Le savoir, la politique, l’argent et Léopold Sédar Senghor ?
Un jour du 25 avril, j’ai reçu un mail intitulé Invitation, dont le contenu est ceci : "l’Institut d’Etudes Politiques Léopold Sédar SENGHOR de DAKAR « IEP-DAKAR » vous convie à sa leçon inaugurale. Elle sera dispensée par l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale, M. Moustapha NIASSE en présence du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche M. Mary Teuw NIANE.
Thème : Ethique dans la Gouvernance Institutionnelle, l’Exemple du Parrain : Léopold Sédar SENGHOR"
Voici une belle occasion pour nourrir encore mon esprit ! Moi qui aime tant les panels, les symposiums, les débats, les tables rondes ou les conférences.
Un thème dont tous les mots ont attiré mon attention. D’un côté, Ethique et Gouvernance et de l’autre, l’Exemple de LSS. Un thème d’actualité. Un sujet qui me préoccupe en tant citoyen sénégalais voire en tant que jeune africain.
Qui était Léopold Sédar Senghor ?
Léopold Sédar Senghor, c’est ce défenseur de la race noire, c’est cet ami de Césaire avec qui il a prôné la Négritude chez les noirs. Lui c’est ce poète, le premier Africain agrégé de Grammaire et le premier à intégrer l’Académie française. Il exhortait la rigueur dans la rédaction et l’expression en langue française. Il fut l’un des précurseurs de la Francophonie. Cet homme fut le premier Président de la République du Sénégal dont il est l’auteur de l’Hymne national. C’est un Président qui n’a pas attendu que son peuple lui dise on ne veut plus de toi. Car, il a quitté le pouvoir de son plein gré en cédant la présidence à son premier ministre, Abdou Diouf.
LSS est un homme qui a un attachement incommensurable à la culture. Et je n’étais pas surpris quand le Professeur du jour Moustapha Niasse nous dit ceci dans son discours: "Le parrain de l’IEPD a bu abondamment à la source de ces penseurs et de ces savants grecs et, par la suite, latins et aussi arabes, qui avaient tous compris, très tôt, que la curiosité intellectuelle et le goût des découvertes, la recherche acharnée des réponses aux questions que l’homme se pose sur l’univers, étaient les voies les plus sûres pour entrer dans les vastes espaces du savoir et du savoir-faire."
Un homme qui avait peur de l’argent
LSS, c’est ce Président de la République qui « jusqu’à sa retraite ne savait même pas distinguer les billets de 10.000f, 5.000f et 1.000f. » affirme le conférencier. D’après ce dernier, il ne connaissait pas l’argent. Et c’est quelqu’un qui avait peur de l’argent. Il était bouleversé et tremblait, quand le roi d’Arabie Saoudite lui avait offert 500 millions de francs CFA (1 million de dollars). Senghor s’est demandé qu’allait-il faire avec une résidence en Maroc, lorsque ce même roi lui a fait cadeau d’une maison.
Imaginez si c’était l’ex Président sénégalais, Abdoulaye Wade ? Lui qui se baladait avec des mallettes de millions. Argent qu’il offrait souvent aux personnes venues lui rendre visite au palais présidentiel.
LSS est cet homme d’Etat qui avait une philosophie politique fondée sur une idée. Il disait : « En politique, l’ennemi c’est la famille. Il vaut mieux autant qu’on le peut éloigner sa famille quand on est un dirigeant politique. »
Mes amis imaginez encore si c’était le troisième Président de la République de mon pays ? Si Wade avait compris cela, je pense qu’il n’allait pas faire de son fils ministre du ciel et de la Terre.
LSS était un homme mythique. Pour connaître qui il était, il faut se poser plusieurs questions :
[…] Comment était Solon ? Comment était Soundiata Keïta ? Qui était Samory Touré, El Hadj Omar, Cheikh Ahmadou Bamba, … ? « Senghor se confondait avec Kayah Manghan. » confie M. Niasse.
Si je pouvais ?
Ah ! Si je pouvais ressusciter Senghor pour qu’il vienne enseigner aux politiciens sénégalais c’est quoi la politique, c’est quoi l’éthique et c’est quoi un homme d’Etat ?
Ah ! Si je pouvais ressusciter Senghor pour qu’il vienne enseigner aux jeunes sénégalais qui sont aujourd’hui adhérents du système LMD (Lutte, Musique, Danse) ce que la quête du savoir, la curiosité intellectuelle peuvent apporter à la vie humaine et à un peuple ?
Pourquoi Karim Wade doit-il être arrêté?
C’est sous Wade que le mot milliard est devenu banal dans la bouche des Sénégalais. Dans un pays aussi pauvre que le Sénégal, on voit un ancien ministre dont la fortune est estimée 700 milliards de francs CFA (plus d’1 milliard d’Euros). Une somme qui dépasse le budget de ce pays sous le régime d’Abdou Diouf il y a de cela juste moins de quinze ans. C’est sous le régime d’Abdoulaye Wade, pape du « Sopi », que le citoyen de ce pays de la Teranga se comporte sans scrupules dès qu’il s’agit d’un moyen d’acquisition de cette « divinité » qui subsiste encore, je veux dire l’argent. Durant ces douze dernières années, j’ai vu le Sénégalais qui est prêt à échanger sa dignité et sa personnalité pour de l’argent. C’est durant ces dernières années que la corruption est devenue une vertu pour le riche, l’administrateur, le justicier, le chef d’entreprise, le chercheur d’emploi, etc. Il n’y a plus de valeurs morales chez le Sénégalais, plus d’éthique dans cette société. Or, ce sont ces valeurs qui doivent diriger l’activité et la vie de l’Homme, ce sont elles qui font de nous des humains.
Lors des deux mandats du président Wade, plus de cent ministres se sont succédés dans les différents ministères, même cas pour plusieurs directeurs généraux. Aujourd’hui, seuls quelques uns ont été convoqués par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Et d’aucuns ont été arrêtés, personne parmi leurs ex collaborateurs, leurs camarades de parti n’a dit un mot ni organisé des marches encore moins des menaces à l’endroit des avocats de l’Etat ou des cambriolages dans des maisons et des incendies criminels. Par contre quand c’est Karim Wade, fils d’Abdoulaye Wade qui est convoqué, on se mobilise. Quand il est arrêté on organise des marches, on s’insurge contre les autorités judiciaires, contre les journalistes qui ont décidé d’informer le peuple sur ce crime économique orchestré par « Laye ndiombor » et sa famille. Qui parmi les Sénégalais n’a pas apprécié le fait de demander à cet enfant prodigue, ce fils dont le père disait qu’il est le plus intelligent des Sénégalais, de rendre compte après avoir géré des biens publics.
