Les cours de vacances à Douala (Cameroun): une activité lucrative
Malgré son interdiction durant cette période, cette activité pédagogique fait de très bonnes affaires. L’avis des parents est mitigé.
Mardi 7 août 2012. 12 heures environ. Nous sommes dans l’enceinte du Lycée bilingue de Deïdo. L’établissement vit comme en période scolaire. Des va-et-vient sont fréquents dans l’enceinte. Au babillard, des jeunes admirent encore et avec fierté les noms présents sur la liste des admissibilités au probatoire de l’enseignement générale. Ils sont heureux d’avoir bravé cet examen qui ouvre les portes de la classe de terminale. Non loin d’eux, d’autres discutent en groupuscule. Soit sous les vérandas des différents bâtiments soit dans les recoins de la cours de récréation. « Ce sont les élèves qui font les cours de vacances. Certainement qu’ils ont déjà fini leur cours. Si vous êtes là pour les inscriptions, c’est là bas. Si c’est pour les responsables des cours de vacances, ils sont dans le bâtiment derrière celui là », renseigne respectueusement le vigile. Tout en nous indiquant la direction à prendre.
Il faut effectuer quelques mètres pour découvrir l’effectivité de cette activité «lucrative ». Pas moins d’une vingtaine d’élèves par salle de classe. Ils sont très studieux et attentifs aux explications de matchs, de physique, français, anglais ou espagnol (…) données par le professeur en blouse blanche. Un scénario observable au sein l’école publique et l’école catholique Saint Gérard de Deïdo, à l’Ecole privée laïc de la cité belge et dans plusieurs autres établissements scolaires de la ville de Douala. Voire même au-delà. S’inscrire à ses cours permet « de nous mettre à niveau avant la rentrée afin de mieux préparer mon examen, le baccalauréat, en fin d’année prochaine. Ça fait une semaine comme je suis là et ça se passe plutôt bien », souligne Edith ; rencontrée au Lycée bilingue de Deïdo. Roland Fabius dit être inscrit en 6e par son père en guise de punition pour avoir refusé d’aller au village avec ses frères. Une contrainte !
Interdiction
Plusieurs parents estiment que c’est le seul moyen pour eux de se débarrasser de leur progéniture pendant les vacances. « Ils n’ont rien à faire à la maison si ce n’est que manger, dormir et faire du désordre toute la journée. Il faut les occuper par ses cours. Ils se rodent aussi avant la rentrée scolaire », affirme Henri Etia. Une thèse que rejette Tchialeu Edmond estimant que « la période des vacances doit permettre aux élèves et aux enseignants de se remettre de tous les efforts et sacrifices consentis tout au long de l’année scolaire afin de démarrer la nouvelle année dans les très bonne conditions ». P. Daheu d’ajouter : « Après neuf mois de classe, l’enfant est épuisé moralement. L’inscrire à ses cours c’est le priver de repos. Et pendant l’année scolaire, ses résultats sont très médiocres ».
Au-delà de ces avis, les cours de vacances sont prohibés dans toute la région du Littoral depuis 2007. Une interdiction réaffirmée le 11 mai 2011 lors d’une réunion sectorielle à Douala par les délégués régionaux des enseignements secondaires et de l’éducation de base pour le Littoral. Dans une interview, Jean Jules Ebongue Ngoh, délégué régional des Minsec, estimait que « les élèves et les enseignants doivent s’occuper à divers loisirs, s’occuper à des travaux agricoles, apprendre les langues maternelles, se frotter aux usages et coutumes qui, demain, feront d’eux des citoyens accomplis dans tous les sens. Nous avons également constaté que ce que les enseignants construisent le long de l’année scolaire est parfois détruit pendant ces cours de vacance par des enseignants de fortune et de qualification approximative ». Une mesure qui reste à appliquer.
Frank William BATCHOU
Affaire du bébé violé : Les suspects incarcérés à la prison de Mbanga
Ils ont été déférés dans la journée du 13 juillet 2012 après être entendus à la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari.
La justice s’est définitivement saisie de l’affaire. Elle qui, par le truchement de la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari, avait immédiatement ouverte une enquête au lendemain de la découverte de la petite Agnès. Agée seulement de 17 mois. Les deux suspects, sieur Ebongue Etame Mazarin et son épouse, avaient d’abord été entendus puis assignés à résidence surveillée. Selon nos informateurs, le présumé violeur et son épouse, accusée de complicité, ont été à nouveau entendus dans la journée du 12 juillet 2012 par le commandant de la Brigade suscitée. Ainsi que les deux enfants qui conduisaient le nourrisson chez leur tante au moment de sa disparition le 30 juin dernier. Au terme des différentes interrogations subites par les différentes parties, les mis en cause ont été incarcérés. Puis, à la vitesse d’une étoile filante, déferrés le lendemain dans les geôles de la maison d’arrêt de la ville de Mbarga. Malgré nos appels incessants hier, nous n’avons pas pu joindre l’enquêteur de cette affaire.
