenir au pouvoir, soit soutenir votre ami dans sa volonté de se maintenir au pouvoir.
Votre conseil et vous-même aviez fait le second choix. Et là, vous étiez bien lucides, non possédés. Vous avez confondu votre rôle à celui d’un jury d’un concours de beauté qui désigne celle qu’il considère mériter la place de Miss, même si la grande majorité des spectateurs et téléspectateurs portaient leur choix sur une autre candidate. Non, vous n’étiez pas possédés par le Satan car vous saviez que les observateurs de la Société Civile ivoirienne, des Nations Unies, de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’Union Africaine, de l’Union Européenne ont tous affirmé que malgré quelques incidents isolés, le scrutin s’était déroulé dans des conditions n’affectant pas sa crédibilité.
Aujourd’hui, la Côte d’ivoire pleure et rend hommage à ses morts, commence à panser les plaies des nombreux blessés (physiques, psychologiques) et commence à reprendre sa marche vers un développement social et économique en prenant en compte le renforcement de la cohésion sociale. Il nous faudra de la justice et de la vérité pour construire le pardon et la paix. De grâce, si les membres de votre conseil et vous-même ne voulez pas assumer votre part de responsabilité dans cette tragédie, de grâce taisez-vous et quittez vos fonctions. Ça encore, ne me dite pas que vous êtes si possédés pour ne pas pouvoir le faire.
© UNICEF/NYHQ2011-0568/Olivier Asselin, le 2 mai, une fillette attendant sur la rive d’une rivière dans le village de Daouba, près de la ville de Binhouye (ouest de la Côte d’Ivoire)
De "l’enfer" vers l’inconnu : les jeunes migrants africains restent confrontés à la galère et à la souffrance
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Cette semaine, sous l’égide des Nations Unies se tient une conférence sur le thème : " Migration des adolescents et des jeunes: Exploiter le potentiel de développement tout en atténuant les risques". La question de la migration des jeunes reste aujourd’hui encore un problème peu considéré dans sa spécificité lors de la gestion et le suivi des problèmes de migration et d’immigration des populations dans le monde. Et portant, selon le complément du Rapport sur l’état de la population mondiale en 2007 publié par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), les jeunes représentent près du quart des migrants dans le monde entier. Mieux, si la définition de jeune inclue les personnes à partir de l’âge de 29 ans, ils représentent la moitié de tout le flux de migrants (UNFPA, 2006). L’un des continents contribuant fortement à ce phénomène qui n’est pas nouveau est certainement l’Afrique.
Avec le vent de l’indépendance qu’ont connu la quasi-totalité des cinquante-trois pays du continent africain, allant des années 1950 (avec par exemple le Soudan et le Maroc en 1956, le Ghana en 1957, la Guinée Conakry en 1958) jusqu’en 1980 (Algérie en 1962, Djibouti en 1977, Zimbabwe en 1980), les populations attendaient légitimement une amélioration de leurs conditions de vie. Après les traitements inhumains, les corvées, le travail forcé subis durant la période coloniale, elles (les populations) espéraient pour elles, pour leurs enfants et les générations à venir le développement de leurs différents pays et la garantie d’un meilleur accès aux services sociaux de base (santé, éducation, nourriture, logement, …). Malheureusement, plusieurs décennies après, la situation reste difficile, voire même décourageante dans nombre de pays qui semblent n’avoir fait aucun pas significatif en avant, ok peut-être deux d’escargot, pendant que certains de leurs voisins galopent à leur côté. Que dire des pays occidentaux qui ont consolidé leur avance et semblent à des années lumières d’eux.