Arrestation de Karim Wade, une demande sociale
D’abord, ils sont nombreux mes concitoyens qui ne le connaissaient pas. Ce qui veut dire que Rimka ne s’intéressait pas à la politique, même si son père en est un « monument ». Mais dès que le papa arrive au pouvoir après plus de vingt ans de luttes politiques, le nom et l’image de Karim commencèrent à envahir nos yeux et nos oreilles. Ensuite avant ses fonctions ici dans le pays, lui et son père n’avaient pas cette fortune. Puis, il a occupé des postes stratégiques où il a eu à gérer des fonds qui s’élèvent à des milliards. A mon avis, cela suffit comme argument pour demander à Karim de rendre compte de sa gestion. Enfin, nous le savons tous, ce n’est pas le président actuel, Macky Sall qui a mis en place la CREI. Cette dernière existe depuis le temps d’Abdou Diouf. Du coup, je ne peux pas comprendre, pourquoi ces soi-disant hommes politiques ou politiciens crient partout et se plaignent contre cette Cour. Qui peut redorer l’image de cet homme, dont le père avait démontré les ambitions dans son parti politique et dans le gouvernement. Je dis non, ce n’est plus possible de donner une autre image de ce descendant dont le père avait voulu donner une ascension arbitraire, une ascension despotique dans la société et le gouvernement sénégalais. C’était parti pour la succession de son père à la tête du PDS, lorsqu’il fut nommé conseiller spécial auprès de papa Président. C’est le coup de sifflet qui donna le départ pour un marathon dont l’objectif est d’arriver au Palais de la République et de prendre le fauteuil du père. Ce un but bien défini a été fixé au sein de la famille. Rimka devient le bras droit, le conseiller, le spécialiste, le technicien, voire le seul expert dans tous les domaines. Tous les grands projets de l’Etat qui font couler des milliards de francs CFA lui sont délégués. Grand père Wade lui confie la construction de l’Aéroport international Blaise Diagne, l’Agence nationale pour l’organisation de la Conférence islamique à Dakar, l’énergie, etc. Pourquoi à une période, il est étiqueté « ministre du ciel et de la Terre » ? Ce n’est pas une imagination gratuite. Karim Wade est un Sénégalais, Karim Wade a géré des milliards qui appartenaient au peuple sénégalais. Karim Wade a choisi d’être un politicien d’où un homme public. Aujourd’hui il détient des biens qu’il n’avait pas il y a de cela dix ans, des biens présumés mal acquis. Par conséquent, son arrestation n’est pas contraire à la loi ni à la morale encore moins au bon sens.
Seuls les politicards qui crient
Mais quand nous sommes dans un pays comme le sien où, pour être un bon politicien il faut être un menteur, un ingrat et un indigne. Dans un pays où on se lance dans la politique pour des fins personnelles qui ne sont rien d’autre que la situation financière. Quand nous sommes dans un pays où l’argent est une divinité, dans un pays où l’avarice est une vertu, on ne sera pas surpris de voir des politicards défendre l’un des plus grands criminels financiers de l’Histoire. Karim est quelqu’un qui a eu la malchance d’avoir un père trop ambitieux sur tous les plans. Des ambitions qui sont devenues fatales pour son dauphin. Néanmoins tout n’est pas mauvais sous Wade. Il a beaucoup changé dans ce pays, surtout en ce qui concerne les infrastructures et le train de vie de certains Sénégalais. Par ricochet, il a englouti les valeurs morales qui doivent être le principe d’une société humaine.
Crise de l’enseignement supérieur sénégalais : "L’Etat n’a jamais dit qu’il va ramener les inscriptions à 150.000F "
Le comité de pilotage de la Concertation Nationale sur l’Avenir de l’Enseignement supérieur Sénégalais a approuvé un rapport général sur les différents ateliers de partage qui ont eu lieu du 6 au 9 avril 2012 à Dakar.
Par conséquent, les étudiants se disent inquiets sur certaines décisions prises lors de ces quatre jours d’échange. C’est dans ce cadre que nous avons lancé une discussion sur internet via les réseaux sociaux pour permettre à certains étudiants de s’exprimer sur l’état actuel de l’enseignement supérieur du pays. Ainsi, nous avons remarqué que différentes idées y sont sorties. Du coup, l’idée d’aller à la rencontre du Ministre de l’enseignement supérieur nous est venue afin d’apporter quelques éclaircissements sur ces rumeurs qui circulent dans le milieu estudiantin sénégalais. Ainsi, M. le Ministre Mary Teuw Niane nous a accordé un entretien.
Monsieur le Ministre, tous les étudiants se disent que les frais d’inscription seront augmentés de même que les tickets pour la restauration. Qu’avez-vous à leur répondre ?
M. Mary Teuw Niane : Il y aura sans doute une étude de faisabilité au niveau des œuvres sociales, du coût des chambres, etc. Les gens qui payaient en 1963, 3000 f la chambre, ce n’est pas raisonnable de payer le même montant en 2013. C’est la même chose, payer 6000 f les droits d’inscription, 4300 f et quelques en 1963, ce n’est acceptable de payer la même chose actuellement. Ce n’est pas raisonnable ! Et il faut dire aux gens ce qui est raisonnable.
Nous notre objectif, c’est que nos universités publiques forment des étudiants de même qualité ou de meilleure qualité que des étudiants qui vont se former à l’étranger. Comme c’est dit dans la concertation, le label « Étudier au Sénégal » est pour nous un label qu’il faut développer. On ne peut le développer dans la médiocrité.
Est-ce qu’il faut continuer ? Que les étudiants s’entassent comme ils s’entassent dans les amphithéâtres ?
Non ! il faut changer cela. Et pour changer cela, il faut que chacun apporte une part de sa contribution.
Je mettrai une commission ad hoc dans les jours à venir. Et quand le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) et le Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (CROUSS), l’audit aura été faite, parce qu'il faut un audit pour voir comment ça marche. Et après il y aura une commission ad hoc dont les étudiants seront membres pour fixer des prix raisonnables, mais les prix pratiqués aujourd’hui ne sont pas raisonnables.
Une autre question qui préoccupe les étudiants : est-ce que le l’État supprimera la généralisation des bourses et aides ?
M. Mary Teuw Niane : L’État n’a jamais dit qu’il va supprimer la généralisation des bourses. C’est ça l’analyse aussi bien du pré-rapport de la concertation que l’analyse même de la concertation : Il faut rationaliser la gestion des bourses, il faut apporter l’équité dans l’attribution des bourses. Parce que les bourses, c’est un moyen d’orientation politique de l’enseignement supérieur. Donner à tout le monde des bourses, non seulement, ce n’est pas raisonnable mais ce n’est pas équitable. Que mon enfant ait une même bourse que le fils de paysan, ce n’est pas équitable. Il nous faut seulement dire, regardons comment donner ces bourses. Est-ce qu' aujourd’hui, par exemple les étudiants qui font la science, la technologie, qui font l’agriculture, l’élevage qui sont des priorités nationales, ceux-là ne devraient pas être prioritaires ? Est-ce que le fils d’ouvrier, le fils de paysan, l’orphelin ne devraient pas être prioritaires par rapport aux fils de cadres, de ministres, de députés et autres ? Je crois qu’il nous faut revenir à une réalité. Nos universités doivent être bien équipées, et il n’est pas, à mon avis, raisonnable que 70% des ressources soient le social et que le pédagogique n’ait que 30%. Je pense que c’est quelque chose de tout à fait simple, que tout le monde peut comprendre . Ainsi il faut seulement dire la vérité aux gens.