Pendant ce temps, la petite Agnès N., dans un état de santé toujours inquiétant, demeure internée à l’Hôpital de district de Bonassama. Attendant désespérément de subir les trois opérations chirurgicales prescrites par le médecin. Après étude des résultats du test radiographique exigé par Dr Fogaing A. Dupleix, gynécologue obstétricien, en service à l’Hôpital de Bonassama, et effectué à la clinique Help medical foundation ; révélant une fistule vagino-rectale du nourrisson. Mais, « faute de moyens financiers, l’opération n’a pas encore eu lieu. Depuis là, nous cherchons en vain de l’argent sans succès », Samuel Sonnè, l’oncle de la petite Agnès. Même la promesse d’une somme de 100.000 Fcfa faite par le service social reste attendue.
Sur les ondes de radio Balafon, une chaîne urbaine émettant dans la ville de Douala, les animateurs ont lancé une quête baptisée « Sos sauvons la petite Agnès ». D’aucuns parlent de 321.000 Fcfa déjà collectés. En réaction à un post fait sur le réseau social Facebook, Achille Asako, journaliste dans cette chaîne, affirme que : « Et grâce à vos dons, la petite Agnès sera opérée dans les prochaines heures... Plus d'un million de francs ont déjà été collectés... Merci encore à tous les donateurs ». Quand nous allions sous presse, la famille de la petite Agnès N., dit n’être pas encore rentrée en possession des différentes sommes avancées ça et là. Vivement, que les promesses se transforment en acte. Et que la petite Agnès subit les opérations chirurgicales.
Frank William BATCHOU
Un bébé de 17 mois victime de viol à Dibombari
Source: http://www.frankwilliam.com/15-categorie-11236073.html
Les résultats du test radiographique effectués à la clinique Help medical foundation révèle une fistule vagino-rectale du nourrisson. Une opération a été prescrite par les médecins.
C’est un père meurtri dans sa chair. Ekambi Monie Kenedy, puisqu’il s’agit de lui, est habitant de Dibombari, une petite bourgade sis à une quinzaine de kilomètres de la ville de Douala. Sa fille aînée, âgée seulement de dix-sept (17) mois a été conduite à la clinique Help medical foundation à Akwa, sur recommandation du gynécologue obstétricien de l’Hôpital de Bonassama, pour des examens médicaux de fistulographie. Les résultats produit par le radiologue Dr George Assam relèvent « une mise en évidence d’un trajet fistulaire vagino-rectale avec opacification du tube digestif distale ». Un test qui arrive à la suite du rapport médical signé le 2 juillet dernier par Dr Fogaing A. Dupleix, gynécologue obstétricien, en service dans ledit hôpital. Il ressort de ce rapport que, le nourrisson « âgé de 18 mois présente un traumatisme vulvo-vaginale perméable et infecté. Le viol est certain », lit-on ici. La petite Agnès N. doit suivre une opération chirurgicale pour que, apprend-t-on, le pus contenu dans son ventre soit extrait. Un fait qui ne passe pas inaperçu. La société civile via l’Association La colombe, s’étant saisie de l’affaire. A travers un communiqué de presse, elle dénonce cet acte d’agression sexuelle considéré comme criminel et « condamne avec la dernière énergie de tels actes. En appelle à la vigilance et à l’implication de tous dans ce combat ». L’examen fait ce 11 juillet 2012 à Douala arrive avec plus d’une semaine de retard. Faute de moyens financiers. « Il fallait environ quatre cents mille (400.000 Fcfa) pour effectuer tous les examens. Ce qui n’est pas évident pour quelqu’un comme moi. On n’a même pas la possibilité de retourner au village », explique Ekambi Monie. Son frère aîné, Samuel Sonnè, de renchérir : « Le service social nous a promis 100.000 Fcfa. Depuis là, on n’a plus de retour. On ne sait pas comment on fera pour soigner notre fille qui souffre ».
Disparition
L’histoire remonte au 30 juin 2012. Agnès N. est portée disparue alors « qu’elle se rendait chez sa tante à quelques mètres de la maison avec ses frères. Nous l’avons cherché en vain. C’est au petit matin du dimanche 1er juillet (à 9h, Ndlr) qu’on la retrouve derrière la maison de Ebongue Etame Mazarin », lit-on sur la plainte adressée à l’attention du commandant de la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari, le même jour de la trouvaille. L’enfant retrouvé, la famille s’est immédiatement rendue à la « Brigade pour information, nous l’avons (Agnès N) amené à l’Hôpital de Bonassama d’où il ressort qu’elle a été violée mystiquement ; photo à l’appui. Je viens vers vous pour que justice soit faite et que ma fille retrouve sa santé car à l’hôpital, il faut 400.000 Fcfa pour l’opération chirurgicale », ajoute le plaignant via sa plainte. Ekambi Monie Kenedy craint que « des parties internes de l’organe de sa fille soient enlevées » par les présumés kidnappeurs du nourrisson qui ont failli à une vindicte populaire nu été « l’intervention du chef du village qui a calmé la population en convoquant une assise. Mais, les choses vont lentement vu ses multiples occupations », rapporte Samuel Sonnè. Une enquête a été ouverte à la Brigade de gendarmerie de Bwélélo-Dibombari. Affaire à suivre !
Frank William BATCHOU
Batchou Tchoumba Frank William