Dans ces pays africains, l’une des entités qui ressentent le plus et de plein fouet cette faible progression depuis le point de départ que constitue l’accession à l’indépendance sont certainement ceux qualifiés d’"avenir de la nation" : les jeunes. Le manque d’infrastructures de formation et bien souvent d’un enseignement de qualité, la difficulté de faire reconnaître ses diplômes nationaux à l’extérieur, la pression sociale (la cherté de la vie, contrastant avec le faible niveau de revenus des parents qui limite ces derniers dans la prise en charge de leur progéniture, oblige les plus grands à vouloir être très tôt autonomes afin de se prendre en charge et de contribuer aux dépenses de la famille) constituent leur quotidien et font peser la mention "incertain" sur leur avenir. Il serait difficile de ne pas aborder la question du chômage qui constitue certainement le point le plus important : ils sont nombreux dans nos villes africaines tous ces nombreux diplômés sans occupations, sinon menant une activité loin de leur formation de base : taxi-moto, gestion de cabines téléphoniques, vente de friandises (bonbons, biscuits) et de cigarettes. Le désespoir fait partie de leur quotidien et semble désormais être inscrit dans leur CV. L’un des indicateurs de ce désespoir, de notre point de vue, est ce nombre impressionnant de jeunes en file indienne devant les écoles de Police et de Gendarmerie à chaque concours d’entrée dans ces établissements. Pensez-vous que tous sont attirés par le métier des armes et de la sécurité collective ou que la majorité cherche tout simplement une place où elle aura une garantie de revenu mensuel ? Je vous laisse le soin d’y répondre.
C’est donc dans ce contexte de survie que nombre de jeunes font le choix de l’exile pour tenter de se construire un meilleure lendemain ailleurs, tenter de "se chercher". Certains de ces jeunes font le choix de se rendre dans des pays voisins ou de leur sous-région afin de continuer leurs études, pour ceux qui en ont encore la force mentale, la volonté, et qui ont un minimum de moyens de survie. Le reste, certainement la majorité, vise la quête d’un emploi, de quelque chose à faire et qui pourrait leur rapporter des revenus. Pour eux, les choses ne se passent pas toujours comme souhaité car bien souvent la solidarité africaine a aussi évolué avec les réalités de la vie. L’adaptation aux cultures locales, la méfiance et la faible collaboration de certaines populations (tel le doublement ou triplement des loyers et autres cautions pour de petites maisons de bonnes), la jalousie des nationaux qui les considèrent comme une concurrence sur le marché de l’emploi qui reste aussi précaire partout sont autant de réalités auxquelles les nouveaux aventuriers sont souvent confrontés. Pour ce dernier point, nous avons le cas du Gabon où récemment les employés nationaux du secteur pétrolier, après une grève sur la question, ont obtenu une révision à la baisse du nombre de non nationaux travaillant dans ce milieu.
Le point de chute le plus visé par les jeunes africains dans leur migration reste le vieux continent : l’Europe. L’eldorado européen, le "derrière l’eau" comme le disent les ivoiriens (faisant référence à l’océan méditerranée qui sépare l’Afrique de ce continent) reste un mythe. Un peu comme la terre promise chez les rastas men, l’Europe est vu aujourd’hui encore comme le lieu où peuvent se réaliser tous leurs projets concourant à une réussite sociale. Pour cela ils sont prêts à tout pour y aller clandestinement : traversées à pirogue ou pinasse de la méditerranée dans la nuit noire, cachette dans les soutes ou trains d’atterrissage d’avion, dans des caisses ou autres tonneaux sur des bateaux. Ces voyages dans des conditions si difficiles et où beaucoup laissent la vie (mort par suffocation, déshydratation, faim, noyade, chute violente, froid, ou jeté par-dessus bord après découverte par le capitaine ou les matelots pour des bateaux) nécessitent le versement de forte sommes d’argent à des passeurs. Dans de nombreux cas, des familles entières, même élargies, s’endettent pour payer le voyage de celui sur qui pèsent désormais tous les espoirs d’au moins deux générations familiales. Mais bien souvent la réalité sur place est elle aussi loin de celle rêvée.
Lorsqu’ils réussissent à mettre pied sur le continent et qu’ils échappent aux contrôles des polices de frontières, la désillusion est généralement grande et totale. Ils sont nombreux qui sont obligés de vivre dans des logements associatifs (momentanément) ou dans des lieux insolites : sous des ponts, dans les bouches de métro, dans des halls d’immeuble, des espaces désinfectés, des parkings, voire même des campings spontanés. A la place d’un vrai boulot, ils sont souvent réduits à la vente de souvenir dans des espaces touristiques ouverts au public et à courir à chaque fois que des forces de l’ordre s’annonce dans les environs. Le rêve tourne au cauchemar.