Maimouna Pam, étudiante à la FASEG
J’interpelle le Ministre sur le montant des bourses. Je pense que 38.000f ou 18.000f ne permettent pas à un étudiant de vivre correctement ici à Dakar. Peut-on s’attendre à une augmentation de ce montant ?
M. Mary Teuw Niane : Moi je considère qu’on a une masse de quarante milliards pour les bourses. Les universités réunies pour faire fonctionner le pédagogique ne reçoivent pas trente milliards. Ce qui est le plus important, c’est que les étudiants soient dans de meilleures conditions d’études, qu’ils aient les appareils qu’il leur faut pour faire leurs travaux pratiques, qu’ils soient dans de petits groupes où ils peuvent travailler et bien encadrés. Parce que, une grosse partie des étudiants qui sont dans nos universités publiques sont quant même issus de couches défavorisées. Il ne serait pas raisonnable pour le pays, que ces étudiants-là soient dans des universités de seconde zone et que ce sont ceux qui ont les moyens qui envoient leurs enfants à l’étranger ou dans des écoles privées huppées et dont les enfants vont avoir les meilleures formations. La mission première de l’enseignement supérieur et de la recherche, c’est de donner une formation de qualité aux étudiants, ce n’est pas d’assurer la popote.
Diatou Waly Sène – Département Anglais
Monsieur le Ministre comment comptez-vous faire avec vos collaborateurs et tous les acteurs du système pour réformer l’enseignement supérieur et mieux pour l’adopter à nos réalités, faire de sorte que ça soit adéquat avec le marché de l’emploi […] ?
M. Mary Teuw Niane : Je la remercie beaucoup, parce qu’elle pose la problématique qui remet en cause tout ce qui a été dit. Les filières qu’elle veut faire ce sont des filières qui demandent des ressources. Si vous voulez faire de la logistique, il faut que vous ayez les moyens, que vous soyez bien équipé en informatique, que les étudiants aient la possibilité d’aller au port, à l’aéroport, d’aller dans les gares de visiter des ports de la sous région etc. Cela demande des ressources, c’est pourquoi on ne peut pas tout mettre dans le social. Si on veut faire du multimédia ou bien de la traduction, il faut avoir des laboratoires de langues. C’est coûteux, il faut les équiper. Et l’encadrement ne peut être qu’en petits groupes. Donc il nous faut mettre le plus de moyens dans l’enseignement supérieur, dans la formation et dans l’équipement. Et c’est comme cela que nous allons créer des filières professionnelles. C’est aussi changer la mentalité des enseignants, et aussi de ceux qui gèrent nos institutions d’enseignements supérieurs. Il est plus facile de continuer depuis vingt ans, trente ans, à enseigner la littérature britannique ou la, littérature française. On devrait pouvoir s’interroger au niveau de ces filières, quelles sont les nouvelles opportunités que ces filières offrent ?
Elle est cultivée, elle a vu pas mal de filières qu’elle peut faire. Et c’est en cela que nous allons grâce à la Direction de l’Enseignement Supérieur, grâce aussi à la réforme LMD (License-Master-Doctorat), revoir les filières de formations, revoir les méthodes de formations et c’est en cela que les contrats de performance vont apporter un plus. Parce que ces derniers vont apporter les moyens qui permettront d’équiper et de créer un environnement de travail pour mettre en place ces nouvelles filières dont elle parle.
bocar sow
Bocar Sow : Monsieur le Ministre, si vous voulez que les étudiants déboursent 150 000 F pour l’inscription dans une école doctorale, Veillez a ce que cette dernière puisse fonctionner de manière acceptable.
M. Mary Teuw Niane : Ce que je peux lui dire, c’est que les contributions des étudiants vont être encadrées. Je peux donner l’exemple de Saint-Louis, où à l’époque et en accord avec les étudiants, nous avons créé la contribution de l’étudiant à sa formation et cette contribution était encadrée par les textes. Les ressources étaient réparties. Donc il a tout à fait raison de dire que les contributions de l’étudiant doivent être encadrées, la gestion doit être transparente, qu’il y ait reddition des comptes et que les étudiants participent à la gestion de l’argent qu’ils mettent sur la table. Ça, je suis tout à fait d’accord avec lui. Il faut que ce que les étudiants vont apporter retourne à la formation et à le mettre dans les meilleures conditions de travail.
Norbet Sagna- FASEG : Jusqu’à ce moment, il y a des bacheliers non orientés, pouvez-vous expliquez cette situation ? Est-ce que vous pouvez rassurer à tous ces nouveaux bacheliers qu’ils seront orientés ?
A partir d’aujourd’hui il n’y aura plus. Pour tous ceux qui en ont demandé. Le gouvernement, soucieux de donner une formation supérieure aux étudiants, leur a offert la possibilité de les orienter dans les établissements qui ont des filières accréditées par le CAMES. Tous ceux qui l’ont demandé ont été orientés. Ceux qui ne sont pas orientés c’est parce qu’ils ne l’ont pas voulu. Il n’y a aucun parmi les 6638 étudiants qui se sont volontairement inscrits qui ne soit pas orienté.
Monsieur le Ministre, comment un professeur d’université peut rester jusqu’au 6 du mois sans percevoir son salaire ?
Oui c’est vrai. Pour ce moi ci il y a eu un retard dans le payement des salaires. Vous avez d’ailleurs vu une des recommandations de la CNAES qui est l’équilibrage des budgets des universités . Depuis maintenant presque vingt ans les budgets ne sont pas équilibrés. Ce qui fait que ce sont des budgets sur sept à huit mois, parfois dix mois de salaires. Et évidemment le budget étant donné aux universités par quart, quand le trimestre se termine cela veut dire que le troisième mois n’est pas couvert. Et vue l’organisation du ministère de l’économie et des fiances, il faut attendre que le quatrième mois débute pour pouvoir libérer la deuxième tranche et donc, c’est cette situation que nous avons vécu. Mais ce que je peux dire c’est que le ministère de l’enseignement supérieur et des recherches, la primature et la présidence de la République ont une forte volonté pour que l’équilibrage puisse se faire. C’était une des recommandations du comité inter ministériel sur le financement des universités. J’espère que cela va se faire et ceci nous évitera des problèmes de ce type qui sont déplorables.
Aujourd’hui qu’avez-vous apporté de nouveau dans l’enseignement supérieur, depuis que vous êtes à la tête de ce ministère ?
