Famine en Afrique: une lueur d'espoir?
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Le poids des mots, le choc des photos. Ce slogan, longtemps utilisé par le magazine Paris Match pour illustrer sa philosophie éditoriale, s'applique parfaitement à la famine qui ravage la Corne de l'Afrique. On dit aussi qu'une photo vaut 1000 mots, un fait récemment illustré par le New York Times, qui a choisi de publier à la une de son édition du 2 août la photo d'un enfant somalien rachitique et crevant de faim. L'article accompagnant la photo dénonçait le fait que les rebelles islamistes niaient l'existence même d'une famine et empêchaient leurs compatriotes affamés de gagner les camps de réfugiés où ils auraient pu pourtant trouver de quoi se sustenter.
Ces jours-ci, rares sont les bonnes nouvelles en provenance de cette région dévastée depuis quelques semaines par une terrible famine. Pourtant, une tribune de Jeffrey Sachs, célèbre économiste américain. intitulée «Famine et espoir dans la Corne de l'Afrique» -traduite de l'anglais au français et publiée sur le site GoodPlanet.info-, rappelle qu'il existe cependant des solutions pour combattre la famine sur le long terme mais que les grandes puissances comme l'Amérique (ou l'Europe) ont jusqu'à présent choisi de les ignorer.
Jeffrey Sachs explique ainsi qu'il avait averti il y a déjà deux ans le président Barack Obama , fraîchement élu à la Maison Blanche, de la vulnérabilité des terres sèches africaines. «Lorsque les pluies ne tombent pas, les guerres commencent,» avait-il alors expliqué au président américain. Cartes à l'appui, il avait démontré que les terres arides et les zones de conflits se chevauchent.
Pourtant, «Les États-Unis sont bien trop occupés à développer et financer des approches militaires coûteuses et vouées à l'échec dans des zones désertiques- que ce soit en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, ou en Somalie – pour se consacrer à des stratégies de développement économique à long terme destinées à répondre aux origines des crises continues de ces pays,» dénonce l'économiste qui dirige l'Institut de la Terre à l'université de Columbia.
Cependant, ce dernier souligne qu'il existe des solutions réalistes. Et de citer l'exemple du projet Millenium Villages (qu'il dirige) qui a démontré que «les communautés d'éleveurs nomades peuvent être aidées par des investissements ciblés dans la gestion du bétail, les soins vétérinaires, le développement de l'activité commerciale, des cliniques de santé mobile, des pensionnats et des infrastructures locales telles que des puits d'eau sûrs, des installations électriques hors réseaux et la téléphonie mobile».
En d'autres termes, le développement durable est possible dans ces régions à condition que les secteurs public et privé se mobilisent pour aider à bâtir l'Afrique au lieu de se contenter de donner de l'argent dès que les crises humanitaires font la une du New York Times afin de se donner bonne conscience.
Non au harcèlement des jeunes gay
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Décrit comme un jeune homme doux et sans histoire, Tyler Clementi, étudiant à l'université d'État de Rutgers dans le New Jersey et talentueux violoniste, n'avait pour seul défaut que le fait d'être extrêmement timide. A l'âge de 18 ans, il a pourtant choisi de mettre fin à ses jours en se jetant d'un pont new-yorkais après avoir découvert que son colocataire, pervers et mal intentionné, avait filmé (à l'aide d'une webcam) ses ébats avec une personne du même sexe avant d'envoyer un tweet informant le reste du monde (ou du moins ses 138 "followers" sur Twitter). Pour Tyler, il s'agissait de l'humiliation suprême. Le jeune homme ne l'a pas supporté.
Signe des temps, avant de se jeter la tête la première du pont George Washington, il a lui aussi informé ses amis et connaissances qu'il s'apprêtait à mettre fin à ses jours en changeant son statut sur Facebook juste avant de passer à l'acte. La police a retrouvé, à l'endroit où il s'est suicidé, son ordinateur portable. Tyler a tapé cette simple phrase: «Je vais sauter du pont GW, désolé...». Un message sobre et terrifiant à la fois.
Aussi horribles soient les circonstances de sa mort, le suicide de Tyler le 22 septembre dernier n'est malheureusement pas un cas isolé .Selon un article publié sur le site du magazine Têtu, trois autres jeunes gay se sont suicidés le même mois aux États-Unis pour la simple raison qu'ils ne supportaient plus d'être harcelés par leurs camarades de classe homophobes.