A côté de ces "migrants volontaires", encore faut-il voir si les raisons qui les y poussent leur donne le choix, nous avons ceux qui le sont du fait de la guerre. Les nombreux conflits et mouvements de révolte sur le continent ont obligé et oblige aujourd’hui encore de nombreuses familles, les jeunes et adolescents y compris, à partir loin de la terre de leurs ancêtres, de là où ils ont grandi et vécu des moments importants de leur vie. C’est présentement le cas de ce afflux de personnes, dont beaucoup de jeunes, qui à la suite de la "Révolution du Jasmin" qui touche le Maghreb et le Moyen-Orient qui tentent de joindre l’Europe. Lire l’article : L’Europe doit-elle accueillir les migrants de la Révolution du Jasmin?.
La question de la migration des populations, et singulièrement celle des adolescents et des jeunes, méritent donc une prise en main plus ferme et une implication de tous les acteurs (organisation internationales, institutions internationales, ONG, Gouvernements, et les jeunes migrants eux-mêmes). La recherche d’une solution durable ne peut se faire sans une démarche participative et inclusive, c’est-à-dire avec l’implication et la participation de tous les acteurs concernés, sans discrimination. Espérons que la conférence des nations unies sur la question constituera le point de départ d’une réelle réponse globale et mieux organisée sur la question.
© UNICEF/NYHQ2010-2753/Bill Diggs, 2010, Bureau d’immigration du Gouvernement libérien pour l’enregistrement des demandeurs d’asile en provenance de Côte d’Ivoire dans la localité de Loguatuo, dans le comté de Nimba. Loguatuo est située près de la frontière avec la Côte d’Ivoire. Rodrigue KOFFI
Paix pour les enfants d’Israël et de Palestine
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Le 15 mai dernier un nouvel évènement est venu nous rappeler que ni le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars qui ont frappés le Japon et l’expose actuellement à une catastrophe nucléaire, encore moins la révolution dans le monde arabe avec les situations en Lybie et en Syrie ne doivent et ne peuvent faire oublier, même momentanément, le conflit israélo-palestinien. Durant cette journée du 15 mai, des affrontements ont mis en scène des forces de l’ordre israéliennes et des jeunes palestiniens qui souhaitaient traverser la « frontière ».
Ces derniers commémoraient la Nakba (la Catastrophe), l’exode des palestiniens ayant suivi la création de l’Etat hébreux (Israël) en mai 1948. Plusieurs morts (les données diffèrent selon les sources) et des centaines de blessés ont été enregistrés après que les forces israéliennes aient tirées sur ces jeunes. Malheureusement, nous semblons tous être devenus habitués de ces différents développements, surtout des affrontements et autres violences que cause ce conflit israélo-palestinien qui n’a que trop duré.
Depuis qu’Israël a proclamé son indépendance en mai 1948 en application du Plan de partage de la Palestine élaboré sous l’égide des Nations Unies en 1947, le conflit pour l’existence de deux états, l’un juif et l’autre arabe, s’est ouvert dans cette partie du monde. Les guerres et autres mouvements de violence qui se sont déroulés dès la proclamation de cette indépendance (échec de l’attaque des armées arabes – égyptiennes, syriennes, libanaises et transjordaniennes- contraint ces derniers à accepter l’amnistie en 1949, guerre de six jours en 1967, les Intifada –soulèvements populaires- en 1988 et 2000) finiront par radicaliser les positions et donner plus de place à l’extrémisme dans les deux parties. Face aux jets de pierres des populations, aux attentats, au lancés d’obus vers des villes israéliennes organisés par des mouvements islamistes dont le plus connu reste le Hamas qui ne reconnait pas encore l’Etat d’Israël du côté palestinien, nous avons des répressions violentes, la poursuite des colonisations en des territoires palestiniens (selon les limites des territoires de 1967), l’asphyxie économique imposée à la Bande de gaza depuis 2007 du côté d’Israël. Ces tensions et pressions de radicalisation influent malheureusement sur la recherche d’une solution pour pacifier toute cette zone. Après l’assassinat du Président égyptien Anouar Al Sadate en 1981 par des militants d’un groupe islamiste radical, deux ans après que son pays ait été le premier Etat arable à reconnaitre Israël, c’est Yitzhak Rabin, alors Premier Ministre israélien, qui est assassiné en novembre 1995 par un juif proche des mouvements d’extrême droite. Trois ans plutôt, en février 1992, il signait avec Yasser Arafat, Chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), l’Accord de Washington.