Je suis au ministère pour appliquer une vision politique, parce que c’est le Président de la République qui a été élu par les Sénégalais donc c’est lui qui définit la vision politique. Et c’est dans le cadre de cette vision politique et de l’équipe gouvernemental d’Abdou Mbaye que je suis en train de travailler. La première des choses c’est de mieux faire connaître aux Sénégalais l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, et surtout qu’ils comprennent bien que si on veut le développement si on veut le l’émergence économique, le levier pour faire cela c’est l’enseignement supérieur, c’est la recherche et c’est l’innovation. Ceci est un aspect très important
L’autre aspect est tourné vers les institutions d’enseignement supérieur. Nous avons besoin d’étudiants formés pour des compétences, pour des métiers pour servir l’économie. Je pense de plus les universités sont en train de se réorienter .C’est aussi de dire que nous n’avons pas assez d’étudiants, nous n’avons pas assez d’institutions d’enseignement supérieur, il faut en créer de nouvelles. Et ces dernières doivent être porteuses de cette vision d’adéquation avec les besoins du monde économique et du terroir. C’est dans ce sens que Président a signé le décret créant l’université du Sine Saloum de Kaolack tournée vers l’agriculture et couvrant quatre régions : Kaolack, Fatick , Diourbel et Kaffrine. C’est dans ce sens aussi que la deuxième université de Dakar a été créée. C’est dans ce sens que l’institut supérieur d’enseignement professionnel de Thiès a démarré et que nous sommes en train de travailler pour la mise en place du réseau d’institutions de ce genre, avec un institut par région. Nous n’avons pas assez d’étudiants, nous allons en avoir beaucoup dans les années à venir. Et pour anticiper cela, nous sommes en train de finaliser la création de l’université virtuelle sénégalaise avec des espaces numériques ouverts. Et cette année comme les autres années nous avions eu beaucoup de soubresauts autour de l’orientation des nouveaux bacheliers. Grâce à l’accord du Président de la République, nous avons mis en œuvre le projet de les orienter dans les établissements d’enseignement supérieur privés mais dans des filières accréditées par le CAMES. Nous l’avons fait avec aussi une innovation, c’est-à-dire que ces étudiants se sont inscrits en ligne, il n’ont pas besoin eu besoin d’amener des papiers ni rien du tout. Aujourd’hui les orientations sont sorties sur le net, pour dire à chacun des 6638 étudiants qui se sont inscrits dans quelle institution d’enseignement supérieur privé ils vont aller et dans quelle région. C’est pour dire que nous avons travaillé, pour que la carte universitaire s’élargisse en formations professionnelles mais que les institutions se rapprochent des étudiants en essayant de couvrir le territoire national. De la même façon aussi, nous avons amplifié le transfert de la technologie vers les populations en implantant de nouveaux centres de recherches et d’essais dont à Louga que nous allons inaugurer dans quelques jours, mais ça sera à Saint-Louis, à Kolda, à Touba, à Bambay et à Matam.
Là où nous sommes en train de finaliser le projet de la Direction Générale de la recherche. Il nous faut construire cette recherche. Nous avons eu l’autorisation du Premier Ministre d’implanter l’administration de l’enseignement supérieur au niveau de Diamniadio.
Vous le savez, c’est tout le système qui va mal . Ne pensez-vous pas qu’il fallait commencer par la base, je veux dire au niveau primaire, moyen ou secondaire. Est-ce que l’État n’a pas fait ce qu’on appelle « mettre la charrue avant les bœufs » ?
Il y a certain qui disent il faudrait réformer le système dans son ensemble. On ne peut pas attendre, on n’a pas le temps d’attendre.
Bientôt, sans doute, l’éducation nationale va tenir des concertations et nous allons ensuite faire le lien. L’enseignement technique et la formation professionnelle va faire aussi de même.
Il faut bien le savoir, chaque heure, chaque minute que nous attendons, nous sommes en train de sacrifier des milliers d’étudiants, parce que c’est un retard. Et aujourd’hui le retard ne se calcule pas au niveau national. Les étudiants sont tous branchés : sur Twitter, Facebook, sur plein de réseaux sociaux, etc. Ces réseaux sont internationaux. Le retard est international. Quand on forme un étudiant aujourd’hui, c’est vrai on le forme à partir des ambitions du Sénégal, mais quand cet étudiant est bien formé, il s’emploie sur l’étendue de la planète. Et là, on a des formations d’excellence que ce soit Saint-Louis, l’École Supérieure Polytechnique ou certaines écoles privées, nos étudiants sont employés partout en Afrique et dans le monde.
Il faut qu’ils mesurent qu’on n’a pas le temps et qu’on n’a plus le temps. Si nous ne voulons pas sacrifier nos jeunes. ET c’est ça que le Président de la république a compris en mettant en bonne place dans son programme la tenue de ces assises pour réformer le plus rapidement possible notre système. L’assurance que je veux dire aujourd’hui c’est que nous allons appliquer les réformes.
Système éducatif sénégalais : des mots dans les maux
Pour réformer un système il nécessite des moyens et des ressources. Au Sénégal, le système éducatif au cycle primaire a été réformé sans ces derniers.
Manque de formations pour les enseignants
En évoquant la généralisation du Curriculum de l’éducation de base (CEB), l’ancien ministre de l’éducation, Pr Kalidou Diallo disait ceci : « on ne peut pas commencer un marathon en boitant ».
Paradoxalement, l’Etat sénégalais a généralisé cette réforme de l’éducation en boitant. Et je dis pire même : il s’est lancé dans un marathon avec un seul pied.
Pour que cela soit compris il faudrait quelques petites explications. En effet, le CEB a été généralisé sans un accompagnement en intrants. Donc nous pouvons dire que le Sénégal ne dispose pas les moyens nécessaires pour adopter ce nouveau système. D’une part, le plus grand nombre d’enseignants sont issus de la «vieille école » si je peux le dire ainsi, par comparaison aux anciennes méthodes et à celles nouvelles, issues du CEB. En conséquence, tous ces enseignants devraient bénéficier d’une bonne formation pour entamer ce virage. Au contraire, ce sont des séminaires de cinq jours seulement qui ont été organisés pour former ces pratiquants. Et plus grave encore, la plupart des inspecteurs qui animaient ces ateliers n’ont pas une maîtrise parfaite de l’ensemble des procédés à réunir pour arriver à l’essence du curriculum. Le résultat est évident, les formés auront une compréhension floue sur les techniques à adopter. Du coup, chacun y va avec sa propre compréhension. Dès lors, les contenus et les moyens ne seront pas harmonisés. Par contre les évaluations en fin de cycle (sixième année) sont harmonisées. Par ricochet l’objectif essentiel visé, les résultats attendus sur les apprenants ne seront jamais atteints.