Ironie du sort, Tyler s'est suicidé au moment même où l'université de Rutgers, l'une des facultés les plus multiculturelles du pays, venait de lancer une initiative baptisée Project Civility. But de l'opération? Encourager les étudiants à dialoguer entre eux , promouvoir le civisme au quotidien, inciter les élèves à accepter et respecter les différences et les éduquer sur les abus liés à l'usage des nouvelles technologies.
Dan Savage, un journaliste américain ouvertement homosexuel, a fait encore mieux. Conscient du fait que les jeunes d'aujourd'hui ne peuvent plus se passer des réseaux sociaux et que le concept de vie privée est mis en danger par les nouvelles formes de communication, il a créé la plateforme It Gets Better, le 21 septembre dernier (la veille du suicide de Tyler Clementi), en réaction au suicide de Billy Luca. A l'age de 15 ans, Billy s'est pendu car il ne supportait plus les brimades et moqueries de ses camarades de classe qui le traitaient constamment de "pédé".
Sur ce site, les homosexuels ou transsexuels sont encouragés à diffuser des vidéos via YouTube expliquant aux jeunes gens que les choses s'améliorent une fois passé le cap difficile de l'adolescence, période lors de laquelle les jeunes ont bien souvent du mal à faire leur «coming out» et sont souvent harcelés par leurs camarades de classe s'ils osent afficher leur préférence sexuelle. Saluons cette belle initiative qui ne mettra malheureusement pas fin au harcèlement des jeunes gay mais a le mérite de véhiculer un message d'espoir...
Photo@http://www.flickr.com/photos/pipeapple/5774262952/
Hommage aux jeunes Norvégiens qui avaient foi dans l'avenir
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Alors que se tiendra à New York la conférence mondiale de la jeunesse (au siège des Nations-Unies, les 25 et 26 juillet), le monde entier est endeuillé par la tragédie qui vient de toucher la Norvège ce samedi et coûté la vie à une centaine gens innocents, des jeunes pour la plupart.
L'attaque s'est produite en deux temps: un attentat a la bombe au cœur d'Oslo ayant pour cible le quartier des ministères , suivi d'un massacre sur l'ile d'Utoya visant des jeunes politiquement engagés. «Quand les premiers coups de feu éclatent vers 17H00, près de 600 personnes, essentiellement des jeunes, se trouvent sur [une] petite île pour participer à un camp d’été festif de la jeunesse du parti travailliste (de type social-démocrate) du Premier ministre Jens Stoltenberg»,, raconte le quotidien Libération.
Anders Behring Breivik, l'auteur présumé de la fusillade et de l'attentat d'Oslo, est un Norvégien de 32 ans proche de l'extrême droite, présenté par les médias comme un fondamentaliste chrétien aux sympathies néo-nazies, ennemi du «gauchisme» et du multuculturalisme...
Engagés politiquement, les jeunes qui s'étaient réunis sur cette île pour participer à l'université d'été du parti travailliste au pouvoir en Norvège, étaient bien évidemment à mille lieux de suspecter qu'ils seraient un jour la cible d'un tueur fou. Pourquoi ont-ils été pris pour cible? Personne n'est encore en mesure de l'affirmer. Dans le Journal du Dimanche (JDD), Jean-François Coppé, le secrétaire général de l'UMP (parti au pouvoir en France), soulignait pourtant le lien entre cette horrible tuerie et le fait que ces jeunes s'étaient réunis dans le cadre d'une réunion politique.
"Ce n'est peut-être pas un hasard s'ils ont été une cible : leur engagement était la preuve d'une foi dans l'avenir et d'une volonté de se mettre au service des autres et de leur pays. Autant de valeurs qui sont étrangères au terrorisme et à la violence", assure ainsi ce dernier. Le JDD cite également les propos de Jens Stoltenberg, le Premier ministre norvégien qui rappelle que ces jeunes qui ont trouvé la mort d'une manière terrible, incarnaient pourtant les valeurs de la Norvège, pays du prix Nobel de la paix, un pays ouvert, où il est possible d'avoir une discussion politique sans être menacé. «C'est aussi notre ouverture qui est attaquée, le fait que de nombreux jeunes puissent se réunir dans un camp d'été […], aient des discussions, aient des opinions fortes et puissent le faire en sécurité, sans la présence de policiers».
Rendons donc hommage à ces jeunes ouverts d'esprits et engagés politiquement qui militaient pour des valeurs telles que la tolérance, le multiculturalisme et la démocratie alors que nous célébrons l'année internationale de la jeunesse et promouvons ensemble la participation des jeunes à la vie politique de leur pays...
photo: http://www.flickr.com/photos/magnera/5966186439/
Anne Senges