Ce conflit ne reste pas grand monde indifférent. Quasiment partout, dans tous les pays, les populations, voire même les autorités lorsqu’elles sortent de l’hypocrisie des discours d’appel à l’apaisement, ont généralement une position partisane sur le conflit : traditionnellement, elles sont soit pour, soit contre l’une des parties ou leur cause. Difficile est-il de se prononcer sur le conflit israélo-palestinien en adoptant une position de juste milieu sans paraître donner raison ou tort à la mauvaise partie selon la position de son interlocuteur, difficile est-il, même dans notre pays avec les jeunes et personnes avec qui nous échangeons souvent sur la question lorsque l’actualité met le conflit en Une, d’avoir une position médiane sans paraître nier des souffrances, des droits d’un groupe et de faire le jeu de l’autre.
En 2011, l’espoir d’une paix et d’une résolution de ce conflit semble encore loin. Après avoir pris unilatéralement le contrôle de la Bande de Gaza après des élections en 2007, le Hamas vient de se réconcilier avec le Fatah, le mouvement du Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abass. L’Etat juif a condamné cet accord et le lundi 16 mai dernier, le Premier Ministre israélien, devant le parlement, a déclaré qu’ « Un gouvernement dont la moitié des membres veut la destruction d’Israël n’est pas un partenaire pour la paix ». Le processus de paix est aussi suspendu parce qu’Israël refuse de stopper les colonisations dans les territoires palestiniens. 620 nouveaux logements seront construits à Jérusalem-est.
Le Président Américain, Barack Obama a demandé ces dernières heures à Israël de respecter les frontières établies par la Résolution 242 des Nations Unies de 1967&TYPE=&referer=http://www.un.org/french/documents/sc/res/1967/cs67.htm&Lang=F). Il y’a peu de chance qu’il réussisse à convaincre le Premier ministre israélien qui effectue une visite aux Etats-Unis le vendredi 20 mai 2011.
Depuis des décennies, que ce soit du côté palestinien ou israélien, des enfants naissent, grandissent et vivent dans un environnement où ils sont éduqués à la haine, au rejet de l’autre partie, présenté comme l’ennemie naturel de son peuple à lui. Ce conflit fait qu’un grand nombre d’enfants et jeunes ne connaissent pas la quiétude pour grandir dans un environnement sécurisé, ont des conditions de vie difficile où l’accès à l’école, à des soins de santé de qualité, à une alimentation qualitative sont des denrées non naturelles et certainement de luxe. Nous, de là où nous suivons ce conflit demandons que l’opportunité soit donnée aux enfants et aux jeunes juifs et arabes de vivre en paix, en bonne intelligence et les uns avec les autres. Cela est possible et malgré les nombreux nuages, nous croyons fortement qu’une solution peut être trouvée à moyen terme si chacun y met un peu de bonne volonté, d’engagement et de surpassement.
© UNICEF/NYHQ2009-1548/Chiara Ayad, Child’s View – A boy talks on a cellular phone, silhouetted against the skyline of Ramallah, a city in the West Bank. The city is the administrative centre for the Palestinian Authority. The photograph was taken by Chiara Ayad, 16, one of 16 participants in a UNICEF-organized child photography workshop
Education en Afrique Subsaharienne : les grands investissements portent leur fruit mais beaucoup reste encore à faire
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Assurer et garantir un meilleur accès des enfants à l’éducation est l’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les dirigeants et les familles des pays en développement, singulièrement ceux de l’Afrique subsaharienne, dans ce troisième millénaire. Pour y arriver, de nombreuses politiques et autres stratégies ont été mise en place selon les différents pays. Mais de façon générale, et s’inscrivant dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), assurer l’enseignement primaire universel a été admise comme principale, et non unique, voix à suivre. Pour soutenir et encourager cette dynamique, d’importants investissements ont été réalisés durant toute la première décennie de l’an 2000.
C’est afin de rendre compte de l’impact tant des engagements pris que des moyens mobilisés et investis que l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a publié récemment un rapport sur la situation spécifique de l’Afrique Subsaharienne. Intitulé Nouveaux défis pour le financement de l’éducation en Afrique subsaharienne : comment gérer l’expansion tout en garantissant l’équité et la qualité ?, ce rapport propose les plus récentes et plus complètes données disponibles sur le financement de l’éducation dans 45 pays africains. Et les résultats sont positifs et plus qu’encourageants. Entre 2000 et 2008, le nombre d’enfants scolarisés dans le primaire a progressé de 48%, passant de 87 à 129 millions. Les inscriptions dans les écoles maternelles, l’enseignement secondaire et supérieur ont augmenté de 60% au cours de la même période. Dans la même dynamique, la Directrice de l’UNESCO, Madame Irina Bokova, ajouta que « [ce rapport] montre aussi que leurs efforts portent leurs fruits, avec un nombre d’enfants scolarisés sans précédent. C’est très encourageant et cela devrait inciter tous les partenaires de l’Afrique à apporter l’appui nécessaire pour combler les lacunes qui subsistent ».