Absence d’outils pour les apprenants
D’autre part, il existe un manque criard d’intrants pour concrétiser le contenu du curriculum. En effet, les séances d’apprentissages, toutes les évaluations, les exercices en général sont centrés sur des supports. Par conséquent, l’enseignant devrait avoir tous les outils nécessaires (manuel et matériel) pour entrer dans le « bain » d’un enseignement adapté au curriculum. Et aussi, chaque apprenant devrait disposer d’un cahier (livre) d’exercices dans les différentes matières, même chose pour les cahiers d’intégration. En plus, il leur faut des albums de lecture, -livres sous formes de bandes dessinées pour certains niveaux-. Ceci dit, il nécessite d’énormes moyens financiers pour se lancer à la généralisation d’un tel programme. Car, chaque année, des millions de manuels devraient être édités pour tous ces milliers d’élèves du cycle primaire. Malheureusement aucun effort n’a été effectué dans ce sens. C’est seulement lors de la généralisation du CEB, en octobre 2009, que précisément des cahiers d’intégration ont été confectionnés pour les élèves de ces cours : CI, CP et CE1. Vous le constatez, rien des autres outils que nous avons cités plus haut. Pourtant c’était la première année, mais même les maîtres n’avaient pas les ressources sur lesquelles sortiront les enseignements à dispenser tels qu’ils sont écrits dans les guides du CEB. La situation ne fait que s’empirer depuis lors. Les maîtres n’ont aucun support, aucun manuel pour enseigner comme il le faut. C’est le même cas pour les apprenants, aucun cahier d’exercices pour consolider ces quelques enseignements fondés sur le curriculum que certains maîtres essaient de respecter tant bien que mal.
Évaluer sur des principes non maîtrisés
Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est que les élèves qui étaient au CE1 lorsque la généralisation du programme a été effective sont au CM2, en d’autres mots à la dernière année du cycle primaire. Toutefois, ils seront évalués sous les méthodes du curriculum. Quel paradoxe ! Évaluer un apprenant dans un système d’évaluation dont, le correcteur ne maîtrise ni le contenu des épreuves ni l’élaboration, encore moins la technique d’attribution de points, la correction. Et pourtant les autorités éducatives sénégalaises savent pertinemment qu’aucun effort, aucun accompagnement pour arriver à la réussite de ce nouveau système d’enseigner n’a été effectué. C’est à trois mois des épreuves du Certificat de fin d’études élémentaires que certaines inspections de l’éducation et de la formation organisent un soi-disant séminaire d’une demi-journée pour faire comprendre aux enseignants qui tiennent des classes de CM2 la nouvelle manière d’évaluer.
L’enseignement supérieur changera t-il la donne ?
Le proverbe wolof dit: « garab thia bamouy ndaw lagn kay dioubanti». On pourrait le traduire littéralement ainsi : «l’arbre se redresse lorsqu’il est petit». Récemment un comité de Concertation nationale pour l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal (Cnaes) a été mis en place, sous la présidence de l’éminent intellectuel, le Pr Soueymane Bachir Diagne. Nous ne pouvons que saluer cette initiative. En revanche, dans le sens de ce proverbe wolof, il fallait commencer par la base, autrement par le primaire pour ainsi aboutir au supérieur. Mais là, on assiste à ce que l’on pourrait dire, « mettre la charrue avant les bœufs ». Les autorités devraient être rassurées que les réformes on été effectives dans les cycles du primaire, moyen et secondaire et en même temps s’occuper du supérieur. Car, ces différents niveaux du système éducatif sénégalais partagent les mêmes mots et maux.
L’offre de formation publique de l’Etat n’est pas en phase avec les besoins que nécessite un développement économique. L’Etat sénégalais ne forme ni des Hommes pour la compétition sur le marché de l’emploi ni des Hommes capables de se créer des emplois.
Mais actuellement nous pouvons espérer avec ces grands universitaires. Pour les nommer, Pr Mary Teuw Niane à la tête du ministère de l’enseignement supérieur, Pr Abdoulaye Sock, directeur de l’enseignement supérieur et le Pr Souleymane Bachir Diagne pour diriger la concertation sur l’avenir de l’enseignement universitaire. Tous ces trois ont une maîtrise parfaite du milieu de l’enseignement supérieur, non seulement sénégalais mais aussi international. Une expérience riche et un carnet d’adresses riche, voilà ce que partagent ces trois intellectuels. En conséquent, ils devront être capables de trouver des solutions afin d’avoir un enseignement supérieur de qualité pour l’avenir du Sénégal.
Car ils avaient tous des projets, des visions pour l’enseignement supérieur. Mais tout cela ne sera pas réalisable si les enseignements au primaire, au moyen et au secondaire ne seront pas réformés.
Grèves des enseignants, une école publique sous menace à cause des crises répétées, manque de formation des enseignants, manque d’intrants pour les apprenants, des milliers d'abris provisoires à travers le pays, tant de maux qui gangrènent le système éducatif, tel que, des états généraux de l’éducation seraient les bienvenus. Mais c’est connu, le Sénégalais est très fort en matière de production d’idées et d’élaboration de documents. Mais quant à la concrétisation, à l’application, c’est tout le contraire. Au Sénégal, on réfléchit, on écrit et on le range dans les tiroirs.
En 1981 les états généraux de l’éducation et de la formation ont été tenus mais jusqu’à nos jours aucune des conclusions n’a été exploitée.
Une chose est certaine, l’éducation, autrement la formation attribuée à la population est capitale pour le développement d’un pays. Et c’est dès le bas âge, l’enfance, que l’éducation doit commencer, c’est cela la logique. Et si nous voulons façonner des citoyens pour un Sénégal émergent, commençons par les enfants.
Encourager l’ingéniosité par un prix de l’innovation pour l’Afrique
Dans la croissance économique d’un pays, l’innovation occupe une place primordiale. Conscient de ce fait, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Fondation africaine pour l’innovation (FAI) ont lancé le Prix de l’innovation pour l’Afrique.
En partenariat avec l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, une journée d’information sur ce prix a été organisée le mercredi 24 octobre 2012 à Dakar.
150 000 $ USD pour encourager l’ingéniosité africaine
« C’est un prix pour encourager l’ingéniosité africaine », nous dit Eskedar NEGA de la CEA. En effet, l’idée est née lors d’une série de forums organisée par cette dernière sur le thème : "De la science avec l’Afrique". C’est un programme annuel fixé pour une durée de cinq ans, de 2012 à 2016.
Innover, c’est apporter quelque chose de nouveau, c’est le changement dans une pratique qui existe déjà. Dès lors, chacun peut être innovateur dans sa spécialisation, il suffit d’être ambitieux. Ce qui fait que tout Africain (même de la diaspora) peut postuler. Il faut juste préciser, que l’innovation doit être faite par un Africain et destinée à l’Afrique en premier lieu.
Donc, tous les entrepreneurs du continent qui ont des projets innovants dans des domaines comme : l’agriculture et l’agro-industrie, les technologies de l’information et de la communication, la santé et le bien-être, l’industrie productive et les services, l’énergie, l’environnement et la gestion de l’eau, peuvent déposer leurs candidatures. Il est important de noter que trois catégories de prix seront décernées selon divers critères, d’après les explications de Pauline Mujawamariya, Program Manager de la FAI.
Le montant le plus élevé est de 100 000 $ USD, environ 50 millions et demi de Francs CFA, sera attribué à la meilleure candidature, sous la combinaison des critères tels que : les débouchés en besoins sociaux, les aspects commerciaux et aussi techniques.
Le deuxième prix d’une valeur de 25 000 $ USD, plus de 12 millions de Francs CFA, aura comme critère, les perspectives de commercialisation du produit, autrement, l’innovation commerciale.
Un autre du même montant sera attribué au projet qui aura le plus grand impact social ou encore la meilleure innovation sociale.
