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Injures et engueulades publiques : la nouvelle religion à Douala

Publié 09/05/12 par FrankyFrank William Batchou

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Ces deux phénomènes sont sans cesse grandissants. Selon plusieurs personnes, elles permettent d’extérioriser des nombreuses frustrations accumulées à longueur de journées.

Si l’injure est une religion, Douala sera un sanctuaire. Et les résidants, des adeptes inconditionnels. Tant, le phénomène d’injures et engueulades publiques a pris une proportion inquiétante dans cette ville. Jeune comme adulte. Homme comme femme. Lettré comme illettré. Tous sont rentrés dans la danse. A toute heure et en tout lieu, l’injure est au rendez-vous. Comme dirait quelqu’un : pas un pas sans se faire injurier ou assister à une scène d’enguelade.

Vendredi 31 août 2012. Il est 14 h. Au carrefour salle des fêtes d’Akwa, les voitures avancent à une vitesse de tortue. Les travaux effectués sur cet axe depuis plusieurs mois sont la cause. Un conducteur de moto en forçant le passage, gratte la peinture d’une voiture avec son engin. Courroucé, l’homme est sorti en lui demandant d’améliorer sa conduite. Il reçut en retour injures et menace de mort. « Fils de P… Un bandit comme ça. Tu t’amuses je casse ça et t’envoie à l’hôpital », vocifère le ben-skineur. S’en est suivi une rixe verbale incontrôlable. Au marché New-Deïdo, une ménagère demande à une revendeuse communément appelée « Bayam-sellam » de lui faire une remise sur le prix du plantain et autres produits maraîchères vendus. Mal lui en a pris. Elle a été copieusement engueulée par la vendeuse. Selon ces voisines, cette commerçante est irritée depuis la matinée.

Des scènes d’irritation et d’injures sont récurrentes dans la ville de Douala. Plusieurs personnes expliquent cela par la diversité de mentalités recensée dans cette ville cosmopolite. « Les gens ici viennent de partout avec leur mentalité différente. Il est difficile de les canaliser d’où les débordements constant observés », soutien Martine Dimodi. Cette poussée fulgurante inquiète davantage les parents. Car, elle s’étend jusque dans les domiciles. Elevant ainsi la ville en capitale nationale des injures et engueulades publiques. Pour Etienne Nforgang, « ces scènes sont très vite captées par les enfants. De retour à la maison, ils le reproduisent exactement comme en route et c’est ainsi que nait les tensions dans les domiciles à Douala ». Quant à Bidjoka, étudiant en droit et sciences politiques à l’Université de Douala, ce phénomène s’expliquer par le fait que « Douala est situé dans une zone chaude. Par conséquent, les esprits sont toujours échauffés. Pour les abaisser, il faut se défouler et chez nous, ce sont les injures qui priment. Ailleurs, comme dans le Moyen-Orient, le défoulement, c’est la guerre ; voilà pourquoi, il y en a assez là-bas ».

80% de langage ordurier S’agissant dudit phénomène, les sociologues ont aussi leur mot à dire. François Guebou Tadjuidje, enseignant de sociologie à l’Université de Maroua, l’explique comme étant le seul moyen de lutter contre les frustrations sociales et conjugales accumulées à longueur de journées. Finalement, la population « use d’un langage ordurier adopté à plus de 80% dans la ville de Douala. En majorité jeune, cette population exerçant des activités informelles, expriment aussi leur insolence dans la manière de se vêtir, de dépenser son argent pour pouvoir juguler les frustrations sociales souvent observer », explique François Guebou Tadjuidje. Pourtant, dans les villes comme Buea, Yaoundé ou Bafoussam, les injures et engueulades publiques sont moins fréquentes. Les habitudes et l’éducation devraient être revues dans cette ville. Frank William BATCHOU

Revendication : Fritz Ntonè Ntonè esquive les grévistes

Publié 08/16/12 par FrankyFrank William Batchou

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Ils devaient être reçus ce 14 août 2012 par le délégué du gouvernement auprès de la Cud. Une promesse non-tenue du secrétaire général. Le patron des lieux ne s’étant pas présenté.

Déterminés et persévérants jusqu’au bout. C’est le leitmotiv de la cinquantaine de jeunes manifestants de la Communauté urbaine de Douala (Cud). Ce 14 août 2012, ils ont pris d’assaut le site aux premières heures de la matinée. 5h30 pour les tous premiers. Leur désir, rencontrer le Fritz Ntonè Ntonè, le délégué du gouvernement auprès de la Cud. Ce dernier devait reprendre le travail ce jour après un déplacement hors du pays. Une information donnée au cours de l’entretien du 6 août 2012 avec les manifestants par le secrétaire général de cette structure. Il ne faut donc pas le manquer. Lui seul pouvant débloquer cette situation. Car, « les autres administrateurs ne sont que des marionnettes. Il n’y a que le délégué pour nous dire quoi faire maintenant », souligne Yves Alain, un manifestant.

Les uns sont assis à même les escaliers conduisant dans les services de Fritz Ntonè Ntonè. D’autres sont assis dans la grande cours. A découvert au soleil dont-ils disent ne plus ressentir les douleurs de ses rayons. Mais, de celles « de l’injustice qui se dégage de cette structure ». Tous ou presque brandissent un message précis. Conçu selon le chagrin de son porteur. Extrait de quelques uns : « Monsieur le délégué tenez vos promesses », « M. le délégué que signifie dossier non conforme à l’appel à candidature ? Pourquoi nous avons composé ? Pourquoi deux mois de formation », « Monsieur le délégué, nous avons reçu une injustice à votre absence d’où nous voulons la transparence, de plus d’égalité d’où notre insertion ; Merci », « Non à la discrimination, non à la marginalisation. Oui à l’égalité des chances oui à l’unité nationale »...

Ras-le-bol Ce ras-le-bol remonte au lendemain de la publication des résultats définitifs de deux mois de stage pré-emploi à la Cud. Ils ont été déclarés : « Disqualifiés pour dossier non conforme à l’appel à candidature ». A l’instant, une requête collective, puis individuelle est rédigée le 1er août par les recalés. Aucun retour officiel. D’après eux, « on nous recale pour niveau d’étude élevé. On a demandé le niveau minimal du Bepc ou Cap dans l’appel à candidature avec un Cv. Nous les avons fournis. Il s’avère que la plupart d’entre nous ont le probatoire. Maintenant, on nous dit officieusement que notre niveau est élevé. Je ne sais pas si fréquenter est désormais un handicap au Cameroun », l’un des manifestants. Arnaud Heles, représentant des chauffeurs, d’ajouter : « Nous travaillions de lundi à dimanche, de 6h à 22h parce qu’il fallait faire la ronde pour transporter les agents de terrain et vérifier les panneaux mobiles. Aujourd’hui, on nous parle de place indisponible par rapport au quota. Pourtant, dans l’appel à candidature, le nombre de place n’a pas été mentionné. Les retenus sont ceux qui venaient juste pour l’appel parce qu’ayant un autre boulot ailleurs ». A la Communauté urbaine de Douala, personne n’ose donner un avis sur le problème. C’est d’un air laconique et méprisant qu’une dame répond au reporter : « Si vous êtes leur avocat, allez vous plaindre à la justice. Sortez de mon bureau et attendez le délégué revenir. Nous n’avons rien à vous dire ». Jusqu’à l’heure de fermeture, Fritz Ntonè Ntonè ne s’était pas pointé au bureau. A cause de la fête de l’assomption, les manifestants disent reprendre leur action ce jeudi 16 août 2012. Affaire à suivre !

Frank William BATCHOU