Sur cette partie du monde, les pays ont augmenté leurs dépenses réelles en éducation de plus de 6% par an. En moyenne, l’éducation représente plus de 18% des dépenses publiques en Afrique subsaharienne, contre 15% dans les autres régions. Mieux, l’Afrique subsaharienne consacre 5% de son produit intérieur brut (PIB) à l’éducation, ce qui la place juste derrière l’Amérique du Nord et l’Europe (5,3%).
Malheureusement, un nombre encore important de pays de la région ne sont pas capables d’offrir un enseignement de qualité à leurs enfants. Dans un tiers des pays de l’Afrique Subsaharienne, la moitié des enfants ne termine pas l’enseignement primaire. Trente-deux millions d’enfants en âge de fréquenter le primaire ne sont pas scolarisés dans la région. Le rapport prévoit que ce chiffre va progresser car la population des 5-14 ans devrait augmenter de plus de 34% au cours des 20 prochaines années.
Il faut préciser que [selon les estimations de l’UNESCO] (http://www.unesco.org/new/fr/unesco/themes/pcpd/education-in-emergencies/), sur les 69 millions d’enfants non scolarisés, la plus grande partie vit dans des pays touchés par la guerre et les catastrophes naturelles. Rappelons que durant les dix premières années du troisième millénaire des pays comme le Libéria, le Soudan, le Tchad, la Centrafrique et la Côte d’Ivoire ont traversé des crises politico-militaires. Et pour certains d’entre, la situation n’est pas totalement pacifiée à ce jour.
En plus et en dehors des questions de situation politique, il y a celle du choix du degré des niveaux d’investissements publics selon que l’on se trouve au primaire, au secondaire ou au supérieur. Selon le rapport, la plupart des pays de la région investissent au moins 10 fois plus pour chacun de leurs étudiants du supérieur que pour un de leurs élèves du primaire. Dans toute la région, les familles sont la principale source privée de financement pour l’éducation. Elles assurent 30% des ressources de l’ensemble de l’enseignement primaire. Cette proportion passe respectivement à 49% et 44% pour le deuxième et le premier cycle de l’enseignement secondaire. La proportion retombe à 22% dans l’enseignement supérieur. Ce qui revient à dire que sur dix dollars investis dans l’enseignement supérieur, huit sortent des poches du gouvernement. Il est difficile de comprendre et de défendre cette situation quand on sait que dans ces pays les enfants qui accèdent à l’enseignement supérieurs n’atteignent bien souvent pas les 10% du lot de départ.
C’est dans cette optique que le Rapport de l’UNESCO propose à juste titre d’augmenter un peu plus les fonds pour les niveaux inférieurs (primaire et secondaire) et encourage les gouvernants à demander un peu plus de participation aux familles pour le supérieur sans pour autant menacer la croissance de ce secteur. Ce rééquilibrage des contributions (familles d’un côté, Etats et partenaires de l’autres) va aider à l’amélioration de la qualité de l’enseignement offert au niveau du primaire et du secondaire. En plus, cela faire accroître le nombre d’enfants qui accèdent au moins au second cycle du secondaire avec au moins le Brevet d’Etude du premier Cycle en poche.
© UNICEF/NYHQ2011-0538/Benjamin Steinlechner, Une fillette écrit une note de solidarité dans la Nouvelle école la Source de Port-au-Prince, la Capitale de Haïti. Sa classe a décidé d’écrire des mots de solidarité pour les enfants japonais affectés par le tremblement de terre et le Tsunami du 11 mars 2011
1 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde en 2011 et plus d’1 milliard de tonnes de nourritures sont perdues et gaspillées chaque année : une combinaison qui ne marche pas
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Du lundi 16 au mardi 17 mai 2011 s’est tenu à Düsseldorf (Centre-Ouest de l’Allemagne), en marge du Salon International de l’industrie de l’emballage, un congrès thématique sur l’alimentation. A cette occasion, un rapport réalisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) à la demande de l’Institut suédois de l’alimentation et la bioéthique devait être présenté. Les principales données de ce rapport portant sur les pertes mondiales d’aliments sont publiées par la FAO sur son site.