En résumé, il faut des projets potentiels, du côté social, international, technique et bien sûr des projets qui inspirent l’originalité.
Les dossiers de candidatures sont recevables en ligne sur le site, par courrier électronique, faxe ou encore par voie postale. Et les formulaires sont disponibles en anglais et en français. Mais cela n’exclut pas les autres langues telles que l’espagnol, l’arabe et même celles qui sont locales.
Toutes ces possibilités existent pour ainsi donner la chance à tous les innovateurs africains de participer à ce concours.
Rappelons que lors de la première édition, IPA 2012, le 1er prix a été remporté par le Professeur Mohamed Sanad originaire d'Egypte pour son antenne de station à multi bandes. Et le second qui était de 50 000 $ USD a été attribué à l’Algérien Zeinou Abdelyamine pour son produit bio rodenticide.
L’innovation, facteur de croissance économique
Dans sa communication, Moubarack LO, ministre conseiller, directeur de cabinet adjoint du Président de la République a précisé que dans l’innovation, même le chômeur peut participer et que cela élargit le domaine de la recherche-action au-delà des cercles académiques.
Selon l’économiste, tous ses pairs pensent qu’il y a un « lien étroit entre l’innovation et le développement économique ». Une telle idée est vérifiable, car tous ces pays qui occupent les premiers rangs dans l’économie mondiale sont ceux qui innovent le plus. On parle de plus en plus d’économie de la connaissance. Mais cela nécessite la mise en place d’un environnement propice au préalable.
Selon M. LO, l’innovation suppose plusieurs éléments dont : de bonnes institutions, de la recherche, du capital humain, des infrastructures, une sophistication du marché et il faut également que des produits soient exportés. Et tous ces éléments font partis des conditions du développement. Le directeur de cabinet adjoint du Président conclut qu’ «aucun pays aujourd’hui ne peut pas se développer s’il n’innove pas. » Il a rappelé le classement 2012 des pays en matière d’innovation. Et nous pouvons noter ici, que l’île Maurice (considérée comme une île appartenant au continent africain), est 49ème sur 141 pays. Ainsi, elle occupe la première place dans le rang du continent. « Pour dire qu’il y a beaucoup d’efforts à faire pour accélérer le placement de l’Afrique dans cette plateforme mondiale. »
La vision nationale, l’octroi de bourse, l’organisation de prix, le financement des projets innovants, l’incubation, la promotion commerciale et la mise en relation avec de grandes firmes sont autant de domaines dans lesquels le gouvernement s’évertuera de travailler, nous confie notre ministre. Nous rappelons que c’est ce type d’économie qu’un pays comme le Qatar est en train de promouvoir, en investissant dans le savoir, autrement, la recherche scientifique. Ce pays n’oublie pas que les ressources naturelles sont épuisables. Par conséquent, il prépare cette fin en se tournant vers les innovations, afin de maintenir son statut économique dans le futur.
« L’innovation joue un rôle capital dans la recherche de solutions pour le développement. », lance le président de l’Académie des sciences, Pr Ahmadou Lamine Ndiaye, dans son allocution de bienvenue. Il affirme ainsi que le développement des pays ne se bâtit plus, uniquement sur l’importance des ressources dont ils disposent, mais plutôt sur les aptitudes à les valoriser. D’après Mme Eskedar NEGA, ce prix est un « processus qui stimule la production, et cette dernière crée de l’emploi et en même temps on crée une certaine incitation à la capacité innovatrice des différentes communautés en Afrique».
La représentante de la CEA souligne que l’objectif de ce projet c’est de «créer une plateforme pour identifier des concepts innovants d’origines africaines. C’est également, encourager l’entreprenariat en sensibilisant des secteurs financiers traditionnels à intervenir pour faire avancer l’agenda de l’innovation dans le continent».
" La meilleure manière d’anticiper notre futur, c’est de le créer". Donc, innovateurs africains, montrez vos innovations en déposant votre candidature (date de clôture fixée au 30 novembre 2012), afin d’exporter l’ingéniosité de cette terre, berceau de l’humanité.
Les TIC dans l’éducation : un remède au manque de formation des enseignants et à la baisse de niveau des apprenants
Internet est qualifié de toile d’araignée mondiale, ce qui donne ainsi le www, World Wide Web dans la langue de Shakespeare.
Aujourd’hui, non seulement des milliards d’appareils sont reliés entre eux, mais cette toile virtuelle constitue de nos jours la plus grande réserve de savoir que le monde n’ait jamais connu.
Internet c’est la plus grande bibliothèque mondiale; bibliothèque où il y a une multiplicité de disciplines, de langues, de cultures…
Le web aussi, c’est la plus grande université du monde: université qui compte le plus grand nombre de professeurs et le plus grand nombre d’étudiants.
Créé pour un groupe d’utilisateur très restreint, le net est de nos jours devenu le lieu où l’on partage le plus. En effet, il est le meilleur moyen de partager l’information. Ainsi, nous avons ici une preuve de solidarité inconsciente qui est remarquable.
Derrière l’écran, il n’y a pas de riche ni de pauvre, encore moins de race.
Mais est-ce-que cet outil qui permet de détourner inconsciemment les disparités sociaux est à la disposition de tous ? Une question qui aura certainement comme réponse un non.
Vu son importance dans ce siècle numérique, il ne serait pas mal si on ajoutait le droit à l’accès à l’internet de tout citoyen, dans La listes des droits de l’Homme. Car, il devient de plus en plus incontournable dans plusieurs domaines qui ont un rapport direct avec nos sociétés. De ce fait, un accès accompagné d’un bon usage de l’internet peut jouer un rôle important dans la formation de la jeunesse d’un pays. Et quand un pays dispose de bonnes ressources humaines, il est sûrement dans la piste du développement.
Pour un usage bénéfique de l’Internet
Au Sénégal, seules les familles nanties ou encore les familles qui ont des parents émigrés disposent d’une connexion internet à domicile. Bien sûr, avec les professionnels du domaine aussi. Et ce sont ces mêmes jeunes issus de ces familles qui détiennent des téléphones avec accès Internet (smartphones). Ainsi, ce sont eux qui ont la possibilité de découvrir tous les avantages de l’internet.
La plupart des enseignants ne s’intéressent même pas à l’Internet. Pour eux il faut être informaticien pour se connecter sur le web. Chose normale, parce qu’ils ne sont pas formés ni informés là-dessus.
Par conséquent, ils ne sauront jamais l’importance de cet outil qui est aujourd’hui incontournable pour la recherche du savoir. Qui dit enseignant ou étudiant, dit forcément apprendre continuellement. Je pense qu’une personne qui découvre tout l’intérêt et tout le savoir qui se trouvent derrière cet outil ne restera jamais sans essayer d’aller à sa découverte.
Aujourd’hui, ce sont les élèves, les étudiants qui se connectent sur les réseaux sociaux. Et tout le monde sait le danger qui existe sur ces derniers pour quelqu’un qui n’est pas éduqué. Si l’enseignant même n’a aucune connaissance dans le domaine des TIC, comment pourra-t-il orienter ces élèves vers un usage bénéfique de l’Internet?