Et qu’elle fut notre surprise en parcourant ces lignes : pendant que le monde compte 1 milliard de personnes qui ne parviennent pas à se nourrir convenablement, qui ont des difficultés pour obtenir les rations alimentaires élémentaires dont elles ont besoin chaque jour, nous gaspillons et perdons plus d’1 milliard de tonnes de nourriture chaque année. La situation est d’autant plus révoltante quand on apprend qu’aussi bien les pays industriels que les pays en développement gaspillent quasiment les mêmes quantités de nourriture, soit 670 millions et 630 millions de tonnes respectivement. Comment pouvons-nous jeter autant de nourriture quand un si grand nombre d’êtres humains meurent de faim à nos côté ? C’est quand même incroyable !
Pour les pays en développement, il est plus question de pertes alimentaires, pertes qui se situent donc au niveau de la production, de la récolte, de l'après-récolte et de la transformation. Les questions d’infrastructures défaillantes, de technologies dépassées, de la gestion défaillante de l’après-récolte (question de stockage) et de la faiblesse des investissements dans le domaine agricole (telle la faible mécanisation) sont principalement relevées comme explication de cette situation.
Notons également le manque d’information qui ne permet pas de produire selon la demande du moment. Ces pertes alimentaires occasionnent des pertes de revenus pour les petits paysans et conduit à des prix trop élevés pour les consommateurs pauvres. Le rapport relève que la réduction des pertes aura un impact «immédiat et significatif» sur les moyens d'existence des producteurs, de leurs familles, et de leur sécurité alimentaire.
Quant aux pays industrialisés, où il est plus question de gaspillage, cette situation se situe principalement au niveau des détaillants et consommateurs qui jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles. Une place trop importante est donnée à l’aspect extérieur des produits dans les normes de qualité. Ce qui contribue énormément à ce gaspillage. A cela s’ajoute le fait que les consommateurs ont tendance à acheter plus qu’ils ne consomment et sont donc contraints de jeter des aliments qu’ils non pu utiliser jusqu’à ce qu’ils ne soient plus consommables.
Ce rapport montre que les gaspillages et pertes alimentaires entraînent la dilapidation des ressources, notamment l'eau, la terre, l'énergie, le travail et le capital. Ils entraînent aussi, inutilement, des émissions de gaz à effet de serre qui participent au réchauffement de la planète et au changement climatique. Quelques pistes de solutions sont proposées : améliorer les investissements privés et publics dans les infrastructures, le transport, la transformation et l’emballage ; renforcer la chaîne d’approvisionnement ; travailler à une collaboration entre les détaillants et les organisations caritatives qui récupèreront les aliments destinés à la poubelle alors qu’ils sont acceptables en termes de salubrité, de goût et de valeur nutritive. Mais le plus grand travail réside certainement au niveau des populations qui doivent modifier leurs habitudes de consommation.
Les consommateurs, tant ceux des pays industrialisés que ceux des pays en développement (n’oublions qu’eux aussi participent énormément à ce gâchis de nourriture), doivent comprendre qu'il est inacceptable de jeter inutilement à la poubelle de la nourriture qui aurait pu servir. Cela devrait être rapidement faisable puisque des études réalisées dans les pays industrialisés montrent que le consommateur est disposé à acheter des produits dont l'aspect n'est pas exactement conforme aux normes pourvu qu'ils soient sûrs et bons.
Le rapport estime que l’éducation à l’école pourrait aider dans ce sens. Le consommateur doit aussi admettre qu'en raison de la disponibilité limitée des ressources naturelles, il serait plus rentable de réduire le gaspillage de nourriture que d'accroître la production agricole pour nourrir une population mondiale croissante. Et les 1 milliards de personnes souffrant de fin sont là pour le signaler en permanence.
© UNICEF/NYHQ2011-0385/Olivier Asselin un enfant de deux ans malnutri mangeant une préparation de maïs et de cacahuètes dans le centre de santé du village Kaniaka, dans la province du Katanga
Rodrigue Koffi



















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