Dans un pays comme le Niger, « les enfants ont une bonne liaison avec la technologie, car même ceux qui fréquentent seulement l’école coranique savent utiliser internet. Ce que tous les enseignants ne savent pas faire », a indiqué Jean-Louis Branco, actuel Directeur Général Orange au Niger lors de la visioconférence ayant pour thème : « Quelles perspectives de partenariat public privé pour l’accès à l’éducation et à la formation par les TIC en Afrique subsaharienne ? » organisée depuis Paris par l’AFD, l’AUF, Orange et World Wibe Web Fondation.
En Afrique, il manque de la technologie et surtout la recherche. Le continent est en retard en matière de recherche. Même s’ils existent des chercheurs africains, ils travaillent pour d’autres pays. Vous comprenez ce phénomène de la fuite des cerveaux.
M. Branco a également souligné la nécessité d'investir dans les nouvelles technologies: "Il faut investir dans les ressources humaines. C’est ce qui fera le développement futur de l’Afrique. Le problème c’est l’usage, pourquoi ne pas aller vers le libre accès aux ressources".
De nos jours, on ne peut pas dire investir dans la formation et l’éducation sans investir dans les technologies de l’information et de la communication
Donc, le droit à l’accès à l’Internet permettra d’inciter nos gouvernants à attribuer une place plus importante à la www. Les théories sont là, mais jamais de pratiques, jamais de concrétisations. Alors que les contenus se multiplient de jours en jours et en même temps, les utilisateurs augmentent à un rythme identique. Ces derniers ont besoin d’être éduquer afin qu’ils puissent tirer profit de l’Internet. Car, une fois connectée, notre machine peut devenir un professeur agrégé virtuel autant qu’une dévergondée devant nous. Tout dépend de la finalité. Avec la liberté d’expression qu’on y note, chacun à son propre choix : acteur ou spectateur/consommateur. Le mieux c’est d’être les deux à la fois.
Avec l'avénement du web 2.0, les utilisateurs génèrent les contenus. Cela explique un certain succès du blogging et du micro-blogging. Ainsi des milliards de commentaires et des millions de billets sont balancés chaque jour sur la toile renvoyant en même temps au web 1.0 (information partagée à travers la toile).
Tout le nécessaire pour acquérir ou dispenser du savoir est aujourd’hui disponible sur Internet. L’interactivité qui existe dans les salles de cours est possible à traves l’ordinateur. Un point frappant de cette connexion de millions d’ordinateurs, c’est la collaboration dans la construction d’un savoir collectif et gratuit autrement le web 3.0. Ce que je peux nommer comme une révolution du savoir.
Des universités de renommées, pour la plupart américaines, dispensent via une plateforme, des cours en ligne gratuitement. Bien vrai que ces derniers existaient depuis longtemps, mais la nouveauté en est l’accès libre.
IFADEM, un projet à étendre
En Afrique, l’initiative francophone pour la formation à distance des maîtres existe depuis 2008. En effet, elle a permis à des milliers d’instituteurs africains à accéder à la formation continue à distance mais aussi à utiliser l’outil informatique, avec la mise en place d’espaces numériques.
IFADEM est une initiative conjointe de l’Organisation Internationale de la Francophonie et l’Agence Universitaire de la Francophonie, expérimentée dans quatre pays : le Burundi, Madagascar, Haiti et le Bénin.
Parmi ses objectifs, on peut noter :
Améliorer les méthodes d’enseignement à la faveur de pratiques innovantes, de l’emploi de nouveaux outils didactiques et de nouvelles méthodes pédagogiques ;
Mettre en œuvre des dispositifs de formation hybride, en partie à distance, en introduisant progressivement l’usage des technologies de l’information et de la communication pour l’éducation (TICE).
D’après les initiateurs, 10 pays rejoindront le projet d’ici 2015. Mais un tel projet devrait être généralisé pour l’ensemble des pays africains.
A mon avis, le monde de demain appartient à ceux là qui savent manipuler, utiliser les TIC. Avec une petite analyse, nous pouvons comprendre que l’Internet deviendra un élément incontournable dans tous les domaines. Et je précise bien tous les domaines de la vie sociale. Je pense que tout pays a pour ambition le développement, l’avancement, …
A l’heure actuelle, on ne peut pas parler de pays développé sans impliquer les technologies de l’information et de la communication.
Et l’utilisation des TIC dans l’éducation peut être un remède au manque de formation des enseignants et une solution réelle pour la baisse de niveau notée chez les apprenants.
Les dangers de Facebook
Ecrire un billet sur le réseau social Facebook parait un peu caduc. Mais comme je suis un fidèle utilisateur, j’ai constaté qu’il a été un phénomène social et garde encore ce statut. Donc, c'est ce qui m'a inspiré à écrire ce texte.
Nous le savons tous, avec Facebook nous retrouvons nos amis d’enfance, nous partageons des photos, vidéos et des idées. Avec ce réseau, on peut s’informer, vendre nos produits, organiser des rassemblements, lancer des mouvements de contestations, etc. Aujourd’hui, il est l’un des meilleurs outils de marketing et d’e-réputation.
Votre vie privée exposée, un risque
Mais, il ne se limite pas là. Car ce réseau nous incite à étaler toute notre vie sur la toile: Identité, cursus, emploi, croyances religieuses, opinions politiques, situation amoureuse, etc. En résumé, lors de votre inscription, toutes les questions qui permettent de vous identifier, de vous particulariser dans ce groupe de millions d’individus sont posées. Ainsi, il n’y a plus d’intimité, plus de vie privée. Revenons un peu sur le partage de photos ; nous partageons diverses photos, sans analyser au préalable les effets négatifs que ces photos peuvent occasionner. Il est important de le savoir, aujourd’hui la plupart des recruteurs passent par les réseaux sociaux pour avoir plus d’informations et plus de détails sur la personnalité du candidat. Par conséquent, un simple clic sur le profil et un parcours sur le mur d’un utilisateur permet de mieux cerner sa personnalité. Et aussi un simple clic permet de licencier un employé.
Vos données peuvent être exploitées par quiconque
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Moi apprenti « Car rapide » !
Source: http://webambulant.blogspot.com/2012/07/moi-apprenti-car-rapide.html#more
Moi apprenti « Super » (car rapide) , je me lève chaque jour à cinq heures du matin. Et je bosse jusqu’à vingt trois heures. C’est pourquoi, je reste quatre semaines sans me laver le corps. Oui! C’est la réalité, un mois sans se laver le corps. Vous vous dites que ce n’est pas possible. Mais ne vous inquiétez pas ! Cela ne me cause aucun problème, j’en ai l’habitude. C’est le cas pour la plupart de mes camarades aussi. D’ailleurs, c’est ce qui fait que ma peau résiste aux égratignures. J’ai une peau très rude, elle est couverte de poussière et de sueur. Je porte les mêmes habits pendant un mois. Mais ne vous inquiétez pas ! Cela ne me cause aucun problème, j’en ai l’habitude. A chaque fois que ma maman apprend qu’un féticheur est dans le coin, elle y va pour me trouver quelque chose soi-disant me protéger ou multiplier mes chances de succès dans ce métier qui est le transport. Cela fait que j’ai 500g de talismans et d’amulettes sur le corps. Oui ! 500g de « téré » et de « ndombo » !
Comme d’habitude, aujourd’hui mon patron m’a réveillé à cinq heures. Ah, mon patron, il faut que je vous parle un peu de lui. Au garage tout le monde l’appelle « Boy Ndiaye », malgré qu’il ne soit pas un jeune garçon. C’est un homme d’une cinquantaine d’année. De teint noir et de taille moyenne. Des cheveux blancs et en broussaille. Toujours un bonnet sur la tête. Je me demande s’il se brosse les dents ? Mais elles sont ... Moi je comprends pourquoi. Il fume quatre mégots par heure. Et en même temps il croque son cola qu’il n’oublie jamais d’acheter. S’il ne se brosse pas les dents, imaginez quels types de dents il aura. Mon patron, il a trois femmes. Vingt et un descendants. C’est acceptable. Sa première femme en a eu sept. La deuxième six et la troisième, comme toujours, elle est la plus jeune. Elle a actuellement quatre gosses. Les quatre autres qui complètent la liste, lui-même ne connait pas où se trouvent leurs mamans. Voilà ! Maintenant vous avez un aperçu sur mon patron.
Moi, apprenti super je passe la nuit à l’intérieur du véhicule. C’est mon patron qui me réveille chaque jour. Au réveil, je me rince la bouche avec de l’eau simple d’abord puis je me lave le visage. Après cela, je me sens aussitôt en forme. Je vous confie un petit secret : des fois je n’y fais rien. Pas de rinçage de la bouche ni de lavage du visage. Vous vous dites que ce n’est pas possible. Mais ne vous inquiétez pas ! Cela ne me cause aucun problème, j’en ai l’habitude. Les clients me traitent de tous les mots. Je suis insolent, je ne suis pas éduqué, je ne respecte personne, je ne connais pas une personne âgée… Quand je dis à un client que dans mon car on ne paye pas moins de 50f, le tarif commence à partir de 75f, premier réflexeo c’est va - t’en ! C’est ton affaire ! Ils ne savent pas qu’ils n’existent pas de tarifs à 50f. Mais ils prononcent ces mots sans gêne. Personne ne pourra te dire qu’elle a vu un tarif à 50f. Ce sont d’autres camarades apprentis qui acceptent ces tarifs. Mais moi je dis niet !
Le crépuscule approche, ce sont les moments choisis par les agresseurs. Ils montent dans le car en petits groupes de trois à quatre. Juste pour piquer les portables des clients. Moi je les reconnais quand ils sont dans le car. Le cas échéant, j’avise chaque client avant qu’il n’entre: Monsieur ou madame veuillez sortir votre portable et votre calepin de vos poches et tenez les avec votre main. Une fois que ces mots sortent de ma bouche, les clients comprennent aussitôt qu’il y a un voleur dans le véhicule. Et si le client descend du véhicule, il est content de l’avoir aviser. Il me : « Boy merci et continue, c’est bien. Si tous les apprentis faisaient comme toi, il n’y aura pas de vol dans les véhicules. » Aujourd’hui c’est ce que j’ai fait. A un moment donné chaque client avait son portable à la main. Je vous assure ! Cela me faisait rire. Et lorsque les agresseurs ont compris mon plan, ils sont descendus du car sans portable ni calepin. Mais des fois il arrive qu’ils me menacent en sortant un couteau. Là, je ne dis rien. Si le client fait la remarque, il descend aussitôt du car.
Déjà, je constate que j’ai beaucoup raconté, donc je m’arrête là pour aujourd’hui. Je reviendrai pour vous parler d’une autre face cachée sur les supers communément appelés : cars rapides.
A quand la fin des abris provisoires au Sénégal ?
Source: <webambulant.blogspot.com>
Les abris provisoires n’existaient que dans les écoles primaires. Aujourd’hui, nous les retrouvons dans les collèges et dans les lycées. C'est également le cas à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar puisque nous avons des cours qui sont dispensés dans certaines écoles primaires environnantes.
Abdoulaye SALL, élève en classe de CP
"Aujourd’hui, nous n’allons pas faire cours parce que notre hutte est tombée hier. Nous sommes fatigués. Le vent et la poussière nous empêchent de bien suivre la leçon du maître. Et ce n’est pas prudent d’être sous une hutte, car elle peut tomber sur nous. Nous voulons étudier dans des salles de classes".
Voici le cri de cœur de Mor Kébé, élève en classe de CP à l’école Ngomène 2:
Ngomène 2 est un village qui est situé à quelques kilomètres de Pout. Dans ce village, il y a une école primaire ouverte depuis sept ans. Elle compte 6 classes physiques mais 2 salles de classes seulement. Les autres sont des abris.
"Un impact sur les explications du maître et éventuellement sur les résultats des élèves"
M. Ndiaye, enseignant à l'école Ngomène 2:
"Cela fait quatre années que j’enseigne et cela fait quatre années que je dispense mes cours dans des abris provisoires. Je n’ai jamais été dans une salle de classe. Je sais qu’il y a une très grande différence entre les enseignements que l’on dispense dans une salle de classe et ceux que l’on dispense sous un abri provisoire. Du coté des enfants comme du côté de l’enseignant qui dispense les cours. Car il y aura un impact sur les explications du maître et éventuellement sur les résultats des élèves. Comme tu le vois, en étant ici à l’intérieur, tu aperçois tout ce qui se passe aux alentours. Donc les enfants ne suivent pas tout le temps. A chaque fois qu’il y a un bruit à côté ils essaient de jeter un coup d’œil. Le matin c’est la fraîcheur qui nous fatigue et l'après-midi c’est le soleil et surtout si c’est en période de chaleur. Comme ces genres de situations sont fréquentes dans le pays, dans certains villages ce sont les habitants qui construisent des abris et même des toilettes pour leurs enfants. Mais ici, comme tu le vois, les parents n’ont même pas le temps de s’enquérir des conditions dans lesquelles les enfants travaillent. Bien vrai que c’est la responsabilité de l’Etat de construire des salles de classe".
Le ministre de l’éducation actuel, Ibrahima Sall, devrait faire de la construction de salles de classe l'une de ses priorités. Même si Kalidou Diallo, ex ministre de l’éducation, avait estimé lors du denier vote du budget de ce ministère que l’existence d’abris provisoires dans certaines localités est un mal nécessaire.
Car les bonnes conditions de travail impacteront sur les résultats des élèves. Il ne faut pas seulement chercher à élever le taux de scolarisation du pays mais aussi et avant tout il faut s'assurer de la qualité de l'enseignement.
Ceci est un billet que j'ai publié sur mon blog : webambulant.blogspot.com avec des images. http://www.facebook.com/WebAmbulant
SeydouBADIANE



